La LIBERTE (II) et la résistance :
1. La faille des pouvoirs publics dans l’accueil aux migrants
Les migrants étrangers, autrefois, s’appliquaient à nous ressembler. Aujourd’hui, ils revendiquent leur altérité et certains (les islamiques) nous regardent come des déviants religieux par rapport à leurs coutumes en oubliant qu’ils sont sur notre territoire. Notre dernière révolution culturelle dont nous sommes tous fiers était mai 1968, la révolte de la jeunesse et la place égalitaire des femmes dans notre société grâce aux moyens anti-conceptuels (la pilule notamment). C’est en prenant le contre-pied de nos victoires émancipatrices, contre la mixité et le respect des identités sexuées que le repli dit « moral » des fondamentalistes intégristes s’est opéré dans les dernières décennies dans les quartiers immigrés. Dans les années 1960, les femmes d’Alger ou d’Oran se promenaient tête nue, cheveux au vent avec des jupes ou des robes bien jolies qui mettaient en valeur leur féminité sans provocation outrancière.
Aujourd’hui, le foulard est une provocation et un faux problème. Si ma religion est celle du sous-commandant Marcos des guérilleros mexicains du Chiapas et que je porte la cagoule sur ma carte d’identité, je vais être rappelé à l’ordre et il en ira de même des femmes qui se servent de l’HIDJAB pour dissimuler leurs traits…en France. Par contre, laisser apparaître le visage et porter un foulard, nos grands-mères le faisaient déjà. L’inadmissible est lorsque l’on a une charge publique (assistants sociaux, enseignants, parlementaires,…) de s’exhiber avec ce signal religieux qui constitue en soi un manque de respect pour les autres religions ou les non croyants. Donc lorsque l’on représente la citoyenneté nationale, le respect de tous implique la non exhibition de ces signes ostentatoires.
Dans la Belgique de 2010, il y a deux vagues distinctes de migrants : ceux dits de la deuxième génération qui n’ont pas toujours su comprendre les sacrifices de leurs parents pour qu’ils se scolarisent et s’intègrent et puis, il y a les nouveaux migrants que l’on stigmatise comme illégaux ou « sans-papiers ». Il s’agit de milliers de travailleurs exploités au noir par les entreprises de la construction notamment et exploités en plus par les marchands de sommeil. Ils travaillent au lieu de glander ou de dealer, ils paient des taxes et des impôts, scolarisent leurs enfants, sont bien des êtres humains vivants mais considérés par nos gouvernants au même titre que des délinquants et sont enfermés dans des « centres fermés (Vottem notamment,…)avec femmes et enfants ou expulsés de gré ou de force. Il existe alors également une minorité de voyous qui se servent de l’Islam pour l’instrumentaliser en une violence contre les occidentaux pour camoufler leurs activités maffieuses. Les réels voyous marocains engorgent de leur « race » (ndlr il n’y a qu’une seule race humaine l’Homo Sapiens Sapiens) les places disponibles dans notre prison 3 étoiles avec TV de Lantin (Liège). Pourquoi ne pas inverser ce mauvais surréalisme à la belge et expulser de force ceux qui ont agressés des personnes physiques (crimes, car-jacking, braquages armés, diffusion de drogues dures, traite des êtres humains,…). Notons qu’il y a aussi d’autres délinquants de la migration comme la mafia albanaise par exemple, ce qui ne change rien à notre situation confuse. Les sans-papiers, derniers arrivés des réfugiés économiques n’ont rien à voir avec cette pègre religieuse par opportunisme, le respect des droits des primo-arrivants est une question de dignité humaine à coupler avec une tolérance zéro et une expulsion ferme pour les bandits majeurs et les mineurs récidivistes qui connaissant nos lois les trahissent sans vergogne.
L’agenda caché
Les extrémistes islamistes saoudiens manipulant la majorité des maghrébins à Bruxelles et ailleurs utilisent à présent le lobbying pour s’introduire dans nos instances de démocratie parlementaire, les maghrébins visent l’oligarchie de centre-droite du PS (social-démocratie) un peu partout. A Oslo, la secrétaire d’Etat et membre du PS a expliqué que l’image des piscines est un domaine où l’on doit restreindre la mixité car 38% des élèves de l’école élémentaire sont des étrangers musulmans. Les lieux de tensions ouvertes, déstabilisation, émeutes, inconduite et délinquance en Europe sont tenus par les enfants en échec scolaire et/ou sans profession de la deuxième génération, une évolution dangereuse vers un islam puritain, abstrait, à l’encontre de la tolérance de leurs pères et de l’esprit d’ouverture du livre saint, le Coran. La montée d’une religiosité islamiste radicale prônant le djihad se combine avec les jeunes frustrés revanchards vivant dans des cités ghettos.
L’échec scolaire précoce chez les ados favorise un sentiment de dévalorisation de soi d’autant plus qu’au départ, ils avaient intégré l’idéologie méritocratique et compétitive. Cette humiliation d’être dans les laissés-pour-compte débouche sur des affrontement sociaux basés sur un islam revisité par les fondamentalistes. Par réaction de honte (une valeur exacerbée au Maghreb) d’avoir échoué dans le système de la méritocratie, ils se focalisent sur une critique de l’Occident et des droits de l’homme en instrumentalisant l’Islam de leurs pères dans un islam fait d’une déviance haineuse et envieuse. Essayer de trouver un seul de ses islamistes (tous les musulmans ne sont pas à amalgamer) capable d’autocritique : « pour avoir détruit des ambassades pour venger des caricatures ? » Nada ! Ce sont des fanatiques intellectuellement malhonnêtes. Trouvez un scientifique occidental qui fonctionne pareillement au dogmatisme et ce ne sera pas un scientifique car la science se remet en question perpétuellement.
La recherche en sociologie sur les ghettos
Contrairement à nos croyances populaires, selon les travaux de LAGRANGE, il n’y a pas ségrégation à l’embauche par délit de faciès à notre époque (interdit dans nos lois antiracistes) mais par absence de diplôme et de qualification (compétence). La formation des ZUS (Zone Urbaine Sensible, nom donné en France aux cités et quartiers qui font l’objet de politique de la ville) a commencé dans les années 1970 avec l’édification des HLM et leur relative mixité sociale dans un premier temps. Puis, on a assisté au départ massif des couches moyennes en réaction à l’arrivée d’une population africaine de migration (trop de bruit la nuit, trop de dégradation des ascenseurs et de l’environnement, etc.). Les places libérées par les classes moyennes ont été très provisoirement occupées par des ouvriers repartis vers des pavillons de banlieue et réinvesties, dès le regroupement des familles en 1974, par des populations africaines. La ségrégation sociale a précédé la ségrégation ethnoculturelle de la grande couronne parisienne.
Dans les années 1980, les ménages les mieux intégrés (ouvriers qualifiés, employés) s’éloignent donc de la ZUS pour accéder à la petite propriété en pavillon et laissent entre eux les immigrés d’origine africaine. En 2000, la proportion des familles africaine était de 26% et les familles venues de l’Europe de l’est de 11%. En 2008, le taux d’africanisation des ZUS est de 40%.
Rappelons brièvement que les élites autochtones sont parties dès les années 1970 et ne sont pas revenues dans ces quartiers qui manquent d’ « élite » sociale. Les populations des grands ensembles s’homogénéisent par le bas (racket, mauvaise réputation, dealers et faible qualité des écoles, ou plutôt des écoliers). Un embryon d’élite issus de l’immigration maghrébine (les grands frères) déserte également les ZUS dans les années 1990, les conséquences sont désastreuses en terme d’émulation, de modèle éducatif et d’émancipation pour les populations africaines. Les départs socialement sélectifs amplifient la ségrégation ethnique, il n’est plus question du modèle marxiste bourgeois/prolérariats mais d’accès à l’instruction et à la culture (la langue) ou non.
Dans notre petite ville de Liège en Belgique, le même phénomène a eu lieu avec les HLM de Droixhe. Dans les années 1970, par solidarité sociale, des assistants sociaux et des enseignants s’y étaient installés et puis ont fui l’environnement peu respectueux des voisins (les poubelles vidées par les fenêtres dans les espaces fleuris plutôt que de les descendre au lieu ad hoc, les cages d’escaliers taguées servant aussi de dépotoirs (à seringues), les bruits, les cris, la musique nocturne, les intimidations de jeunes caïds auprès de vieilles personnes, les tournantes de jeunes filles d’ethnie africaine dans les caves,…).
Aujourd’hui LAGRANGE[1] fait le constat désolant du rapprochement des géographies de l’échec scolaire, des surfaces d’émergence de la délinquance et de la concentration des familles « africaines ». Son étude se base sur les commune situées autour de Mantes-la-Jolie (France).
Que peut-on faire ?
J’ai un grand ami malien qui est venu chez moi en Europe il y a plus de vingt ans et à qui nous avons appris le « savoir-vivre » de nos coutumes (utilisation des sanitaires, rincer sa baignoire après un bain, ne pas mettre un peu de tout sur sa tartine au petit dej, etc., bref l’utilisation du confort moderne ave le mode d’emploi). Par contre, des réfugiés émargeant d’un CPAS ouvraient en hiver les fenêtres de leur logement de dépannage par méconnaissance du thermostat des radiateurs. D’autres, dans des appartements loués, faisaient du feu sur un parquet ancien par méconnaissance de l’utilisation des plaques vitrocéramiques ; d’autres encore faisaient leurs besoins sur la corniche par méconnaissance des sanitaires etc. Lors d’une enquête pour la revue TOUDI, j’ai pu investiguer cette non bonne gestion en père de famille suscitant un racisme réactionnel de non compréhension, du racisme d’attitude mais non de comportement (Une étude de LAPIERE de la côte ouest à la côté est des Etats-Unis a montré que dans les motels dont le gérant avait une attitude raciste, celui-ci louait cependant la chambre lorsque se présentait un client noir, donc une nuance significative entre l’attitude et le comportement). Le racisme proprement dit (si j’ose m’exprimer ainsi ) est bien illustré par l’Apartheid de l’Afrique du sud ou encore le nauséabond Le Pen voulant rejeter avec Jeanne d’Arc tous les étrangers à la mer, ou pire encore celui des deux communautés américaines et le contentieux esclavagiste vieux de plus de 300 ans qui se montre par la faible taux de mariages interraciaux en référence avec les autres continents.
Je suis convaincu que tout primo-arrivant, au lieu d’être enfermé dans un centre fermé peu distinct d’une prison, devrait bénéficier d’un accueil éducationnel par des éducateurs spécialisés qui, tout en veillant à l’autonomie des personnes, les aideraient pendant le premier mois par exemple à faire leurs courses avec discernement et répondraient à chaque question en expliquant les singularités de la vie moderne qui sont pour nous des évidences. En parallèle donc à l’alphabétisation et à la maîtrise de la langue régionale(y compris bien sûr pour les femmes), dans la ligne de Jules FERRY, il faut que l’école obligatoire et gratuite pour tous leur soit accessible sans ségrégation et sans céder à leur demande de piscine séparée.
Nous nous sommes battus pour l’égalité des genres et l’utilisation de piscines municipales réservées aux seules musulmanes est un affront de bienséance aussi grave que si j’entrais dans une mosquée avec mes chaussures. Toutefois, il ne s’agit pas comme dans le passé d’intégration forcée par assimilation mais d’une compréhension multiculturelle pour tous les humains vivant ensemble. On peut faire une fête et savoir qu’après 22h, il s’agit de tapage nocturne. On peut utiliser les espaces publics sans jeter ses cannettes sur le sol mais en les déposant dans les poubelles publiques. On peut utiliser le mobilier et les transports urbains sans lacérer les sièges du bus au cutter, en payant son ticket, sans insulter le chauffeur et sans briser les parois de verre des abris bus. On peut entretenir son jardin sans qu’il ne devienne un entrepôt de vieilles machines à laver et de vieux pneus gênant le voisinage. Et de même, on peut voir de jeunes maghrébines en bikini à la piscine sans qu’elles soient offensées par un quelconque regard lubrique occidental. En gros, respecter nos sites et coutumes tels qu’il existaient avant les vagues migratoires ni plus ni moins.
2. Plaidoyer pour la revalorisation de l’image des mères en éducation
« A l’inverse de ce qui se passe en Orient et en Afrique, dans l’immigration en Europe ce ne sont pas les élites sociales qui sont le fer de lance de la réaction morale mais les jeunes en échec scolaire vivant dans les quartiers pauvres et ségrégés. »[2]
Du temps des Grecs, nous dit Michel FOUCAULT, il y avait le devoir de la PARRÊSIA[3], dire le non-dit, même aux puissants, même lorsque l’on craint de paraître politiquement incorrect.
Je me définis comme un progressiste de gauche. J’ai toujours aidé les étudiantes assistantes sociales maghrébines qui sollicitaient mes avis. J’ai toujours eu des amis musulmans tolérants comme moi mais je n’ai jamais fréquenté les petits coqs imbéciles et haineux qui pourrissent nos villes aujourd’hui
La première génération de travailleurs migrants marocains était composée de gens très bien, pauvres et fiers, attachés à l’honneur mais aussi à une culture normative rétrograde vis-à-vis des femmes, une position qui n’a fait qu’empirer en 50 ans avec les migrations afghanes et la burqua ainsi que l’influence sectaire waabite de l’Arabie Saoudite soutenue par les américains (unanimement détestés dans le monde arabo-musulmans pour leur peu de respect des autres cultures). L’ouvrage récent du sociologue Hugues LAGRANGE, chercheur au CNRS, produit un savoir accablant sur les méfaits de nos « auto-invités » envers les êtres humains femmes qui sont aussi nos sœurs dans l’humanité.
Une femme arabo-musulmane est cloîtrée chez elle pour ne pas exciter la convoitise libidinale des mâles du coin (c’est dire le peu de contrôle de leur pulsion) et si elle doit sortir, elle doit être couverte comme un sac poubelle et accompagnée d’un enfant mâle (de 7 à 12 ans) à la fonction délatrice devant faire un rapport au père-mari. Nous savons tous, depuis FREUD, que les petits enfants sont des pervers polymorphes, leur sentiment de toute-puissance doit être contré par l’éducation des parents sinon il n’aura aucune limite. C’est bien là le drame du jeune gamin qui, sur l’injonction du père, doit surveiller sa mère et se noie dans son fantasme de toute-puissance. Lorsque sa mère lui dit, pour son bien, de faire ses devoirs, il l’insulte, la frappe éventuellement et critique sa liberté vestimentaire au point de la contraindre au silence. Le hic est que le père ne parle pas non plus d’éducation et de respect pour la mère. Le petit maghrébins (en Belgique à dominance marocaine, en France à dominance algérienne) va reproduire le même type de comportement irrespectueux envers ses profs féminins, voulant leur imposer une « valeur » de respect, concept qu’il ne maîtrise pas dans son manque d’éducation et qu’il devrait plutôt lui appliquer envers ses professeures.
Peu préparé en général pour les études et la concentration mentale, il va récolter la monnaie de sa pièce et s’il lui manque un seul point au conseil de classe, l’enseignante qu’il a insultée toute l’année ne le lui remettra pas car il y a des limites à la mansuétude.
Le jeune va probablement se retrouver dans l’enseignement professionnel ou pire dans l’enseignement CEFA (alternance avec le milieu professionnel), il va comprendre qu’il est sur une voie de garage avec un sentiment de rancœur vis-à-vis de notre société.
Il ne faut pas confondre la révolte contre une injustice ciblée avec une rancœur, une envie de ce que d’autres possèdent sans pour autant maintenir un effort scolaire soutenu. Albert CAMUS distinguait bien cette forte nuance entre la révolte et le ressentiment :
« Le mouvement de révolte est plus qu’un acte de revendication, au sens fort du mot. Le ressentiment est une auto-intoxication, la sécrétion néfaste, en vase clos, d’une impuissance prolongée. La révolte au contraire fracture l’être et l’aide à déborder.. L’envie colore fortement le ressentiment. Mais on envie ce que l’on n’a pas, tandis que le révolté défend ce qu’il est. Le ressentiment, selon qu’il croît dans une âme forte ou faible, devient arrivisme ou aigreur. Mais dans les deux cas, on veut être autre que ce qu’on est. Le révolté, au contraire, dans son premier mouvement, refuse que l’on touche à ce qu’il est. Il lutte pour l’intégrité d’une partie de son être. Il ne cherche pas d’abord à conquérir ».[4]
Bien sûr que les femmes musulmanes peuvent se promener avec un foulard sur la tête, pour autant qu’il ne masque pas le visage et permette l’identification.
Nos lois sur la démocratie et le pluralisme réclament par contre fermement qu’une élue politique, une enseignante, une AS de CPAS, etc. n’affichent pas leurs préférences religieuses lorsqu’elles sont au service de tous les citoyens, elles doivent rester neutres.
S’il y avait un effort politique pour investir dans des structures d’accueil et d’éducation (pour les mères, les filles et les petits; pour les délinquants, c’est trop tard), on pourrait peut-être traiter le mal à sa racine pour les prochaines générations ? Le père réfugié dans sa dévotion peut continuer ses cinq prières à la mosquée mais aussi veiller à ce que SES enfants respectent SON épouse de façon à ce que celle-ci puisse les éduquer pour qu’ils aient un avenir meilleur (et nous aussi). On peut en Belgique être musulman grâce à la séparation des églises et de l’Etat (aucun belge n’a jamais comme à Bagdad pris des otages dans un lieu de culte d’une religion différente) mais est-il nécessaire de vouloir contrôler nos gouvernants socialistes par des lobbyings pour avoir des piscines réservées aux seules musulmanes à Bruxelles. Ce ne sont plus des revendications mais des diktats, ce n’est plus de l’intégration (comme la première génération) mais du ressentiment, de la revanche. Pourquoi nos autorités sont-elles si laxistes ? En France, quelle que soit l’unanimité anti-SARKOSY, il faut reconnaître que ceux qui pratiquent des actes de barbarie sur les petites filles (comme l’excision ou l’infibulation) sont passibles de peines de prison ferme ; pourquoi pas en Belgique où se pratique aussi l’ablation du clitoris en toute impunité ? Il est exclu de tolérer ce genre de pratiques barbares, il est exclu que les droits de l’homme ne soient pas respectés chez nous, il est exclu qu’il y ait des tentatives d’intimidation aux alentours de la gare du Midi (fief marocain) pour en chasser les autochtones. Il est exclu que des rappeurs chantent « Je baise la Belgique (pour le fric) et je me marie au Maroc ». Il est exclu que trop de mes jeunes étudiantes marocaines partent en vacances au pays et y soient mariées de force. Il est exclu qu’une manifestation aille se prosterner dans notre palais de justice, lieu symbolique de lutte contre les barbaries, que des manifestants pour le foulard agressent des spectateurs portant un chapeau avec la mention « il n’y a pas de Dieu ? » Il est exclu que quiconque impose par la force et l’intimidation sa seule vérité théologale.
«( Les jeunes migrants africains) ont tout « zappé »,sans bagage scolaire, ils ne veulent pas des emplois dans le secteur comme le bâtiment ou la restauration, ils veulent encore moins être ouvriers d’usine comme leurs pères. Les violences dans les quartiers et les écoles des cités sensibles se développent selon des lignes de clivage nouvelles, marquées par les effets de la ségrégation ethnique, des différences linguistiques et religieuses que notre culture politique prétend ignorer. Chaque groupe se ferme sur la conception la plus étroite et la plus défensive de ses valeurs. Les difficultés scolaires se présentent comme un échec de chaque individu et alimentent le ressentiment : chacun tente de reconstruire l’estime de soi dans une situation perçue comme injuste. L’humiliation perçue à l’école par les adolescents issus des migrations prend un relief particulier dans un contexte où le regard des autres a pris une place centrale. Cette perte d’estime de soi apparaît comme la souffrance majeure d’une personnalité extro-déterminée. »[5]
Je fais appel aux sages musulmans, non à ces jeunes en rupture d’école qui veulent le beurre et l’argent du beurre, je fais appel à mes amis musulmans qui meurent de faim dans le Sahel tout en conservant leur dignité et les 5 principes du Coran, dont un m’interpelle, celui de la charité que nous laïques appelons la fraternité.
Une fois que les population autochtones d’un naturel accueillant seront respectées dans leurs coutumes par les étrangers qui s’invitent tout seuls mais méprisent nos habitus et dénient nos droits de l’homme et de la femme, on pourra rêver d’une humanité fraternelle non sottement et agressivement religieuse (chacun respectant les convictions privées et non publiques de l’autre), d’une relation WIN-WIN où l’on apprendrait l’un de l’autre dans un respect exquis des différences. Mes frères humains musulmans, soyez les bienvenus et profitez de nos infrastructures, financées par nos ancêtres, tout en nous respectant et en exigeant de vos enfants un effort de civisme, de scolarisation et d’éducation (à laquelle ceux restés en Afrique n’ont pas accès hélas). Comprenez que chez nous depuis 1789, soit 211 ans, nous nous sommes battus pour nous émanciper de l’obscurantisme religieux et que la science est revenue chez nous grâce aux sages du monde arabo-musulman.
Jean-Marie Lange, 11.11.2010
[1] LAGRANGE H., Le déni des cultures, Paris Seuil : « La proportion des familles issues de l’immigration africaine est corrélée par la proportions des adolescents impliqués dans des délits et le taux d’échec au brevet des collèges. »(p.129)
[2] LAGRANGE Hugues, Le déni des cultures, Paris, Seuil, 2010, p.89.
[3] « Une des significations originaires du mot grec parrêsia, c’est le « tout dire », mais on le traduit de fait, beaucoup plus souvent, par le franc-parler, la liberté de parole, etc. Cette notion désigne une vertu, une qualité (il y a des gens qui ont la parrêsia et d’autres qui n’ont pas la parrêsia) ; c’est un devoir aussi (il faut effectivement, et surtout dans un certains nombre de cas et de situations, pouvoir faire preuve de parrêsia) ; et enfin c’est une technique, c’est un procédé : il y a des gens qui savent se servir de la parrêsia et d’autres qui ne savent pas se servir de la parrêsia. Et cette vertu, ce devoir, cette technique doivent caractériser, entre autres et avant tout, l’homme qui est en charge de quoi ? Eh bien de diriger les autres, et particulièrement de diriger les autres dans leur effort, dans leur tentative pour constituer un rapport à eux-mêmes qui soit un rapport adéquat. Autrement dit, la parrêsia est une vertu, devoir et technique que l’on doit rencontrer chez celui qui dirige la conscience des autres et les aide à constituer leur rapport à soi. » FOUCAULT Michel, Le gouvernement de soi et des autres, Paris, Gallimard, Seuil, 2008, p.43.
[4] CAMUS Albert, L’homme révolté, Paris, Folio/essais, 2010, p.32.
[5] LAGRANGE Hugues, Le déni des cultures, Paris, Seuil,2010, p.98.
mercredi 10 novembre 2010
La liberté (II) et la résistance
La LIBERTE (II) et la résistance :
1. La faille des pouvoirs publics dans l’accueil aux migrants
Les migrants étrangers, autrefois, s’appliquaient à nous ressembler. Aujourd’hui, ils revendiquent leur altérité et certains (les islamiques) nous regardent come des déviants religieux par rapport à leurs coutumes en oubliant qu’ils sont sur notre territoire. Notre dernière révolution culturelle dont nous sommes tous fiers était mai 1968, la révolte de la jeunesse et la place égalitaire des femmes dans notre société grâce aux moyens anti-conceptuels (la pilule notamment). C’est en prenant le contre-pied de nos victoires émancipatrices, contre la mixité et le respect des identités sexuées que le repli dit « moral » des fondamentalistes intégristes s’est opéré dans les dernières décennies dans les quartiers immigrés. Dans les années 1960, les femmes d’Alger ou d’Oran se promenaient tête nue, cheveux au vent avec des jupes ou des robes bien jolies qui mettaient en valeur leur féminité sans provocation outrancière.
Aujourd’hui, le foulard est une provocation et un faux problème. Si ma religion est celle du sous-commandant Marcos des guérilleros mexicains du Chiapas et que je porte la cagoule sur ma carte d’identité, je vais être rappelé à l’ordre et il en ira de même des femmes qui se servent de l’HIDJAB pour dissimuler leurs traits…en France. Par contre, laisser apparaître le visage et porter un foulard, nos grands-mères le faisaient déjà. L’inadmissible est lorsque l’on a une charge publique (assistants sociaux, enseignants, parlementaires,…) de s’exhiber avec ce signal religieux qui constitue en soi un manque de respect pour les autres religions ou les non croyants. Donc lorsque l’on représente la citoyenneté nationale, le respect de tous implique la non exhibition de ces signes ostentatoires.
Dans la Belgique de 2010, il y a deux vagues distinctes de migrants : ceux dits de la deuxième génération qui n’ont pas toujours su comprendre les sacrifices de leurs parents pour qu’ils se scolarisent et s’intègrent et puis, il y a les nouveaux migrants que l’on stigmatise comme illégaux ou « sans-papiers ». Il s’agit de milliers de travailleurs exploités au noir par les entreprises de la construction notamment et exploités en plus par les marchands de sommeil. Ils travaillent au lieu de glander ou de dealer, ils paient des taxes et des impôts, scolarisent leurs enfants, sont bien des êtres humains vivants mais considérés par nos gouvernants au même titre que des délinquants et sont enfermés dans des « centres fermés (Vottem notamment,…)avec femmes et enfants ou expulsés de gré ou de force. Il existe alors également une minorité de voyous qui se servent de l’Islam pour l’instrumentaliser en une violence contre les occidentaux pour camoufler leurs activités maffieuses. Les réels voyous marocains engorgent de leur « race » (ndlr il n’y a qu’une seule race humaine l’Homo Sapiens Sapiens) les places disponibles dans notre prison 3 étoiles avec TV de Lantin (Liège). Pourquoi ne pas inverser ce mauvais surréalisme à la belge et expulser de force ceux qui ont agressés des personnes physiques (crimes, car-jacking, braquages armés, diffusion de drogues dures, traite des êtres humains,…). Notons qu’il y a aussi d’autres délinquants de la migration comme la mafia albanaise par exemple, ce qui ne change rien à notre situation confuse. Les sans-papiers, derniers arrivés des réfugiés économiques n’ont rien à voir avec cette pègre religieuse par opportunisme, le respect des droits des primo-arrivants est une question de dignité humaine à coupler avec une tolérance zéro et une expulsion ferme pour les bandits majeurs et les mineurs récidivistes qui connaissant nos lois les trahissent sans vergogne.
L’agenda caché
Les extrémistes islamistes saoudiens manipulant la majorité des maghrébins à Bruxelles et ailleurs utilisent à présent le lobbying pour s’introduire dans nos instances de démocratie parlementaire, les maghrébins visent l’oligarchie de centre-droite du PS (social-démocratie) un peu partout. A Oslo, la secrétaire d’Etat et membre du PS a expliqué que l’image des piscines est un domaine où l’on doit restreindre la mixité car 38% des élèves de l’école élémentaire sont des étrangers musulmans. Les lieux de tensions ouvertes, déstabilisation, émeutes, inconduite et délinquance en Europe sont tenus par les enfants en échec scolaire et/ou sans profession de la deuxième génération, une évolution dangereuse vers un islam puritain, abstrait, à l’encontre de la tolérance de leurs pères et de l’esprit d’ouverture du livre saint, le Coran. La montée d’une religiosité islamiste radicale prônant le djihad se combine avec les jeunes frustrés revanchards vivant dans des cités ghettos.
L’échec scolaire précoce chez les ados favorise un sentiment de dévalorisation de soi d’autant plus qu’au départ, ils avaient intégré l’idéologie méritocratique et compétitive. Cette humiliation d’être dans les laissés-pour-compte débouche sur des affrontement sociaux basés sur un islam revisité par les fondamentalistes. Par réaction de honte (une valeur exacerbée au Maghreb) d’avoir échoué dans le système de la méritocratie, ils se focalisent sur une critique de l’Occident et des droits de l’homme en instrumentalisant l’Islam de leurs pères dans un islam fait d’une déviance haineuse et envieuse. Essayer de trouver un seul de ses islamistes (tous les musulmans ne sont pas à amalgamer) capable d’autocritique : « pour avoir détruit des ambassades pour venger des caricatures ? » Nada ! Ce sont des fanatiques intellectuellement malhonnêtes. Trouvez un scientifique occidental qui fonctionne pareillement au dogmatisme et ce ne sera pas un scientifique car la science se remet en question perpétuellement.
La recherche en sociologie sur les ghettos
Contrairement à nos croyances populaires, selon les travaux de LAGRANGE, il n’y a pas ségrégation à l’embauche par délit de faciès à notre époque (interdit dans nos lois antiracistes) mais par absence de diplôme et de qualification (compétence). La formation des ZUS (Zone Urbaine Sensible, nom donné en France aux cités et quartiers qui font l’objet de politique de la ville) a commencé dans les années 1970 avec l’édification des HLM et leur relative mixité sociale dans un premier temps. Puis, on a assisté au départ massif des couches moyennes en réaction à l’arrivée d’une population africaine de migration (trop de bruit la nuit, trop de dégradation des ascenseurs et de l’environnement, etc.). Les places libérées par les classes moyennes ont été très provisoirement occupées par des ouvriers repartis vers des pavillons de banlieue et réinvesties, dès le regroupement des familles en 1974, par des populations africaines. La ségrégation sociale a précédé la ségrégation ethnoculturelle de la grande couronne parisienne.
Dans les années 1980, les ménages les mieux intégrés (ouvriers qualifiés, employés) s’éloignent donc de la ZUS pour accéder à la petite propriété en pavillon et laissent entre eux les immigrés d’origine africaine. En 2000, la proportion des familles africaine était de 26% et les familles venues de l’Europe de l’est de 11%. En 2008, le taux d’africanisation des ZUS est de 40%.
Rappelons brièvement que les élites autochtones sont parties dès les années 1970 et ne sont pas revenues dans ces quartiers qui manquent d’ « élite » sociale. Les populations des grands ensembles s’homogénéisent par le bas (racket, mauvaise réputation, dealers et faible qualité des écoles, ou plutôt des écoliers). Un embryon d’élite issus de l’immigration maghrébine (les grands frères) déserte également les ZUS dans les années 1990, les conséquences sont désastreuses en terme d’émulation, de modèle éducatif et d’émancipation pour les populations africaines. Les départs socialement sélectifs amplifient la ségrégation ethnique, il n’est plus question du modèle marxiste bourgeois/prolérariats mais d’accès à l’instruction et à la culture (la langue) ou non.
Dans notre petite ville de Liège en Belgique, le même phénomène a eu lieu avec les HLM de Droixhe. Dans les années 1970, par solidarité sociale, des assistants sociaux et des enseignants s’y étaient installés et puis ont fui l’environnement peu respectueux des voisins (les poubelles vidées par les fenêtres dans les espaces fleuris plutôt que de les descendre au lieu ad hoc, les cages d’escaliers taguées servant aussi de dépotoirs (à seringues), les bruits, les cris, la musique nocturne, les intimidations de jeunes caïds auprès de vieilles personnes, les tournantes de jeunes filles d’ethnie africaine dans les caves,…).
Aujourd’hui LAGRANGE[1] fait le constat désolant du rapprochement des géographies de l’échec scolaire, des surfaces d’émergence de la délinquance et de la concentration des familles « africaines ». Son étude se base sur les commune situées autour de Mantes-la-Jolie (France).
Que peut-on faire ?
J’ai un grand ami malien qui est venu chez moi en Europe il y a plus de vingt ans et à qui nous avons appris le « savoir-vivre » de nos coutumes (utilisation des sanitaires, rincer sa baignoire après un bain, ne pas mettre un peu de tout sur sa tartine au petit dej, etc., bref l’utilisation du confort moderne ave le mode d’emploi). Par contre, des réfugiés émargeant d’un CPAS ouvraient en hiver les fenêtres de leur logement de dépannage par méconnaissance du thermostat des radiateurs. D’autres, dans des appartements loués, faisaient du feu sur un parquet ancien par méconnaissance de l’utilisation des plaques vitrocéramiques ; d’autres encore faisaient leurs besoins sur la corniche par méconnaissance des sanitaires etc. Lors d’une enquête pour la revue TOUDI, j’ai pu investiguer cette non bonne gestion en père de famille suscitant un racisme réactionnel de non compréhension, du racisme d’attitude mais non de comportement (Une étude de LAPIERE de la côte ouest à la côté est des Etats-Unis a montré que dans les motels dont le gérant avait une attitude raciste, celui-ci louait cependant la chambre lorsque se présentait un client noir, donc une nuance significative entre l’attitude et le comportement). Le racisme proprement dit (si j’ose m’exprimer ainsi ) est bien illustré par l’Apartheid de l’Afrique du sud ou encore le nauséabond Le Pen voulant rejeter avec Jeanne d’Arc tous les étrangers à la mer, ou pire encore celui des deux communautés américaines et le contentieux esclavagiste vieux de plus de 300 ans qui se montre par la faible taux de mariages interraciaux en référence avec les autres continents.
Je suis convaincu que tout primo-arrivant, au lieu d’être enfermé dans un centre fermé peu distinct d’une prison, devrait bénéficier d’un accueil éducationnel par des éducateurs spécialisés qui, tout en veillant à l’autonomie des personnes, les aideraient pendant le premier mois par exemple à faire leurs courses avec discernement et répondraient à chaque question en expliquant les singularités de la vie moderne qui sont pour nous des évidences. En parallèle donc à l’alphabétisation et à la maîtrise de la langue régionale(y compris bien sûr pour les femmes), dans la ligne de Jules FERRY, il faut que l’école obligatoire et gratuite pour tous leur soit accessible sans ségrégation et sans céder à leur demande de piscine séparée.
Nous nous sommes battus pour l’égalité des genres et l’utilisation de piscines municipales réservées aux seules musulmanes est un affront de bienséance aussi grave que si j’entrais dans une mosquée avec mes chaussures. Toutefois, il ne s’agit pas comme dans le passé d’intégration forcée par assimilation mais d’une compréhension multiculturelle pour tous les humains vivant ensemble. On peut faire une fête et savoir qu’après 22h, il s’agit de tapage nocturne. On peut utiliser les espaces publics sans jeter ses cannettes sur le sol mais en les déposant dans les poubelles publiques. On peut utiliser le mobilier et les transports urbains sans lacérer les sièges du bus au cutter, en payant son ticket, sans insulter le chauffeur et sans briser les parois de verre des abris bus. On peut entretenir son jardin sans qu’il ne devienne un entrepôt de vieilles machines à laver et de vieux pneus gênant le voisinage. Et de même, on peut voir de jeunes maghrébines en bikini à la piscine sans qu’elles soient offensées par un quelconque regard lubrique occidental. En gros, respecter nos sites et coutumes tels qu’il existaient avant les vagues migratoires ni plus ni moins.
2. Plaidoyer pour la revalorisation de l’image des mères en éducation
« A l’inverse de ce qui se passe en Orient et en Afrique, dans l’immigration en Europe ce ne sont pas les élites sociales qui sont le fer de lance de la réaction morale mais les jeunes en échec scolaire vivant dans les quartiers pauvres et ségrégés. »[2]
Du temps des Grecs, nous dit Michel FOUCAULT, il y avait le devoir de la PARRÊSIA[3], dire le non-dit, même aux puissants, même lorsque l’on craint de paraître politiquement incorrect.
Je me définis comme un progressiste de gauche. J’ai toujours aidé les étudiantes assistantes sociales maghrébines qui sollicitaient mes avis. J’ai toujours eu des amis musulmans tolérants comme moi mais je n’ai jamais fréquenté les petits coqs imbéciles et haineux qui pourrissent nos villes aujourd’hui
La première génération de travailleurs migrants marocains était composée de gens très bien, pauvres et fiers, attachés à l’honneur mais aussi à une culture normative rétrograde vis-à-vis des femmes, une position qui n’a fait qu’empirer en 50 ans avec les migrations afghanes et la burqua ainsi que l’influence sectaire waabite de l’Arabie Saoudite soutenue par les américains (unanimement détestés dans le monde arabo-musulmans pour leur peu de respect des autres cultures). L’ouvrage récent du sociologue Hugues LAGRANGE, chercheur au CNRS, produit un savoir accablant sur les méfaits de nos « auto-invités » envers les êtres humains femmes qui sont aussi nos sœurs dans l’humanité.
Une femme arabo-musulmane est cloîtrée chez elle pour ne pas exciter la convoitise libidinale des mâles du coin (c’est dire le peu de contrôle de leur pulsion) et si elle doit sortir, elle doit être couverte comme un sac poubelle et accompagnée d’un enfant mâle (de 7 à 12 ans) à la fonction délatrice devant faire un rapport au père-mari. Nous savons tous, depuis FREUD, que les petits enfants sont des pervers polymorphes, leur sentiment de toute-puissance doit être contré par l’éducation des parents sinon il n’aura aucune limite. C’est bien là le drame du jeune gamin qui, sur l’injonction du père, doit surveiller sa mère et se noie dans son fantasme de toute-puissance. Lorsque sa mère lui dit, pour son bien, de faire ses devoirs, il l’insulte, la frappe éventuellement et critique sa liberté vestimentaire au point de la contraindre au silence. Le hic est que le père ne parle pas non plus d’éducation et de respect pour la mère. Le petit maghrébins (en Belgique à dominance marocaine, en France à dominance algérienne) va reproduire le même type de comportement irrespectueux envers ses profs féminins, voulant leur imposer une « valeur » de respect, concept qu’il ne maîtrise pas dans son manque d’éducation et qu’il devrait plutôt lui appliquer envers ses professeures.
Peu préparé en général pour les études et la concentration mentale, il va récolter la monnaie de sa pièce et s’il lui manque un seul point au conseil de classe, l’enseignante qu’il a insultée toute l’année ne le lui remettra pas car il y a des limites à la mansuétude.
Le jeune va probablement se retrouver dans l’enseignement professionnel ou pire dans l’enseignement CEFA (alternance avec le milieu professionnel), il va comprendre qu’il est sur une voie de garage avec un sentiment de rancœur vis-à-vis de notre société.
Il ne faut pas confondre la révolte contre une injustice ciblée avec une rancœur, une envie de ce que d’autres possèdent sans pour autant maintenir un effort scolaire soutenu. Albert CAMUS distinguait bien cette forte nuance entre la révolte et le ressentiment :
« Le mouvement de révolte est plus qu’un acte de revendication, au sens fort du mot. Le ressentiment est une auto-intoxication, la sécrétion néfaste, en vase clos, d’une impuissance prolongée. La révolte au contraire fracture l’être et l’aide à déborder.. L’envie colore fortement le ressentiment. Mais on envie ce que l’on n’a pas, tandis que le révolté défend ce qu’il est. Le ressentiment, selon qu’il croît dans une âme forte ou faible, devient arrivisme ou aigreur. Mais dans les deux cas, on veut être autre que ce qu’on est. Le révolté, au contraire, dans son premier mouvement, refuse que l’on touche à ce qu’il est. Il lutte pour l’intégrité d’une partie de son être. Il ne cherche pas d’abord à conquérir ».[4]
Bien sûr que les femmes musulmanes peuvent se promener avec un foulard sur la tête, pour autant qu’il ne masque pas le visage et permette l’identification.
Nos lois sur la démocratie et le pluralisme réclament par contre fermement qu’une élue politique, une enseignante, une AS de CPAS, etc. n’affichent pas leurs préférences religieuses lorsqu’elles sont au service de tous les citoyens, elles doivent rester neutres.
S’il y avait un effort politique pour investir dans des structures d’accueil et d’éducation (pour les mères, les filles et les petits; pour les délinquants, c’est trop tard), on pourrait peut-être traiter le mal à sa racine pour les prochaines générations ? Le père réfugié dans sa dévotion peut continuer ses cinq prières à la mosquée mais aussi veiller à ce que SES enfants respectent SON épouse de façon à ce que celle-ci puisse les éduquer pour qu’ils aient un avenir meilleur (et nous aussi). On peut en Belgique être musulman grâce à la séparation des églises et de l’Etat (aucun belge n’a jamais comme à Bagdad pris des otages dans un lieu de culte d’une religion différente) mais est-il nécessaire de vouloir contrôler nos gouvernants socialistes par des lobbyings pour avoir des piscines réservées aux seules musulmanes à Bruxelles. Ce ne sont plus des revendications mais des diktats, ce n’est plus de l’intégration (comme la première génération) mais du ressentiment, de la revanche. Pourquoi nos autorités sont-elles si laxistes ? En France, quelle que soit l’unanimité anti-SARKOSY, il faut reconnaître que ceux qui pratiquent des actes de barbarie sur les petites filles (comme l’excision ou l’infibulation) sont passibles de peines de prison ferme ; pourquoi pas en Belgique où se pratique aussi l’ablation du clitoris en toute impunité ? Il est exclu de tolérer ce genre de pratiques barbares, il est exclu que les droits de l’homme ne soient pas respectés chez nous, il est exclu qu’il y ait des tentatives d’intimidation aux alentours de la gare du Midi (fief marocain) pour en chasser les autochtones. Il est exclu que des rappeurs chantent « Je baise la Belgique (pour le fric) et je me marie au Maroc ». Il est exclu que trop de mes jeunes étudiantes marocaines partent en vacances au pays et y soient mariées de force. Il est exclu qu’une manifestation aille se prosterner dans notre palais de justice, lieu symbolique de lutte contre les barbaries, que des manifestants pour le foulard agressent des spectateurs portant un chapeau avec la mention « il n’y a pas de Dieu ? » Il est exclu que quiconque impose par la force et l’intimidation sa seule vérité théologale.
«( Les jeunes migrants africains) ont tout « zappé »,sans bagage scolaire, ils ne veulent pas des emplois dans le secteur comme le bâtiment ou la restauration, ils veulent encore moins être ouvriers d’usine comme leurs pères. Les violences dans les quartiers et les écoles des cités sensibles se développent selon des lignes de clivage nouvelles, marquées par les effets de la ségrégation ethnique, des différences linguistiques et religieuses que notre culture politique prétend ignorer. Chaque groupe se ferme sur la conception la plus étroite et la plus défensive de ses valeurs. Les difficultés scolaires se présentent comme un échec de chaque individu et alimentent le ressentiment : chacun tente de reconstruire l’estime de soi dans une situation perçue comme injuste. L’humiliation perçue à l’école par les adolescents issus des migrations prend un relief particulier dans un contexte où le regard des autres a pris une place centrale. Cette perte d’estime de soi apparaît comme la souffrance majeure d’une personnalité extro-déterminée. »[5]
Je fais appel aux sages musulmans, non à ces jeunes en rupture d’école qui veulent le beurre et l’argent du beurre, je fais appel à mes amis musulmans qui meurent de faim dans le Sahel tout en conservant leur dignité et les 5 principes du Coran, dont un m’interpelle, celui de la charité que nous laïques appelons la fraternité.
Une fois que les population autochtones d’un naturel accueillant seront respectées dans leurs coutumes par les étrangers qui s’invitent tout seuls mais méprisent nos habitus et dénient nos droits de l’homme et de la femme, on pourra rêver d’une humanité fraternelle non sottement et agressivement religieuse (chacun respectant les convictions privées et non publiques de l’autre), d’une relation WIN-WIN où l’on apprendrait l’un de l’autre dans un respect exquis des différences. Mes frères humains musulmans, soyez les bienvenus et profitez de nos infrastructures, financées par nos ancêtres, tout en nous respectant et en exigeant de vos enfants un effort de civisme, de scolarisation et d’éducation (à laquelle ceux restés en Afrique n’ont pas accès hélas). Comprenez que chez nous depuis 1789, soit 211 ans, nous nous sommes battus pour nous émanciper de l’obscurantisme religieux et que la science est revenue chez nous grâce aux sages du monde arabo-musulman.
Jean-Marie Lange, 11.11.2010
[1] LAGRANGE H., Le déni des cultures, Paris Seuil : « La proportion des familles issues de l’immigration africaine est corrélée par la proportions des adolescents impliqués dans des délits et le taux d’échec au brevet des collèges. »(p.129)
[2] LAGRANGE Hugues, Le déni des cultures, Paris, Seuil, 2010, p.89.
[3] « Une des significations originaires du mot grec parrêsia, c’est le « tout dire », mais on le traduit de fait, beaucoup plus souvent, par le franc-parler, la liberté de parole, etc. Cette notion désigne une vertu, une qualité (il y a des gens qui ont la parrêsia et d’autres qui n’ont pas la parrêsia) ; c’est un devoir aussi (il faut effectivement, et surtout dans un certains nombre de cas et de situations, pouvoir faire preuve de parrêsia) ; et enfin c’est une technique, c’est un procédé : il y a des gens qui savent se servir de la parrêsia et d’autres qui ne savent pas se servir de la parrêsia. Et cette vertu, ce devoir, cette technique doivent caractériser, entre autres et avant tout, l’homme qui est en charge de quoi ? Eh bien de diriger les autres, et particulièrement de diriger les autres dans leur effort, dans leur tentative pour constituer un rapport à eux-mêmes qui soit un rapport adéquat. Autrement dit, la parrêsia est une vertu, devoir et technique que l’on doit rencontrer chez celui qui dirige la conscience des autres et les aide à constituer leur rapport à soi. » FOUCAULT Michel, Le gouvernement de soi et des autres, Paris, Gallimard, Seuil, 2008, p.43.
[4] CAMUS Albert, L’homme révolté, Paris, Folio/essais, 2010, p.32.
[5] LAGRANGE Hugues, Le déni des cultures, Paris, Seuil,2010, p.98.
1. La faille des pouvoirs publics dans l’accueil aux migrants
Les migrants étrangers, autrefois, s’appliquaient à nous ressembler. Aujourd’hui, ils revendiquent leur altérité et certains (les islamiques) nous regardent come des déviants religieux par rapport à leurs coutumes en oubliant qu’ils sont sur notre territoire. Notre dernière révolution culturelle dont nous sommes tous fiers était mai 1968, la révolte de la jeunesse et la place égalitaire des femmes dans notre société grâce aux moyens anti-conceptuels (la pilule notamment). C’est en prenant le contre-pied de nos victoires émancipatrices, contre la mixité et le respect des identités sexuées que le repli dit « moral » des fondamentalistes intégristes s’est opéré dans les dernières décennies dans les quartiers immigrés. Dans les années 1960, les femmes d’Alger ou d’Oran se promenaient tête nue, cheveux au vent avec des jupes ou des robes bien jolies qui mettaient en valeur leur féminité sans provocation outrancière.
Aujourd’hui, le foulard est une provocation et un faux problème. Si ma religion est celle du sous-commandant Marcos des guérilleros mexicains du Chiapas et que je porte la cagoule sur ma carte d’identité, je vais être rappelé à l’ordre et il en ira de même des femmes qui se servent de l’HIDJAB pour dissimuler leurs traits…en France. Par contre, laisser apparaître le visage et porter un foulard, nos grands-mères le faisaient déjà. L’inadmissible est lorsque l’on a une charge publique (assistants sociaux, enseignants, parlementaires,…) de s’exhiber avec ce signal religieux qui constitue en soi un manque de respect pour les autres religions ou les non croyants. Donc lorsque l’on représente la citoyenneté nationale, le respect de tous implique la non exhibition de ces signes ostentatoires.
Dans la Belgique de 2010, il y a deux vagues distinctes de migrants : ceux dits de la deuxième génération qui n’ont pas toujours su comprendre les sacrifices de leurs parents pour qu’ils se scolarisent et s’intègrent et puis, il y a les nouveaux migrants que l’on stigmatise comme illégaux ou « sans-papiers ». Il s’agit de milliers de travailleurs exploités au noir par les entreprises de la construction notamment et exploités en plus par les marchands de sommeil. Ils travaillent au lieu de glander ou de dealer, ils paient des taxes et des impôts, scolarisent leurs enfants, sont bien des êtres humains vivants mais considérés par nos gouvernants au même titre que des délinquants et sont enfermés dans des « centres fermés (Vottem notamment,…)avec femmes et enfants ou expulsés de gré ou de force. Il existe alors également une minorité de voyous qui se servent de l’Islam pour l’instrumentaliser en une violence contre les occidentaux pour camoufler leurs activités maffieuses. Les réels voyous marocains engorgent de leur « race » (ndlr il n’y a qu’une seule race humaine l’Homo Sapiens Sapiens) les places disponibles dans notre prison 3 étoiles avec TV de Lantin (Liège). Pourquoi ne pas inverser ce mauvais surréalisme à la belge et expulser de force ceux qui ont agressés des personnes physiques (crimes, car-jacking, braquages armés, diffusion de drogues dures, traite des êtres humains,…). Notons qu’il y a aussi d’autres délinquants de la migration comme la mafia albanaise par exemple, ce qui ne change rien à notre situation confuse. Les sans-papiers, derniers arrivés des réfugiés économiques n’ont rien à voir avec cette pègre religieuse par opportunisme, le respect des droits des primo-arrivants est une question de dignité humaine à coupler avec une tolérance zéro et une expulsion ferme pour les bandits majeurs et les mineurs récidivistes qui connaissant nos lois les trahissent sans vergogne.
L’agenda caché
Les extrémistes islamistes saoudiens manipulant la majorité des maghrébins à Bruxelles et ailleurs utilisent à présent le lobbying pour s’introduire dans nos instances de démocratie parlementaire, les maghrébins visent l’oligarchie de centre-droite du PS (social-démocratie) un peu partout. A Oslo, la secrétaire d’Etat et membre du PS a expliqué que l’image des piscines est un domaine où l’on doit restreindre la mixité car 38% des élèves de l’école élémentaire sont des étrangers musulmans. Les lieux de tensions ouvertes, déstabilisation, émeutes, inconduite et délinquance en Europe sont tenus par les enfants en échec scolaire et/ou sans profession de la deuxième génération, une évolution dangereuse vers un islam puritain, abstrait, à l’encontre de la tolérance de leurs pères et de l’esprit d’ouverture du livre saint, le Coran. La montée d’une religiosité islamiste radicale prônant le djihad se combine avec les jeunes frustrés revanchards vivant dans des cités ghettos.
L’échec scolaire précoce chez les ados favorise un sentiment de dévalorisation de soi d’autant plus qu’au départ, ils avaient intégré l’idéologie méritocratique et compétitive. Cette humiliation d’être dans les laissés-pour-compte débouche sur des affrontement sociaux basés sur un islam revisité par les fondamentalistes. Par réaction de honte (une valeur exacerbée au Maghreb) d’avoir échoué dans le système de la méritocratie, ils se focalisent sur une critique de l’Occident et des droits de l’homme en instrumentalisant l’Islam de leurs pères dans un islam fait d’une déviance haineuse et envieuse. Essayer de trouver un seul de ses islamistes (tous les musulmans ne sont pas à amalgamer) capable d’autocritique : « pour avoir détruit des ambassades pour venger des caricatures ? » Nada ! Ce sont des fanatiques intellectuellement malhonnêtes. Trouvez un scientifique occidental qui fonctionne pareillement au dogmatisme et ce ne sera pas un scientifique car la science se remet en question perpétuellement.
La recherche en sociologie sur les ghettos
Contrairement à nos croyances populaires, selon les travaux de LAGRANGE, il n’y a pas ségrégation à l’embauche par délit de faciès à notre époque (interdit dans nos lois antiracistes) mais par absence de diplôme et de qualification (compétence). La formation des ZUS (Zone Urbaine Sensible, nom donné en France aux cités et quartiers qui font l’objet de politique de la ville) a commencé dans les années 1970 avec l’édification des HLM et leur relative mixité sociale dans un premier temps. Puis, on a assisté au départ massif des couches moyennes en réaction à l’arrivée d’une population africaine de migration (trop de bruit la nuit, trop de dégradation des ascenseurs et de l’environnement, etc.). Les places libérées par les classes moyennes ont été très provisoirement occupées par des ouvriers repartis vers des pavillons de banlieue et réinvesties, dès le regroupement des familles en 1974, par des populations africaines. La ségrégation sociale a précédé la ségrégation ethnoculturelle de la grande couronne parisienne.
Dans les années 1980, les ménages les mieux intégrés (ouvriers qualifiés, employés) s’éloignent donc de la ZUS pour accéder à la petite propriété en pavillon et laissent entre eux les immigrés d’origine africaine. En 2000, la proportion des familles africaine était de 26% et les familles venues de l’Europe de l’est de 11%. En 2008, le taux d’africanisation des ZUS est de 40%.
Rappelons brièvement que les élites autochtones sont parties dès les années 1970 et ne sont pas revenues dans ces quartiers qui manquent d’ « élite » sociale. Les populations des grands ensembles s’homogénéisent par le bas (racket, mauvaise réputation, dealers et faible qualité des écoles, ou plutôt des écoliers). Un embryon d’élite issus de l’immigration maghrébine (les grands frères) déserte également les ZUS dans les années 1990, les conséquences sont désastreuses en terme d’émulation, de modèle éducatif et d’émancipation pour les populations africaines. Les départs socialement sélectifs amplifient la ségrégation ethnique, il n’est plus question du modèle marxiste bourgeois/prolérariats mais d’accès à l’instruction et à la culture (la langue) ou non.
Dans notre petite ville de Liège en Belgique, le même phénomène a eu lieu avec les HLM de Droixhe. Dans les années 1970, par solidarité sociale, des assistants sociaux et des enseignants s’y étaient installés et puis ont fui l’environnement peu respectueux des voisins (les poubelles vidées par les fenêtres dans les espaces fleuris plutôt que de les descendre au lieu ad hoc, les cages d’escaliers taguées servant aussi de dépotoirs (à seringues), les bruits, les cris, la musique nocturne, les intimidations de jeunes caïds auprès de vieilles personnes, les tournantes de jeunes filles d’ethnie africaine dans les caves,…).
Aujourd’hui LAGRANGE[1] fait le constat désolant du rapprochement des géographies de l’échec scolaire, des surfaces d’émergence de la délinquance et de la concentration des familles « africaines ». Son étude se base sur les commune situées autour de Mantes-la-Jolie (France).
Que peut-on faire ?
J’ai un grand ami malien qui est venu chez moi en Europe il y a plus de vingt ans et à qui nous avons appris le « savoir-vivre » de nos coutumes (utilisation des sanitaires, rincer sa baignoire après un bain, ne pas mettre un peu de tout sur sa tartine au petit dej, etc., bref l’utilisation du confort moderne ave le mode d’emploi). Par contre, des réfugiés émargeant d’un CPAS ouvraient en hiver les fenêtres de leur logement de dépannage par méconnaissance du thermostat des radiateurs. D’autres, dans des appartements loués, faisaient du feu sur un parquet ancien par méconnaissance de l’utilisation des plaques vitrocéramiques ; d’autres encore faisaient leurs besoins sur la corniche par méconnaissance des sanitaires etc. Lors d’une enquête pour la revue TOUDI, j’ai pu investiguer cette non bonne gestion en père de famille suscitant un racisme réactionnel de non compréhension, du racisme d’attitude mais non de comportement (Une étude de LAPIERE de la côte ouest à la côté est des Etats-Unis a montré que dans les motels dont le gérant avait une attitude raciste, celui-ci louait cependant la chambre lorsque se présentait un client noir, donc une nuance significative entre l’attitude et le comportement). Le racisme proprement dit (si j’ose m’exprimer ainsi ) est bien illustré par l’Apartheid de l’Afrique du sud ou encore le nauséabond Le Pen voulant rejeter avec Jeanne d’Arc tous les étrangers à la mer, ou pire encore celui des deux communautés américaines et le contentieux esclavagiste vieux de plus de 300 ans qui se montre par la faible taux de mariages interraciaux en référence avec les autres continents.
Je suis convaincu que tout primo-arrivant, au lieu d’être enfermé dans un centre fermé peu distinct d’une prison, devrait bénéficier d’un accueil éducationnel par des éducateurs spécialisés qui, tout en veillant à l’autonomie des personnes, les aideraient pendant le premier mois par exemple à faire leurs courses avec discernement et répondraient à chaque question en expliquant les singularités de la vie moderne qui sont pour nous des évidences. En parallèle donc à l’alphabétisation et à la maîtrise de la langue régionale(y compris bien sûr pour les femmes), dans la ligne de Jules FERRY, il faut que l’école obligatoire et gratuite pour tous leur soit accessible sans ségrégation et sans céder à leur demande de piscine séparée.
Nous nous sommes battus pour l’égalité des genres et l’utilisation de piscines municipales réservées aux seules musulmanes est un affront de bienséance aussi grave que si j’entrais dans une mosquée avec mes chaussures. Toutefois, il ne s’agit pas comme dans le passé d’intégration forcée par assimilation mais d’une compréhension multiculturelle pour tous les humains vivant ensemble. On peut faire une fête et savoir qu’après 22h, il s’agit de tapage nocturne. On peut utiliser les espaces publics sans jeter ses cannettes sur le sol mais en les déposant dans les poubelles publiques. On peut utiliser le mobilier et les transports urbains sans lacérer les sièges du bus au cutter, en payant son ticket, sans insulter le chauffeur et sans briser les parois de verre des abris bus. On peut entretenir son jardin sans qu’il ne devienne un entrepôt de vieilles machines à laver et de vieux pneus gênant le voisinage. Et de même, on peut voir de jeunes maghrébines en bikini à la piscine sans qu’elles soient offensées par un quelconque regard lubrique occidental. En gros, respecter nos sites et coutumes tels qu’il existaient avant les vagues migratoires ni plus ni moins.
2. Plaidoyer pour la revalorisation de l’image des mères en éducation
« A l’inverse de ce qui se passe en Orient et en Afrique, dans l’immigration en Europe ce ne sont pas les élites sociales qui sont le fer de lance de la réaction morale mais les jeunes en échec scolaire vivant dans les quartiers pauvres et ségrégés. »[2]
Du temps des Grecs, nous dit Michel FOUCAULT, il y avait le devoir de la PARRÊSIA[3], dire le non-dit, même aux puissants, même lorsque l’on craint de paraître politiquement incorrect.
Je me définis comme un progressiste de gauche. J’ai toujours aidé les étudiantes assistantes sociales maghrébines qui sollicitaient mes avis. J’ai toujours eu des amis musulmans tolérants comme moi mais je n’ai jamais fréquenté les petits coqs imbéciles et haineux qui pourrissent nos villes aujourd’hui
La première génération de travailleurs migrants marocains était composée de gens très bien, pauvres et fiers, attachés à l’honneur mais aussi à une culture normative rétrograde vis-à-vis des femmes, une position qui n’a fait qu’empirer en 50 ans avec les migrations afghanes et la burqua ainsi que l’influence sectaire waabite de l’Arabie Saoudite soutenue par les américains (unanimement détestés dans le monde arabo-musulmans pour leur peu de respect des autres cultures). L’ouvrage récent du sociologue Hugues LAGRANGE, chercheur au CNRS, produit un savoir accablant sur les méfaits de nos « auto-invités » envers les êtres humains femmes qui sont aussi nos sœurs dans l’humanité.
Une femme arabo-musulmane est cloîtrée chez elle pour ne pas exciter la convoitise libidinale des mâles du coin (c’est dire le peu de contrôle de leur pulsion) et si elle doit sortir, elle doit être couverte comme un sac poubelle et accompagnée d’un enfant mâle (de 7 à 12 ans) à la fonction délatrice devant faire un rapport au père-mari. Nous savons tous, depuis FREUD, que les petits enfants sont des pervers polymorphes, leur sentiment de toute-puissance doit être contré par l’éducation des parents sinon il n’aura aucune limite. C’est bien là le drame du jeune gamin qui, sur l’injonction du père, doit surveiller sa mère et se noie dans son fantasme de toute-puissance. Lorsque sa mère lui dit, pour son bien, de faire ses devoirs, il l’insulte, la frappe éventuellement et critique sa liberté vestimentaire au point de la contraindre au silence. Le hic est que le père ne parle pas non plus d’éducation et de respect pour la mère. Le petit maghrébins (en Belgique à dominance marocaine, en France à dominance algérienne) va reproduire le même type de comportement irrespectueux envers ses profs féminins, voulant leur imposer une « valeur » de respect, concept qu’il ne maîtrise pas dans son manque d’éducation et qu’il devrait plutôt lui appliquer envers ses professeures.
Peu préparé en général pour les études et la concentration mentale, il va récolter la monnaie de sa pièce et s’il lui manque un seul point au conseil de classe, l’enseignante qu’il a insultée toute l’année ne le lui remettra pas car il y a des limites à la mansuétude.
Le jeune va probablement se retrouver dans l’enseignement professionnel ou pire dans l’enseignement CEFA (alternance avec le milieu professionnel), il va comprendre qu’il est sur une voie de garage avec un sentiment de rancœur vis-à-vis de notre société.
Il ne faut pas confondre la révolte contre une injustice ciblée avec une rancœur, une envie de ce que d’autres possèdent sans pour autant maintenir un effort scolaire soutenu. Albert CAMUS distinguait bien cette forte nuance entre la révolte et le ressentiment :
« Le mouvement de révolte est plus qu’un acte de revendication, au sens fort du mot. Le ressentiment est une auto-intoxication, la sécrétion néfaste, en vase clos, d’une impuissance prolongée. La révolte au contraire fracture l’être et l’aide à déborder.. L’envie colore fortement le ressentiment. Mais on envie ce que l’on n’a pas, tandis que le révolté défend ce qu’il est. Le ressentiment, selon qu’il croît dans une âme forte ou faible, devient arrivisme ou aigreur. Mais dans les deux cas, on veut être autre que ce qu’on est. Le révolté, au contraire, dans son premier mouvement, refuse que l’on touche à ce qu’il est. Il lutte pour l’intégrité d’une partie de son être. Il ne cherche pas d’abord à conquérir ».[4]
Bien sûr que les femmes musulmanes peuvent se promener avec un foulard sur la tête, pour autant qu’il ne masque pas le visage et permette l’identification.
Nos lois sur la démocratie et le pluralisme réclament par contre fermement qu’une élue politique, une enseignante, une AS de CPAS, etc. n’affichent pas leurs préférences religieuses lorsqu’elles sont au service de tous les citoyens, elles doivent rester neutres.
S’il y avait un effort politique pour investir dans des structures d’accueil et d’éducation (pour les mères, les filles et les petits; pour les délinquants, c’est trop tard), on pourrait peut-être traiter le mal à sa racine pour les prochaines générations ? Le père réfugié dans sa dévotion peut continuer ses cinq prières à la mosquée mais aussi veiller à ce que SES enfants respectent SON épouse de façon à ce que celle-ci puisse les éduquer pour qu’ils aient un avenir meilleur (et nous aussi). On peut en Belgique être musulman grâce à la séparation des églises et de l’Etat (aucun belge n’a jamais comme à Bagdad pris des otages dans un lieu de culte d’une religion différente) mais est-il nécessaire de vouloir contrôler nos gouvernants socialistes par des lobbyings pour avoir des piscines réservées aux seules musulmanes à Bruxelles. Ce ne sont plus des revendications mais des diktats, ce n’est plus de l’intégration (comme la première génération) mais du ressentiment, de la revanche. Pourquoi nos autorités sont-elles si laxistes ? En France, quelle que soit l’unanimité anti-SARKOSY, il faut reconnaître que ceux qui pratiquent des actes de barbarie sur les petites filles (comme l’excision ou l’infibulation) sont passibles de peines de prison ferme ; pourquoi pas en Belgique où se pratique aussi l’ablation du clitoris en toute impunité ? Il est exclu de tolérer ce genre de pratiques barbares, il est exclu que les droits de l’homme ne soient pas respectés chez nous, il est exclu qu’il y ait des tentatives d’intimidation aux alentours de la gare du Midi (fief marocain) pour en chasser les autochtones. Il est exclu que des rappeurs chantent « Je baise la Belgique (pour le fric) et je me marie au Maroc ». Il est exclu que trop de mes jeunes étudiantes marocaines partent en vacances au pays et y soient mariées de force. Il est exclu qu’une manifestation aille se prosterner dans notre palais de justice, lieu symbolique de lutte contre les barbaries, que des manifestants pour le foulard agressent des spectateurs portant un chapeau avec la mention « il n’y a pas de Dieu ? » Il est exclu que quiconque impose par la force et l’intimidation sa seule vérité théologale.
«( Les jeunes migrants africains) ont tout « zappé »,sans bagage scolaire, ils ne veulent pas des emplois dans le secteur comme le bâtiment ou la restauration, ils veulent encore moins être ouvriers d’usine comme leurs pères. Les violences dans les quartiers et les écoles des cités sensibles se développent selon des lignes de clivage nouvelles, marquées par les effets de la ségrégation ethnique, des différences linguistiques et religieuses que notre culture politique prétend ignorer. Chaque groupe se ferme sur la conception la plus étroite et la plus défensive de ses valeurs. Les difficultés scolaires se présentent comme un échec de chaque individu et alimentent le ressentiment : chacun tente de reconstruire l’estime de soi dans une situation perçue comme injuste. L’humiliation perçue à l’école par les adolescents issus des migrations prend un relief particulier dans un contexte où le regard des autres a pris une place centrale. Cette perte d’estime de soi apparaît comme la souffrance majeure d’une personnalité extro-déterminée. »[5]
Je fais appel aux sages musulmans, non à ces jeunes en rupture d’école qui veulent le beurre et l’argent du beurre, je fais appel à mes amis musulmans qui meurent de faim dans le Sahel tout en conservant leur dignité et les 5 principes du Coran, dont un m’interpelle, celui de la charité que nous laïques appelons la fraternité.
Une fois que les population autochtones d’un naturel accueillant seront respectées dans leurs coutumes par les étrangers qui s’invitent tout seuls mais méprisent nos habitus et dénient nos droits de l’homme et de la femme, on pourra rêver d’une humanité fraternelle non sottement et agressivement religieuse (chacun respectant les convictions privées et non publiques de l’autre), d’une relation WIN-WIN où l’on apprendrait l’un de l’autre dans un respect exquis des différences. Mes frères humains musulmans, soyez les bienvenus et profitez de nos infrastructures, financées par nos ancêtres, tout en nous respectant et en exigeant de vos enfants un effort de civisme, de scolarisation et d’éducation (à laquelle ceux restés en Afrique n’ont pas accès hélas). Comprenez que chez nous depuis 1789, soit 211 ans, nous nous sommes battus pour nous émanciper de l’obscurantisme religieux et que la science est revenue chez nous grâce aux sages du monde arabo-musulman.
Jean-Marie Lange, 11.11.2010
[1] LAGRANGE H., Le déni des cultures, Paris Seuil : « La proportion des familles issues de l’immigration africaine est corrélée par la proportions des adolescents impliqués dans des délits et le taux d’échec au brevet des collèges. »(p.129)
[2] LAGRANGE Hugues, Le déni des cultures, Paris, Seuil, 2010, p.89.
[3] « Une des significations originaires du mot grec parrêsia, c’est le « tout dire », mais on le traduit de fait, beaucoup plus souvent, par le franc-parler, la liberté de parole, etc. Cette notion désigne une vertu, une qualité (il y a des gens qui ont la parrêsia et d’autres qui n’ont pas la parrêsia) ; c’est un devoir aussi (il faut effectivement, et surtout dans un certains nombre de cas et de situations, pouvoir faire preuve de parrêsia) ; et enfin c’est une technique, c’est un procédé : il y a des gens qui savent se servir de la parrêsia et d’autres qui ne savent pas se servir de la parrêsia. Et cette vertu, ce devoir, cette technique doivent caractériser, entre autres et avant tout, l’homme qui est en charge de quoi ? Eh bien de diriger les autres, et particulièrement de diriger les autres dans leur effort, dans leur tentative pour constituer un rapport à eux-mêmes qui soit un rapport adéquat. Autrement dit, la parrêsia est une vertu, devoir et technique que l’on doit rencontrer chez celui qui dirige la conscience des autres et les aide à constituer leur rapport à soi. » FOUCAULT Michel, Le gouvernement de soi et des autres, Paris, Gallimard, Seuil, 2008, p.43.
[4] CAMUS Albert, L’homme révolté, Paris, Folio/essais, 2010, p.32.
[5] LAGRANGE Hugues, Le déni des cultures, Paris, Seuil,2010, p.98.
mercredi 3 novembre 2010
La liberté
La LIBERTE de passer le pont de nos croyances
Mc Lean et Laborit
Selon Mc LEAN, nous dit Henri LABORIT[1], au fil de l’évolution, nous avons conservé les traces de nos cerveaux antérieurs :
1)le cerveau reptilien agressif et mu par les besoins et pulsions primaires (manger, boire, copuler,…) sans mémoire et donc aussi sans état d’âme.
2)Le cerveau des mammifères ou système limbique avec l’intuition, le ressenti, les affects (telle la peur par exemple) et la mémoire processuelle animale, base de l’apprentissage. La biche reconnaît le fusil du chasseur et tremble de peur de ses quatre pattes en se camouflant.
3) Le néo-cortex, dernière couche avec les neurones, spécifique à l’homme et qui nous donne la faculté de penser, d’anticiper, de créer. Donc aussi notre angoisse d’exister et d’appréhender la douleur ainsi que l’angoisse exsistentielle devant la mort.
Ces trois couches du cerveau fonctionnent ensemble et parfois l’une ou l’autre prédomine selon le contexte.Une soirée bien arrosée et la sexualité du prédateur seepent est titilée (l’homme a 5 fois plus de testostérone que la femme). Une carresse ou un mot gentil et notre partie animale ronronne. Une problème abstrait et nos cellules grises réfléchissent jusqu’à l’ « EUREKA ! » de la compréhension.
Toutefois, nous ne sommes pas libres car conditionnés par nos déterminismes sociaux (culturel et époqual), notre famille et notre histoire de vie mais aussi par notre cerveau qui triche avec notre perception du réel. Par exemple, mon cerveau m’envoie des signaux de douleur de la goutte de mon gros orteil alors que j’ai eu la jambe coupée. Mes yeux constatent l’absence de cette jambe mais la souffrance imprimée est toujours réelle même si je n’ai plus de gros orteil.
Le phénomène le plus étudié au sujet de notre peu de liberté de conscience est celui de la « dissonnance cognitive » de Léon FESTINGER qui dit en substance que nous réarrangeons nos souvenirs en les transformant. Cette expérience de 1967 est le socle explicatif de toutes les manipulations mentales : la rationalisation est à l’opposé de la raison.
Une dame devant une vitrine hésite entre deux robes similaires, l’une rouge, l’autre bleue, elle les essaye et toujours pas de déclic. La vendeuse lui dit que la bleue lui va mieux car assortie à ses yeux, elle l’achète et se dit qu’en effet elle a bien fait d’acheter la bleue. Ce dérapage de notre intelligence influencée est bien connu des marchands par correspondance qui font des courriers personnalisés et des cadeaux de pacotille. Mais le pire est dans l’exploitation de la détresse d’autrui.
Une veuve va consulter un charlatan marabout ; celui-ci la rassure sur le bien-être de son époux dans l’au-delà et au moment de payer ne lui réclame rien. Elle revient et ce sera une petite somme, puis un peu plus et ainsi de suite et le raisonnement biaisé chez la personne victime est en quelque sorte : « on en veut pour notre investissement ! ». La vieille dame de cette histoire de vie a vendu sa maison pour communiquer avec feu son époux via le charlatan. Elle vit depuis à l’hospice.
La liberté est un concept polysémantique. Est-ce la liberté de jouir ? Si c’est cela, je me drogue, je bois et je fais l’amour comme un fou avec viagra, une position hédoniste où l’on brûle la vie par tous les bouts. Une anecdote en passant, une souris de laboratoire dressée pour s’autoalimenter dans une cage de Skinner en poussant une pédalle ad hoc et à laquelle on branche une électrode sur son centre cervical du plaisir n’appuie plus que sur cette seconde commande et se laisse mourir de faim par abus d’orgasme.
Est-ce la liberté de faire ce que je veux ? On appelle cela le néolibéralisme, le fort exploitant le faible. Plus de service public gratuit, privatisons tout, polluons sans retenue et que les ¾ de l’humanité dite le tiers-monde crève de faim et de misère. On sent dans cette définition que notre globalisation économique est le mal à l’état brut et ne correspond plus avec le mot d’ordre de 1789 : « Liberté ainsi que Egalité ainsi que Fraternité ».
Donc avec les déterminismes sociaux, les répressions internes inconscientes du surmoi et les dérives de l’esprit du concept à la fois par les dissonances et les influences externes font que nous n’avons qu’une petite marge de liberté et de libre arbitre mais nous pouvons l’utiliser si nous nous servons à la fois d’une conscience awareness et de notre raison. Une petite vieille dépassée par un robot genre bancontact s’énerve, se fait du mauvais sang et recommence inlassablement ses erreurs, ce qui ne sera pas le cas d’une personne qui réfléchit et s’interroge sur elle-même et ses gestes.
Les deux cerveaux
Nous avons l’hémisphère cérébral gauche à dominance analytique et logique et l’hémisphère droit plus poétique, intuitif et créatif. Avec l’un, nous voyons les détails de l’arbre et avec l’autre, l’ensemble de la forêt et la perception de sa beauté. Cet hémisphère dit féminin (mais que les hommes possèdent aussi et vice versa) est celui de la conscience profonde dite awareness.
Que sommes-nous à l’échelle du cosmos ? Ma liberté est de vivre au mieux une vie d’insecte éphémère en résistant à ceux qui veulent encore plus me conditionner (les religieux) puis de retourner à la terre, au substrat de la nature sans forme. Je fais partie d’un tout qui me dépasse car je suis emprisonné dans mes concepts de temps et d’espace qui sont relatifs. Un cosmonaute voyageant dans l’espace à une vitesse lumière pourrait revenir de son périple plus jeune que son fils, nous dit Einstein.
Si nous allions notre raison gauche avec la créativité droite, nous pouvons percevoir « l’arroseur arrosé » par ses propres concepts. La science est toujours provisoire et relative mais nous allons très vite pour nous réinventer des certitudes. Nous avons une représentation du monde et de nous-mêmes qui dépend de multiples paramètres. Arrêtons de croire en notre égo, ce que nous appelons notre personnalité construite de bric et de broc puis rationnalisée et lissée dans le temps. Nos souvenirs sont reformatés et idéalisés et le futur n’existe pas encore, il n’y a donc que le moment présent de l’ici et maintenant pour apprendre à vivre et à mourir avec notre petite marge de liberté.
Les états modifiés de conscience
Dans les prochaines décennies grâce à l’imagerie médicale du cerveau (IRM), nous allons faire de grands progrès dans la connaissance encore peu connue de nos mécanismes mentaux et du contrôle ou non de nos émotions anxieuses. Edgar MORIN, chercheur au CNRS, commente le tableau de FISCHER des états modifiés de conscience avec une sorte de potentiomètre dont le zéro est le centre.
Ce tableau montre en substance que lorsque nous nous excitons mentalement dans la création comme dans la colère, nous sommes possédés dans notre comportement par une hyper-activité cérébrale (liée avec le cortisol et l’adrénaline) qui court-circuite notre conscience. Si nous nous maintenons dans cet état d’esprit (c’est le cas de le dire), nous allons vers des états schizoïdes avec une catatonie ou des hallucinations (apparitions), nous entendons des voix et enfin nous pouvons sombrer dans l’extase mystique.
Par contre, si nous essayons de calmer notre esprit en écoutant nos émotions et en distinguant les illusions (non étayées sur des faits) et les colères de vanité, nous nous approchons d’une hypoactivité mentale avec le yoga et le zen. La médiation zen débarrassée de ses fioritures religieuses puériles est une gymnastique de l’esprit très intéressante, sans pour autant être verbalisable car cela concerne le cerveau droit : « Comment voulez-vous partager le goût d’un fruit exotiques avec quelqu’un qui ne l’a jamais goûté ? », dit un sage. L’enjeu de la pratique méditative zen est à la fois simple et difficile : 1) arrêter de penser ; 2) se concentrer sur ce que l’on fait (conscience awareness).
En conclusion sommaire
Une fois débarrassé des influences externes directes (les critiques et jugements de valeur souvent négatifs de nos proches), une fois que nous avons pris conscience de nos déterminismes sociaux, une fois que nous acceptons que nous avons trop de certitudes et des préjugés (ou des stéréotypes professionnels) pour enfin pouvoir nous recadrer sur notre autoévaluation et notre perfectionnement sans donner des leçons à autrui, nous pouvons accéder à une introspection partielle et limitée de notre être intérieur, sans pour autant nier notre raison.
Qu’est-ce que je veux ? Réussir pour être reconnu socialement ? Foutaise ! Baiser comme un dieu ? Foutaise, c’est le reptile qui parle ! Etre aimé et reconnu par mes proches ? Bien sûr, mais c’est la biche ou le petit toutou qui parle en moi (système limbique). Alors qu’est-ce que je veux ? Souffrir le moins possible, vivre bien et préparer ma mort en en ayant conscience ?
C’est peut-être une conscientisation modeste mais fondamentale et qui devrait donner de la saveur à l’instant vécu. En effet, avec notre angoisse de mort, nous n’arrêtons pas de nous agiter, de travailler, de faire des tas de choses comme un enfant sage qui veut plaire à ses parents mais cet activisme maladif qui pousse certains d’entre-nous au burn-out est un simple camouflage de notre grande trouille de la mort. Il nous faut intellectuellement l’accepter : nous n’avons qu’une vie et lorsque nous serons morts, il ne restera que notre cadavre, noud dis Epicure.
Un adage chrétien disait « ma liberté est limitée à celle des autres », dans nos fantasmes réciproques de soumission au « qu’en dira-t-on ? » ; un autre, plus progressiste à mon sens, dit : « la liberté des autres étend la mienne à l’infini ». Et c’est bien là mon choix, celui de distribuer partout dans mes contacts humains des autorisations à vivre plutôt que des interdits variables d’une époque à l’autre, tout en restant bien entendu cadré par le respect des droits de l’homme.
La liberté limitée dans le temps et dans l’espace que nous avons comme existant est celle de vivre avec le moins de douleur possible (et donc sans autosacrifice et mortification imbéciles pour un au-delà imaginaire de consolation) et avec nos proches d’une qualité (et égalité) relationnelle intéressante. Comme disaient les alchimistes, il nous faut sublimer une morale de contrainte en une éthique du don généreux et sans façon. Arrêter de demander, de l’affection par exemple, mais en donner car tous les êtres humains sont en soif de reconnaissance affective.
Soyons nous-mêmes sur notre propre chemin et luttons contre notre dressage de jeunesse à la critique négative, un conditionnement ; pour, au contraire, encourager les autres à dépasser leur peur pour vivre ensemble le peu de liberté et de joie que seuls nous-mêmes pouvons nous octroyer.
« Mourir pour des idées, d’accord mais de mort lente. »(BRASSENS)
Jean-Marie Lange,
11.11.2010.
[1] LABORIT H., Eloge de la fuite, Paris, Gallimard, 1989. LABORIT H., L'agressivité détournée, Paris, 10/18, 1981. LABORIT H., La légende des comportements, Paris, Flammarion,1994.
Mc Lean et Laborit
Selon Mc LEAN, nous dit Henri LABORIT[1], au fil de l’évolution, nous avons conservé les traces de nos cerveaux antérieurs :
1)le cerveau reptilien agressif et mu par les besoins et pulsions primaires (manger, boire, copuler,…) sans mémoire et donc aussi sans état d’âme.
2)Le cerveau des mammifères ou système limbique avec l’intuition, le ressenti, les affects (telle la peur par exemple) et la mémoire processuelle animale, base de l’apprentissage. La biche reconnaît le fusil du chasseur et tremble de peur de ses quatre pattes en se camouflant.
3) Le néo-cortex, dernière couche avec les neurones, spécifique à l’homme et qui nous donne la faculté de penser, d’anticiper, de créer. Donc aussi notre angoisse d’exister et d’appréhender la douleur ainsi que l’angoisse exsistentielle devant la mort.
Ces trois couches du cerveau fonctionnent ensemble et parfois l’une ou l’autre prédomine selon le contexte.Une soirée bien arrosée et la sexualité du prédateur seepent est titilée (l’homme a 5 fois plus de testostérone que la femme). Une carresse ou un mot gentil et notre partie animale ronronne. Une problème abstrait et nos cellules grises réfléchissent jusqu’à l’ « EUREKA ! » de la compréhension.
Toutefois, nous ne sommes pas libres car conditionnés par nos déterminismes sociaux (culturel et époqual), notre famille et notre histoire de vie mais aussi par notre cerveau qui triche avec notre perception du réel. Par exemple, mon cerveau m’envoie des signaux de douleur de la goutte de mon gros orteil alors que j’ai eu la jambe coupée. Mes yeux constatent l’absence de cette jambe mais la souffrance imprimée est toujours réelle même si je n’ai plus de gros orteil.
Le phénomène le plus étudié au sujet de notre peu de liberté de conscience est celui de la « dissonnance cognitive » de Léon FESTINGER qui dit en substance que nous réarrangeons nos souvenirs en les transformant. Cette expérience de 1967 est le socle explicatif de toutes les manipulations mentales : la rationalisation est à l’opposé de la raison.
Une dame devant une vitrine hésite entre deux robes similaires, l’une rouge, l’autre bleue, elle les essaye et toujours pas de déclic. La vendeuse lui dit que la bleue lui va mieux car assortie à ses yeux, elle l’achète et se dit qu’en effet elle a bien fait d’acheter la bleue. Ce dérapage de notre intelligence influencée est bien connu des marchands par correspondance qui font des courriers personnalisés et des cadeaux de pacotille. Mais le pire est dans l’exploitation de la détresse d’autrui.
Une veuve va consulter un charlatan marabout ; celui-ci la rassure sur le bien-être de son époux dans l’au-delà et au moment de payer ne lui réclame rien. Elle revient et ce sera une petite somme, puis un peu plus et ainsi de suite et le raisonnement biaisé chez la personne victime est en quelque sorte : « on en veut pour notre investissement ! ». La vieille dame de cette histoire de vie a vendu sa maison pour communiquer avec feu son époux via le charlatan. Elle vit depuis à l’hospice.
La liberté est un concept polysémantique. Est-ce la liberté de jouir ? Si c’est cela, je me drogue, je bois et je fais l’amour comme un fou avec viagra, une position hédoniste où l’on brûle la vie par tous les bouts. Une anecdote en passant, une souris de laboratoire dressée pour s’autoalimenter dans une cage de Skinner en poussant une pédalle ad hoc et à laquelle on branche une électrode sur son centre cervical du plaisir n’appuie plus que sur cette seconde commande et se laisse mourir de faim par abus d’orgasme.
Est-ce la liberté de faire ce que je veux ? On appelle cela le néolibéralisme, le fort exploitant le faible. Plus de service public gratuit, privatisons tout, polluons sans retenue et que les ¾ de l’humanité dite le tiers-monde crève de faim et de misère. On sent dans cette définition que notre globalisation économique est le mal à l’état brut et ne correspond plus avec le mot d’ordre de 1789 : « Liberté ainsi que Egalité ainsi que Fraternité ».
Donc avec les déterminismes sociaux, les répressions internes inconscientes du surmoi et les dérives de l’esprit du concept à la fois par les dissonances et les influences externes font que nous n’avons qu’une petite marge de liberté et de libre arbitre mais nous pouvons l’utiliser si nous nous servons à la fois d’une conscience awareness et de notre raison. Une petite vieille dépassée par un robot genre bancontact s’énerve, se fait du mauvais sang et recommence inlassablement ses erreurs, ce qui ne sera pas le cas d’une personne qui réfléchit et s’interroge sur elle-même et ses gestes.
Les deux cerveaux
Nous avons l’hémisphère cérébral gauche à dominance analytique et logique et l’hémisphère droit plus poétique, intuitif et créatif. Avec l’un, nous voyons les détails de l’arbre et avec l’autre, l’ensemble de la forêt et la perception de sa beauté. Cet hémisphère dit féminin (mais que les hommes possèdent aussi et vice versa) est celui de la conscience profonde dite awareness.
Que sommes-nous à l’échelle du cosmos ? Ma liberté est de vivre au mieux une vie d’insecte éphémère en résistant à ceux qui veulent encore plus me conditionner (les religieux) puis de retourner à la terre, au substrat de la nature sans forme. Je fais partie d’un tout qui me dépasse car je suis emprisonné dans mes concepts de temps et d’espace qui sont relatifs. Un cosmonaute voyageant dans l’espace à une vitesse lumière pourrait revenir de son périple plus jeune que son fils, nous dit Einstein.
Si nous allions notre raison gauche avec la créativité droite, nous pouvons percevoir « l’arroseur arrosé » par ses propres concepts. La science est toujours provisoire et relative mais nous allons très vite pour nous réinventer des certitudes. Nous avons une représentation du monde et de nous-mêmes qui dépend de multiples paramètres. Arrêtons de croire en notre égo, ce que nous appelons notre personnalité construite de bric et de broc puis rationnalisée et lissée dans le temps. Nos souvenirs sont reformatés et idéalisés et le futur n’existe pas encore, il n’y a donc que le moment présent de l’ici et maintenant pour apprendre à vivre et à mourir avec notre petite marge de liberté.
Les états modifiés de conscience
Dans les prochaines décennies grâce à l’imagerie médicale du cerveau (IRM), nous allons faire de grands progrès dans la connaissance encore peu connue de nos mécanismes mentaux et du contrôle ou non de nos émotions anxieuses. Edgar MORIN, chercheur au CNRS, commente le tableau de FISCHER des états modifiés de conscience avec une sorte de potentiomètre dont le zéro est le centre.
Ce tableau montre en substance que lorsque nous nous excitons mentalement dans la création comme dans la colère, nous sommes possédés dans notre comportement par une hyper-activité cérébrale (liée avec le cortisol et l’adrénaline) qui court-circuite notre conscience. Si nous nous maintenons dans cet état d’esprit (c’est le cas de le dire), nous allons vers des états schizoïdes avec une catatonie ou des hallucinations (apparitions), nous entendons des voix et enfin nous pouvons sombrer dans l’extase mystique.
Par contre, si nous essayons de calmer notre esprit en écoutant nos émotions et en distinguant les illusions (non étayées sur des faits) et les colères de vanité, nous nous approchons d’une hypoactivité mentale avec le yoga et le zen. La médiation zen débarrassée de ses fioritures religieuses puériles est une gymnastique de l’esprit très intéressante, sans pour autant être verbalisable car cela concerne le cerveau droit : « Comment voulez-vous partager le goût d’un fruit exotiques avec quelqu’un qui ne l’a jamais goûté ? », dit un sage. L’enjeu de la pratique méditative zen est à la fois simple et difficile : 1) arrêter de penser ; 2) se concentrer sur ce que l’on fait (conscience awareness).
En conclusion sommaire
Une fois débarrassé des influences externes directes (les critiques et jugements de valeur souvent négatifs de nos proches), une fois que nous avons pris conscience de nos déterminismes sociaux, une fois que nous acceptons que nous avons trop de certitudes et des préjugés (ou des stéréotypes professionnels) pour enfin pouvoir nous recadrer sur notre autoévaluation et notre perfectionnement sans donner des leçons à autrui, nous pouvons accéder à une introspection partielle et limitée de notre être intérieur, sans pour autant nier notre raison.
Qu’est-ce que je veux ? Réussir pour être reconnu socialement ? Foutaise ! Baiser comme un dieu ? Foutaise, c’est le reptile qui parle ! Etre aimé et reconnu par mes proches ? Bien sûr, mais c’est la biche ou le petit toutou qui parle en moi (système limbique). Alors qu’est-ce que je veux ? Souffrir le moins possible, vivre bien et préparer ma mort en en ayant conscience ?
C’est peut-être une conscientisation modeste mais fondamentale et qui devrait donner de la saveur à l’instant vécu. En effet, avec notre angoisse de mort, nous n’arrêtons pas de nous agiter, de travailler, de faire des tas de choses comme un enfant sage qui veut plaire à ses parents mais cet activisme maladif qui pousse certains d’entre-nous au burn-out est un simple camouflage de notre grande trouille de la mort. Il nous faut intellectuellement l’accepter : nous n’avons qu’une vie et lorsque nous serons morts, il ne restera que notre cadavre, noud dis Epicure.
Un adage chrétien disait « ma liberté est limitée à celle des autres », dans nos fantasmes réciproques de soumission au « qu’en dira-t-on ? » ; un autre, plus progressiste à mon sens, dit : « la liberté des autres étend la mienne à l’infini ». Et c’est bien là mon choix, celui de distribuer partout dans mes contacts humains des autorisations à vivre plutôt que des interdits variables d’une époque à l’autre, tout en restant bien entendu cadré par le respect des droits de l’homme.
La liberté limitée dans le temps et dans l’espace que nous avons comme existant est celle de vivre avec le moins de douleur possible (et donc sans autosacrifice et mortification imbéciles pour un au-delà imaginaire de consolation) et avec nos proches d’une qualité (et égalité) relationnelle intéressante. Comme disaient les alchimistes, il nous faut sublimer une morale de contrainte en une éthique du don généreux et sans façon. Arrêter de demander, de l’affection par exemple, mais en donner car tous les êtres humains sont en soif de reconnaissance affective.
Soyons nous-mêmes sur notre propre chemin et luttons contre notre dressage de jeunesse à la critique négative, un conditionnement ; pour, au contraire, encourager les autres à dépasser leur peur pour vivre ensemble le peu de liberté et de joie que seuls nous-mêmes pouvons nous octroyer.
« Mourir pour des idées, d’accord mais de mort lente. »(BRASSENS)
Jean-Marie Lange,
11.11.2010.
[1] LABORIT H., Eloge de la fuite, Paris, Gallimard, 1989. LABORIT H., L'agressivité détournée, Paris, 10/18, 1981. LABORIT H., La légende des comportements, Paris, Flammarion,1994.
mardi 19 octobre 2010
MORINGA
GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique: Jean-Marie LANGE jm.lange@skynet.be
DEXIA : 068-2426901-85; IBAN BE89 0682 4269 0185 BIC GKCCBEBB
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une association (asbl) spécialisée en management associatif, en recherche-action participative et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde en partenariat avec les villageois. Avant-hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali (2002) et hier, c'était l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi (de 2007 à 2010). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap-belgique.blogspot.com;
GAP 2010/10 Une école pour Nando en 2011
Comme tous les enseignants, formateurs et intervenants psychosociaux nous respectons la pédagogie spécifique de nos collègues d’Afrique. Nos actions humanitaires ont pour but le soutien logistique des écoles s’incluant dans la mixité.
Qu’est-ce que le GAP ?
Un groupe d’enseignants, pour la plupart à la retraite, qui a apporté un jour d’été 1988 quelques cahiers et bics à l’école DOGON (Mali) de Nombori et a créé ses statuts d’asbl en 2005 . Nous organisons des formations pointues de cadres et les émoluments reçus servent, à l’euro près, à des projets ciblés de développement en Afrique, notamment au Burundi et au Mali. Nous voulons rester ouverts à tous et nous nous revendiquons donc seulement des droits de l’homme. Nous sommes bien sûr prêts à recevoir des subsides d’Etat de la coopération belge ou des aides d’entreprises sans pour autant devenir des placards de sponsoring publicitaire (mais c’est fou comme le courrier s’égare en Belgique, malgré nos évaluations rigoureuses). Pourquoi la coopération belge ne nous a-t-elle jamais soutenus en 5 ans et pourquoi aucun de nos articles d’explication n’a-t-il été publié dans les revues de l’AGCD ?(Avec un soutien financier complémentaire, nous aurions pu cet été acheter un moulin à grains pour la colline de KAYOBA, dans la province sud de MAKAMBA, au Burundi).
Quel est le projet ciblé en 2011 ?
Au MALI, dans le delta du Niger, près de MOPTI, existe un groupe dit « DOGON du plateau » assez pauvre car peu touristique. Nous avons visité les villages en 2009 et sélectionné NANDO avec ses 380 élèves (garçons et filles) pour deux enseignants et les plus petits portant les stigmates de la malnutrition. Nous ne donnons jamais d’argent mais du matériel et/ou de la nourriture sous le principe « food for work » pour rester soucieux de la dignité des jeunes personnes. Concrètement, nous allons en JANV-FEV 2011 installer une cantine scolaire pour que les 380 élèves aient un repas chaud à midi à l’école.
A ces repas, nous ajouterons des protéines animales (poulets) et des compléments alimentaires (minéraux, oligo-éléments et vitamines) pour que ces jeunes en pleine croissance profitent d’un apport dans leur développement physique et intellectuel.
Selon des recherches agronomiques récentes, le MORINGA est un arbre endémique d’une grand richesse alimentaire (feuilles, bois, racines) et nous demanderons en échange de l’action repas que chaque enfant repique deux arbres en les arrosant régulièrement et en les protégeant des chèvres. Ceux qui auront un de leurs deux arbres ayant survécu après deux ans auront une récompense encore à déterminer. (En reforestation, on s’est aperçu que 80% des plants replantés mourraient par faute d’arrosage constant). On demandera à chaque enfant de mettre sa marque au marker indélébile sur ses troncs. Le chef des travaux locaux du GAP s’active à l’élevage de 1000 plants en pépinière.
Pour être informé de nos travaux et des évaluations, versez 15 € ou plus sur le compte IBAN du GAP de la banque DEXIA : BE06 8242 6901 85. Par avance, nous vous remercions de votre soutien.
Sous-projet : si vous voulez soutenir la scolarité d’une petite fille du Mali âgée de 7 ans , pour par exemple faire un jour des études supérieures en Europe, versez votre obole sur son compte bloqué : SANOGO MARIAM, DEXIA N° 083-5299301-97. Merci pour elle.
Le moringa oleifera
Le Moringa oleifera[1] est un arbuste à croissance rapide dont les feuilles peuvent être mangées fraîches ou séchées (en poudre). Selon le Centre Mondial de Recherche sur les Légumes (AVRDC), c’est la plante la plus nutritive sur 120 testées.. Par une haute valeur nutritive, un concentré de protéines, de vitamines et de minéraux en plus d’excellente qualité gustative, c’est le futur « super aliment vert » des pays tropicaux.
Le MORIGNA OLEIFERA (Ghana, Niger, Nigéria) est un arbre originaire de l’Inde et courant en Afrique pour ombrager les cases et dont les propriétés ont été découvertes récemment. Les feuilles et les fruits peuvent servir de légumes aux propriétés nutritives et médicales ; la poudre de feuille (conservée à l’ombre) peut servir de condiments. En Inde, le fruit vert se cuisine comme un légume, les feuilles se consomment comme légumes verts, bouillis, sautés ou en assaisonnement, la graine peut se manger grillée comme une arachide. La graine peut aussi donner de « l’huile de Ben » comestible et employée en cosmétique et en horlogerie. 100 gr de MORINGA en feuilles fraîches = autant de calcium qu’un grand verre de lait, autant de fer qu’un steak de bœuf de 200 gr, autant de protéines qu’un œuf ; autant de vitamine C qu’une orange, autant de vitamine A qu’une carotte.
Mise en culture
La semence a un pouvoir germinatif limité à un an. Semis de deux graines en poquet à 2 cm de profondeur (pas plus). Lorsque les plans ont 30 cm, on arrache le plan le plus grêle (la graine germe après 5 à 12 jours en terre), le sol doit être drainé. L’arbuste peut se transplanter de pépinière en pleine terre, en lignes avec un écartement de 0,5 à 1 m entre les plants, les lignes étant orientées d’est en ouest pour l’ensoleillement maximal et l’interligne étant de 2 à 4 m. L’arbre sauvage peut atteindre de 3 à 4 mètres de hauteur la première année et jusqu’à 10 ou 12 mètres les années suivante; il faut donc pincer le bourgeon terminal dès une hauteur de 0,5 à 1 m pour éviter que la plante file trop haut. Le pinçage va provoquer la croissance des branches latérales qui seront également pincées à leurs bourgeons terminaux à 0,5 m (pinçage avec les ongles) pour le traiter en buisson touffu. L’arbre peut aussi se reproduire en bouture ligneuses (bois dur) d’un mètre de long (4 à 5 cm de diamètre), 1/3 de la longueur doit être enfouie sous terre (plantules plus sensibles que celles issues des semis), écartement entre 2 et 4 mètres, lignes en quinconce plantées d’est en ouest pour un maximum d’ensoleillement
Entretien : sarclage de la parcelle, Mulching (paillage) dès la plantation, puis arrosage dès que le sol sèche autour du plant. Enrichir le sol avec du compost ou du fumier (pas d’engrais chimiques). Taille d’entretien à 20 cm du niveau du sol juste avant les pluies (couper au-dessus du nœud).
Récolte :les branches seront coupées à un mètre au-dessus du sol tôt le matin ou tard le soir (les feuilles ne doivent pas être mouillées par la rosée), transporter les branches sous un abri pour le séchage (pas au soleil), effeuiller les branches et étaler les feuilles (toujours avec le pétiole) pour éviter qu’elles ne chauffent. Les folioles sont ensuite lavés dans des bacs d’eau potable avec une solution saline de 1% pendant 3 à 5 minutes pour débarrasser les germes éventuels puis de nouveau lavés à l’eau claire avant le séchage final .Il faut enfin égoutter les folioles dans des seaux perforés puis étaler sur des filets alimentaires pendant15 minutes avant d’apporter au séchage. Les feuilles séchées seront pilées au mortier, la poudre sera à nouveau séchée à 50°C pendant 30 minutes puis mise en bocaux avec couvercle à visser (la poudre prend vite l’humidité).
Synthèse pour le GAP de Marie-Claire, Patrick, Simbè et Jean-Marie
GAP.Belgique@skynet.be;
[1] Source : Dr Armelle de Saint Sauveur et Dr Mélanie Broin, Moringanews, CTA, Gemenos, mai 2010.
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique: Jean-Marie LANGE jm.lange@skynet.be
DEXIA : 068-2426901-85; IBAN BE89 0682 4269 0185 BIC GKCCBEBB
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une association (asbl) spécialisée en management associatif, en recherche-action participative et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde en partenariat avec les villageois. Avant-hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali (2002) et hier, c'était l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi (de 2007 à 2010). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap-belgique.blogspot.com;
GAP 2010/10 Une école pour Nando en 2011
Comme tous les enseignants, formateurs et intervenants psychosociaux nous respectons la pédagogie spécifique de nos collègues d’Afrique. Nos actions humanitaires ont pour but le soutien logistique des écoles s’incluant dans la mixité.
Qu’est-ce que le GAP ?
Un groupe d’enseignants, pour la plupart à la retraite, qui a apporté un jour d’été 1988 quelques cahiers et bics à l’école DOGON (Mali) de Nombori et a créé ses statuts d’asbl en 2005 . Nous organisons des formations pointues de cadres et les émoluments reçus servent, à l’euro près, à des projets ciblés de développement en Afrique, notamment au Burundi et au Mali. Nous voulons rester ouverts à tous et nous nous revendiquons donc seulement des droits de l’homme. Nous sommes bien sûr prêts à recevoir des subsides d’Etat de la coopération belge ou des aides d’entreprises sans pour autant devenir des placards de sponsoring publicitaire (mais c’est fou comme le courrier s’égare en Belgique, malgré nos évaluations rigoureuses). Pourquoi la coopération belge ne nous a-t-elle jamais soutenus en 5 ans et pourquoi aucun de nos articles d’explication n’a-t-il été publié dans les revues de l’AGCD ?(Avec un soutien financier complémentaire, nous aurions pu cet été acheter un moulin à grains pour la colline de KAYOBA, dans la province sud de MAKAMBA, au Burundi).
Quel est le projet ciblé en 2011 ?
Au MALI, dans le delta du Niger, près de MOPTI, existe un groupe dit « DOGON du plateau » assez pauvre car peu touristique. Nous avons visité les villages en 2009 et sélectionné NANDO avec ses 380 élèves (garçons et filles) pour deux enseignants et les plus petits portant les stigmates de la malnutrition. Nous ne donnons jamais d’argent mais du matériel et/ou de la nourriture sous le principe « food for work » pour rester soucieux de la dignité des jeunes personnes. Concrètement, nous allons en JANV-FEV 2011 installer une cantine scolaire pour que les 380 élèves aient un repas chaud à midi à l’école.
A ces repas, nous ajouterons des protéines animales (poulets) et des compléments alimentaires (minéraux, oligo-éléments et vitamines) pour que ces jeunes en pleine croissance profitent d’un apport dans leur développement physique et intellectuel.
Selon des recherches agronomiques récentes, le MORINGA est un arbre endémique d’une grand richesse alimentaire (feuilles, bois, racines) et nous demanderons en échange de l’action repas que chaque enfant repique deux arbres en les arrosant régulièrement et en les protégeant des chèvres. Ceux qui auront un de leurs deux arbres ayant survécu après deux ans auront une récompense encore à déterminer. (En reforestation, on s’est aperçu que 80% des plants replantés mourraient par faute d’arrosage constant). On demandera à chaque enfant de mettre sa marque au marker indélébile sur ses troncs. Le chef des travaux locaux du GAP s’active à l’élevage de 1000 plants en pépinière.
Pour être informé de nos travaux et des évaluations, versez 15 € ou plus sur le compte IBAN du GAP de la banque DEXIA : BE06 8242 6901 85. Par avance, nous vous remercions de votre soutien.
Sous-projet : si vous voulez soutenir la scolarité d’une petite fille du Mali âgée de 7 ans , pour par exemple faire un jour des études supérieures en Europe, versez votre obole sur son compte bloqué : SANOGO MARIAM, DEXIA N° 083-5299301-97. Merci pour elle.
Le moringa oleifera
Le Moringa oleifera[1] est un arbuste à croissance rapide dont les feuilles peuvent être mangées fraîches ou séchées (en poudre). Selon le Centre Mondial de Recherche sur les Légumes (AVRDC), c’est la plante la plus nutritive sur 120 testées.. Par une haute valeur nutritive, un concentré de protéines, de vitamines et de minéraux en plus d’excellente qualité gustative, c’est le futur « super aliment vert » des pays tropicaux.
Le MORIGNA OLEIFERA (Ghana, Niger, Nigéria) est un arbre originaire de l’Inde et courant en Afrique pour ombrager les cases et dont les propriétés ont été découvertes récemment. Les feuilles et les fruits peuvent servir de légumes aux propriétés nutritives et médicales ; la poudre de feuille (conservée à l’ombre) peut servir de condiments. En Inde, le fruit vert se cuisine comme un légume, les feuilles se consomment comme légumes verts, bouillis, sautés ou en assaisonnement, la graine peut se manger grillée comme une arachide. La graine peut aussi donner de « l’huile de Ben » comestible et employée en cosmétique et en horlogerie. 100 gr de MORINGA en feuilles fraîches = autant de calcium qu’un grand verre de lait, autant de fer qu’un steak de bœuf de 200 gr, autant de protéines qu’un œuf ; autant de vitamine C qu’une orange, autant de vitamine A qu’une carotte.
Mise en culture
La semence a un pouvoir germinatif limité à un an. Semis de deux graines en poquet à 2 cm de profondeur (pas plus). Lorsque les plans ont 30 cm, on arrache le plan le plus grêle (la graine germe après 5 à 12 jours en terre), le sol doit être drainé. L’arbuste peut se transplanter de pépinière en pleine terre, en lignes avec un écartement de 0,5 à 1 m entre les plants, les lignes étant orientées d’est en ouest pour l’ensoleillement maximal et l’interligne étant de 2 à 4 m. L’arbre sauvage peut atteindre de 3 à 4 mètres de hauteur la première année et jusqu’à 10 ou 12 mètres les années suivante; il faut donc pincer le bourgeon terminal dès une hauteur de 0,5 à 1 m pour éviter que la plante file trop haut. Le pinçage va provoquer la croissance des branches latérales qui seront également pincées à leurs bourgeons terminaux à 0,5 m (pinçage avec les ongles) pour le traiter en buisson touffu. L’arbre peut aussi se reproduire en bouture ligneuses (bois dur) d’un mètre de long (4 à 5 cm de diamètre), 1/3 de la longueur doit être enfouie sous terre (plantules plus sensibles que celles issues des semis), écartement entre 2 et 4 mètres, lignes en quinconce plantées d’est en ouest pour un maximum d’ensoleillement
Entretien : sarclage de la parcelle, Mulching (paillage) dès la plantation, puis arrosage dès que le sol sèche autour du plant. Enrichir le sol avec du compost ou du fumier (pas d’engrais chimiques). Taille d’entretien à 20 cm du niveau du sol juste avant les pluies (couper au-dessus du nœud).
Récolte :les branches seront coupées à un mètre au-dessus du sol tôt le matin ou tard le soir (les feuilles ne doivent pas être mouillées par la rosée), transporter les branches sous un abri pour le séchage (pas au soleil), effeuiller les branches et étaler les feuilles (toujours avec le pétiole) pour éviter qu’elles ne chauffent. Les folioles sont ensuite lavés dans des bacs d’eau potable avec une solution saline de 1% pendant 3 à 5 minutes pour débarrasser les germes éventuels puis de nouveau lavés à l’eau claire avant le séchage final .Il faut enfin égoutter les folioles dans des seaux perforés puis étaler sur des filets alimentaires pendant15 minutes avant d’apporter au séchage. Les feuilles séchées seront pilées au mortier, la poudre sera à nouveau séchée à 50°C pendant 30 minutes puis mise en bocaux avec couvercle à visser (la poudre prend vite l’humidité).
Synthèse pour le GAP de Marie-Claire, Patrick, Simbè et Jean-Marie
GAP.Belgique@skynet.be;
[1] Source : Dr Armelle de Saint Sauveur et Dr Mélanie Broin, Moringanews, CTA, Gemenos, mai 2010.
Le fonctionnement à la croyance
Le fonctionnement à la croyance
La liberté de conscience est sacrée pour chacun ; au nom de la tolérance, je respecte donc la foi du charbonnier, ce que le sociologue Max WEBER[1] appelle « l’éthique de conviction ». C’est pourtant au nom de « l’éthique de responsabilité »(toujours de WEBER) que je m’insurge contre toutes les religions qui parlent au nom du bien mais font concrètement toujours le mal psychiquement et physiquement (culpabilisation, dogmatisme, position réactionnaire envers les femmes et la sexualité, mortification, atteintes aux droits de l’homme, etc.). Qu’est-ce qu’une croyance sinon une certitude absolue, autrement dit un préjugé jamais remis en question et cautionné par un tour de passe-passe que l’on appelle « la foi ».
Je suis humaniste, j’ai foi en l’homme, c’est donc également une croyance, non transcendantale certes, mais au moins un principe, tout comme la tolérance qui ancre mon éthique de vie. Je reconnais bien sûr qu’il existe des militants laïques qui sont aussi des croyants rabiques autant que les chrétiens. Beaucoup de gens sont morts pour des idées parce qu’ils étaient idéalistes (antifascistes par exemple). Il nous faut donc distinguer les croyances dogmatiques (une paresse intellectuelle) des croyances aux luttes sociales pour l’amélioration de l’humanité (pour autant qu’elles ne deviennent pas une doctrine sectaire comme le stalinisme, du genre « le parti a dit et la vie des militants ne compte pas »). Tout homme peut porter un idéal de vie souhaitable comme l’inaccessible étoile de Jacques BREL tout en conservant dans le concret son esprit critique, donc sa pensée rationnelle et analytique.
Lorsque l’on écoute le philosophe André COMTE-SPONVILLE, on s’interroge sur les vertus théologales qu’il développe : la foi, l’espérance et la charité. La charité est une action qui consiste à se soucier des plus pauvres des humains, un acte volontaire vertueux alors que la foi et l’espérance sont des états d’âme. Nous, les athées et laïques parlons plus volontiers d’action sociale envers les déshérités pour fuir le terme de « charité » devenu poisseux et condescendant avec les dames patronnesses du temps jadis pratiquant une charité chrétienne ostentatoire et non respectueuse de la dignité humaine des moins nantis financièrement.
Je suis fidèle à mes idéaux qui cependant évoluent toujours au fil du temps car sans dogme et je reste de « bonne foi » sans pour autant toujours conscientiser mon évolution dans les détails…mais sans la foi immuable du charbonnier. Il n’y a pas de conciliation possible sur ce terme restrictif de croire aveuglément sans question, il est antagoniste à la science et à la raison adogmatique. Il peut y avoir une confiance et une adhésion à un ordre cosmique mais jamais une foi aveugle ; autrement dit, la foi en l’homme est possible car porteuse d’un sens plus pragmatique qui n’exclut pas la perfectibilité personnelle, donc les remises en cause permanentes.
Au-delà de la vision formatée par nos déterminismes sociaux et culturels, on peut aussi percevoir le monde intuitivement en observant les réalités sensibles sans nous prendre pour des clairvoyants. Les connaissances sur le cognitivisme ont encore du chemin à faire pour clarifier notre fonctionnement cérébral. Carl Gustav JUNG se réfère à HERMES « Ce qui est haut est comme ce qui est en bas » et inversement ; donc, sans dénier nos besoins physiologiques de mammifères, nous pouvons nous détacher de nos représentations enkystées pour, sans idolâtrie ou « profession de foi », ne pas s’arrêter aux apparences de l’ego et trouver en nous notre propre lumière relative. En synthèse pour ce concept, nous pourrions dire « avoir la foi » en nos possibilités de perfectionnement personnel, avoir une fidélité à une structure de pensée ou à un ordre sans pour autant aliéner notre libre-arbitre.
L’espérance aussi est un concept poly sémantique : nous pouvons avec la pensée positive espérer pour notre espèce, donc avec une énergie constructive, sans rêver pour autant à un beau jour d’espoir dans la réalité de tout ce qui est espéré. Pour une pratique de diverses actions sociales dans le tiers et le quart-monde, l’espérance d’un monde meilleur est notre moteur psychique et nous serons déçus absolument car le monde des hommes est MOUVEMENT et il y aura toujours un prêtre ou un politicien pour récupérer les acquis sociaux pour faire un retour vers l’obscurantisme et le totalitarisme (les évènements en France des diktats de SARKOSY par rapport aux retraites).
COMTE-SPONVILLE nous donne une belle définition de l’espérance : « C’est un désir qui porte sur ce qu’on n’a pas (un manque) dont on ignore s’il est ou s’il sera satisfait, enfin dont la satisfaction ne dépend pas de nous : espérer c’est désirer sans jouir, sans savoir et sans pouvoir. »[2] Le désir est manque de ce que l’on n’a pas ou de ce qui n’est pas comme l’avenir d’une humanité radieuse, c’est cela désirer sans jouir car notre avenir nous est inconnu et on n’en aura pas l’expérience avant l’instant du moment vécu. Nous ignorons si nos actions seront bénéfiques ou non, c’est pourquoi nous désirons sans savoir. Il est important de distinguer ce qui dépend de notre volonté et de nos actions d’une espérance dont la satisfaction ne dépend pas de nous. Le vouloir est l’acte, le concret qui dépend de nous : « Je serai là » n’est pas le même message que « j’espère venir ». Si notre engagement dépend d’un pouvoir externe à nous-mêmes, ce sera alors une espérance : « Plus nous nous efforçons de vivre sans la conduite de la raison, plus nous faisons effort pour nous rendre moins dépendant de l’espoir. »[3]
Pour arriver donc à enfin une ACTION « charitable » sans espoir d’une quelconque récompense dans l’au-delà ou d’une reconnaissance dans l’ici et maintenant, il faut réaliser un travail sur soi pour se détacher de l’ego et de l’orgueil. Il s’agit d’une ouverture du cœur, d’une disponibilité à la générosité et au partage. En travaillant concrètement pour le progrès social de tous, nous débouchons sans effort sur une vie spirituelle laïque, c’est-à-dire non pas l’amour d’un Dieu anthropocentriste dit, au mépris des réalités observables, « bon » mais l’amour des hommes (la Philae).
La pratique de la pensée et de l’action (la praxis) est génératrice d’une réaction psychique : la méditation sur la contradiction entre les injustices sociales productrices de souffrance pour l’humanité et la beauté de la terre et de l’univers. Cela ne veut pas dire – rappelons-le avec force et sagesse – qu’il nous faut (devoir) aimer tous les hommes (car nier les conflits, c’est les renforcer) mais sur la base d’une idée (une foi) et d’une positivité humaniste (l’espérance) ne fréquenter que les hommes avec qui nous pouvons établir des liens de réciprocité (sans nous user avec des fanatiques) pour le progrès, toujours provisoire, de l’humanité. L’adage d’une philosophie béate de la soumission : « tendre la joue gauche ! » est un masochisme judéo-chrétien inacceptable pour l’émancipation et l’épanouissement des hommes. Il nous faudra toujours nous battre – sans haine, ni violence – si nous voulons à la fois progresser en nous-mêmes et résister donc lutter contre le néolibéralisme allié à la domination des églises pour l’exploitation et l’abrutissement des hommes sans instruction, sans développement mental de l’esprit critique et se référant comme consolation à l’adoration de puissances externes extra-terrestres alors que la possibilité d’une vérité relative est en eux par l’alliance avec les autres hommes.
La « charité » est une liberté de passer le pont pour rejoindre les hommes de bonne volonté (musulmans et chrétiens y compris). La « charité » est l’acte volontaire d’aider nos semblables par altruisme sans renoncer à un minimum d’égoïsme. Comment partager le pain si on est totalement affamé ? Comment partager le pas (le com-pas) si on est à vie reclus dans un monastère pour notre propre salut adorateur d’une déité imaginaire ? Par contre, si la bêtise conduit à la discorde et aux tueries fanatiques des islamistes stupides par exemple, le plus clair moyen d’opposer une résistance est d’agirtet de lutter contre l’ignorance par l’éducation de tous. Nous avons besoin d’une droiture de caractère sans peur, d’un accueil de la différence des autres et de compassion et de combativité pour ouvrir la cage à notre colombe intérieure dans sa lutte contre les corbeaux de l’avoir matériel (ce que les alchimistes nomment le souffre, le sel et le mercure).
La vertu dépassera la mort.
Jean-Marie Lange, 17.10.2010.
[1] WEBER M., L’éthique protestante ou l’esprit du capitalisme, Paris, Plon, 1964.
[2] COMTE-SPONVILLE A. Le bonheur désespérément, Paris, Librio, 2008, p. 40.
[3] SPINOZA Baruch, L’éthique IV, scolie de la proposition 47.
La liberté de conscience est sacrée pour chacun ; au nom de la tolérance, je respecte donc la foi du charbonnier, ce que le sociologue Max WEBER[1] appelle « l’éthique de conviction ». C’est pourtant au nom de « l’éthique de responsabilité »(toujours de WEBER) que je m’insurge contre toutes les religions qui parlent au nom du bien mais font concrètement toujours le mal psychiquement et physiquement (culpabilisation, dogmatisme, position réactionnaire envers les femmes et la sexualité, mortification, atteintes aux droits de l’homme, etc.). Qu’est-ce qu’une croyance sinon une certitude absolue, autrement dit un préjugé jamais remis en question et cautionné par un tour de passe-passe que l’on appelle « la foi ».
Je suis humaniste, j’ai foi en l’homme, c’est donc également une croyance, non transcendantale certes, mais au moins un principe, tout comme la tolérance qui ancre mon éthique de vie. Je reconnais bien sûr qu’il existe des militants laïques qui sont aussi des croyants rabiques autant que les chrétiens. Beaucoup de gens sont morts pour des idées parce qu’ils étaient idéalistes (antifascistes par exemple). Il nous faut donc distinguer les croyances dogmatiques (une paresse intellectuelle) des croyances aux luttes sociales pour l’amélioration de l’humanité (pour autant qu’elles ne deviennent pas une doctrine sectaire comme le stalinisme, du genre « le parti a dit et la vie des militants ne compte pas »). Tout homme peut porter un idéal de vie souhaitable comme l’inaccessible étoile de Jacques BREL tout en conservant dans le concret son esprit critique, donc sa pensée rationnelle et analytique.
Lorsque l’on écoute le philosophe André COMTE-SPONVILLE, on s’interroge sur les vertus théologales qu’il développe : la foi, l’espérance et la charité. La charité est une action qui consiste à se soucier des plus pauvres des humains, un acte volontaire vertueux alors que la foi et l’espérance sont des états d’âme. Nous, les athées et laïques parlons plus volontiers d’action sociale envers les déshérités pour fuir le terme de « charité » devenu poisseux et condescendant avec les dames patronnesses du temps jadis pratiquant une charité chrétienne ostentatoire et non respectueuse de la dignité humaine des moins nantis financièrement.
Je suis fidèle à mes idéaux qui cependant évoluent toujours au fil du temps car sans dogme et je reste de « bonne foi » sans pour autant toujours conscientiser mon évolution dans les détails…mais sans la foi immuable du charbonnier. Il n’y a pas de conciliation possible sur ce terme restrictif de croire aveuglément sans question, il est antagoniste à la science et à la raison adogmatique. Il peut y avoir une confiance et une adhésion à un ordre cosmique mais jamais une foi aveugle ; autrement dit, la foi en l’homme est possible car porteuse d’un sens plus pragmatique qui n’exclut pas la perfectibilité personnelle, donc les remises en cause permanentes.
Au-delà de la vision formatée par nos déterminismes sociaux et culturels, on peut aussi percevoir le monde intuitivement en observant les réalités sensibles sans nous prendre pour des clairvoyants. Les connaissances sur le cognitivisme ont encore du chemin à faire pour clarifier notre fonctionnement cérébral. Carl Gustav JUNG se réfère à HERMES « Ce qui est haut est comme ce qui est en bas » et inversement ; donc, sans dénier nos besoins physiologiques de mammifères, nous pouvons nous détacher de nos représentations enkystées pour, sans idolâtrie ou « profession de foi », ne pas s’arrêter aux apparences de l’ego et trouver en nous notre propre lumière relative. En synthèse pour ce concept, nous pourrions dire « avoir la foi » en nos possibilités de perfectionnement personnel, avoir une fidélité à une structure de pensée ou à un ordre sans pour autant aliéner notre libre-arbitre.
L’espérance aussi est un concept poly sémantique : nous pouvons avec la pensée positive espérer pour notre espèce, donc avec une énergie constructive, sans rêver pour autant à un beau jour d’espoir dans la réalité de tout ce qui est espéré. Pour une pratique de diverses actions sociales dans le tiers et le quart-monde, l’espérance d’un monde meilleur est notre moteur psychique et nous serons déçus absolument car le monde des hommes est MOUVEMENT et il y aura toujours un prêtre ou un politicien pour récupérer les acquis sociaux pour faire un retour vers l’obscurantisme et le totalitarisme (les évènements en France des diktats de SARKOSY par rapport aux retraites).
COMTE-SPONVILLE nous donne une belle définition de l’espérance : « C’est un désir qui porte sur ce qu’on n’a pas (un manque) dont on ignore s’il est ou s’il sera satisfait, enfin dont la satisfaction ne dépend pas de nous : espérer c’est désirer sans jouir, sans savoir et sans pouvoir. »[2] Le désir est manque de ce que l’on n’a pas ou de ce qui n’est pas comme l’avenir d’une humanité radieuse, c’est cela désirer sans jouir car notre avenir nous est inconnu et on n’en aura pas l’expérience avant l’instant du moment vécu. Nous ignorons si nos actions seront bénéfiques ou non, c’est pourquoi nous désirons sans savoir. Il est important de distinguer ce qui dépend de notre volonté et de nos actions d’une espérance dont la satisfaction ne dépend pas de nous. Le vouloir est l’acte, le concret qui dépend de nous : « Je serai là » n’est pas le même message que « j’espère venir ». Si notre engagement dépend d’un pouvoir externe à nous-mêmes, ce sera alors une espérance : « Plus nous nous efforçons de vivre sans la conduite de la raison, plus nous faisons effort pour nous rendre moins dépendant de l’espoir. »[3]
Pour arriver donc à enfin une ACTION « charitable » sans espoir d’une quelconque récompense dans l’au-delà ou d’une reconnaissance dans l’ici et maintenant, il faut réaliser un travail sur soi pour se détacher de l’ego et de l’orgueil. Il s’agit d’une ouverture du cœur, d’une disponibilité à la générosité et au partage. En travaillant concrètement pour le progrès social de tous, nous débouchons sans effort sur une vie spirituelle laïque, c’est-à-dire non pas l’amour d’un Dieu anthropocentriste dit, au mépris des réalités observables, « bon » mais l’amour des hommes (la Philae).
La pratique de la pensée et de l’action (la praxis) est génératrice d’une réaction psychique : la méditation sur la contradiction entre les injustices sociales productrices de souffrance pour l’humanité et la beauté de la terre et de l’univers. Cela ne veut pas dire – rappelons-le avec force et sagesse – qu’il nous faut (devoir) aimer tous les hommes (car nier les conflits, c’est les renforcer) mais sur la base d’une idée (une foi) et d’une positivité humaniste (l’espérance) ne fréquenter que les hommes avec qui nous pouvons établir des liens de réciprocité (sans nous user avec des fanatiques) pour le progrès, toujours provisoire, de l’humanité. L’adage d’une philosophie béate de la soumission : « tendre la joue gauche ! » est un masochisme judéo-chrétien inacceptable pour l’émancipation et l’épanouissement des hommes. Il nous faudra toujours nous battre – sans haine, ni violence – si nous voulons à la fois progresser en nous-mêmes et résister donc lutter contre le néolibéralisme allié à la domination des églises pour l’exploitation et l’abrutissement des hommes sans instruction, sans développement mental de l’esprit critique et se référant comme consolation à l’adoration de puissances externes extra-terrestres alors que la possibilité d’une vérité relative est en eux par l’alliance avec les autres hommes.
La « charité » est une liberté de passer le pont pour rejoindre les hommes de bonne volonté (musulmans et chrétiens y compris). La « charité » est l’acte volontaire d’aider nos semblables par altruisme sans renoncer à un minimum d’égoïsme. Comment partager le pain si on est totalement affamé ? Comment partager le pas (le com-pas) si on est à vie reclus dans un monastère pour notre propre salut adorateur d’une déité imaginaire ? Par contre, si la bêtise conduit à la discorde et aux tueries fanatiques des islamistes stupides par exemple, le plus clair moyen d’opposer une résistance est d’agirtet de lutter contre l’ignorance par l’éducation de tous. Nous avons besoin d’une droiture de caractère sans peur, d’un accueil de la différence des autres et de compassion et de combativité pour ouvrir la cage à notre colombe intérieure dans sa lutte contre les corbeaux de l’avoir matériel (ce que les alchimistes nomment le souffre, le sel et le mercure).
La vertu dépassera la mort.
Jean-Marie Lange, 17.10.2010.
[1] WEBER M., L’éthique protestante ou l’esprit du capitalisme, Paris, Plon, 1964.
[2] COMTE-SPONVILLE A. Le bonheur désespérément, Paris, Librio, 2008, p. 40.
[3] SPINOZA Baruch, L’éthique IV, scolie de la proposition 47.
lundi 11 octobre 2010
GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique Jean-Marie LANGE: gap.belgique@skynet.be ;
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires.
L'association de formation des cadres GAP est une asbl spécialisée en management associatif et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde. Hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali et aujourd'hui, c'est l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi. Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap-belgique.blogspot.com;
CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle -
SOMMAIRE des précédents articles de cette revue bimensuelle de réflexions pédagogiques du GAP
N°1 – Janv-Fév. 2006 : Qu'est ce que le GAP ?
N°2 – Mars-Avril 06: Le cahier des offres de formation du GAP.
N°3 - Mai-Juin 06 : La colère des enseignants (gestion des conflits – opus 1)
N°4 – Juill.-août 06 : La pensée rationnelle (gestion des conflits – opus 2)
N°5 – Sept.-Oct.06 : Totem et tabou
N°6 – Nov. Déc. 06 : Jalousie et fonctionnement à la croyance (Médiation couple – opus 1)
N°7 – Janv.Fév. 07 : L'Avant-projet pédagogique BURUNDI
N°8 – Mars-Avril 07 : La Dynamique des Groupes, l'organisation sociale et l'homme de la singularité.
N°9 – Mai-Juin 07 : Histoire de vie en groupe et aide sociale (Proposition au Congrès international des professionnels francophones de l'intervention). Pédagogie du projet.
N°10 – Juillet-Août 07 : Rapport d'activité "Enfants Dans les relations entre les peuples, mise à part une attitude envieuse, agressive et récurrente des maghrébins vis-à-vis des européens (marocains, algériens, tunisiens, libyens, égyptiens et non « les » musulmans du Turquie, d’Afrique noire, d’Ouzbékistan, ,d’Indonésie,…), il n’y a pas pour moi de racisme inscrit plus profondément qu’aux Etats-Unis alors que toutes les personnes de bonne volonté devraient pouvoir se parler, communiquer, s’enrichir de leurs différences et rire ensemble.
N°11 – Sept.Oct.07 : Le chaman et le formateur
N°12 – Nov.Dec. 07 – L'identité personnelle, une insertion sociale ?
N°13 – Janv.Fév.08 – La genèse des alchimistes pour l'éducation à une spiritualité laïque
N°14 – Mars-avril 08 - Le travail des intervenants sociaux (1) : Pour une insertion sociale et multiculturelle citoyenne.
N°15 – Mai-Juin 08 – Le travail des intervenants sociaux (2) : Emploi, travail et méthodes d'intervention.
N°16 – Juillet-Août 08 – Le travail des intervenants sociaux (3) : Fantasme de toute puissance, démocratie ou génocide.
N°17 – Sept. Oct. 08 : La souffrance du désir et le détachement
N°18 – Nov. Déc.08 : Le stress et les consciences
N°19 – Janv-Fev 09 : Le triangle rouge de la lutte contre tous les racismes
N°20 – Mars-Avril 09 : La psychologie des émotions.
N°21- Mai-juin 09 : La raison sensible (combattre les fidèles au nom des infidèles).
N°22 – Juill-Août 09 : Le néant et l'être affamé
N°23 – Sept-Oct 09 : Multiculturalisme et autoformation
N°24 – nov.dec.09
N°25 – Janv.fev10 : la matière, le vide, la nature et l’éducation.
N°26 – Mars-Avril10 : Le sexisme, forme principale de racisme.
N°27 – Mai-juin 10 : Sorcellerie et ethnopsychiatrie
N°28 – Juil-août10 : Pour une introduction à l’anthropologie culturelle et sociale
N°29 – Sept-oct10 : Le combat perpétuel de la démocratie participative
N°30 Nov.DEC.10 : Le déclin de l’école comme mythe de l’égalité et les répressions des sans-papiers
Le déclin de l’école comme mythe de l’égalité et les répressions des sans papiers
Les groupes de niveau
J’ai été chargé de mission par mon employeur la Communauté Française de Belgique (CEF) via le Conseil de l’Education et de la Formation (CEF) pour une enquête internationale d’évaluation sur l’enseignement professionnel en France, une enquête commanditée par le CEDEFOP de Thessaloniki et comprenant un participant de chaque pays européen (l’Europe des 16 à ce moment là). C’est effrayant de découvrir d’une part, la haine de l’enseignement officiel dans la bouche de certains curés d’écoles privées et d’autre part, la mise à sac de l’école certificative (donnant des diplômes) au profit d’un capitalisme cynique pour économiser sur la qualité des formations.
La CFB a quatre objectifs généraux (finalités) de bonne intention sans moyens financiers pour les appliquer :
· L’épanouissement de tous les enfants, apprendre avec plaisir.
· L’émancipation sociale, soit l’esprit critique de la citoyenneté responsable.
· L’acquisition d’un savoir-faire technique de haut niveau.
· Une école de la réussite pour tous, c’est-à-dire sans démagogie.
Cette guimauve est déjà très différente de la résolution du CE de Lisbonne en mai 2000 nommée « L’apprentissage tout au long de la vie » et qui mettait l’accent surtout sur l’instrumentalisation technocratique avec les TIC (Techniques Informatiques de Communication) au détriment de l’encadrement humain. Lorsque, donc, nous avons, avec des collègues de tous les pays d’Europe, réalisé en France cette étude d’évaluation, nous avons observé une déviance profitant du changement de concept au moment des « compétences » remplaçant « les validités ». Un exemple illustre bien cette manipulation subtile : une école de carrosserie exemplaire, très propre, avec un équipement de pointe et un drill des étudiants (très silencieux) ne pourrait que recevoir une appréciation de qualité. Seulement, nous nous sommes aperçus que les employeurs potentiels viennent à l’école comme à un marché d’esclaves pour débaucher les meilleurs éléments avant la fin de leur cursus scolaire et l’octroi d’un diplôme. La conséquence en est qu’à vie, le jeune sera payé moins et bloqué comme carrossier chez Tartempion sans possibilité de mobilité vers un autre employeur, puisqu’il n’a pas le titre, le diplôme nécessaire ! Ce mouvement n’est pas un accident ; au contraire, il y a plus de dix ans, l’OMC en faisait état sans mystère : « L’importance croissante de l’éducation se traduit pas une place grandissante du secteur privé, en concurrence du service public.(…) C’est un marché potentiellement colossal. L’éducation dit Glenn JONES (magnat américain de la télévision câblée) est le plus vaste marché de la planète, celui qui croît le plus vite et celui où les acteurs actuels ne répondent pas à la demande. Selon un document de travail de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) de 1998, le commerce mondial des services d’éducation supérieur représentait déjà 190 milliards de francs en 1995.(…) Les ultralibéraux visent à introduire des mécanismes de marché en mettant en concurrence les écoles, quitte à remettre totalement en cause le principe de l’unicité du service public. »[1] Ceci signifie une dilution du contrôle de l’offre éducative par l’autorité publique, soit les meilleures écoles pour les parents bien informés et les moins bonnes pour les enfants des populations migrantes. Un collègue ultralibéral me disait sans honte que l’on allait privatiser l’enseignement supérieur et secondaire et laisser l’enseignement spécial (handicapés) et l’enseignement primaire à la charge de l’Etat !
En 2010, le mouvement se précise en aval comme en amont : on n’a pas besoin de jeunes surdiplômés qui coûteront trop cher aux employeurs (d’où les taux d’échecs affolant à l’université et les examens de sortie en médecine et en kinésithérapie) mais au contraire de gens à sous-diplômes - comme ceux de l’enseignement professionnel et des CEFA (Centre d’Education et de formation en alternance, 2 jours à l’école, 3 à l’usine) - qui auront des compétences transversales (s’ils ont eu une bonne éducation parentale) et qui seront sous-payés. Regardons les multiples tâches d’un barmaid dans le Thalys : il qui doit avoir le sourire et des compétences relationnelles mais aussi être capable de manœuvrer une caisse informatisée, calculer vite l’ordre de ses clients, mémoriser ses stocks à flux tendus, etc. C’est pour cela qu’en France, les profs ne seront plus remplacés qu’à raison de un sur deux et ceux qui resteront auront des classes de plus en plus surchargées (ma dernière classe pour pratiquer de la dynamique de groupe était de 78 étudiants dans le même auditoire).
En synthèse, nous allons vers des économies de salaires où de jeunes serveurs mal payés seront compétents sans diplôme et une économie de ce gouffre du service public qu’est l’éducation nationale qui sera réservée non aux plus doués mais aux plus riches, c’est-à-dire à ceux dont les familles ont des moyens financiers. Il y aura des écoles payantes très coûteuses et des écoles pour rire…jaune !
Les nouvelles populations migrantes et leurs compétences cognitives
Il n’y a qu’une seule race humaine l’HOMO SAPIENS SAPIENS mais des cultures différentes selon les ethnies et/ou les genres sexuels. En Afrique, dans tous les pays que j’ai observés les femmes travaillent beaucoup plus que les hommes (qui se réservent les tâches les plus dures dit-on) ; les femmes européennes sont en général des perfectionnistes de la propreté. Pourtant, j’ai regardé sur TF1 le jeu KOH-LANTHA avec des équipes non mixtes et j’ai constaté que l’équipe des hommes travaillait avec méthode et efficacité alors que l’équipe des femmes se faisait bronzer et leur campement était une vraie niche à déchets ménagers, un cas unique probablement ? Ou bien est-ce un cliché que nous avons culturellement intégré ?
Lorsqu’en 1968, j’étais jeune planteur dans un programme de replanting de palmiers Elaeis au Congo-Zaïre, mon directeur, en guise de bizutage, m’envoya toute une semaine faire du piquetage en forêt primaire inondée avec une équipe pour découper des layons, porter les jalons et moi me servir du pantomètre avec de l’eau vaseuse jusqu’aux mollets,, je m’émerveillais de la vue pénétrante de mes collaborateurs bantous qui, chaque jour voyaient et tuaient un ou deux serpents au-dessus de ma tête (sans que j’en voie un seul le premier). Les sangsues, je m’en occupais moi-même avec le bout incandescent de mon cigare.
Trente ans après le Congo, complètement recyclé à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation, j’ai commencé ma thèse sur l’autoformation et le développement personnel par les histoires de vie en pays DOGON (en 1988), j’ai dû recadrer tout mon travail, déjà « jalonné »(sic) depuis 1987 car je ne récoltais rien, les histoires individuelles étaient creuses là où l’égo ne règne pas en maître mais plutôt le clan, la grande famille et sa richesse d’avant les blancs colonisateurs : les enfants. A cette époque, sortit aux Etats-Unis un livre pseudo-scientifique sur la courbe de Gauss en statistique (« La courbe en cloche ») répondant aux thèses racistes que les noirs étaient moins intelligents que les blancs. Rien n’est plus faux et on fait dire ce qu’on veut à des statistiques selon les paramètres sélectionnés. Dès 1911, ce fut la plus grande critique du Quotient Intellectuel (QI) d’Alfred BINET, celle de ne pas prendre en compte les biais culturels. Par exemple, si je demande à un gosse de Louisiane quelles sont les dix espèces de poissons que l’on pèche dans le bayou, il aura une intelligence supérieure à celle du petit blanc habitant New-York qui excellera en comparaison boursière.
Sans glisser donc dans l’ethnocentrisme habituel, je pense cependant qu’il y a bien des différences culturelles et donc cérébrales de facto. Tout comme les femmes privilégient l’hémisphère cérébral droit plus intuitif, créatif, et global, les hommes eux privilégient plutôt l’hémisphère gauche logique, organisationnel et analytique. Selon la taxonomie de Guildford [2],nous aurions 156 types différents d’intelligence.
Je fais également l’hypothèse que les africains en général ne sont pas influencés par l’Œdipe et le système freudien du surmoi, dénoncé récemment par Michel ONFRAY comme un engouement acceptable pour les viennois d’il y a un siècle mais obsolète à notre époque des neurosciences. Chez mes amis bantous, au-delà de la gentillesse, je ne vois pas de scrupule ni de culpabilisation judéo-chrétienne, sauf celle importée de force par les pouvoirs coloniaux dans quelques esprits de « métis » et/ou « d’évolués » (comment a-t-on pu parler ainsi d’autres frères humains avec la vanité des conquérants ?). Nos différences de mélanine sous la peau (blanc ou noir) ne signifient rien d’autre que l’adaptation de celle-ci à se protéger des UV et des IR du soleil. Par contre, nos manières de voir le monde sont fortement différentes avec un petit complexe d’infériorité chez nos frères noirs de peau (les petites filles noires dans une école maternelle préfèrent les poupées blanches parce que plus jolies, un élément parfaitement subjectif).
Pour des peuples maintenus sous une dépendance économique bien après les indépendances, les toubabs sont comme des poulets à plumer, tant ils ont de l’argent. Un ami de Bamako me racontait la réflexion d’un de ses travailleurs : chez eux (les toubabous), il y a des machines où il suffit d’introduire une carte et celle-ci distribue des billets de banque tant qu’on en veut. Ils ont été abîmés, acculturés par l’argent et les signaux ostentatoires de richesse des blancs mais aussi par les références mémorisées : en brousse tropicale, avec les lianes, il n’y a pas une seule ligne droite alors que nos méga-cités sont tracées au cordeau. Il y a donc bien des différences cognitives marquées et qui pourraient être complémentaires ; le cartésianisme qui nous mobilise est peu ou mal compris ; par contre, la mémoire généalogique est phénoménale (tradition orale oblige). Des études comparatives avec la résonance magnétique (IRM), à l’abri de toute récupération raciste, seraient intéressantes pour mieux comprendre ce que historiquement, nous avons sur sélectionnés dans notre cortex ; par exemple l’ouïe, la vue, l’olfaction, la mémoire, les émotions, le raisonnement, soit des pistes pour des travaux les plus scientifiques possibles en sciences humaines.
Les transhumances et migrations des pays du sud
Un très beau film français de Philippe Lioret WELCOME raconte l’histoire d’un maître-nageur du nord de la France (Vincent LINDON y réalise une prestation d’acteur remarquable) qui apprend à un sans-papier à nager pour traverser La Manche et rejoindre la Grande Bretagne. Le maître-nageur est inquiété par la police pour sa complicité dans un acte de pure humanité, l’aide aux migrants. On se croirait sous le régime de Vichy avec la rafle du Veld’hiv et dans le rôle du Maréchal, SARKOSY bling-bling. Un autre film récent (2010) de Sherry Horrmann « Fleur du désert » raconte l’histoire d’une jeune fille mannequin éthiopienne à qui – petite fille – on a mutilé le clitoris, opération barbare pouvant occasionner des fistules, des déchirures vessie/rectum, des infections, des hémorragies et régulièrement le décès de la martyrisée.
Cette barbarie est perpétrée pour que les femmes ne soient pas tentées par le plaisir sexuel du clitoris et qu’elles restent plus efficacement les propriétés humaines de leur maître homme. Nous allons donc tenter un regard croisé sans langue de bois entre ces barbares d’un autre âge et les provocations des islamistes d’une part et d’autre part la fermeture des frontières de l’Europe et les humiliations de rapatriements forcés en charters vers les pays du sud de ceux qui transgressent nos lois et valeurs, une montée réciproque de la haine interethnique.
Notons à décharge de la France que son gouvernement a du courage et de la cohésion alors qu’en Belgique, on ferme les yeux sur les mutilations physiques et même sur les foulards pour pleurer notre future humanité mondiale perdue. Le gouvernement français agit avec fermeté pour condamner et placer en prison toute personne pratiquant sur son sol la torture de l’excision ou de l’infibulation des petits enfants.
Mais la population ne s’y retrouve plus ; d’une part, des populations accueillies de gamins et de femmes (et d’hommes) qui risquent leur vie pour traverser les mers et être maltraités par nos policiers et nos centres fermés (prison pour le seul délit d’être sans-papier) et d’autre part, ces mêmes populations qui commettent chez nous des barbaries – contraires aux valeurs des droits de l’homme – et autres délits et nous reprochent de ne pas nous soumettre, nous leurs hôtes, à leurs coutumes spécifiques, à eux des auto- invités. D’où les réactions exagérées des pays les plus frileux comme la Suisse qui interdit la construction de minaret.
Si la gauche humaniste ne se réveille pas, nous allons vivre un tsunami raciste qui va se retourner contre les quelques islamistes sanglants provocateurs mais surtout contre l’ensemble de ces malheureux innocents qui croient mieux vivre en Europe sans en connaître les cadences des aliénés du travail.(Mais aussi contre les malheureux restés dans ces pays du sud à qui, après la crise et les attitudes maghrébines, les gens ne veulent plus donner un sous d’aide humanitaire alors que des milliers d’enfants mourront de faim en 2011 suite au déficit annoncé de moins 30% de précipitations.) Pour revenir sur l’El Dorado de l’Europe, je fais l’hypothèse que le racisme change de visage et que, si le délit de « sale gueule » foncée a bien eu lieu dans l’après-guerre(avec les mineurs siciliens par exemple), aujourd’hui, ce serait plutôt l’impolitesse, le non-verbal et le non entraînement à un travail rapide et soutenu qui seraient les freins à l’embauche.
Le flux de l’immigration des travailleurs a commencé dans les années 1989-1990 avec des personnes sans travail venues des pays de l’Est et dans leur sillage des mafias de ces régions pour l’argent facile ainsi que des personnes des régions rurales de l’Afrique et de la Turquie (les asiatiques migrant plutôt vers le Royaume-Uni).
Les travailleurs précarisés (sous-statutaires) de chez nous sont en colère : le chômage, la précarité des emplois, la baisse des revenus et de leur retraite les poussent à des votes massifs à l’extrême-droite avec des réactions de plus en plus xénophobes. En Belgique, ne survivent que des gouvernements falots, jouets du parti séparatiste identitaire flamand (N-VA) proche du parti de l’extrême-droite le VLAAMS BELANG, empêchant pendant 113 jours le nouveau gouvernement de se constituer (en réalité, il bloque depuis plus de deux ans en réclamant la scission de la sécurité sociale c’est-à-dire de la Belgique). Les réactions en Belgique et dans toute l’Europe sont de plus en plus à droite : la fermeture des frontières, un minerval excessif pour les étudiants non-européens, une idéologie sécuritaire anti-jeunes, une ghettoïsation de plus en plus marquée.
Ce sera par l’instruction et l’éducation que l’on dépassera la crise de l’autorité paternelle des maghrébins (dénoncée depuis plus de 20 ans par Jürgen HABERMAS, de l’école de Francfort) du fait de la colonisation de la sphère privée par la sphère publique entraînant un laxisme éducatif des parents et du manque d’intérêt des familles migrantes pour la scolarisation en général (c’est gratuit donc sans valeur ?).
L’allocation de vie fournie aux mères ou les revenus de substitution fournis aux ménages plus de petits boulots au noir font en fait qu’il n’y a aucune motivation à s’intégrer, soit trop peu d’efforts pour l’école et pour les normes d’une petite entreprise, ce qui a comme effet pervers que l’on ne veut plus les nouveaux sans-papiers. Il faut que ce non-dit se dise pour trouver une réelle remédiation par l’éducation des normes et des valeurs du pays hôte au lieu des préjugés bétonnés. L’école par exemple stigmatise ces jeunes comme des fainéants, grossiers et pas très intelligents et ils se retrouvent généralement réorientés dans des filières professionnelles sans débouchés d’emploi. Une fois que ces jeunes gens le conscientisent, il est trop tard ; alors, ils râlent, cassent des voitures sans même voler la radio CD et brûlent celles de leurs parents ou de leurs voisins, une révolte sans but qui n’est même pas une révolution. Les mafias de dealers, tout comme les groupes religieux extrémistes se revendiquant d’Al Quaida, font alors leurs marchés parmi ces frustrés en totale dérive communautaire (l’autorité du pays comme les traditions de leurs parents).
Les autochtones accueillants à l’origine trouvent saumâtre ce mépris à leur égard ainsi que cette volonté d’imposition des mœurs et des coutumes venues d’ailleurs et incompatibles avec les droits de l’homme et de la femme et les principes de courtoisie des sociétés occidentales
On pourrait pourtant sans problème garder les coutumes des ancêtres tout en respectant les valeurs du pays d’accueil. Lorsque je vais chez mes amis maliens, je me déchausse dans les mosquées et j’offre aux marabouts des exemplaires du Coran sous cellophane, c’est-à-dire non touchés par des impurs (sauf lors de l’édition, of course). Est-ce que quelqu’un a déjà entendu un musulman qui faisait son autocritique des exactions commises en Occident en réaction disproportionnée à des caricatures à part des intellectuels de haut niveau comme Amin MAALOUF par exemple. ? (Remarquons que même le Pape ne demande pas pardon aux enfants victimes abusés par ses prêtres.)
Chez les populations migrantes maghrébines actuelles, il y a une énorme contradiction : il y a à la fois une dissolution des mœurs et de l’autorité paternelle et en même temps, un retour aux traditions barbares et à certaines formes d’autoritarisme patriarcal avec droit de mort sur les femmes. En Iran, des voitures de policiers s’arrêtent devant des groupes de femmes et les fouettent parce qu’elles ne sont pas assez couvertes et laissent voir leurs chevilles, elles sont pour eux moins que des chameaux, des putains (même si ce sont des femmes tout à fait convenables et ordinaires). Pourquoi la communauté internationale ne lance-t-elle pas une fatwa sur ces policiers et ne les traduit-elle pas au tribunal de La Haye pour atteinte gravissime aux droits de l’homme ? Pourquoi l’Occident soutient-il de son aide mondiale (le PAM – Programme Alimentaire Mondial) ces pays où l’on ne respecte pas les femmes sans demander quelque chose en échange ? Par exemple ne pas cracher ni lancer des pierres sur les étrangers en Syrie , en Afghanistan, en Iran ? Est-ce que tous les délégués qui votent des résolutions à l’ONU sont hypocrites comme les américains ?
L’alternative humaniste et anti- raciste
Je suis engagé par ma foi dans les droits de l’homme et le développement in situ du tiers-monde et je me battrai de toutes mes forces contre les lâches politiciens belges qui prônent le respect des traditions des cultures d’origines, lorsqu’au nom de celles-ci, des connards fanatisés viennent chez nous martyriser leurs femmes. Je me bats , avec les Lumières, pour une humanité mondiale, donc contre les talibans et les islamistes qui ont un problème avec le sexe au point qu’ils interdisent l’enseignement aux filles, qu’ils violent, lapident, battent, infibulent etc. ou bien, comme variante, tuent à l’aveugle des populations civiles car ils sont trop lâches pour oser affronter de face les hommes de nos contrées. Je souhaite que l’Europe revoit ses normes, arrête ses prisons « centres fermés » pour des malheureux qui ne sont pas des tueurs, et donc accueille décemment les migrants mais soit en même temps ferme pour stopper toute aide à l’Afghanistan et à sa base arrière du Pakistan, à l’Irak, à l’Iran, à la Corée du Nord, à la Lybie et aux touaregs du Sahara se revendiquant d’Al Quaida. (Pas un franc pour racheter des otages ou pour de l’aide alimentaire extorquée de la sorte). Puisqu’avec la globalisation économique du néolibéralisme, nous ne pouvons leur fournir de coup de pouce de développement (sinon comment encore exploiter leurs ressources naturelles ?), accueillons-les avec un engagement civique minimal (exclusion irrévocable des bandits, pour une fois que je suis d’accord avec SARKOSY) pour recevoir chez nous une aide décente, donc humaine. Rappelons les faits de l’aide sociale chez nous ; avec les CPAS, nos assistantes sociales sont tournées parfois depuis trois générations vers des exclus volontaires : les familles défaites, les pères (ou les mères) imbibés d’alcool ou de drogue, l’abandon psychique d’enfants (ils sont juste là pour toucher des allocations familiales) soit la spécificité du quart-monde, du lumpenprolétariat disait MARX. Alors que la situation est tout autre avec les familles du Maghreb, de l’Afrique Sahélienne, des pays équatoriaux d’Afrique ou de Turquie qui sont encore parfois des foyers unis mais sans autorité paternelle[3], d’où le taux de délinquance et d’échec scolaire supérieur à la moyenne.
Dans les années 1950, dans les rue d’Alger les jeunes filles se promenaient dans la kasbah en jupe légère, bras nus et les cheveux au vent et le sourire aux lèvres car le mal religieux de l’islamisme barbare n’avait pas encore été inventé. Répétons-nous, il ne s’agit pas bien sûr de l’islam mais des islamistes sanglants avec la charia appliquée comme au Moyen-âge et des lois infâmantes sur la famille et le mariage. Les hommes enferment les femmes sous des vêtements disgracieux et en plus dans leur maison (fermées donc à double tour). Si une femme doit faire des courses, elle s’habillera comme un sac de pommes-de-terre et sera accompagnée d’un enfant mâle (12 ans c’est bon, le plus souvent son fils). Les femmes sont prisonnières aussi à l’extérieur. Le paradoxe est que bien, souvent, à part cette surveillance policière et la prière, les hommes ne font pas grand-chose mais ne cèdent pas leur autorité à la mère et voit des adolescents interdire à leur mère de s’habiller comme elle veulent. Qui va alors forcer ces ados à faire leurs devoirs pour l’école ? Le paradoxe est donc que les pays hôtes demandent à la fois moins d’autoritarisme interne barbare (donc plus de tolérance envers des humains d’un genre sexuel différent) et dans les milieux immigrés pauvres la restauration de l’autorité de la mère et son autonomie pour – par cette revalorisation de leur autorité naturelle sur les enfants – donner à ceux-ci un minimum d’éducation (la politesse déjà) pour qu’ils soient acceptables dans la société hôte.
Pour conclure sommairement
Dans les années 1970, nous avons en Occident développé les concepts d’autonomie et de liberté individuelle ; ces concepts ont été détournés par le néocapitalisme par la norme d’internalité pour évaluer ses performances avec l’introspection donc l’intro-détermination en faisant fi des déterminismes sociaux qui nous accablent déjà dès notre naissance. Pour les jeunes d’aujourd’hui, le projet d’autonomie s’est inversé en son contraire, que l’on soit Blanc ou Noir, tout comme l’émancipation par les histoires de vie (Ecole de Francfort et Ecole de Chicago en sociologie) et des pseudo-formateurs du FOREM exigent de jeunes sans emploi (donc déstabilisés) qu’ils fassent (sur commande) un projet de vie bâclé. Sans la moindre marge de liberté d’action (remplir des questionnaires par exemple) et donc avec une capacité d’autonomie réduite à un discours d’intention, la norme d’internalité de l’auto-évaluation sous contrainte fleurit comme une fleur vénéneuse dans une logique de compétition individualiste (il n’y a plus de solidarité, les idéaux du syndicalisme ont été phagocytés par les partis socio-démocrates qui les dominent et qui ont donc tué eux-mêmes leur contre-pouvoir démocratique). Cet individualisme extro-déterminé de consommateur et de travailleur précaire aliène les jeunes et les déstabilise d’où le retour à des credo religieux réactionnaires et cautionnés par les Papes et Ayatollah qui devraient être jugés pour crime contre l’humanité.
En d’autres termes, nous sommes tous agacés par les provocations des islamistes et des jeunes laissés- pour- compte qui deviennent des bandits mais il faut reconnaître que la plus grande violence, qui apparaît peu dans les médias, est bien la violence d’Etat (et Européenne), une violence de la répression et de l’expulsion au lieu de l’éducation et qui est d’une grande bêtise car la fermeture des frontières européennes n’a aucun sens vis-à-vis de l’énormité des flux migratoires qui nous attendent. la seule réaction humaniste de raison que nous pourrions avoir en tant que civilisés serait dans un encadrement et une distinction entre les maffias et les masses de sans-papier que l’on enferme dans des centres fermés avec femmes et enfants alors qu’ils n’ont commis aucun délit. Notre seule espérance est que, dans le cœur de chaque homme, il y ait une conscientisation de ce déclin de nos institutions et un sursaut de citoyenneté responsable pour jeter dehors les politiciens arrivistes d’une oligarchie héréditaire ainsi que les divers prélats qui violent de façon statistiquement significative (car privés de sexualité dès le départ) des petits garçons avec un chef débile qui interdit le préservatif à ses fidèles en Afrique. Il est urgent de se réveiller et de créer ensemble l’utopie au lieu de cette déliquescence actuelle qui ne pourra évoluer que vers une intensification de ce néo totalitarisme de l’argent toujours sale.
Jean-Marie LANGE, formateur GAP,
10.10.2010
[1] LANGE Jean-Marie, Pédagogies émancipatrices et revalorisation de l’enseignement technique, Paris, L’Harmattan, 2006, p.13-14.
[2] DE LANDSHEERE G., Introduction à la recherche en éducation, 5ème éd., Liège, G. Thone, 1982.DE LANDSHEERE G. & BAYER E., Pédagogie et recherche, Comment les maîtres enseignent. Analyse des interactions verbales en classe, 4Eed., Bruxelles, Direction générale de l'Organisation des Etudes, 1981.DE LANDSHEERE G. & DELCHAMBRE A., Comment les maîtres enseignent II. Les comportements non verbaux de l'enseignant, Bruxelles, Labor, 1979.
[3] « Pour ne pas accroître le malaise, on s’interdit d’interroger les mœurs qui prévalent dans les quartiers, le processus diffus de séparation des sexes dans l’espace public, de réduction des libertés des femmes et des filles, d’abandon en pratique d’un idéal de mixité et d’égalité entre les sexes. Ce sont pourtant là les témoignages de la diffusion des mœurs néo patriarcales et d’une religiosité étroite. Ces tensions entre les quartiers et le courant central de la société française, et cette dualisation des mœurs sont préoccupantes. Appellent-elles une réponse autoritaire, fondée sur une ignorance délibérée du fossé culturel ? Selon moi, l’action publique ne doit pas renoncer à mettre en œuvre des politiques d’intégration. »LAGRANGE Hugues, Le déni des cultures, Paris, Seuil, 2010, p. 20.
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Coordination pédagogique Jean-Marie LANGE: gap.belgique@skynet.be ;
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires.
L'association de formation des cadres GAP est une asbl spécialisée en management associatif et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde. Hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali et aujourd'hui, c'est l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi. Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap-belgique.blogspot.com;
CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle -
SOMMAIRE des précédents articles de cette revue bimensuelle de réflexions pédagogiques du GAP
N°1 – Janv-Fév. 2006 : Qu'est ce que le GAP ?
N°2 – Mars-Avril 06: Le cahier des offres de formation du GAP.
N°3 - Mai-Juin 06 : La colère des enseignants (gestion des conflits – opus 1)
N°4 – Juill.-août 06 : La pensée rationnelle (gestion des conflits – opus 2)
N°5 – Sept.-Oct.06 : Totem et tabou
N°6 – Nov. Déc. 06 : Jalousie et fonctionnement à la croyance (Médiation couple – opus 1)
N°7 – Janv.Fév. 07 : L'Avant-projet pédagogique BURUNDI
N°8 – Mars-Avril 07 : La Dynamique des Groupes, l'organisation sociale et l'homme de la singularité.
N°9 – Mai-Juin 07 : Histoire de vie en groupe et aide sociale (Proposition au Congrès international des professionnels francophones de l'intervention). Pédagogie du projet.
N°10 – Juillet-Août 07 : Rapport d'activité "Enfants Dans les relations entre les peuples, mise à part une attitude envieuse, agressive et récurrente des maghrébins vis-à-vis des européens (marocains, algériens, tunisiens, libyens, égyptiens et non « les » musulmans du Turquie, d’Afrique noire, d’Ouzbékistan, ,d’Indonésie,…), il n’y a pas pour moi de racisme inscrit plus profondément qu’aux Etats-Unis alors que toutes les personnes de bonne volonté devraient pouvoir se parler, communiquer, s’enrichir de leurs différences et rire ensemble.
N°11 – Sept.Oct.07 : Le chaman et le formateur
N°12 – Nov.Dec. 07 – L'identité personnelle, une insertion sociale ?
N°13 – Janv.Fév.08 – La genèse des alchimistes pour l'éducation à une spiritualité laïque
N°14 – Mars-avril 08 - Le travail des intervenants sociaux (1) : Pour une insertion sociale et multiculturelle citoyenne.
N°15 – Mai-Juin 08 – Le travail des intervenants sociaux (2) : Emploi, travail et méthodes d'intervention.
N°16 – Juillet-Août 08 – Le travail des intervenants sociaux (3) : Fantasme de toute puissance, démocratie ou génocide.
N°17 – Sept. Oct. 08 : La souffrance du désir et le détachement
N°18 – Nov. Déc.08 : Le stress et les consciences
N°19 – Janv-Fev 09 : Le triangle rouge de la lutte contre tous les racismes
N°20 – Mars-Avril 09 : La psychologie des émotions.
N°21- Mai-juin 09 : La raison sensible (combattre les fidèles au nom des infidèles).
N°22 – Juill-Août 09 : Le néant et l'être affamé
N°23 – Sept-Oct 09 : Multiculturalisme et autoformation
N°24 – nov.dec.09
N°25 – Janv.fev10 : la matière, le vide, la nature et l’éducation.
N°26 – Mars-Avril10 : Le sexisme, forme principale de racisme.
N°27 – Mai-juin 10 : Sorcellerie et ethnopsychiatrie
N°28 – Juil-août10 : Pour une introduction à l’anthropologie culturelle et sociale
N°29 – Sept-oct10 : Le combat perpétuel de la démocratie participative
N°30 Nov.DEC.10 : Le déclin de l’école comme mythe de l’égalité et les répressions des sans-papiers
Le déclin de l’école comme mythe de l’égalité et les répressions des sans papiers
Les groupes de niveau
J’ai été chargé de mission par mon employeur la Communauté Française de Belgique (CEF) via le Conseil de l’Education et de la Formation (CEF) pour une enquête internationale d’évaluation sur l’enseignement professionnel en France, une enquête commanditée par le CEDEFOP de Thessaloniki et comprenant un participant de chaque pays européen (l’Europe des 16 à ce moment là). C’est effrayant de découvrir d’une part, la haine de l’enseignement officiel dans la bouche de certains curés d’écoles privées et d’autre part, la mise à sac de l’école certificative (donnant des diplômes) au profit d’un capitalisme cynique pour économiser sur la qualité des formations.
La CFB a quatre objectifs généraux (finalités) de bonne intention sans moyens financiers pour les appliquer :
· L’épanouissement de tous les enfants, apprendre avec plaisir.
· L’émancipation sociale, soit l’esprit critique de la citoyenneté responsable.
· L’acquisition d’un savoir-faire technique de haut niveau.
· Une école de la réussite pour tous, c’est-à-dire sans démagogie.
Cette guimauve est déjà très différente de la résolution du CE de Lisbonne en mai 2000 nommée « L’apprentissage tout au long de la vie » et qui mettait l’accent surtout sur l’instrumentalisation technocratique avec les TIC (Techniques Informatiques de Communication) au détriment de l’encadrement humain. Lorsque, donc, nous avons, avec des collègues de tous les pays d’Europe, réalisé en France cette étude d’évaluation, nous avons observé une déviance profitant du changement de concept au moment des « compétences » remplaçant « les validités ». Un exemple illustre bien cette manipulation subtile : une école de carrosserie exemplaire, très propre, avec un équipement de pointe et un drill des étudiants (très silencieux) ne pourrait que recevoir une appréciation de qualité. Seulement, nous nous sommes aperçus que les employeurs potentiels viennent à l’école comme à un marché d’esclaves pour débaucher les meilleurs éléments avant la fin de leur cursus scolaire et l’octroi d’un diplôme. La conséquence en est qu’à vie, le jeune sera payé moins et bloqué comme carrossier chez Tartempion sans possibilité de mobilité vers un autre employeur, puisqu’il n’a pas le titre, le diplôme nécessaire ! Ce mouvement n’est pas un accident ; au contraire, il y a plus de dix ans, l’OMC en faisait état sans mystère : « L’importance croissante de l’éducation se traduit pas une place grandissante du secteur privé, en concurrence du service public.(…) C’est un marché potentiellement colossal. L’éducation dit Glenn JONES (magnat américain de la télévision câblée) est le plus vaste marché de la planète, celui qui croît le plus vite et celui où les acteurs actuels ne répondent pas à la demande. Selon un document de travail de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) de 1998, le commerce mondial des services d’éducation supérieur représentait déjà 190 milliards de francs en 1995.(…) Les ultralibéraux visent à introduire des mécanismes de marché en mettant en concurrence les écoles, quitte à remettre totalement en cause le principe de l’unicité du service public. »[1] Ceci signifie une dilution du contrôle de l’offre éducative par l’autorité publique, soit les meilleures écoles pour les parents bien informés et les moins bonnes pour les enfants des populations migrantes. Un collègue ultralibéral me disait sans honte que l’on allait privatiser l’enseignement supérieur et secondaire et laisser l’enseignement spécial (handicapés) et l’enseignement primaire à la charge de l’Etat !
En 2010, le mouvement se précise en aval comme en amont : on n’a pas besoin de jeunes surdiplômés qui coûteront trop cher aux employeurs (d’où les taux d’échecs affolant à l’université et les examens de sortie en médecine et en kinésithérapie) mais au contraire de gens à sous-diplômes - comme ceux de l’enseignement professionnel et des CEFA (Centre d’Education et de formation en alternance, 2 jours à l’école, 3 à l’usine) - qui auront des compétences transversales (s’ils ont eu une bonne éducation parentale) et qui seront sous-payés. Regardons les multiples tâches d’un barmaid dans le Thalys : il qui doit avoir le sourire et des compétences relationnelles mais aussi être capable de manœuvrer une caisse informatisée, calculer vite l’ordre de ses clients, mémoriser ses stocks à flux tendus, etc. C’est pour cela qu’en France, les profs ne seront plus remplacés qu’à raison de un sur deux et ceux qui resteront auront des classes de plus en plus surchargées (ma dernière classe pour pratiquer de la dynamique de groupe était de 78 étudiants dans le même auditoire).
En synthèse, nous allons vers des économies de salaires où de jeunes serveurs mal payés seront compétents sans diplôme et une économie de ce gouffre du service public qu’est l’éducation nationale qui sera réservée non aux plus doués mais aux plus riches, c’est-à-dire à ceux dont les familles ont des moyens financiers. Il y aura des écoles payantes très coûteuses et des écoles pour rire…jaune !
Les nouvelles populations migrantes et leurs compétences cognitives
Il n’y a qu’une seule race humaine l’HOMO SAPIENS SAPIENS mais des cultures différentes selon les ethnies et/ou les genres sexuels. En Afrique, dans tous les pays que j’ai observés les femmes travaillent beaucoup plus que les hommes (qui se réservent les tâches les plus dures dit-on) ; les femmes européennes sont en général des perfectionnistes de la propreté. Pourtant, j’ai regardé sur TF1 le jeu KOH-LANTHA avec des équipes non mixtes et j’ai constaté que l’équipe des hommes travaillait avec méthode et efficacité alors que l’équipe des femmes se faisait bronzer et leur campement était une vraie niche à déchets ménagers, un cas unique probablement ? Ou bien est-ce un cliché que nous avons culturellement intégré ?
Lorsqu’en 1968, j’étais jeune planteur dans un programme de replanting de palmiers Elaeis au Congo-Zaïre, mon directeur, en guise de bizutage, m’envoya toute une semaine faire du piquetage en forêt primaire inondée avec une équipe pour découper des layons, porter les jalons et moi me servir du pantomètre avec de l’eau vaseuse jusqu’aux mollets,, je m’émerveillais de la vue pénétrante de mes collaborateurs bantous qui, chaque jour voyaient et tuaient un ou deux serpents au-dessus de ma tête (sans que j’en voie un seul le premier). Les sangsues, je m’en occupais moi-même avec le bout incandescent de mon cigare.
Trente ans après le Congo, complètement recyclé à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation, j’ai commencé ma thèse sur l’autoformation et le développement personnel par les histoires de vie en pays DOGON (en 1988), j’ai dû recadrer tout mon travail, déjà « jalonné »(sic) depuis 1987 car je ne récoltais rien, les histoires individuelles étaient creuses là où l’égo ne règne pas en maître mais plutôt le clan, la grande famille et sa richesse d’avant les blancs colonisateurs : les enfants. A cette époque, sortit aux Etats-Unis un livre pseudo-scientifique sur la courbe de Gauss en statistique (« La courbe en cloche ») répondant aux thèses racistes que les noirs étaient moins intelligents que les blancs. Rien n’est plus faux et on fait dire ce qu’on veut à des statistiques selon les paramètres sélectionnés. Dès 1911, ce fut la plus grande critique du Quotient Intellectuel (QI) d’Alfred BINET, celle de ne pas prendre en compte les biais culturels. Par exemple, si je demande à un gosse de Louisiane quelles sont les dix espèces de poissons que l’on pèche dans le bayou, il aura une intelligence supérieure à celle du petit blanc habitant New-York qui excellera en comparaison boursière.
Sans glisser donc dans l’ethnocentrisme habituel, je pense cependant qu’il y a bien des différences culturelles et donc cérébrales de facto. Tout comme les femmes privilégient l’hémisphère cérébral droit plus intuitif, créatif, et global, les hommes eux privilégient plutôt l’hémisphère gauche logique, organisationnel et analytique. Selon la taxonomie de Guildford [2],nous aurions 156 types différents d’intelligence.
Je fais également l’hypothèse que les africains en général ne sont pas influencés par l’Œdipe et le système freudien du surmoi, dénoncé récemment par Michel ONFRAY comme un engouement acceptable pour les viennois d’il y a un siècle mais obsolète à notre époque des neurosciences. Chez mes amis bantous, au-delà de la gentillesse, je ne vois pas de scrupule ni de culpabilisation judéo-chrétienne, sauf celle importée de force par les pouvoirs coloniaux dans quelques esprits de « métis » et/ou « d’évolués » (comment a-t-on pu parler ainsi d’autres frères humains avec la vanité des conquérants ?). Nos différences de mélanine sous la peau (blanc ou noir) ne signifient rien d’autre que l’adaptation de celle-ci à se protéger des UV et des IR du soleil. Par contre, nos manières de voir le monde sont fortement différentes avec un petit complexe d’infériorité chez nos frères noirs de peau (les petites filles noires dans une école maternelle préfèrent les poupées blanches parce que plus jolies, un élément parfaitement subjectif).
Pour des peuples maintenus sous une dépendance économique bien après les indépendances, les toubabs sont comme des poulets à plumer, tant ils ont de l’argent. Un ami de Bamako me racontait la réflexion d’un de ses travailleurs : chez eux (les toubabous), il y a des machines où il suffit d’introduire une carte et celle-ci distribue des billets de banque tant qu’on en veut. Ils ont été abîmés, acculturés par l’argent et les signaux ostentatoires de richesse des blancs mais aussi par les références mémorisées : en brousse tropicale, avec les lianes, il n’y a pas une seule ligne droite alors que nos méga-cités sont tracées au cordeau. Il y a donc bien des différences cognitives marquées et qui pourraient être complémentaires ; le cartésianisme qui nous mobilise est peu ou mal compris ; par contre, la mémoire généalogique est phénoménale (tradition orale oblige). Des études comparatives avec la résonance magnétique (IRM), à l’abri de toute récupération raciste, seraient intéressantes pour mieux comprendre ce que historiquement, nous avons sur sélectionnés dans notre cortex ; par exemple l’ouïe, la vue, l’olfaction, la mémoire, les émotions, le raisonnement, soit des pistes pour des travaux les plus scientifiques possibles en sciences humaines.
Les transhumances et migrations des pays du sud
Un très beau film français de Philippe Lioret WELCOME raconte l’histoire d’un maître-nageur du nord de la France (Vincent LINDON y réalise une prestation d’acteur remarquable) qui apprend à un sans-papier à nager pour traverser La Manche et rejoindre la Grande Bretagne. Le maître-nageur est inquiété par la police pour sa complicité dans un acte de pure humanité, l’aide aux migrants. On se croirait sous le régime de Vichy avec la rafle du Veld’hiv et dans le rôle du Maréchal, SARKOSY bling-bling. Un autre film récent (2010) de Sherry Horrmann « Fleur du désert » raconte l’histoire d’une jeune fille mannequin éthiopienne à qui – petite fille – on a mutilé le clitoris, opération barbare pouvant occasionner des fistules, des déchirures vessie/rectum, des infections, des hémorragies et régulièrement le décès de la martyrisée.
Cette barbarie est perpétrée pour que les femmes ne soient pas tentées par le plaisir sexuel du clitoris et qu’elles restent plus efficacement les propriétés humaines de leur maître homme. Nous allons donc tenter un regard croisé sans langue de bois entre ces barbares d’un autre âge et les provocations des islamistes d’une part et d’autre part la fermeture des frontières de l’Europe et les humiliations de rapatriements forcés en charters vers les pays du sud de ceux qui transgressent nos lois et valeurs, une montée réciproque de la haine interethnique.
Notons à décharge de la France que son gouvernement a du courage et de la cohésion alors qu’en Belgique, on ferme les yeux sur les mutilations physiques et même sur les foulards pour pleurer notre future humanité mondiale perdue. Le gouvernement français agit avec fermeté pour condamner et placer en prison toute personne pratiquant sur son sol la torture de l’excision ou de l’infibulation des petits enfants.
Mais la population ne s’y retrouve plus ; d’une part, des populations accueillies de gamins et de femmes (et d’hommes) qui risquent leur vie pour traverser les mers et être maltraités par nos policiers et nos centres fermés (prison pour le seul délit d’être sans-papier) et d’autre part, ces mêmes populations qui commettent chez nous des barbaries – contraires aux valeurs des droits de l’homme – et autres délits et nous reprochent de ne pas nous soumettre, nous leurs hôtes, à leurs coutumes spécifiques, à eux des auto- invités. D’où les réactions exagérées des pays les plus frileux comme la Suisse qui interdit la construction de minaret.
Si la gauche humaniste ne se réveille pas, nous allons vivre un tsunami raciste qui va se retourner contre les quelques islamistes sanglants provocateurs mais surtout contre l’ensemble de ces malheureux innocents qui croient mieux vivre en Europe sans en connaître les cadences des aliénés du travail.(Mais aussi contre les malheureux restés dans ces pays du sud à qui, après la crise et les attitudes maghrébines, les gens ne veulent plus donner un sous d’aide humanitaire alors que des milliers d’enfants mourront de faim en 2011 suite au déficit annoncé de moins 30% de précipitations.) Pour revenir sur l’El Dorado de l’Europe, je fais l’hypothèse que le racisme change de visage et que, si le délit de « sale gueule » foncée a bien eu lieu dans l’après-guerre(avec les mineurs siciliens par exemple), aujourd’hui, ce serait plutôt l’impolitesse, le non-verbal et le non entraînement à un travail rapide et soutenu qui seraient les freins à l’embauche.
Le flux de l’immigration des travailleurs a commencé dans les années 1989-1990 avec des personnes sans travail venues des pays de l’Est et dans leur sillage des mafias de ces régions pour l’argent facile ainsi que des personnes des régions rurales de l’Afrique et de la Turquie (les asiatiques migrant plutôt vers le Royaume-Uni).
Les travailleurs précarisés (sous-statutaires) de chez nous sont en colère : le chômage, la précarité des emplois, la baisse des revenus et de leur retraite les poussent à des votes massifs à l’extrême-droite avec des réactions de plus en plus xénophobes. En Belgique, ne survivent que des gouvernements falots, jouets du parti séparatiste identitaire flamand (N-VA) proche du parti de l’extrême-droite le VLAAMS BELANG, empêchant pendant 113 jours le nouveau gouvernement de se constituer (en réalité, il bloque depuis plus de deux ans en réclamant la scission de la sécurité sociale c’est-à-dire de la Belgique). Les réactions en Belgique et dans toute l’Europe sont de plus en plus à droite : la fermeture des frontières, un minerval excessif pour les étudiants non-européens, une idéologie sécuritaire anti-jeunes, une ghettoïsation de plus en plus marquée.
Ce sera par l’instruction et l’éducation que l’on dépassera la crise de l’autorité paternelle des maghrébins (dénoncée depuis plus de 20 ans par Jürgen HABERMAS, de l’école de Francfort) du fait de la colonisation de la sphère privée par la sphère publique entraînant un laxisme éducatif des parents et du manque d’intérêt des familles migrantes pour la scolarisation en général (c’est gratuit donc sans valeur ?).
L’allocation de vie fournie aux mères ou les revenus de substitution fournis aux ménages plus de petits boulots au noir font en fait qu’il n’y a aucune motivation à s’intégrer, soit trop peu d’efforts pour l’école et pour les normes d’une petite entreprise, ce qui a comme effet pervers que l’on ne veut plus les nouveaux sans-papiers. Il faut que ce non-dit se dise pour trouver une réelle remédiation par l’éducation des normes et des valeurs du pays hôte au lieu des préjugés bétonnés. L’école par exemple stigmatise ces jeunes comme des fainéants, grossiers et pas très intelligents et ils se retrouvent généralement réorientés dans des filières professionnelles sans débouchés d’emploi. Une fois que ces jeunes gens le conscientisent, il est trop tard ; alors, ils râlent, cassent des voitures sans même voler la radio CD et brûlent celles de leurs parents ou de leurs voisins, une révolte sans but qui n’est même pas une révolution. Les mafias de dealers, tout comme les groupes religieux extrémistes se revendiquant d’Al Quaida, font alors leurs marchés parmi ces frustrés en totale dérive communautaire (l’autorité du pays comme les traditions de leurs parents).
Les autochtones accueillants à l’origine trouvent saumâtre ce mépris à leur égard ainsi que cette volonté d’imposition des mœurs et des coutumes venues d’ailleurs et incompatibles avec les droits de l’homme et de la femme et les principes de courtoisie des sociétés occidentales
On pourrait pourtant sans problème garder les coutumes des ancêtres tout en respectant les valeurs du pays d’accueil. Lorsque je vais chez mes amis maliens, je me déchausse dans les mosquées et j’offre aux marabouts des exemplaires du Coran sous cellophane, c’est-à-dire non touchés par des impurs (sauf lors de l’édition, of course). Est-ce que quelqu’un a déjà entendu un musulman qui faisait son autocritique des exactions commises en Occident en réaction disproportionnée à des caricatures à part des intellectuels de haut niveau comme Amin MAALOUF par exemple. ? (Remarquons que même le Pape ne demande pas pardon aux enfants victimes abusés par ses prêtres.)
Chez les populations migrantes maghrébines actuelles, il y a une énorme contradiction : il y a à la fois une dissolution des mœurs et de l’autorité paternelle et en même temps, un retour aux traditions barbares et à certaines formes d’autoritarisme patriarcal avec droit de mort sur les femmes. En Iran, des voitures de policiers s’arrêtent devant des groupes de femmes et les fouettent parce qu’elles ne sont pas assez couvertes et laissent voir leurs chevilles, elles sont pour eux moins que des chameaux, des putains (même si ce sont des femmes tout à fait convenables et ordinaires). Pourquoi la communauté internationale ne lance-t-elle pas une fatwa sur ces policiers et ne les traduit-elle pas au tribunal de La Haye pour atteinte gravissime aux droits de l’homme ? Pourquoi l’Occident soutient-il de son aide mondiale (le PAM – Programme Alimentaire Mondial) ces pays où l’on ne respecte pas les femmes sans demander quelque chose en échange ? Par exemple ne pas cracher ni lancer des pierres sur les étrangers en Syrie , en Afghanistan, en Iran ? Est-ce que tous les délégués qui votent des résolutions à l’ONU sont hypocrites comme les américains ?
L’alternative humaniste et anti- raciste
Je suis engagé par ma foi dans les droits de l’homme et le développement in situ du tiers-monde et je me battrai de toutes mes forces contre les lâches politiciens belges qui prônent le respect des traditions des cultures d’origines, lorsqu’au nom de celles-ci, des connards fanatisés viennent chez nous martyriser leurs femmes. Je me bats , avec les Lumières, pour une humanité mondiale, donc contre les talibans et les islamistes qui ont un problème avec le sexe au point qu’ils interdisent l’enseignement aux filles, qu’ils violent, lapident, battent, infibulent etc. ou bien, comme variante, tuent à l’aveugle des populations civiles car ils sont trop lâches pour oser affronter de face les hommes de nos contrées. Je souhaite que l’Europe revoit ses normes, arrête ses prisons « centres fermés » pour des malheureux qui ne sont pas des tueurs, et donc accueille décemment les migrants mais soit en même temps ferme pour stopper toute aide à l’Afghanistan et à sa base arrière du Pakistan, à l’Irak, à l’Iran, à la Corée du Nord, à la Lybie et aux touaregs du Sahara se revendiquant d’Al Quaida. (Pas un franc pour racheter des otages ou pour de l’aide alimentaire extorquée de la sorte). Puisqu’avec la globalisation économique du néolibéralisme, nous ne pouvons leur fournir de coup de pouce de développement (sinon comment encore exploiter leurs ressources naturelles ?), accueillons-les avec un engagement civique minimal (exclusion irrévocable des bandits, pour une fois que je suis d’accord avec SARKOSY) pour recevoir chez nous une aide décente, donc humaine. Rappelons les faits de l’aide sociale chez nous ; avec les CPAS, nos assistantes sociales sont tournées parfois depuis trois générations vers des exclus volontaires : les familles défaites, les pères (ou les mères) imbibés d’alcool ou de drogue, l’abandon psychique d’enfants (ils sont juste là pour toucher des allocations familiales) soit la spécificité du quart-monde, du lumpenprolétariat disait MARX. Alors que la situation est tout autre avec les familles du Maghreb, de l’Afrique Sahélienne, des pays équatoriaux d’Afrique ou de Turquie qui sont encore parfois des foyers unis mais sans autorité paternelle[3], d’où le taux de délinquance et d’échec scolaire supérieur à la moyenne.
Dans les années 1950, dans les rue d’Alger les jeunes filles se promenaient dans la kasbah en jupe légère, bras nus et les cheveux au vent et le sourire aux lèvres car le mal religieux de l’islamisme barbare n’avait pas encore été inventé. Répétons-nous, il ne s’agit pas bien sûr de l’islam mais des islamistes sanglants avec la charia appliquée comme au Moyen-âge et des lois infâmantes sur la famille et le mariage. Les hommes enferment les femmes sous des vêtements disgracieux et en plus dans leur maison (fermées donc à double tour). Si une femme doit faire des courses, elle s’habillera comme un sac de pommes-de-terre et sera accompagnée d’un enfant mâle (12 ans c’est bon, le plus souvent son fils). Les femmes sont prisonnières aussi à l’extérieur. Le paradoxe est que bien, souvent, à part cette surveillance policière et la prière, les hommes ne font pas grand-chose mais ne cèdent pas leur autorité à la mère et voit des adolescents interdire à leur mère de s’habiller comme elle veulent. Qui va alors forcer ces ados à faire leurs devoirs pour l’école ? Le paradoxe est donc que les pays hôtes demandent à la fois moins d’autoritarisme interne barbare (donc plus de tolérance envers des humains d’un genre sexuel différent) et dans les milieux immigrés pauvres la restauration de l’autorité de la mère et son autonomie pour – par cette revalorisation de leur autorité naturelle sur les enfants – donner à ceux-ci un minimum d’éducation (la politesse déjà) pour qu’ils soient acceptables dans la société hôte.
Pour conclure sommairement
Dans les années 1970, nous avons en Occident développé les concepts d’autonomie et de liberté individuelle ; ces concepts ont été détournés par le néocapitalisme par la norme d’internalité pour évaluer ses performances avec l’introspection donc l’intro-détermination en faisant fi des déterminismes sociaux qui nous accablent déjà dès notre naissance. Pour les jeunes d’aujourd’hui, le projet d’autonomie s’est inversé en son contraire, que l’on soit Blanc ou Noir, tout comme l’émancipation par les histoires de vie (Ecole de Francfort et Ecole de Chicago en sociologie) et des pseudo-formateurs du FOREM exigent de jeunes sans emploi (donc déstabilisés) qu’ils fassent (sur commande) un projet de vie bâclé. Sans la moindre marge de liberté d’action (remplir des questionnaires par exemple) et donc avec une capacité d’autonomie réduite à un discours d’intention, la norme d’internalité de l’auto-évaluation sous contrainte fleurit comme une fleur vénéneuse dans une logique de compétition individualiste (il n’y a plus de solidarité, les idéaux du syndicalisme ont été phagocytés par les partis socio-démocrates qui les dominent et qui ont donc tué eux-mêmes leur contre-pouvoir démocratique). Cet individualisme extro-déterminé de consommateur et de travailleur précaire aliène les jeunes et les déstabilise d’où le retour à des credo religieux réactionnaires et cautionnés par les Papes et Ayatollah qui devraient être jugés pour crime contre l’humanité.
En d’autres termes, nous sommes tous agacés par les provocations des islamistes et des jeunes laissés- pour- compte qui deviennent des bandits mais il faut reconnaître que la plus grande violence, qui apparaît peu dans les médias, est bien la violence d’Etat (et Européenne), une violence de la répression et de l’expulsion au lieu de l’éducation et qui est d’une grande bêtise car la fermeture des frontières européennes n’a aucun sens vis-à-vis de l’énormité des flux migratoires qui nous attendent. la seule réaction humaniste de raison que nous pourrions avoir en tant que civilisés serait dans un encadrement et une distinction entre les maffias et les masses de sans-papier que l’on enferme dans des centres fermés avec femmes et enfants alors qu’ils n’ont commis aucun délit. Notre seule espérance est que, dans le cœur de chaque homme, il y ait une conscientisation de ce déclin de nos institutions et un sursaut de citoyenneté responsable pour jeter dehors les politiciens arrivistes d’une oligarchie héréditaire ainsi que les divers prélats qui violent de façon statistiquement significative (car privés de sexualité dès le départ) des petits garçons avec un chef débile qui interdit le préservatif à ses fidèles en Afrique. Il est urgent de se réveiller et de créer ensemble l’utopie au lieu de cette déliquescence actuelle qui ne pourra évoluer que vers une intensification de ce néo totalitarisme de l’argent toujours sale.
Jean-Marie LANGE, formateur GAP,
10.10.2010
[1] LANGE Jean-Marie, Pédagogies émancipatrices et revalorisation de l’enseignement technique, Paris, L’Harmattan, 2006, p.13-14.
[2] DE LANDSHEERE G., Introduction à la recherche en éducation, 5ème éd., Liège, G. Thone, 1982.DE LANDSHEERE G. & BAYER E., Pédagogie et recherche, Comment les maîtres enseignent. Analyse des interactions verbales en classe, 4Eed., Bruxelles, Direction générale de l'Organisation des Etudes, 1981.DE LANDSHEERE G. & DELCHAMBRE A., Comment les maîtres enseignent II. Les comportements non verbaux de l'enseignant, Bruxelles, Labor, 1979.
[3] « Pour ne pas accroître le malaise, on s’interdit d’interroger les mœurs qui prévalent dans les quartiers, le processus diffus de séparation des sexes dans l’espace public, de réduction des libertés des femmes et des filles, d’abandon en pratique d’un idéal de mixité et d’égalité entre les sexes. Ce sont pourtant là les témoignages de la diffusion des mœurs néo patriarcales et d’une religiosité étroite. Ces tensions entre les quartiers et le courant central de la société française, et cette dualisation des mœurs sont préoccupantes. Appellent-elles une réponse autoritaire, fondée sur une ignorance délibérée du fossé culturel ? Selon moi, l’action publique ne doit pas renoncer à mettre en œuvre des politiques d’intégration. »LAGRANGE Hugues, Le déni des cultures, Paris, Seuil, 2010, p. 20.
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