Le déni des cultures (II)[1] : COMPRENDRE ?
Introduction
L’Afrique n’est pas un monolithe ! Il y a l’Afrique équatoriale des bantous avec la culture des paniers (absence de conservation des aliments de base), donc sans futur programmé. Il y a l’Afrique des greniers (de la conservation des grains et de l’échange de ceux-ci, donc une structure d’accumulation et de pouvoir, le Sahel). A la lisière des savanes, il y a l’Afrique des troupeaux soudano-sahélienne qui en se sédentarisant se mêle à l’Afrique des greniers (Peuls, Touaregs,…), avec la raréfaction des pluies donc des troupeaux, ces populations sont les plus pauvres, si bien que la famille globale du Sahel constitue un tiers des migrants vers l’Europe.
Et puis il y a l’Afrique du Nord (Maghreb arabo-musulman, Berbères,Pieds-noirs,…), sans conteste la plus raciste et intégriste vis-à-vis de l’Europe qu’elle envie et qui en arrive à des stratégies coordonnées de prise de pouvoir chez nous (les marocains en Belgique via le contrôle local du PS et les algériens en France). N’ayons pas peur des mots : chaque fois que ces invités insultent nos institutions, ils font progresser un peu plus l’extrême-droite qui les hait. (Par exemple les charters de SARKOSY, les minarets en Suisse, etc.). Il n’est pas question ici de répondre à un discours haineux et disproportionné (comme les attaques des ambassades du nord dans le sud à cause de caricatures) mais de comprendre les phénomènes complexes pour trouver des solutions pacifistes avant que l’Archange St Michel envoit ses légions suréquipées sur ces pauvres gens. L’Afrique du Nord est complexée car après des discours belliqueux envers Israël, les armées musulmanes ont toutes été défaites par ce petit pays et les populations ne se rendent pas compte de la puissance de feu de l’OTAN qui ne les aime pas non plus. Il ne s’agit donc pas ici de la subjectivité de l’amour mais de coexistence respectueuse; lorsque un jeune invité dans nos écoles quasi-gratuites insulte sa professeure, il n’a pas conscience de notre générosité, ce qui n’est pas le cas des fanatisés de l’Arabie saoudite qui construisent des mosquées et non des écoles pour tous les humains ou encore des irakiens qui attaquent des églises non armées.
On dirait que ces réactions peu intelligentes et très violentes sont programmées par l’extrême droite organisée, la CIA et que les pseudo-socialistes du PS sont tellement en quête de voix qu’ils oublient les valeurs de la gauche ?
Développement
Selon l’anthropologie culturelle et sociale, deux grands systèmes relationnels se partagent le monde : le matriarcat où tous les biens appartiennent à la mère, où le géniteur n’est qu’un ami de l’enfant et où l’autorité est concentrée sur le frère de la mère, l’oncle et puis le patriarcat dominant aujourd’hui où c’est le nom du père qui se transmettra ainsi que les biens du lignage aux fils, les filles étant échangées dans d’autres clans contre une dot (l’exogamie).
La majorité des familles migrantes est patrilinéaire et la densité de ces familles maintient une première distance culturelle avec la famille bilinéaire restreinte et égalitaire entre les sexes des ethnies occidentales. Ces structures familiales agnatiques (patrilinéaires) migrantes contrôlent ses femmes et en principe la socialisation des enfants et des ados, ce qui choque nos peuples qui, depuis 1789, sont tous en accord avec les Lumières contre le dogmatisme et l’obscurantisme et pour les droits de l’homme et de la femme (ONU 1948) mais comme nous sommes civilisés, nous n’allons pas, pour une quelconque caricature, brûler leurs mosquées ou assassiner chez eux les progressistes (ceux qui pensent, pas les politiciens théocrates).
Les familles agnatiques exercent un fort contrôle des femmes épouses et mères. Les Mauritaniennes, Maliennes, Sénégalaises et Soudanaises ont un taux d’enfants « naturels » qui oscille entre 2 à 7% alors que ce taux pour les familles qui bordent le golfe de Guinée est de 20 à 25%. Dans les pays migrants tels le Mali, la Mauritanie et le Sénégal, la polygamie est codifiée, chacune son « tour ». Le système patrilinéaire contrôle la propriété des sols, du nom de famille et des femmes à donner en mariage, les femmes doivent être dociles (« bien soumises » me disait un ami du coin) et serviables et l’islam a renforcé cette ségrégation.
Dans les familles du Sahel, comme celles immigrées à Paris, on retrouve 1/3 de polygames avec un écart d’âge élevé entre les époux (13 ans de différence en moyenne selon une étude de l’OCDE en 1983) et malgré la polygamie – avec les sécheresses, les migrations et les dots trop élevées – il y a encore un surplus de femmes disponibles de 50 % ( dans la tranche d’âge de 30-40 ans). On compte in situ 2 hommes pour 3 femmes, ceci peut expliquer partiellement la soumission des femmes et réduit donc l’autonomisation des décisions des jeunes femmes (qui ne participent pas aux palabres) affaiblissant ainsi en amont la construction éducative reposant en principe aussi sur l’autorité des mères. Ce phénomène social explique également partiellement (car il y a aussi le manque d’éducation) le taux de fécondité élevé du Sahel. Partout ailleurs, là où les filles peuvent faire des études, on assiste à une régulation de ce cauchemar démographique. Lorsque les filles font des études (Asie, Afrique,…) les taux de fécondité baissent en corrélation avec la hausse de l’éducation des filles. Par rapport aux familles migrantes en région parisienne, on distingue des familles multiculturelles de 2 à 3 enfants, des familles d’Afrique hors Sahel de 4 à 4,5 enfants et des familles issues du Sahel, moins instruites, dont les fratries dépassent 7 personnes. Celles-ci se concentrent particulièrement dans les cités, autrement dit des familles habitant les quartiers sensibles sont plus larges que celles qui vivent au-dehors. Les enfants de familles extra-nombreuses sont moins bien scolarisés et plus proches du décrochage scolaire, de la délinquance et des tensions envers les forces de l’ordre.
Analyse globale
Sans repartir de la population soldatesque de Charles-Quint qui conquit nos belles provinces flamandes en leur imposant l’espagnol par immersion, on peut noter les migrations ouvrières de l’avant-guerre, vers 1920 avec les premiers migrants pour les charbonnages comprenant principalement les italiens (eux aujourd’hui totalement intégrés) puis les fortes migrations de l’avant et de l’après-guerre. Ce furent d’abord les juifs et les russes blancs fuyant le système des soviets, puis dès 1945, après la libération des camps et la fin du travail forcé, le retour de compatriotes ayant épousé des filles de l’Est, ou encore des familles polonaises fuyant les bolchevicks totalitaires. Les premiers travailleurs marocains nous arrivèrent pour la fin de l’exploitation des mines de charbon puis ce fut les mafias de l’Est (Albanie surtout) qui envoyèrent par ruse les jeunes filles pauvres et belles comme « filles à marier » ou « à louer » (la traite des êtres humains). Le visage de l’immigration se modifia avec le rassemblement des familles, notamment marocaines et aujourd’hui, dans le camp de concentration de Vottem, croupissent des sans-papiers sahéliens, turcs, afghans, iraniens,…qui prennent des risques de vie et de mort pour venir en Europe dépouillés par les passeurs, exploités par des négriers de la construction et des marchands de sommeil, nous en reparlerons.
Il n’y a rien d’illégal en soi dans le fait d’être un réfugié économique en soi avec femme et enfants voulant s’intégrer et faire faire des études aux enfants. Les études sociologiques officielles semblent gommer totalement l’aspect psychosociale des motivations : s’agit-il de trouver de nouvelles terres d’accueil où mes enfants vivront mieux ou bien s’agit-il pour la pègre de faire du profit en vendant des travailleurs sous-payés (et donc en concurrençant nos chômeurs, cf. la directive européenne BOLKERSTEIN) ou de prostituer des jeunes filles et des enfants ; les statistiques officielles ne font pas mention à ma connaissance de ce terrible hiatus. Selon les gardiens de prison (seule source disponible), si 80% des détenus pour délinquance dans les prisons sont maghrébins ou sahéliens, on en comprend la discrétion (et on peut comprendre les vols charter de rapatriements de SARKOSY qui eux se font sans beaucoup de discernement hélas) car cela susciterait encore plus le racisme réactionnel anti-islamique (des bandits qui recrutent des ados loosers, à ne pas confondre avec la sagesse des musulmans).
Pendant environ une dizaine d’années en formation d’adultes sur les histoires de vie, j’ai recueilli pléthore de récits de jeunes filles séduites sur une plage à qui le gigolo marocain proposait le mariage pour acquérir la nationalité belge, divorçait dès qu’il avait ses papiers en raptant les enfants pour les envoyer au pays afin qu’ils soient élevés avec les normes des parents au Maroc et puis ouvrait à Bruxelles un petit magasin dans le ghetto de la gare du midi. J’ai vu aussi des jeunes étudiantes terminant des études d’assistante sociale et/ou d’assistante en psychologie qui partaient en vacances au Maroc, leur terre d’origine, pour y être mariées de force avec un autochtone à qui elle était promise depuis la naissance. La courageuse sénatrice Anne-Marie LIZIN a mené elle-même des opérations de rapatriement pour restituer des bébés à leur mère, ce dont la bureaucratie belge était incapable. Comme je le rappelle toujours, attention aux amalgames : le jeune bourgeois qui vient faire ses études de médecine à Liège reste invisible et on voit juste les pauvres des pays pauvres qui viennent jouer à la racaille. Le responsable n’est pas l’ethnie mais la misère et la misère est possible grâce à nos sociétés de l’injustice sociale des revenus bénie par le parti socialiste. Notons le décalage dans la représentation populaire excitée par les mosquées de Suisse et autres provocations fortuites( ?) et la réalité : la dernière vague migratoire recensée de 2006 à 2007 constate une augmentation de 40% de polonais et de 79,5 % des roumains. On peut faire l’hypothèse qu’il s’agit bien là de la libéralisation du travail dans l’Europe par la directive BOLKERSTEIN rejetée par les travailleurs mais néanmoins votée par le parlement européen trois mois après son rejet. Un seconde hypothèse serait dans l’incivisme chronique des populations maghrébines qui surpeuplent nos prisons.
Pourtant, les plus dangereux et les plus discrètes sont les mafias russes, tchétchènes et albanaises avec leur pratique de la traite des femmes.
Analyse sahélienne
La tranche de vie du jeune sahélien peut se révéler plus noble : le jeune est chargé de mission par la famille et le village qui se cotise pour financer son voyage dont la finalité est de trouver un boulot en Europe pour renvoyer par après de l’argent au village ; ce sont de jeunes guerriers à la chasse aux sous.
Souvent cependant, après l’arrivée à Paris ou à Bruxelles, ce sera la cité HLM, la fratrie nombreuse, le peu de place laissé à la mère éducative, donc le taux élevés d’échecs et puis la délinquance, ce qui peut être appelé la culture de la pauvreté. Les jeunes manquant des clés socio-éducatives et sociales sont enclavés dans un ghetto manquant d’opportunités d’insertion sociale, ils deviennent exclus et dépendant de l’assistance publique (chômage ou RMI). Notons qu’en comparant avec les ghettos noirs des E-U, les familles africaines migrantes en France ne sont pas des familles disloquées. Depuis les chiffres de 1980, elles sont fragilisées au niveau des ressources financières et du bagage éducatif mais elles restent avec une structure familiale (sauf chez les parents toxico ou alcoolo), la différence avec les E-U résidant dans les fortes proportions de familles monoparentales de ceux-ci. Notons toutefois que les familles du quart-monde autochtones vivant dans les cités rencontrent des problèmes identiques : une dépendance chronique à l’assistance et un désintérêt des filières d’études. NANDO (Mali 2009)[2]
D’où vient le diagnostic de l’effondrement de l’autorité parentale ? Peut-être d’abord des stéréotypes (préjugés collectifs) des magistrats de la jeunesse stigmatisant un manque de repères chez les jeunes (cf. les études d’Habermas allant dans ce sens). Avec le sociologue LAGRANGE, on peut aussi formuler une autre hypothèse : celle d’un excès d’autoritarisme du père inadapté au contexte sociétal dans lequel il vit, une distinction entre l’autorité statutaire et les compétences. Il y a un hiatus entre le statut (l’autorité du père) et le rôle (de l’enseignant).
Notons en plus qu’en Afrique, il y a un clivage entre la société des femmes (impures) et celle des hommes, cette dernière étant également clivée en classes d’âge. Par exemple, des gens d’une même génération sont dits « à plaisanterie » mais il ne peut y avoir de trop grande familiarité avec les plus jeunes générations. Je me souviens que lors d’un voyage de découverte de la Côte d’Ivoire avec un groupe d’étudiants en agriculture tropicale, un de ceux-ci avait en groupe fait preuve de familiarité avec un de nos hôtes locaux qui lui avait répliqué « que l’on n’avait pas gardé les vaches ensemble ! ».
L’autorité du père se donne à voir par son âge, le respect des autres et les contraintes sévères qu’il afflige à ses femmes. Voilà les repères des jeunes envers leur père : l’autorité et une image d’admiration. La « pureté » des hommes se donnera par l’initiation sexuelle : circoncision pour les garçons (banale) et excision pour les filles (une boucherie), cela pour en quelque sorte une mise à distance de notre nature animale. Les femmes venues après les hommes migrants sont formatées au respect des mâles (même si leur conduite est arbitraire et violente) mais ces hommes venus pour un El Dorado et désenchantés de leur parcage en périphérie urbaine et de leur enfermement dans des rôles actifs subalternes (balayeurs par exemple) sont aigris et cherchent « un chien pour le battre », c’est-à-dire qu’ils reportent leurs frustrations/ressentiments en « engueulant » leurs femmes. Par exemple, elles n’ont pas d’autorité scolaire sur les enfants alors que c’est eux-mêmes qui les ont disqualifiées devant les enfants ! De plus, si un conseiller en orientation vient voir la mère, celle-ci bien dressée va dire en gros : « je ne peux rien dire, mon mari n’est pas là, il travaille ! ». C’est une situation de double-bind (de paradoxe) pour les mères sans autorité déléguée par le père, elles ne peuvent donc rien faire et ce sera parfois la dépression ou le suicide (aussi bien pour la mère considérée comme jeune fille au pair que pour la fille). De leur côté, les pères du Mali ou du Moyen Atlas ou d’ailleurs ne peuvent cacher aux fils qu’ils sont des HAS BEEN et savent qu’ils ont raté l’essentiel de leur migration de passage par manque de cohésion avec leur femme pour former une solidarité éducative. Brutalité et autoritarisme envers les femmes ont tout gâché de ce voyage dans le temps entre leur Moyen-âge et la société hypermoderne. Mais comment le reconnaître si bien que cette radicalisation mettant les fils au-dessus des mères brouillent les repères éducatifs de ceux-ci qui insultent leurs professeures comme ils insultent leur mère. Le père désemparé va rapter son fils pour lui redonner des racines au pays et ce sera alors une cause de divorce avec la mère laissée seule à Paris ou à Bruxelles.
La mère migrante est une victime dont personne ne s’occupe (sans ses frères ou son propre père restés au pays). Elle n’a pas d’autorité sur son fils qui l’insulte et elle représente un modèle négatif pour la fille qui par réaction solidaire inconsciente avec la mère va nier sa féminité derrière d’abord un foulard HIDJAB puis derrière un sac poubelle NIQUAB, il ne s’agit pas de tradition, il s’agit de symptôme d’identification ratée. Pour les garçons, il faut également relever un traumatisme dû au comportement de la mère, celle-ci est à disposition totale du dernier-né mais dès qu’une nouvelle naissance survient, celui-ci perd toute symbiose avec la mère.
« Les femmes disqualifiées des familles patriarcales, ont tendance par compensation à être surprotectrices. Ces garçons qui restent longtemps collés au parent nurturant, qui n’ont pas appris à surmonter les frustrations, dévient souvent à l’adolescence, surtout dans des contextes où manque un modèle d’accomplissement masculin. L’accentuation des traits d’omnipotence des garçons s’accroît lorsque le surinvestissement affectif des mères vient à la rencontre d’un effacement de pères peu éduqués. »[3]
Pour synthétiser cette réflexion, rappelons qu’une pat importante du flux migratoire des sans-papiers ne vient pas d’un caprice fortuit d’un jeune homme mais d’une organisation villageoise qui l’a doté d’un pécule conséquent pour payer les passeurs et soudoyer les douaniers.
Les jeunes sont investis d’une mission qui consiste à s’intégrer, trouver du travail et ristourner au village une part de leur salaire par la WESTERN UNION pour faire vivre tout le village au pays.
« Si l’on ne prend pas en considération cet objectif, on ne comprend pas non plus la position des migrants du Sahel en Europe. Toute leur vie est tramée par une tension entre ce qu’ils font ici et ce qu’ils font et veulent faire là-bas. Pour beaucoup de chefs de famille africains, l’Europe n’est pas, en tant que telle, un lieu où ils souhaitent vivre mais un moment et un moyen dans une vie tournée vers l’Afrique. »[4]
Le prestige des pères qui travaillent dans des sous-emplois chez nous passe avant la réussite scolaire de leurs enfants. Le balayeur de rues de Paris, de retour au village est considéré comme un notable. Donc au fond, les grandes perdantes sont les épouses sacrifiées à l’hégémonie des mâles et les victimes sont les enfants insultant leur mère puis leurs professeures et sciant ainsi la branche sur laquelle ils pourraient être assis, d’où cette récupération des forces fascistes islamistes de la haine de nos sociétés qui est en fait d’abord chez les jeunes une mésestime d’eux-mêmes, une honte !
Si nous voulons passer de la pensée à l’action avec nos modestes moyens, il faut se déplacer en amont pour soutenir les écoles locales et tout particulièrement la scolarisation des filles. Ce sera par l’éducation laïque que ces enfants ne tomberont pas dans le piège de ce que l’on a voulu faire d’eux.
Merci à tous ceux qui l’ont compris et qui ont fait un don à notre asbl d’aide humanitaire le « Groupe d’Autoformation Psychosociale »(GAP). Pour rappel, pour nos autres amis, verser au moins 10-15 euros au compte GAP068-2426901-85, c’est la garantie que le moindre sou sera utilisé pour « les enfants d’abord ». Merci et bonnes fêtes de fin d’année.
« Déjà nos villages s’éloignent. Quelques fantômes m’accompagnent. Y’aura des déserts, des montagnes à traverser jusqu’à l’Espagne. Et après…Inch’allah.
On a de mauvaises chaussures. L’argent cousus dans nos doublures. Les passeurs doivent nous attendre, le peu qu’on a ils vont le prendre.
Est-ce que l’Europe est bien gardée ? Je n’en sais rien. Est-ce que les douaniers sont armés ? On verra bien. Si on me dit, c’est chacun chez soi, moi je veux bien, sauf que chez moi il n’y a rien.
Pas de salon, pas de cuisine, les enfants mâchent des racines. Tout juste un carré de poussière. Un matelas jeté par terre.
Vous vous imaginez peut-être que j’ai fait tous ces kilomètres, tout cet espoir, tout ce courage pour m’arrêter contre un grillage.
La moitié d’un échafaudage j’en demande pas davantage. Un rien, une parole, un geste, donnez-moi tout ce qu’il vous reste. Et après…Inch’allah. » (Francis CABREL, « African Tour in album « Des roses et des orties », 2008)
Jean-Marie LANGE, 21.12.2010
[1] Source : LAGRANGE Hugues (Sociologie CNRS), Le déni des cultures, Paris, Seuil, septembre 2010.
[2] En janvier-février 2011, nous planterons 1000 arbres (MORINGA) à haute valeur alimentaire à Nando (Mali) et le GAP subsidiera une cantine scolaire pour 480 petits avec compléments nutritifs.
[3] LAGRANGE H. Le déni des cultures, Paris, Seuil, 2010, P.195.
[4] LAGRANGE H., ibid., p.197.
mardi 21 décembre 2010
mardi 14 décembre 2010
Une école pour NANDO (Mali)
GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique: Jean-Marie LANGE jm.lange@skynet.be
DEXIA : 068-2426901-85; IBAN BE89 0682 4269 0185 BIC GKCCBEBB
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une association (asbl) spécialisée en management associatif, en recherche-action participative et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde en partenariat avec les villageois. Avant-hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali (2002) et hier, c'était l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi (de 2007 à 2010). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr/ Blog : http://gap-belgique.blogspot.com/;
GAP 2010/10 Une école pour Nando en 2011
Comme tous les enseignants, formateurs et intervenants psychosociaux nous respectons la pédagogie spécifique de nos collègues d’Afrique. Nos actions humanitaires ont pour but le soutien logistique des écoles s’incluant dans la mixité.
Qu’est-ce que le GAP ?
Un groupe d’enseignants, pour la plupart à la retraite, qui a apporté un jour d’été 1988 quelques cahiers et bics à l’école DOGON (Mali) de Nombori et a créé ses statuts d’asbl en 2005 . Nous organisons des formations pointues de cadres et les émoluments reçus servent, à l’euro près, à des projets ciblés de développement en Afrique, notamment au Burundi et au Mali. Nous voulons rester ouverts à tous et nous nous revendiquons donc seulement des droits de l’homme. Nous sommes bien sûr prêts à recevoir des subsides d’Etat de la coopération belge ou des aides d’entreprises sans pour autant devenir des placards de sponsoring publicitaire (mais c’est fou comme le courrier s’égare en Belgique, malgré nos évaluations rigoureuses). Pourquoi la coopération belge ne nous a-t-elle jamais soutenus en 5 ans et pourquoi aucun de nos articles d’explication n’a-t-il été publié dans les revues de l’AGCD ?(Avec un soutien financier complémentaire, nous aurions pu cet été acheter un moulin à grains pour la colline de KAYOBA, dans la province sud de MAKAMBA, au Burundi).
Quel est le projet ciblé en 2011 ?
Au MALI, dans le delta du Niger, près de MOPTI, existe un groupe dit « DOGON du plateau » assez pauvre car peu touristique. Nous avons visité les villages en 2009 et sélectionné NANDO avec ses 380 élèves (garçons et filles) pour deux enseignants et les plus petits portant les stigmates de la malnutrition. Nous ne donnons jamais d’argent mais du matériel et/ou de la nourriture sous le principe « food for work » pour rester soucieux de la dignité des jeunes personnes. Concrètement, nous allons en JANV-FEV 2011 installer une cantine scolaire pour que les 380 élèves aient un repas chaud à midi à l’école.
A ces repas, nous ajouterons des protéines animales (poulets) et des compléments alimentaires (minéraux, oligo-éléments et vitamines) pour que ces jeunes en pleine croissance profitent d’un apport dans leur développement physique et intellectuel.
Selon des recherches agronomiques récentes, le MORINGA est un arbre endémique d’une grand richesse alimentaire (feuilles, bois, racines) et nous demanderons en échange de l’action repas que chaque enfant repique deux arbres en les arrosant régulièrement et en les protégeant des chèvres. Ceux qui auront un de leurs deux arbres ayant survécu après deux ans auront une récompense encore à déterminer. (En reforestation, on s’est aperçu que 80% des plants replantés mourraient par faute d’arrosage constant). On demandera à chaque enfant de mettre sa marque au marker indélébile sur ses troncs. Le chef des travaux locaux du GAP s’active à l’élevage de 1000 plants en pépinière.
Pour être informé de nos travaux et des évaluations, versez 15 € ou plus sur le compte IBAN du GAP de la banque DEXIA : BE06 8242 6901 85. Par avance, nous vous remercions de votre soutien.
Sous-projet : si vous voulez soutenir la scolarité d’une petite fille du Mali âgée de 7 ans , pour par exemple faire un jour des études supérieures en Europe, versez votre obole sur son compte bloqué : SANOGO MARIAM, DEXIA N° 083-5299301-97. Merci pour elle.
Le moringa oleifera
Le Moringa oleifera[1] est un arbuste à croissance rapide dont les feuilles peuvent être mangées fraîches ou séchées (en poudre). Selon le Centre Mondial de Recherche sur les Légumes (AVRDC), c’est la plante la plus nutritive sur 120 testées.. Par une haute valeur nutritive, un concentré de protéines, de vitamines et de minéraux en plus d’excellente qualité gustative, c’est le futur « super aliment vert » des pays tropicaux.
Le MORIGNA OLEIFERA (Ghana, Niger, Nigéria) est un arbre originaire de l’Inde et courant en Afrique pour ombrager les cases et dont les propriétés ont été découvertes récemment. Les feuilles et les fruits peuvent servir de légumes aux propriétés nutritives et médicales ; la poudre de feuille (conservée à l’ombre) peut servir de condiments. En Inde, le fruit vert se cuisine comme un légume, les feuilles se consomment comme légumes verts, bouillis, sautés ou en assaisonnement, la graine peut se manger grillée comme une arachide. La graine peut aussi donner de « l’huile de Ben » comestible et employée en cosmétique et en horlogerie. 100 gr de MORINGA en feuilles fraîches = autant de calcium qu’un grand verre de lait, autant de fer qu’un steak de bœuf de 200 gr, autant de protéines qu’un œuf ; autant de vitamine C qu’une orange, autant de vitamine A qu’une carotte.
Mise en culture
La semence a un pouvoir germinatif limité à un an. Semis de deux graines en poquet à 2 cm de profondeur (pas plus). Lorsque les plans ont 30 cm, on arrache le plan le plus grêle (la graine germe après 5 à 12 jours en terre), le sol doit être drainé. L’arbuste peut se transplanter de pépinière en pleine terre, en lignes avec un écartement de 0,5 à 1 m entre les plants, les lignes étant orientées d’est en ouest pour l’ensoleillement maximal et l’interligne étant de 2 à 4 m. L’arbre sauvage peut atteindre de 3 à 4 mètres de hauteur la première année et jusqu’à 10 ou 12 mètres les années suivante; il faut donc pincer le bourgeon terminal dès une hauteur de 0,5 à 1 m pour éviter que la plante file trop haut. Le pinçage va provoquer la croissance des branches latérales qui seront également pincées à leurs bourgeons terminaux à 0,5 m (pinçage avec les ongles) pour le traiter en buisson touffu. L’arbre peut aussi se reproduire en bouture ligneuses (bois dur) d’un mètre de long (4 à 5 cm de diamètre), 1/3 de la longueur doit être enfouie sous terre (plantules plus sensibles que celles issues des semis), écartement entre 2 et 4 mètres, lignes en quinconce plantées d’est en ouest pour un maximum d’ensoleillement
Entretien : sarclage de la parcelle, Mulching (paillage) dès la plantation, puis arrosage dès que le sol sèche autour du plant. Enrichir le sol avec du compost ou du fumier (pas d’engrais chimiques). Taille d’entretien à 20 cm du niveau du sol juste avant les pluies (couper au-dessus du nœud).
Récolte :les branches seront coupées à un mètre au-dessus du sol tôt le matin ou tard le soir (les feuilles ne doivent pas être mouillées par la rosée), transporter les branches sous un abri pour le séchage (pas au soleil), effeuiller les branches et étaler les feuilles (toujours avec le pétiole) pour éviter qu’elles ne chauffent. Les folioles sont ensuite lavés dans des bacs d’eau potable avec une solution saline de 1% pendant 3 à 5 minutes pour débarrasser les germes éventuels puis de nouveau lavés à l’eau claire avant le séchage final .Il faut enfin égoutter les folioles dans des seaux perforés puis étaler sur des filets alimentaires pendant15 minutes avant d’apporter au séchage. Les feuilles séchées seront pilées au mortier, la poudre sera à nouveau séchée à 50°C pendant 30 minutes puis mise en bocaux avec couvercle à visser (la poudre prend vite l’humidité).
Synthèse pour le GAP de Marie-Claire, Patrick, Simbè et Jean-Marie
GAP.Belgique@skynet.be;
[1] Source : Dr Armelle de Saint Sauveur et Dr Mélanie Broin, Moringanews, CTA, Gemenos, mai 2010.
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique: Jean-Marie LANGE jm.lange@skynet.be
DEXIA : 068-2426901-85; IBAN BE89 0682 4269 0185 BIC GKCCBEBB
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une association (asbl) spécialisée en management associatif, en recherche-action participative et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde en partenariat avec les villageois. Avant-hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali (2002) et hier, c'était l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi (de 2007 à 2010). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
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GAP 2010/10 Une école pour Nando en 2011
Comme tous les enseignants, formateurs et intervenants psychosociaux nous respectons la pédagogie spécifique de nos collègues d’Afrique. Nos actions humanitaires ont pour but le soutien logistique des écoles s’incluant dans la mixité.
Qu’est-ce que le GAP ?
Un groupe d’enseignants, pour la plupart à la retraite, qui a apporté un jour d’été 1988 quelques cahiers et bics à l’école DOGON (Mali) de Nombori et a créé ses statuts d’asbl en 2005 . Nous organisons des formations pointues de cadres et les émoluments reçus servent, à l’euro près, à des projets ciblés de développement en Afrique, notamment au Burundi et au Mali. Nous voulons rester ouverts à tous et nous nous revendiquons donc seulement des droits de l’homme. Nous sommes bien sûr prêts à recevoir des subsides d’Etat de la coopération belge ou des aides d’entreprises sans pour autant devenir des placards de sponsoring publicitaire (mais c’est fou comme le courrier s’égare en Belgique, malgré nos évaluations rigoureuses). Pourquoi la coopération belge ne nous a-t-elle jamais soutenus en 5 ans et pourquoi aucun de nos articles d’explication n’a-t-il été publié dans les revues de l’AGCD ?(Avec un soutien financier complémentaire, nous aurions pu cet été acheter un moulin à grains pour la colline de KAYOBA, dans la province sud de MAKAMBA, au Burundi).
Quel est le projet ciblé en 2011 ?
Au MALI, dans le delta du Niger, près de MOPTI, existe un groupe dit « DOGON du plateau » assez pauvre car peu touristique. Nous avons visité les villages en 2009 et sélectionné NANDO avec ses 380 élèves (garçons et filles) pour deux enseignants et les plus petits portant les stigmates de la malnutrition. Nous ne donnons jamais d’argent mais du matériel et/ou de la nourriture sous le principe « food for work » pour rester soucieux de la dignité des jeunes personnes. Concrètement, nous allons en JANV-FEV 2011 installer une cantine scolaire pour que les 380 élèves aient un repas chaud à midi à l’école.
A ces repas, nous ajouterons des protéines animales (poulets) et des compléments alimentaires (minéraux, oligo-éléments et vitamines) pour que ces jeunes en pleine croissance profitent d’un apport dans leur développement physique et intellectuel.
Selon des recherches agronomiques récentes, le MORINGA est un arbre endémique d’une grand richesse alimentaire (feuilles, bois, racines) et nous demanderons en échange de l’action repas que chaque enfant repique deux arbres en les arrosant régulièrement et en les protégeant des chèvres. Ceux qui auront un de leurs deux arbres ayant survécu après deux ans auront une récompense encore à déterminer. (En reforestation, on s’est aperçu que 80% des plants replantés mourraient par faute d’arrosage constant). On demandera à chaque enfant de mettre sa marque au marker indélébile sur ses troncs. Le chef des travaux locaux du GAP s’active à l’élevage de 1000 plants en pépinière.
Pour être informé de nos travaux et des évaluations, versez 15 € ou plus sur le compte IBAN du GAP de la banque DEXIA : BE06 8242 6901 85. Par avance, nous vous remercions de votre soutien.
Sous-projet : si vous voulez soutenir la scolarité d’une petite fille du Mali âgée de 7 ans , pour par exemple faire un jour des études supérieures en Europe, versez votre obole sur son compte bloqué : SANOGO MARIAM, DEXIA N° 083-5299301-97. Merci pour elle.
Le moringa oleifera
Le Moringa oleifera[1] est un arbuste à croissance rapide dont les feuilles peuvent être mangées fraîches ou séchées (en poudre). Selon le Centre Mondial de Recherche sur les Légumes (AVRDC), c’est la plante la plus nutritive sur 120 testées.. Par une haute valeur nutritive, un concentré de protéines, de vitamines et de minéraux en plus d’excellente qualité gustative, c’est le futur « super aliment vert » des pays tropicaux.
Le MORIGNA OLEIFERA (Ghana, Niger, Nigéria) est un arbre originaire de l’Inde et courant en Afrique pour ombrager les cases et dont les propriétés ont été découvertes récemment. Les feuilles et les fruits peuvent servir de légumes aux propriétés nutritives et médicales ; la poudre de feuille (conservée à l’ombre) peut servir de condiments. En Inde, le fruit vert se cuisine comme un légume, les feuilles se consomment comme légumes verts, bouillis, sautés ou en assaisonnement, la graine peut se manger grillée comme une arachide. La graine peut aussi donner de « l’huile de Ben » comestible et employée en cosmétique et en horlogerie. 100 gr de MORINGA en feuilles fraîches = autant de calcium qu’un grand verre de lait, autant de fer qu’un steak de bœuf de 200 gr, autant de protéines qu’un œuf ; autant de vitamine C qu’une orange, autant de vitamine A qu’une carotte.
Mise en culture
La semence a un pouvoir germinatif limité à un an. Semis de deux graines en poquet à 2 cm de profondeur (pas plus). Lorsque les plans ont 30 cm, on arrache le plan le plus grêle (la graine germe après 5 à 12 jours en terre), le sol doit être drainé. L’arbuste peut se transplanter de pépinière en pleine terre, en lignes avec un écartement de 0,5 à 1 m entre les plants, les lignes étant orientées d’est en ouest pour l’ensoleillement maximal et l’interligne étant de 2 à 4 m. L’arbre sauvage peut atteindre de 3 à 4 mètres de hauteur la première année et jusqu’à 10 ou 12 mètres les années suivante; il faut donc pincer le bourgeon terminal dès une hauteur de 0,5 à 1 m pour éviter que la plante file trop haut. Le pinçage va provoquer la croissance des branches latérales qui seront également pincées à leurs bourgeons terminaux à 0,5 m (pinçage avec les ongles) pour le traiter en buisson touffu. L’arbre peut aussi se reproduire en bouture ligneuses (bois dur) d’un mètre de long (4 à 5 cm de diamètre), 1/3 de la longueur doit être enfouie sous terre (plantules plus sensibles que celles issues des semis), écartement entre 2 et 4 mètres, lignes en quinconce plantées d’est en ouest pour un maximum d’ensoleillement
Entretien : sarclage de la parcelle, Mulching (paillage) dès la plantation, puis arrosage dès que le sol sèche autour du plant. Enrichir le sol avec du compost ou du fumier (pas d’engrais chimiques). Taille d’entretien à 20 cm du niveau du sol juste avant les pluies (couper au-dessus du nœud).
Récolte :les branches seront coupées à un mètre au-dessus du sol tôt le matin ou tard le soir (les feuilles ne doivent pas être mouillées par la rosée), transporter les branches sous un abri pour le séchage (pas au soleil), effeuiller les branches et étaler les feuilles (toujours avec le pétiole) pour éviter qu’elles ne chauffent. Les folioles sont ensuite lavés dans des bacs d’eau potable avec une solution saline de 1% pendant 3 à 5 minutes pour débarrasser les germes éventuels puis de nouveau lavés à l’eau claire avant le séchage final .Il faut enfin égoutter les folioles dans des seaux perforés puis étaler sur des filets alimentaires pendant15 minutes avant d’apporter au séchage. Les feuilles séchées seront pilées au mortier, la poudre sera à nouveau séchée à 50°C pendant 30 minutes puis mise en bocaux avec couvercle à visser (la poudre prend vite l’humidité).
Synthèse pour le GAP de Marie-Claire, Patrick, Simbè et Jean-Marie
GAP.Belgique@skynet.be;
[1] Source : Dr Armelle de Saint Sauveur et Dr Mélanie Broin, Moringanews, CTA, Gemenos, mai 2010.
GAVé
GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Site : http://soutien.et.autonomie.free.fr
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique: Jean-Marie LANGE gap.belgique@skynet.be
DEXIA : 068-2426901-85; IBAN BE89 0682 4269 0185 BIC GKCCBEBB
Site : http://soutien.et.autonomie.free.fr;
Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se référe à aucune confession et à aucun parti politique.
Son objectif est double :
- proposer en Europe (Allemagne, Belgique, France,…) des formations de cadres en groupe dans une optique d'autoformation, d'autonomie ou des accompagnements individuels de style coaching, gestalt, thérapie familiale, histoires de vie,…
- avec les bénéfices engendrés, financer dans le Tiers-monde
des projets éducatifs dits "intégrés" allant
de l'alphabétisation à l'autonomisation économique d'un village en collaboration
avec des équipes in situ qui nous
permettent de contrôler la faisabilité et l'évaluation de ces projets.
VOYAGE D'ETUDE AU MALI pour de nouveaux projets
Intervenants bénévoles : Marie-Claire et Jean-Marie LANGE – janvier 2009
Préambule
AWA, 10 ans apprend très bien à l'école. Lorsqu'elle rentre à la maison, alors que ses frères branchent la TV, elle essaye de faire ses devoirs. Mais sa mère et sa grand-mère, les femmes de la maison, l'appellent pour les aider dans les tâches domestiques. AWA est plus intelligente que ses frères mais ne fera pas - par "manque" de temps - des études. Est-ce cela que l'on appelle émancipation féminine dans le tiers-monde ? (Bandiagara - Mali - janvier 2009)
Par rapport à nos expériences GAP asbl de 2007 et 2008, nous avons constaté que même si de nombreux objectifs ont été atteints au Burundi, le premier d'entre eux "l'éducation des petites filles" n'a pas pu être rencontré car cet enjeu est massivement investi par les Eglises Evangéliques et relativement peu par l'Etat que nous aurions aimé soutenir.
Un second axe a germé dans nos têtes suite à notre tour sans contrainte du Mali, c'est l'émergence des voyages touristiques équitableschez l'habitant, un bel échange culturel certes mais nous nous demandons si, dans toutes les pratiques actuelles les sommes réclamées à des touristes souvent peu fortunés vont bien en majorité dans les poches des autochtones et si eux-mêmes, les dits touristes écologiques ne seraient pas un peu exploités ? Après analyse, nous lancons le projet martyr GAVé "Groupe autonome pour des voyages équitables" filiale du GAP et qui pourrait enrichir le GAP formation comme le GAP interventions humanitaires, à l'instar de notre bimensuel en ligne le CAPI (Cahiers d'Autoformation et de Pédagogie Institutionnelle)
Le pré-projet GAVé
Analyse
Voyageurs au Tiers-monde par passion depuis 40 ans, nous avons découvert une organisation à Mulhouse (France) qui peut organiser des circuits chez l'habitant pour 1450 euros/personne (dont 650 euros prévus pour l'avion) pour 15 jours de découverte. Mais quelle est la part de ce prix qui va vraiment aux popuplations pauvres de l'accueil ? et n'est-ce pas d'une certaine façon "racketer" des touristes peu argentés qui ne savent pas ce que c'est que de vivre dans une favela sans eau, ni électricité, ni égoûts ?
Tout commence par le manque d'égoûts : dans les fosses septiques, comme dans les marigots d'eau stagnante riches en déchets organiques en décomposition, les larves de moustiques pullulent avec des variétés de plus en plus resistantes aux anti-paludéens ainsi que les asticots de belles et grosses mouches bleues qui se nourrissent du contenu des fosses septiques et après leur éclosion viennent poursuivre leur alimentation gourmande sur les étals des boucheries, car pas d'électricité = pas de frigo. Les mouches gavées se bougent pareseussement de cette viande exposée à un soleil magnifique depuis le matin lorsque le boucher secoue les carcasses pour en faire des morceaux pour brochettes. Celles-ci ne sont pas toujours bien cuites et les toubabous (blancs) trompés par la bonne odeur de viande grillée souffriront de dysentries, leur flore intestinale n'étant pas adaptée c'est-à-dire blindée.
Le touriste abonné à la fosse d'aisance (qui doit servir à tout le monde) dormira dans des lits aux matelas le plus souvent douteux et régulièrement en compagnie de souris et de rats vexés de cette intrusion chez eux. Il n'y a pas de méchanceté mais tout simplement les normes d'hygiène occidentale restent mystérieuses voire incompréhensibles pour la plupat des autochtones de bonne volonté.
Pourquoi ne pas penser un système plus équitable où le touriste demandeur de contacts culturels ne serait pas abusé par un voyagiste ? Lorsque l'on voyage seul en finançant un véhicule avec chauffeur expérimenté, le salaire journalier de celui-ci est de 5000 FCFA/Jour soit 7,6 euros, soit 190 euros pour un mois de jours ouvrables ! Nous, nous payons par éthique toujours le double mais sans ostentation dans le respect de la dignité de la personne (achat de meubles, repas partagés, chambre pour chauffeur, primes, congés payés, etc….). Et nous nous proposons de faire la même demarche pour les touristes de bonne volonté, c'est-à-dire ne pas les loger – comme Nouvelles Frontières [1] l'a fait avec nous – dans des bordels crados mais dans des campements ou des motels propres et équipés d'un confort minimal : une toilette pour y mettre les fesses et de l'eau chaude pour se doucher réellement.
L'essentiel est dans un voyage de partager le contact humain, les cultures et les ressources et non d'inverser l'exploitation de l'homme par l'homme pour exploiter aussi les toubabous. Par exemple si le voyageur paye 650 euros un billet A-R AIRTUNISIE, il importe que, dans les 800 euros de budget restant, des frais raisonnables soit prélevés pour l'intérêt de tous mais qu'il en ait malgré tout pour son argent. Par exemple, le trajet Bamako-Sévaré en bus est peu coûteux alors que dans un minibus privé, pour quinze jours il faut prévoir 300.000 FCFA de carburant, 200.000 de location du véhicule pendant cette durée et 140.000 pour le chauffeur. Il en va de même pour des repas sans steack de mouches et avec des installations hôtelières minimales.
Découverte citoyenne du Mali authentique avec le GAVé – Groupe Autonome pour des voyages équitables.
Rappel : Le Groupe d'Autoformation Psychosociale – GAP est une asbl loi de 1921 dont les statuts ont été déposés en 2005, le GAP repose sur la finalité d'être une association pour le développement de l'autonomie et de la participation sociale en développant deux objectifs généraux:
1) Des formations de cadres compétitives et participatives.
2) Le développemenet d'associations autogérées et équitables au Tiers-monde.
Le "GAVé" est un objectif opérationnel du second objectif général.
Nous demandons 800 euros par personne pour le circuit, cette somme comprend les déplacements, les repas et les logements (pas les boissons) ainsi que la totalité des frais de l'accompagnateur/trice. La transparence des comptes sera totale : une somme forfaitaire de 50 euros pour les projets humanitaires du GAP sera prelevée comme unique frais de dossier (au Burundi, les jardins de Kayoba, l'atelier couture de Makamba et les fours solaires des écoles et de la maternité et au Mali, la conception de l'école laïque des filles) soit la cotisation de membre de soutien à notre asbl. Le trop perçu du budget sera retrocédé aux voyageurs équitables. Il est toutefois laissé au libre arbitre de chacun de soutenir les écoles des villages les plus démunis non en donnant aux enfants (apprentissage de la mendicité) mais au maître d'école. Lors de l'étude de la faisabilité du projet, nous avons laissé par couple 10 euros/école à chacune des 3 écoles vues au pays Dogon, ce qui n'est pas énorme…pour nous.
Budget prévisionnel : 10 jours (9 nuits)
- Bamako : Hotel Aquarius 25.000 FCFA (chambre double avec climatisation) : une nuit
- Barrage de Sélingué, gîte Yaala 9000 FCFA (case confort) : 2ème nuit
- Sikasso : Le WASSOULOU, Motel 16.000 (clim) : 3ème
- Mopti : Le Campement , 20.000 (ventilé): 4, 5 ème, 6ème et 8ème.
- Bandiagara : Le KAMBARY (cheval blanc) hôtel, 20.000 (ventilé) : 7ème
- Ségou – Hotel DJOLIBA, 20.000 (ventilé) : 9ème,
Soit 170.000 (chambre double donc divisé par deux )= 85.000 FCFA divisé par 655 = 128 euros/p
- Transport interne:
- location véhicule dix jours : 200.000
- carburant : 300.000
- salaire chauffeur : 60.000, soit 560.000 "transport interne"divisé en 4 personne au minimum = 140.000 : 655 = 213 euros/p
- Nourriture (lunch tartines + un repas restaurant plat du jour midi ou soir ) évaluation moyenne 200.000 pour 10 jours, soit : 300 euros/p
Prise en charge de l'accompagnatrice : logement une part, nourriture une part = 128+300 = 428 : 4 = 107 euros.
Cotisation GAP – frais de dossier 50 euros/p
Au total Logement : 128
Transports : 213
Nourritures : 300
Frais guide: : 107
Dossier : : 50
===
798 euros.(Tout compris sauf vol A-R Bruxelles-Bamako et les boissons)/
1er jour
Aéroport de BAMAKO, vous êtes pris en charge par un membre du GAP. Selon l'heure d'arrivée effective du vol, le groupe de 4 à 7 personnes (+ le chauffeur+ l'accompagnatrice = 9 max) sera soit déposé à l'hôtel AQUARIUS tout nouveau, très proprr et situé un peu avant le pont accédant à la vieille ville de Bamako (genre en-dehors du périphérique parisien) pour une nuit récupératrice soit un débarbouillage avant la visite de la capitale, du marché central, des quartiers commerçants autour de la mosquée, du nouveau musée, etc. En cas d'arrivée tardive, la visite de la ville se fera le lendemain matin.
Votre accompagnateur/trice parlant français reprécisera l'objectif humanitaire du GAP et notre volonté d'un tourisme équitable pour tous, entre les gavés et les affamés, c'est-à-dire avec un contact authentique envers les populations rencontrées et un tact exquis (pas de photo si les gens ne le désirent pas, etc.) mais sans pour autant galérer chez un autochtone sympa dont les normes sanitaires pourraient être très différentes de celles des toubabous (blancs).
2ème jour (2ème nuit)
Départ pour le sud et la frontière guinéenne et les endroits de villégiatures des autochtones nantis avec la visite du barrage hydroélectrique de Selingué, de la fraîcheur arborée de la région et de l'exploitation de poulets en autarcie (fientes et bouses des boeufs fertilisant les cultures fourragères, etc.), de Monsieur Bounafou Sanogo, agriculteur (et ingénieur hydraulicien), visite du marché local. Nuit au gîte de passage YAALA (très propre, sanitaires corrects, douches, …) .
3ème jour (3ème nuit)
Reprise de la route sud-est en "goudron" (asphalte) vers le centre du pays SENOUFO et son chef-lieu SIKASSO, ville anciennement fortifiée où on distingue encore la muraille TATA entourant la ville forteresse qui permettait à des cavaliers de protéger la ville avec en son centre le mamellon petit terte de terre de 30 mètres de haut édifié par le roi TIEBA. Ce sera sur le flanc du mamelon (avec les tables inclinées) que nous déjeunerons dans une gargotte dénommée "Les Amis" (près de la banquet BCEAO). Nous recommandons le poisson capitaine avec comme accompagnement des bananes plaintains frites (l'aloko).
Gargoutte "Les Amis" au flanc du mamellon, tables penchées.
Après déjeuner, visite de la ville et de ses alentours : le centre culturel et le musée SENOUFO tenus par un père blanc espagnol passionné d'anthropologie comparée, puis les grottes de MISSIROKORO (12 km de la ville) avec d'un côté un autel animiste et de l'autre un ermite marabout. Nuit au motel WASSOULOU.
MISSIROKORO
Le WASSOULOU
4ème jour (4ème nuit)
Longue journée de déplacement vers le N-E avec un arrêt technique pour déjeuner à KOUTIALA (pays des Mynyanka) vers 13 h dans une gargotte fonctionnelle (aucun charme) de la gare routière.
Puis reprise de la route (7 heures au total) pour arriver à la Venise du Sahel : MOPTI. Installation au campement rénové (ventilé).
5ème jour (5ème nuit)
Visite de la ville de MOPTI, mosquée de LOMOGUEL (1933 en banco), promenade en pinasse, les quartiers chics le long d'une allée bordée d'arbres le long du fleuve (jusqu'à l'hôtel le plus luxueux "Le Kanaga" où l'on peut prendre un verre éventuel, visite du quartier pauvre des pécheurs BOZO (huttes en végétaux) avec un pont piétonnier à péage (15 centimes d'euros par personne soit 100 francs CFA). Déplacement dans la ville voisine plus calme et moins touristique de Sévaré où l'on peut diner à la gargotte "c'est délicieux" sur la route 201 un peu avant l'embranchement à gauche pour l'aéroport local. Nuit au Campement.
Mosquée
6ème jour (6ème nuit)
L'accompagnatrice aura prévu des panniers repas avec du pain frais et des petits suisses pour le midi, nous partons pour la grande mosquée de DJENNE de l'autre côté du bras du fleuve Niger, le Bani. Une vingtaine de kilomètre puis un bac pour traverser et la magie du site ensuite. Retour au campement de Mopti en fin d'après-midi.
7ème jour (7ème nuit)
Départ pour le pays DOGON par le nord, la route de DOUENTZA (prendre un guide dans la ville) pour visiter à 4km après la ville (en direction d'HOMBORI) le village de FOMBORY (petit musée ringard) et surtout ses nécropoles dans les rochers en surplomb. Attention aux guides illustrés de chez nous, selon le Petit Futé Mali 2010, le village de Borko (50 km avant DOUENTZA en venant de Sévaré) est réputé pour ses caimans sacrés.
Ce lieu est déjà à éviter car investi par des jeunes requins qui depuis février 2009 veulent racketer les touristes. Admirez sur le trajet, le désert de Pierre noire. Demi-tour vers le sud et la ville de Bandiagara : visite d'un village DOGON jouant la carte touristique mais bien cadre et accessible, SONGO et son célèbre auvent aux peintures rupestres. Nuit et diner à l'hôtel Le Kamabary (cheval blanc) construit par un célèbre architecte italien en alcoves de briques évoquant les huttes BOZO mais avec le confort nécessaire.
Songo
"Le cheval blanc" Bandiagara
8ème jour (8ème nuit)
Les villages de la falaise de Bandiagara (Sanga, Banani, Ireli,..;) sont un peu saturés par le tourisme et la mendicité systématique des enfants est un peu lourde (ils connaissent deux mots français "bics bonbons !"). Après notre initiation de la veilleau style village DOGON et aux magnifiques points de vue, nous partons vers des villages DOGON méconnus, ceux du plateau (piste de terre et de sable), des villages très beaux et préservés comme ceux de NIONGONO, village fortifié sur un pic rocheux où des cultivateurs récoltent des calices d'HIBISCUS servant à la préparation de la boisson rafraîchissante BISSAP et de NANDO. Il faut aussi goûter une petite céréale, plus petite que le mil, le FONIO, spécifique du pays DOGON et délicieuse. Visions inoubliables.
NIONGONO
NANDO
Retour vers la route de DOUROU, là où le véhicule doit s'arrêter (au-dessus de la falaise) pour une promenade de 9 km à pieds pour visiter le site impressionnant de NOMBORI et le village d'IDJELI.
"La piste partant de Bandiagara vers KORO passe la ligne de la falaise à Yawa en laissant Dourou un peu sur la droite (en effet, à 1,5 km) et cette piste se prolonge sans discontinuité à NOMBORI. Lorsque, dans un de nos précédents voyages, nous avons marché de Sangha-Banani jusque Nombori (3 jours), nous avions le souvenir que les véhicules nous attendaient à Yawa (au sommet de la falaise) et de même sur la carte Michelin et une autre de Ouagadougou comprenant cette région, NOMBORI n'était pas praticable même en 4x4. Forts du document le plus recent du guide "Le Petit Futé", nous avons pris le risque de descendre avec notre 4x4 et un chauffeur expérimenté la passe rocheuse, puis nous avons en quelque sorte émergé au sommet d'une énorme dune de sable où notre véhicule par la gravitation a glissé plus que d'avancer vers le fond de Nombori, une nasse, un piège à poisson irremontable, cette opinion étant partagée par mon épouse et notre ami malien chauffeur (nous avons tous les 3 la soixantaine). Nous avons donc demandé conseil aux gens du cru qui nous ont conseillé la piste d'âne de la plaine du Seno qui longe les villages Dogon, soit en remontant jusque Banani puis Sangha, soit en contournant longuement la dune, ce qui fut fait pour revenir sur la passe rocheuse et remonter la falaise.
Et c'est là à YDELI-NA, le village voisin que le piège à touristes récent vient d'être installé à partir de ce caprice de la nature de cette grande dune. Nous passions entre des rochers effleurant notre carrosserie et des champs d'oignons et à un moment, 2 champs d'oignon clôturés trop près l'un de l'autre ne permettaient plus l'usage de la piste par un véhicule moteur. Nous avons dû réussir un tour arrière dans la caillasse (de grands rochers coupants) pour contourner les champs illicites (les bâtiments de la mairie sont à 200 m) et retrouver la piste dans le sable, mais nous avons alors été ensablés dans une petite dune. A la rapidité avec laquelle les villageois nous ayant bloqué avec leurs champs à contourner venaient proposer de nous pousser, nous avons supputé tous les trois l'arnaque. Elle était similaire à celle que nous connaissions du Congo-Zaïre dans les années 1970 où des villageois abattaient un arbre pour couper la piste et se faisaient payer pour déblayer l'obstacle.
Notre chauffeur, après des marches arrières, a réussi à se désensabler et à reprendre la piste de contournement de la grande dune, vierge de toute trace de pneus. Nous avons eu de la chance !"
NOMBORI
Retour en soirée vers le campement de MOPTI.
9ème jour (9ème nuit)
Retour vers la capitale Bamako (à environ 600 km de route en direct) avec arrêt à Ségou, très jolie ville aux 2/3 de la route et visite d'une coopérative autogérée de femmes et fabriquant des tapis laine/coton avec double noeuds (comme en Iran) d'une haute qualité et d'un prix démocratique dans le quartier peu connu de Médine. Nuit en chambre ventilée au DJOLIBA (surnom du fleuve Niger), hôtel tenu par un allemand.
SEGOU
10 ème jour
Arrivée détendue à Bamako, déjeuner dans le quartier de l'hippodrome à la gargotte "le Pili-pili", après-midi libre puis dépose à l'aéroport pour l'enregistrement des bagages.
[1] En 1988 Viviane, Marie-Claire, Claude et Jean-Marie, nous avons vécu cette galère dans un voyage qui promettait en outre dans son intitulé "papier glacé" d'atteindre TOMBOUCTOU dans les mois d'été, ce qui est rigoureusement impossible sauf par avion (publicité mensongère).
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Site : http://soutien.et.autonomie.free.fr
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique: Jean-Marie LANGE gap.belgique@skynet.be
DEXIA : 068-2426901-85; IBAN BE89 0682 4269 0185 BIC GKCCBEBB
Site : http://soutien.et.autonomie.free.fr;
Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se référe à aucune confession et à aucun parti politique.
Son objectif est double :
- proposer en Europe (Allemagne, Belgique, France,…) des formations de cadres en groupe dans une optique d'autoformation, d'autonomie ou des accompagnements individuels de style coaching, gestalt, thérapie familiale, histoires de vie,…
- avec les bénéfices engendrés, financer dans le Tiers-monde
des projets éducatifs dits "intégrés" allant
de l'alphabétisation à l'autonomisation économique d'un village en collaboration
avec des équipes in situ qui nous
permettent de contrôler la faisabilité et l'évaluation de ces projets.
VOYAGE D'ETUDE AU MALI pour de nouveaux projets
Intervenants bénévoles : Marie-Claire et Jean-Marie LANGE – janvier 2009
Préambule
AWA, 10 ans apprend très bien à l'école. Lorsqu'elle rentre à la maison, alors que ses frères branchent la TV, elle essaye de faire ses devoirs. Mais sa mère et sa grand-mère, les femmes de la maison, l'appellent pour les aider dans les tâches domestiques. AWA est plus intelligente que ses frères mais ne fera pas - par "manque" de temps - des études. Est-ce cela que l'on appelle émancipation féminine dans le tiers-monde ? (Bandiagara - Mali - janvier 2009)
Par rapport à nos expériences GAP asbl de 2007 et 2008, nous avons constaté que même si de nombreux objectifs ont été atteints au Burundi, le premier d'entre eux "l'éducation des petites filles" n'a pas pu être rencontré car cet enjeu est massivement investi par les Eglises Evangéliques et relativement peu par l'Etat que nous aurions aimé soutenir.
Un second axe a germé dans nos têtes suite à notre tour sans contrainte du Mali, c'est l'émergence des voyages touristiques équitableschez l'habitant, un bel échange culturel certes mais nous nous demandons si, dans toutes les pratiques actuelles les sommes réclamées à des touristes souvent peu fortunés vont bien en majorité dans les poches des autochtones et si eux-mêmes, les dits touristes écologiques ne seraient pas un peu exploités ? Après analyse, nous lancons le projet martyr GAVé "Groupe autonome pour des voyages équitables" filiale du GAP et qui pourrait enrichir le GAP formation comme le GAP interventions humanitaires, à l'instar de notre bimensuel en ligne le CAPI (Cahiers d'Autoformation et de Pédagogie Institutionnelle)
Le pré-projet GAVé
Analyse
Voyageurs au Tiers-monde par passion depuis 40 ans, nous avons découvert une organisation à Mulhouse (France) qui peut organiser des circuits chez l'habitant pour 1450 euros/personne (dont 650 euros prévus pour l'avion) pour 15 jours de découverte. Mais quelle est la part de ce prix qui va vraiment aux popuplations pauvres de l'accueil ? et n'est-ce pas d'une certaine façon "racketer" des touristes peu argentés qui ne savent pas ce que c'est que de vivre dans une favela sans eau, ni électricité, ni égoûts ?
Tout commence par le manque d'égoûts : dans les fosses septiques, comme dans les marigots d'eau stagnante riches en déchets organiques en décomposition, les larves de moustiques pullulent avec des variétés de plus en plus resistantes aux anti-paludéens ainsi que les asticots de belles et grosses mouches bleues qui se nourrissent du contenu des fosses septiques et après leur éclosion viennent poursuivre leur alimentation gourmande sur les étals des boucheries, car pas d'électricité = pas de frigo. Les mouches gavées se bougent pareseussement de cette viande exposée à un soleil magnifique depuis le matin lorsque le boucher secoue les carcasses pour en faire des morceaux pour brochettes. Celles-ci ne sont pas toujours bien cuites et les toubabous (blancs) trompés par la bonne odeur de viande grillée souffriront de dysentries, leur flore intestinale n'étant pas adaptée c'est-à-dire blindée.
Le touriste abonné à la fosse d'aisance (qui doit servir à tout le monde) dormira dans des lits aux matelas le plus souvent douteux et régulièrement en compagnie de souris et de rats vexés de cette intrusion chez eux. Il n'y a pas de méchanceté mais tout simplement les normes d'hygiène occidentale restent mystérieuses voire incompréhensibles pour la plupat des autochtones de bonne volonté.
Pourquoi ne pas penser un système plus équitable où le touriste demandeur de contacts culturels ne serait pas abusé par un voyagiste ? Lorsque l'on voyage seul en finançant un véhicule avec chauffeur expérimenté, le salaire journalier de celui-ci est de 5000 FCFA/Jour soit 7,6 euros, soit 190 euros pour un mois de jours ouvrables ! Nous, nous payons par éthique toujours le double mais sans ostentation dans le respect de la dignité de la personne (achat de meubles, repas partagés, chambre pour chauffeur, primes, congés payés, etc….). Et nous nous proposons de faire la même demarche pour les touristes de bonne volonté, c'est-à-dire ne pas les loger – comme Nouvelles Frontières [1] l'a fait avec nous – dans des bordels crados mais dans des campements ou des motels propres et équipés d'un confort minimal : une toilette pour y mettre les fesses et de l'eau chaude pour se doucher réellement.
L'essentiel est dans un voyage de partager le contact humain, les cultures et les ressources et non d'inverser l'exploitation de l'homme par l'homme pour exploiter aussi les toubabous. Par exemple si le voyageur paye 650 euros un billet A-R AIRTUNISIE, il importe que, dans les 800 euros de budget restant, des frais raisonnables soit prélevés pour l'intérêt de tous mais qu'il en ait malgré tout pour son argent. Par exemple, le trajet Bamako-Sévaré en bus est peu coûteux alors que dans un minibus privé, pour quinze jours il faut prévoir 300.000 FCFA de carburant, 200.000 de location du véhicule pendant cette durée et 140.000 pour le chauffeur. Il en va de même pour des repas sans steack de mouches et avec des installations hôtelières minimales.
Découverte citoyenne du Mali authentique avec le GAVé – Groupe Autonome pour des voyages équitables.
Rappel : Le Groupe d'Autoformation Psychosociale – GAP est une asbl loi de 1921 dont les statuts ont été déposés en 2005, le GAP repose sur la finalité d'être une association pour le développement de l'autonomie et de la participation sociale en développant deux objectifs généraux:
1) Des formations de cadres compétitives et participatives.
2) Le développemenet d'associations autogérées et équitables au Tiers-monde.
Le "GAVé" est un objectif opérationnel du second objectif général.
Nous demandons 800 euros par personne pour le circuit, cette somme comprend les déplacements, les repas et les logements (pas les boissons) ainsi que la totalité des frais de l'accompagnateur/trice. La transparence des comptes sera totale : une somme forfaitaire de 50 euros pour les projets humanitaires du GAP sera prelevée comme unique frais de dossier (au Burundi, les jardins de Kayoba, l'atelier couture de Makamba et les fours solaires des écoles et de la maternité et au Mali, la conception de l'école laïque des filles) soit la cotisation de membre de soutien à notre asbl. Le trop perçu du budget sera retrocédé aux voyageurs équitables. Il est toutefois laissé au libre arbitre de chacun de soutenir les écoles des villages les plus démunis non en donnant aux enfants (apprentissage de la mendicité) mais au maître d'école. Lors de l'étude de la faisabilité du projet, nous avons laissé par couple 10 euros/école à chacune des 3 écoles vues au pays Dogon, ce qui n'est pas énorme…pour nous.
Budget prévisionnel : 10 jours (9 nuits)
- Bamako : Hotel Aquarius 25.000 FCFA (chambre double avec climatisation) : une nuit
- Barrage de Sélingué, gîte Yaala 9000 FCFA (case confort) : 2ème nuit
- Sikasso : Le WASSOULOU, Motel 16.000 (clim) : 3ème
- Mopti : Le Campement , 20.000 (ventilé): 4, 5 ème, 6ème et 8ème.
- Bandiagara : Le KAMBARY (cheval blanc) hôtel, 20.000 (ventilé) : 7ème
- Ségou – Hotel DJOLIBA, 20.000 (ventilé) : 9ème,
Soit 170.000 (chambre double donc divisé par deux )= 85.000 FCFA divisé par 655 = 128 euros/p
- Transport interne:
- location véhicule dix jours : 200.000
- carburant : 300.000
- salaire chauffeur : 60.000, soit 560.000 "transport interne"divisé en 4 personne au minimum = 140.000 : 655 = 213 euros/p
- Nourriture (lunch tartines + un repas restaurant plat du jour midi ou soir ) évaluation moyenne 200.000 pour 10 jours, soit : 300 euros/p
Prise en charge de l'accompagnatrice : logement une part, nourriture une part = 128+300 = 428 : 4 = 107 euros.
Cotisation GAP – frais de dossier 50 euros/p
Au total Logement : 128
Transports : 213
Nourritures : 300
Frais guide: : 107
Dossier : : 50
===
798 euros.(Tout compris sauf vol A-R Bruxelles-Bamako et les boissons)/
1er jour
Aéroport de BAMAKO, vous êtes pris en charge par un membre du GAP. Selon l'heure d'arrivée effective du vol, le groupe de 4 à 7 personnes (+ le chauffeur+ l'accompagnatrice = 9 max) sera soit déposé à l'hôtel AQUARIUS tout nouveau, très proprr et situé un peu avant le pont accédant à la vieille ville de Bamako (genre en-dehors du périphérique parisien) pour une nuit récupératrice soit un débarbouillage avant la visite de la capitale, du marché central, des quartiers commerçants autour de la mosquée, du nouveau musée, etc. En cas d'arrivée tardive, la visite de la ville se fera le lendemain matin.
Votre accompagnateur/trice parlant français reprécisera l'objectif humanitaire du GAP et notre volonté d'un tourisme équitable pour tous, entre les gavés et les affamés, c'est-à-dire avec un contact authentique envers les populations rencontrées et un tact exquis (pas de photo si les gens ne le désirent pas, etc.) mais sans pour autant galérer chez un autochtone sympa dont les normes sanitaires pourraient être très différentes de celles des toubabous (blancs).
2ème jour (2ème nuit)
Départ pour le sud et la frontière guinéenne et les endroits de villégiatures des autochtones nantis avec la visite du barrage hydroélectrique de Selingué, de la fraîcheur arborée de la région et de l'exploitation de poulets en autarcie (fientes et bouses des boeufs fertilisant les cultures fourragères, etc.), de Monsieur Bounafou Sanogo, agriculteur (et ingénieur hydraulicien), visite du marché local. Nuit au gîte de passage YAALA (très propre, sanitaires corrects, douches, …) .
3ème jour (3ème nuit)
Reprise de la route sud-est en "goudron" (asphalte) vers le centre du pays SENOUFO et son chef-lieu SIKASSO, ville anciennement fortifiée où on distingue encore la muraille TATA entourant la ville forteresse qui permettait à des cavaliers de protéger la ville avec en son centre le mamellon petit terte de terre de 30 mètres de haut édifié par le roi TIEBA. Ce sera sur le flanc du mamelon (avec les tables inclinées) que nous déjeunerons dans une gargotte dénommée "Les Amis" (près de la banquet BCEAO). Nous recommandons le poisson capitaine avec comme accompagnement des bananes plaintains frites (l'aloko).
Gargoutte "Les Amis" au flanc du mamellon, tables penchées.
Après déjeuner, visite de la ville et de ses alentours : le centre culturel et le musée SENOUFO tenus par un père blanc espagnol passionné d'anthropologie comparée, puis les grottes de MISSIROKORO (12 km de la ville) avec d'un côté un autel animiste et de l'autre un ermite marabout. Nuit au motel WASSOULOU.
MISSIROKORO
Le WASSOULOU
4ème jour (4ème nuit)
Longue journée de déplacement vers le N-E avec un arrêt technique pour déjeuner à KOUTIALA (pays des Mynyanka) vers 13 h dans une gargotte fonctionnelle (aucun charme) de la gare routière.
Puis reprise de la route (7 heures au total) pour arriver à la Venise du Sahel : MOPTI. Installation au campement rénové (ventilé).
5ème jour (5ème nuit)
Visite de la ville de MOPTI, mosquée de LOMOGUEL (1933 en banco), promenade en pinasse, les quartiers chics le long d'une allée bordée d'arbres le long du fleuve (jusqu'à l'hôtel le plus luxueux "Le Kanaga" où l'on peut prendre un verre éventuel, visite du quartier pauvre des pécheurs BOZO (huttes en végétaux) avec un pont piétonnier à péage (15 centimes d'euros par personne soit 100 francs CFA). Déplacement dans la ville voisine plus calme et moins touristique de Sévaré où l'on peut diner à la gargotte "c'est délicieux" sur la route 201 un peu avant l'embranchement à gauche pour l'aéroport local. Nuit au Campement.
Mosquée
6ème jour (6ème nuit)
L'accompagnatrice aura prévu des panniers repas avec du pain frais et des petits suisses pour le midi, nous partons pour la grande mosquée de DJENNE de l'autre côté du bras du fleuve Niger, le Bani. Une vingtaine de kilomètre puis un bac pour traverser et la magie du site ensuite. Retour au campement de Mopti en fin d'après-midi.
7ème jour (7ème nuit)
Départ pour le pays DOGON par le nord, la route de DOUENTZA (prendre un guide dans la ville) pour visiter à 4km après la ville (en direction d'HOMBORI) le village de FOMBORY (petit musée ringard) et surtout ses nécropoles dans les rochers en surplomb. Attention aux guides illustrés de chez nous, selon le Petit Futé Mali 2010, le village de Borko (50 km avant DOUENTZA en venant de Sévaré) est réputé pour ses caimans sacrés.
Ce lieu est déjà à éviter car investi par des jeunes requins qui depuis février 2009 veulent racketer les touristes. Admirez sur le trajet, le désert de Pierre noire. Demi-tour vers le sud et la ville de Bandiagara : visite d'un village DOGON jouant la carte touristique mais bien cadre et accessible, SONGO et son célèbre auvent aux peintures rupestres. Nuit et diner à l'hôtel Le Kamabary (cheval blanc) construit par un célèbre architecte italien en alcoves de briques évoquant les huttes BOZO mais avec le confort nécessaire.
Songo
"Le cheval blanc" Bandiagara
8ème jour (8ème nuit)
Les villages de la falaise de Bandiagara (Sanga, Banani, Ireli,..;) sont un peu saturés par le tourisme et la mendicité systématique des enfants est un peu lourde (ils connaissent deux mots français "bics bonbons !"). Après notre initiation de la veilleau style village DOGON et aux magnifiques points de vue, nous partons vers des villages DOGON méconnus, ceux du plateau (piste de terre et de sable), des villages très beaux et préservés comme ceux de NIONGONO, village fortifié sur un pic rocheux où des cultivateurs récoltent des calices d'HIBISCUS servant à la préparation de la boisson rafraîchissante BISSAP et de NANDO. Il faut aussi goûter une petite céréale, plus petite que le mil, le FONIO, spécifique du pays DOGON et délicieuse. Visions inoubliables.
NIONGONO
NANDO
Retour vers la route de DOUROU, là où le véhicule doit s'arrêter (au-dessus de la falaise) pour une promenade de 9 km à pieds pour visiter le site impressionnant de NOMBORI et le village d'IDJELI.
"La piste partant de Bandiagara vers KORO passe la ligne de la falaise à Yawa en laissant Dourou un peu sur la droite (en effet, à 1,5 km) et cette piste se prolonge sans discontinuité à NOMBORI. Lorsque, dans un de nos précédents voyages, nous avons marché de Sangha-Banani jusque Nombori (3 jours), nous avions le souvenir que les véhicules nous attendaient à Yawa (au sommet de la falaise) et de même sur la carte Michelin et une autre de Ouagadougou comprenant cette région, NOMBORI n'était pas praticable même en 4x4. Forts du document le plus recent du guide "Le Petit Futé", nous avons pris le risque de descendre avec notre 4x4 et un chauffeur expérimenté la passe rocheuse, puis nous avons en quelque sorte émergé au sommet d'une énorme dune de sable où notre véhicule par la gravitation a glissé plus que d'avancer vers le fond de Nombori, une nasse, un piège à poisson irremontable, cette opinion étant partagée par mon épouse et notre ami malien chauffeur (nous avons tous les 3 la soixantaine). Nous avons donc demandé conseil aux gens du cru qui nous ont conseillé la piste d'âne de la plaine du Seno qui longe les villages Dogon, soit en remontant jusque Banani puis Sangha, soit en contournant longuement la dune, ce qui fut fait pour revenir sur la passe rocheuse et remonter la falaise.
Et c'est là à YDELI-NA, le village voisin que le piège à touristes récent vient d'être installé à partir de ce caprice de la nature de cette grande dune. Nous passions entre des rochers effleurant notre carrosserie et des champs d'oignons et à un moment, 2 champs d'oignon clôturés trop près l'un de l'autre ne permettaient plus l'usage de la piste par un véhicule moteur. Nous avons dû réussir un tour arrière dans la caillasse (de grands rochers coupants) pour contourner les champs illicites (les bâtiments de la mairie sont à 200 m) et retrouver la piste dans le sable, mais nous avons alors été ensablés dans une petite dune. A la rapidité avec laquelle les villageois nous ayant bloqué avec leurs champs à contourner venaient proposer de nous pousser, nous avons supputé tous les trois l'arnaque. Elle était similaire à celle que nous connaissions du Congo-Zaïre dans les années 1970 où des villageois abattaient un arbre pour couper la piste et se faisaient payer pour déblayer l'obstacle.
Notre chauffeur, après des marches arrières, a réussi à se désensabler et à reprendre la piste de contournement de la grande dune, vierge de toute trace de pneus. Nous avons eu de la chance !"
NOMBORI
Retour en soirée vers le campement de MOPTI.
9ème jour (9ème nuit)
Retour vers la capitale Bamako (à environ 600 km de route en direct) avec arrêt à Ségou, très jolie ville aux 2/3 de la route et visite d'une coopérative autogérée de femmes et fabriquant des tapis laine/coton avec double noeuds (comme en Iran) d'une haute qualité et d'un prix démocratique dans le quartier peu connu de Médine. Nuit en chambre ventilée au DJOLIBA (surnom du fleuve Niger), hôtel tenu par un allemand.
SEGOU
10 ème jour
Arrivée détendue à Bamako, déjeuner dans le quartier de l'hippodrome à la gargotte "le Pili-pili", après-midi libre puis dépose à l'aéroport pour l'enregistrement des bagages.
[1] En 1988 Viviane, Marie-Claire, Claude et Jean-Marie, nous avons vécu cette galère dans un voyage qui promettait en outre dans son intitulé "papier glacé" d'atteindre TOMBOUCTOU dans les mois d'été, ce qui est rigoureusement impossible sauf par avion (publicité mensongère).
Formation anti-stress
GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Association Sans But Lucratif (a.s.b.l.) n°874273371
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique: Jean-Marie LANGE jm.lange@skynet.be
DEXIA : 068-2426901-85; IBAN BE89 0682 4269 0185 BIC GKCCBEBB
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une association (asbl) spécialisée en management associatif, en recherche-action participative et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde en partenariat avec les villageois. Avant-hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali (2002) et hier, c'était l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi (de 2007 à 2010). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap.belgique3.blogspot.com;
GAP – FORMATION “Stress et surcharge de travail” (avril 2011)
Motivation
La Salpétrière” de Paris au XIX°, deux étudiants brillants sont inscrits au cours du Pr Jean-Martin CHARCOT : Sigmund FREUD, le viennois (qui reprendra la méthode psycho-analyse de son mentor le Dr BREUER) et Pierre JANET, le français (qui inspirera la methode systémique de l’Ecole de Palo Alto en Californie). La théorie de FREUD est bâtie sur l’inconscient : certaines de nos angoisses sont refoulées et le “surmoi” de l’inconscient nous pousse toujours plus à faire (“Tu dois !”). La théorie de JANET postule au contraire que notre mal à être ne provient pas de la petite enfance mais de l’aliénation au travail, de la non-reconnaissance de l’employé et de l’augmentation régulière des tâches.
Et s’ils avaient tous les deux raison : nous avons bien un surmoi inconscient qui nous pousse au perfectionnisme alors que notre corps proteste et nous assistons au retour d’un management terroriste (le taylorisme) un leadership obsédé par le rendement et donc l’augmentation des cadences sans le moindre signe de reconnaissance positive envers les employés?
Objectifs
- Ensemble par un travail d’élucidation entre adultes majeurs et sans pression aucune, dans un climat d’empathie, les acteurs qui le souhaitent évoquent leurs problématiques, le groupe en débat et les formateurs complèteront par de brefs exposés des theories existantes et pouvant éclairer nos stress ou surcharge perfectionniste.
- Quelles sont nos peurs, nos représentations de dépendance, nos inhibitions. Pourquoi et comment réussissent-elles à nous faire souffrir dans nos vies quotidiennes ?
Méthodologie
Le groupe alternera l’autoformation par débat et l’articulation avec les recherches actuelles en psychologie.
Il est souhaitable, pour la dynamique du groupe d’’être ponctuel et présent les 4 samedis d’avril.
Modalités
Lieu : Auberge Simenon, sale Haulot, les 9, 16, 23 et 30 avril 2011 de 9h à 12h et de 13 à 16h, groupe limité à dix personnes, 480 euros/4 jours; 120 euros/journée (soit 20 euros /heure).
Formateurs du GAP : Erika Bënko et Jean-Marie Lange.
Nov. 2010
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Association Sans But Lucratif (a.s.b.l.) n°874273371
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique: Jean-Marie LANGE jm.lange@skynet.be
DEXIA : 068-2426901-85; IBAN BE89 0682 4269 0185 BIC GKCCBEBB
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une association (asbl) spécialisée en management associatif, en recherche-action participative et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde en partenariat avec les villageois. Avant-hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali (2002) et hier, c'était l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi (de 2007 à 2010). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap.belgique3.blogspot.com;
GAP – FORMATION “Stress et surcharge de travail” (avril 2011)
Motivation
La Salpétrière” de Paris au XIX°, deux étudiants brillants sont inscrits au cours du Pr Jean-Martin CHARCOT : Sigmund FREUD, le viennois (qui reprendra la méthode psycho-analyse de son mentor le Dr BREUER) et Pierre JANET, le français (qui inspirera la methode systémique de l’Ecole de Palo Alto en Californie). La théorie de FREUD est bâtie sur l’inconscient : certaines de nos angoisses sont refoulées et le “surmoi” de l’inconscient nous pousse toujours plus à faire (“Tu dois !”). La théorie de JANET postule au contraire que notre mal à être ne provient pas de la petite enfance mais de l’aliénation au travail, de la non-reconnaissance de l’employé et de l’augmentation régulière des tâches.
Et s’ils avaient tous les deux raison : nous avons bien un surmoi inconscient qui nous pousse au perfectionnisme alors que notre corps proteste et nous assistons au retour d’un management terroriste (le taylorisme) un leadership obsédé par le rendement et donc l’augmentation des cadences sans le moindre signe de reconnaissance positive envers les employés?
Objectifs
- Ensemble par un travail d’élucidation entre adultes majeurs et sans pression aucune, dans un climat d’empathie, les acteurs qui le souhaitent évoquent leurs problématiques, le groupe en débat et les formateurs complèteront par de brefs exposés des theories existantes et pouvant éclairer nos stress ou surcharge perfectionniste.
- Quelles sont nos peurs, nos représentations de dépendance, nos inhibitions. Pourquoi et comment réussissent-elles à nous faire souffrir dans nos vies quotidiennes ?
Méthodologie
Le groupe alternera l’autoformation par débat et l’articulation avec les recherches actuelles en psychologie.
Il est souhaitable, pour la dynamique du groupe d’’être ponctuel et présent les 4 samedis d’avril.
Modalités
Lieu : Auberge Simenon, sale Haulot, les 9, 16, 23 et 30 avril 2011 de 9h à 12h et de 13 à 16h, groupe limité à dix personnes, 480 euros/4 jours; 120 euros/journée (soit 20 euros /heure).
Formateurs du GAP : Erika Bënko et Jean-Marie Lange.
Nov. 2010
Les possessions
A la recherche des âmes (psychés) perdues. Le chamanisme, une culture de la guérison.
En 1964, le philosophe Cornélius CASTORIADIS, sur la base du matérialisme dialectique, met en forme ce que l’on appellera l’ANALYSE INSTITUTIONNELLE (AI). L’histoire ne se résume pas aux détenteurs du pouvoir, l’INSTITUE (Roi, Président, politiciens à vie, etc.) mais à un conflit permanent entre l’institué qui veut la pérennisation de ses avantages pour lui et sa famille et l’INSTITUANT où citoyen lambda qui veut le changement social. Le pouvoir qui s’incruste et le contre-pouvoir. En régime démocratique de l’oligarchie, la gestion des conflits ne passe pas par le bain de sang mais – en principe – par la négociation ou INSTITUTIONNALISATION, un compromis entre le pouvoir qui veut le statu quo et le contre-pouvoir qui veut l’intérêt de la collectivité. Mais le contre-pouvoir (syndicat par exemple) se fait « récupérer » à moyen terme et il faut attendre la levée dans la société d’une nouvelle vague instituante. Pour illustrer concrètement par un exemple belge, le citoyen se désintéresse de la politique car, entre Bert et Elio, au-delà du conflit ethnique excité par ces maîtres en politique, la proposition est entre la peste et le choléra : voulez-vous un gouvernement de droite avec la NVA et le MR ou de centre droite avec la social-démocratie, maîtresse en Wallonie en confisquant une image de la gauche dont il ne reste que de la fumée. Pour le secteur HORECA, notre bon maître Elio choisit de ne pas interdire (comme en Californie) la cigarette qui va tuer directement une partie de son peuple ; c’est transparent qu’il ne s’agit pas de l’intérêt du peuple mais de faire plaisir à des lobbyings du tabac.
L’époque de mai 1968, fut une brève et intense révolution normative des étudiants avec en corollaire la naissance de la PEDAGOGIE INSTITUTIONNELLE (Lapassade, Lourau, Hess, Lobrot,…), un mouvement dont je ferai partie dès 1973. La pédagogie institutionnelle (PI) interroge l’institution en permettant aux étudiants de conscientiser que la centralité de l’école, c’est eux et non les ministres et leurs réformes stupides ni les profs qui préfèrent « moffler » (sanctionner) plutôt que d’épanouir les jeunes et de veiller à leur émancipation sociale par le développement de leur esprit critique. Lorsque l’analyseur PI est appliqué dans l’entreprise, on parlera alors de SOCIANALYSE. Lourau va dialectiser l’AI avec d’une part sa partie externe, les institutions proprement dites et d’autre part, une partie interne (nos normes et valeurs conditionnées) qu’il appellera l’ANALYSE IMPLICATIONNELLE : qu’est-ce qui fait institution à l’intérieur de moi ? quels sont mes tabous et d’où viennent-ils ? On fait de l’AI, dit Lourau, chaque fois que l’on s’interroge, là où l’on est sur qui décide pour nous et contre nous ? Je poursuivrai ce chemin avec l’aspect psychosocial des HISTOIRES DE VIE qui disent en deux mots que la société d’une époque peut être lue dans nos histoires de vie et aussi que notre existence n’est pas limitée à notre vécu mais qu’elle inclut nos ancêtres, parfois sous forme de « fantômes »(l’objet de ma thèse en 1991). Je travaillerai dans ce secteur de la psychologie sociale comme formateur au CDGAI (Centre de Dynamique des Groupes et d’Analyse Institutionnelle) de l’université de Liège de 1991 à 1994 en animant la section AI et en continuant à m’autoformer aussi bien en psychogénéalogie (Abraham, Toröck, Dumas,.. ;) qu’en ethnopsychiatrie (Devereux, Nathan,.. ;) ainsi que dans le chamanisme de la transe (Lapassade, Bastide,…) et dans l’autohypnose (Janet, Erickson,…). Je m’intéresserai donc également à la sorcellerie, au fonctionnement à la croyance et aux rites d’initiation ou de possession. Je publierai chez L’Harmattan en 2005 l’état de mes recherches sous le titre « Une introduction à la psychologie relationnelle ».
Le rêve est une activité cérébrale nocturne (20’ toutes les deux heures de sommeil profond) qui est parfois une réminiscence de l’activité diurne, l’expression d’un autre moi infra-logique ou encore l’expression d’une perturbation comme les cauchemars. Bien avant l’ouvrage de FREUD « L’interprétation des rêves »(1899), socle de la psychanalyse, les chamans interprétaient les rêves avec une autre symbolique. Pour l’ethnopsychiatrie, la société viennoise bourgeoise de Freud des années 1900 date de plus d’un siècle et est partie prenante des rêves que l’on pouvait faire dans ces culture et époque définies. Cela deviendra un européocentrisme négligeant les autres cultures et/ou les autres époques. Par exemple, les préoccupations d’un indien Yanomami de l’Amazone ne sont pas gonflées de désir sexuel refoulé comme les névrosés que nous sommes. Bien sûr, ils vivent proches de la nature et avec leur corps et non de l’alcool, des calmants, des conditionnements télévisuels ou des drogues (Freud était un cocaïnomane et un coincé sexuel). A l’époque, il constituait l’exemple et les primitifs étaient méprisés ; aujourd’hui, nous sommes plus prudents dans nos certitudes.
Le psychosociologue et philosophe CASTORIADIS nous dit que : « A Salem, depuis 300 ans, les sorcières ont disparu ? » Où sont-elles passées et quelles sont les explications rationnelles de notre époque ? « Faites semblant de croire et bientôt vous croirez ! » disait PASCAL et c’est bien ce que démontre le diagramme de FISCHER repris par Edgar MORIN en établissant que toute hyper activité cérébrale dans le cadre d’une croyance métaphysique peut créer des illusions du genre « apparitions et voix » précédant des états de rupture mystique proches de la schizophrénie ou de l’extase.
Le diagramme de FISCHER constitue une explication psychosociale de la transe, des possessions et des hystéries collectives mais des observations sociobiologiques recoupent cette névrose collective. La lecture biomédicale ne contredit pas la lecture psychosociale mais la complète.
Le seigle cultivé en régions marécageuses et en saisons exceptionnellement chaudes (l’été 1682 par exemple) peut être colonisé par un champignon hallucinogène appelé l’ergot. Ce champignon noir en forme d’ergot de coq et ses spores mélangés avec de la farine peuvent se retrouver dans le pain et intoxiquer plusieurs personnes. L’action de l’ergot est une contraction des artères cérébrales (il est utilisé aujourd’hui comme antimigraineux) avec donc un manque de sang au cerveau, ce qui a comme conséquence physique des fourmillements sous la peau ainsi que des spasmes physiques et douloureux. Dans une étude réalisée dans une contamination récente à Pont St Esprit (France) dans les années 1950, on relate que des personnes se sont défenestrées sous l’effet de la douleur. Ce champignon donne aussi des hallucinations psychédéliques. Il fut synthétisé dans les années 1970 par le Dr HOFFMAN et connu dans les milieux hippies sous le nom de son acide de synthèse, le LSD (le léchage de timbres postes imprégnés).
Dans une époque profondément religieuse comme celle des migrants protestants aux Etats-Unis dans la période de cet été chaud et humide de 1682, lorsque l’on constate que des jeunes filles s’arquent sous une douleur non expliquée et racontent leurs visions, on parlera de possession satanique et de nombreuses intoxiquées seront pendues « preuve à l’appui » après des aveux sous la torture. Elles sont possédées par des diables et la vérification aléatoire de l’époque consiste à prendre un morceau de ce pain de seigle contaminé, à le tremper dans de l’urine de possédée et à le donner à manger à un chien affamé pour constater de visu que les mauvais esprits contaminent l’animal qui, après des comportements étranges, meurt.
Au jour d’aujourd’hui, on analyse mieux cette peur collective d’incompréhension combattue par la recherche de chèvre-émissaire et responsable de la torture et de la pendaison de ces milliers de femmes étiquetées de sorcières.
Le mal absolu n’est pas un Satan hypothétique mais le fonctionnement à la croyance religieuse (hier catholique puis et/ou protestante et aujourd’hui musulmane puis demain peut-être kibandiste ou créationniste ou évangéliste) ; l’obscurité renait toujours des cendres de la lumière. Les lectures sont certes différentes selon les représentations de l’ethnie et de l’époque mais la donnée invariante est bien de toujours faire porter le chapeau aux femmes, de les noyer, de les brûler, de les mutiler, de les pendre et au plus proche de nous avec l’obscurantisme des fondamentalistes islamistes, de les lapider pour adultère sans sanctionner le mâle complice, soit une énorme hypocrisie.
Le mal absolu donc est la peur et le fanatisme des dogmatismes. Si tout le monde dans un village énonce un responsable du « maugrée » des campagnes ( des bêtes qui meurent de façon inexplicable, des jeunes filles aux convulsions hystéroïdes et avec des hallucinations racontant l’apparition du diable avec un corps de singe, des pattes de coq et un visage humain ou des plafonds qui dégoulinent de sang), il n’en faut pas plus à des mentalités primitives pour se dégager rapidement de l’effroi, de la terreur en désignant des coupables. En politique, cela pourrait être le voisin linguistique, le juif, l’ennemi extérieur pour cacher les turpitudes d’une gestion intérieure incompétente et lamentable, par exemple 14-18, 40-45.
Je suis personnellement honteux d’être un être humain de ma seule race d’Homo Sapiens Sapiens incapable de juguler cet obscurantisme stupide, ce type d’hystérie collective que sont les religions, une névrose collective de l’humanité dira FREUD. Je pense que le seul remède à cette barbarie est l’instruction, l’éducation et la pensée scientifique avec bien entendu la valeur de tolérance vis-à-vis de ce que l’on ne comprend pas et qu’en général, on condamne.
Alexandra DAVID-NEEL, grande voyageuse occidentale aux confins du Tibet (vivant sous un mélange d’animisme Bön et de bouddhisme ésotérique) raconte, dans un de ses ouvrages, l’éducation d’un jeune moine. Le lama instructeur invite l’apprenti à méditer dans sa cellule pour visualiser sa divinité. Le jeune influencét par l’objectif se concentre et finira après un certain temps (au fil des jours ou des semaines)à voir ce qu’il veut voir et rapporte heureux son hallucination au lama. Celui-ci l’invite à poursuivre et à sentir les pieds de la divinité touchant son crâne (pas à sentir des pieds, quoique ?), ce qui arrivera bien sûr et ainsi, le lama mettra fin à l’instruction. Mais si par après, le jeune est travaillé par le doute et l’esprit critique et qu’il revient trouver son maître avec un questionnement critique du genre : « et s’il s’agissait d’illusions, de projections, de fantasmes ? », le maître réagit et l’enseignement initiatique de l’hypoactivité cérébrale peut commencer avec la méditation lorsque l’hyperactivité arrive à se tarir par la raison et la réflexion. (Cependant n’idéalisons pas le lamaïsme tibétain qui après avoir été polygame est, avec la réforme au XV des bonnets jaunes de Tsong-Kha-pa, devenu misogyne pour les moines célibataires. (Une femme ne peut serrer la main d’un lama ni s’asseoir sur son coussin, si cela arrive, on brule le coussin et rien n’est dit pour la main de l’impure.)
Cela dit, respectons la foi du charbonnier et si celui-ci veut voir des apparitions, c’est son chemin de mauvais trips. Rappelons-nous la possession hystérique de Jeanne la pucelle d’Orléans dite d’Arc qui entendit la voix de diable se faisant passer pour Dieu qui l’invitait à tuer des frères d’une autre ethnie que la française. C’est une vieille recette que les soldats allemands portaient aussi sur leur ceinturon : « Dieu est avec nous ! », soit des foutaises vraiment bêtes justifiant le meurtre d’autres êtres humains parce qu’ils sont croisés/musulmans ou anglais/catholiques.
Quelqu’un qui est possédé croit à son Dieu ou diable au point par exemple d’avoir dans sa chair les stigmates du Christ ou les signes de Satan. C’est pourquoi, l’ethnopsychiatrie ne prend pas ces hallucinations à la légère mais convoque, discute et négocie avec l’esprit possédant la personne comme si une entité invisible était là. De là, à croire, comme les africains, à l’existence réelle de doubles ou de multiples personnalités ou croire à l’hystérie, c’est nier les travaux de la psychologie scientifique dynamique. Lorsque qu’à l’inverse de l’ethnopsychiatrie, un exorciste ne discute pas calmement mais somme de façon véhémente le diable à sortir du possédé, il provoque ainsi un conflit ordinaire entre la folie passagère de l’excité et la folie du prêtre excitant (qui a peur).
Cela étant dit, il faut à présent comprendre le chamanisme ou les sorciers NGANGA comme une invitation à l’initiation parmi eux pour dépasser cette peur qui pousse aux hallucinations. Le chaman entre en catalepsie et demande à ce que personne ne touche à son corps pendant quelques jours car il se décorpore pour visiter les mondes des esprits (ceux d’en haut et ceux d’en bas) à la recherche de l’âme (psyché) perdue du malade et il y arrive par ses mises en scène car tout n’est qu’illusion et représentation.
Le sorcier NGANGA de l’Afrique équatoriale a lui une transe plus extravertie avec le groupe des initiés, un orchestre, des danseurs, sa transe sera un show. Puis il demande au patient s’il souhaite la seule guérison de sa problématique ou une initiation plus complète aux rites.. Le NGANGA comme le CHAMAN sont des guérisseurs utilisant des plantes médicinales et une psychologie interactive réduite parfois un peu sommairement à l’appellation « magie blanche ». L’argent n’a pas d’odeur et ils peuvent très bien pratiquer la « magie noire » de l’envoûtement à la demande.(jeteur de sorts). Cette pratique de psychologie en groupe et d’inter influence, je l’appelle la psychologie relationnelle à la mémoire de Pierre JANET, psychologue français condisciple de Freud au cours de Jean-Martin CHARCOT. Ce sera JANET qui inspirera en Californie l’école de Palo Alto de psychologie systémique.
Deux thèse s’affrontent à propos des possessions : l’ancienne école parle d’une dissociation (de l’hystérie aux personnalités multiples), donc le versus pathologique de FREUD ; l’autre parle des potentialités cérébrales dont nous n’avons pas tous conscience ni tous l’accès. Pierre JANET sera à la base de la psychologie systémique que l’on peut appeler moderne (Prigogine, Morin, Watzlawick,…) par rapport aux vieilles lunes de la psychanalyse aux relents, avec le divan, de secte laïque.
Pour JANET nos difficultés psychiques sont provoquées par des perturbations externes de stress (divorce, deuil d’un enfant, surcharge de travail, accident,…) alors que pour FREUD, il s’agit d’un refoulé inconscient de la petite enfance..
Pour les Occidentaux existent des problèmes psychiques internes comme les névroses et les psychoses et pour nos amis du sud, si des problèmes de vie et de mort se répètent, il s’agit d’agents externes (l’envoûtement), la question sera de trouver qui a volé ou mangé l’âme d’Untel ?La perte d’âme que le chaman va rechercher correspond aux mêmes symptômes externes que chez nous : une déprime, une perte de tonus, de goût et de volonté, la grosse fatigue, le repli sur soi,…
Notre courant central systémique qui recoupe bon nombre de disciplines actuelles (autohypnose, psychogénéalogie, ethnopsychiatrie,…) prend en compte les spécialisations différentes des deux hémisphères cérébraux.
L’un dit mâle, le gauche est le centre de la logique et du rationnel, l’autre dit femelle , le droit est le centre de l’intuition, de la créativité et du ressenti des émotions du corps. Notons qu’il s’agit de principes (le feu et l’eau) mais que chaque personne, quel que soit son genre sexuel ,est bien dotée des deux hémisphères.
Toutefois, selon les sexes effectifs, il y aurait des priorités : l’homme est plus analytique et la femme plus sensitive. L’homme voit les détails de l’écorce de l’arbre, la femme voit la poésie et la beauté de l’ensemble de la forêt. Selon le TAO chinois également, notre recherche permanente de perfectionnismes serait pour les hommes serait de comprendre leur part féminine avec l’eau et la lune du YIN obscur et inversement, pour les femmes, de comprendre leur part masculine avec le feu et le soleil du YANG lumineux (critères déposés il y a 3500 ans).
Notons en passant que le sexe fort, bien entendu celui des femmes a, avec le cerveau droit, une connexion plus intuitive avec le corps et il en va de même (tous sexes confondus) avec nos amis du tiers-monde qui peuvent plus facilement tomber en transe et devenir médium. Chez les mâles occidentaux, la raison et la pensée scientifique amènent paradoxalement des certitudes et considèrent ce versus peu exploré comme billevesée. La femme est plus réceptive tant aux acides du champignon « ergot de seigle » qu’à des perceptions symboliques de l’âme appelée de nos jours la psyché. Carl Gustav JUNG est le psychologue qui s’est avancé le plus loin dans ce genre d’hypothèses (proches du bouddhisme, du zen et du Tao) tout en se déclarant toujours scientifique scrupuleux. Il est difficile d’accepter des potentialités cérébrales non encore bien identifiées sans glisser dans l’une ou l’autre croyance de charlatan comme le spiritisme par exemple. Par ailleurs, observer un phénomène ne veut pas dire y projeter tout de suite des explications causales.
Avec l’autohypnose et la psychogénéalogie, nous pouvons rêver, comme les chamans, de nos ancêtres et les écouter, soit un autre inconscient que celui de FREUD et que JUNG appellerait l’inconscient collectif (les mythes) mais qu’il semblerait plus adéquat à notre époque d’appeler un inconscient familial, groupal ou clanique.
Lorsqu’un chaman voyage pour trouver l’âme d’un patient, peu importe le décorum avec l’animisme ; ce qui fait bouger est le SIGNIFIANT disait LACAN (l’enveloppe plutôt que la lettre), soit l’environnement psychosocial où tout le village chante, danse et entre en transe sur une musique syncopée et où le sujet perdu peut se retrouver entouré d’une famille et d’amis qui crachent sur son corps du lait ou d’autres substances puis le massent et le caressent pour que le groupe s’intègre à lui par le média du produit. Entre parenthèses, je suis - je pense - un bon exorciste car je ne crois pas ni à Dieu ni à diable, je n’ai nulle crainte des discours hystéroïdes et donc n’ayant pas de peur, je ne risque pas le genre de provocation des prêtres du temps jadis « Vade rétro Satanas ! » ; non, je préfère calmement, avec l’autohypnose, convoquer l’autre moi de celui qui me fait face et lui demander ses attentes pour qu’il le laisse en paix.
En Afrique, la possession peut être celle d’un Dieu (jamais le Dieu suprême NZAMBE rarement évoqué) - les brésiliens parleront d’un Saint - ou d’un génie de la brousse (Mamywata, génie des eaux par exemple). C’est un honneur de devenir son cheval porteur, l’homme ou la femme possédée énonce l’oracle ou même des conseils pour le propre cheval. Le troisième niveau est constitué des esprits malins inférieurs comme les DJINN (des morts sur champs de bataille, des noyés) ou encore les ancêtres qui réclament un sacrifice, un rituel. Nous occidentaux nous dépassons les hallucinations effrayantes de la personne tout en étant attentifs (l’attention flottante de FREUD) à ce que l’autre moi veut nous dire. Rien n’est évident et derrière les représentations explicites, il faut être capable d’interpréter les représentations implicites (là existe en soi un « crossing over » avec les bases de la psychanalyse).
Rappelons ici l’importance du TAO (DAO) avec le Tai’chi du YIN (femelle, rouge) et du YANG (mâle, blanc), le sombre des règles et le lumineux du sperme sont des principes dialectiques interdépendants. Il n’y a pas de lumière sans ombre et vice versa. Le moine bouddhiste du grand véhicule qui prie Bouddha (qui n’est pas un dieu) à la manière du bodhisattva Avalokitésvara c’est-à-dire en supportant les réincarnations (métempsychose) jusqu’à ce que les derniers hommes sortent de la souffrance récurrente (compassion) a aussi son côté ombre. De même, les moines du premier véhicule, en principe plus centrés sur leur propre salut (rédemption) dans leur religion sotériologique de l’Asie du Sud-est, se promènent tous (Cambodge, Laos, Thaïlande, Birmanie) avec dans leur ceinture un petit pénis en ivoire ou en bois pour déflorer, à la demande des parents, les petites filles, pourquoi cet animisme ?
Alors, il faudrait savoir si l’élément femelle est intouchable ou non pour des moines ? JUNG disait que lorsque l’on pouvait enfin accepter notre côté ombre, on pouvait également mieux percevoir notre côté lumière. J’attends toujours un discours aussi vrai de la part des prêtres ou lamas de toutes sortes mais en particulier les catholiques qui proclament « heureux les pauvres » en amassant les richesses de leurs actions FIAT et autres richesses du Vatican ou qui déforment la parole du Christ : « laissez venir à moi les petits enfants ! »pour des abus sexuels statistiquement plus significatifs chez les prêtres à la libido refoulée par l’exigence antinaturelle du célibat.
Pour en revenir aux grandes différences culturelles entre le sud et le nord, :, il peut exister à l’Occident un Trouble de la Personnalité Multiple (TPM) considéré par le DSM IV comme une « dissociation de l’identité ».
Ce trouble des personnalités multiples internes est à placer en discours croisé avec les transes de possession qui elles ont un facteur externe qui fait irruption dans la vie du sujet et s’y installe de façon quasi-permanente. Notons que les transes de groupe sont très codifiées et que quelqu’un qui entre en transe spontanée lors d’un rituel sera cadré et contrôlé pour que cet état modifié de conscience devienne, avec le groupe d’initiation, une possession ritualisée, donc culturellement définie par les croyances collectives du groupe et de l’époque. En Occident, le psychiatre admet le principe de dissociation du moi (le SPLITTING) comme mécanisme de défense par les personnalités multiples et au Brésil ou en Afrique, les gens croient que le monde est peuplé d’esprits désincarnés à la recherche de personnes présentant des capacités médiumniques.
Chez nous, l’histoire de vie peut expliquer la source d’un dédoublement tandis qu’au Brésil, les adeptes de l’UMBANDA (Candomblé) y trouvent les signes d’une spiritualité horizontale fraternelle avec les morts et non nécessairement transcendante. Pour l’exprimer autrement, chez nous, la dissociation est culturellement une pathologie endogène alors que dans les pays du sud, les troubles ne sont pas perçus comme symptômes mais comme des signes de sensibilité médiumnique invitant les « non malades » à être initiés et à devenir eux-mêmes chaman, une réalisation personnelle. La fameuse hystérie (dissociation pathologique) du Dr BREUER et de FREUD (1886) cède aujourd’hui la place à un mécanisme psychosocial normal et universel de protection du moi posé par JANET en 1889. Notons enfin que si chez les possédés, la dissociation est de type somnambulique (après un effacement de la mémoire à l’issue de la transe), chez les médiums et chamans professionnels, on devrait plutôt parler de possession lucide et maîtrisée.
En conclusion, dans son ouvrage « La science en action » Bruno LATOUR répète avec insistance que la science n’existe pas comme une matière figée dans le temps, elle est toujours en mouvement avec de nouvelles hypothèses. Il en va de même en psychologie cognitive, nous savons juste que notre cerveau n’est pas encore utilisé au maximum de ses possibilités. Par exemple, au niveau des « pseudopodes » du cerveau portant les globes oculaires et responsables de la vision, nous imaginions que quelqu’un ayant 10/10ème de vision a la vue la plus excellente. Il n’en est rien car on entraîne aux E-U des pilotes d’hélicoptère à voler en mode semi-obscur sans phare et on développe chez eux, avec forces migraines, une plus grande acuité visuelle : une vision de 14/10ème pour voir la nuit à la lueur lunaire par exemple.
Notre raison (YANG) ainsi que notre intuition et créativité (YIN) sont les faces lumières de notre cerveau mais il y a aussi notre face ombre avec les émotions négatives comme la haine, la jalousie, l’envie et les idées toutes faites que l’on nomme les préjugés (les stéréotypes pour les préjugés professionnels collectifs). On peut dire de la vérité qu’il en va comme de la science, elles sont relatives et jamais absolues. C’est à cela que nous invite Francisco VARELA, à la fois à la tolérance et à la curiosité. Le cognitiviste VARELA arrive avec une technologie spécifique à mettre en couleur les zones de notre cerveau qui s’excitent ou qui s’apaisent. Si nous articulons ses travaux avec le diagramme de Fischer, on pourrait conseiller à tous la pratique du zen ou du yoga pour « calmer nos tempêtes dans un cerveau » et dépasser des moments trop passionnels pour retrouver le rire et le détachement, le lâcher-prise, dit-on, avec tout ce qui nous fait souffrir y compris nos morts. Un adage populaire est éloquent en soi : « laissez-le partir ! » Il s’agit du fantôme d’un être cher que nous maintenons dans notre esprit et nous serions mieux s’il était dans la vacuité du cosmos.
Jean-Marie LANGE, 14.12.2010
En 1964, le philosophe Cornélius CASTORIADIS, sur la base du matérialisme dialectique, met en forme ce que l’on appellera l’ANALYSE INSTITUTIONNELLE (AI). L’histoire ne se résume pas aux détenteurs du pouvoir, l’INSTITUE (Roi, Président, politiciens à vie, etc.) mais à un conflit permanent entre l’institué qui veut la pérennisation de ses avantages pour lui et sa famille et l’INSTITUANT où citoyen lambda qui veut le changement social. Le pouvoir qui s’incruste et le contre-pouvoir. En régime démocratique de l’oligarchie, la gestion des conflits ne passe pas par le bain de sang mais – en principe – par la négociation ou INSTITUTIONNALISATION, un compromis entre le pouvoir qui veut le statu quo et le contre-pouvoir qui veut l’intérêt de la collectivité. Mais le contre-pouvoir (syndicat par exemple) se fait « récupérer » à moyen terme et il faut attendre la levée dans la société d’une nouvelle vague instituante. Pour illustrer concrètement par un exemple belge, le citoyen se désintéresse de la politique car, entre Bert et Elio, au-delà du conflit ethnique excité par ces maîtres en politique, la proposition est entre la peste et le choléra : voulez-vous un gouvernement de droite avec la NVA et le MR ou de centre droite avec la social-démocratie, maîtresse en Wallonie en confisquant une image de la gauche dont il ne reste que de la fumée. Pour le secteur HORECA, notre bon maître Elio choisit de ne pas interdire (comme en Californie) la cigarette qui va tuer directement une partie de son peuple ; c’est transparent qu’il ne s’agit pas de l’intérêt du peuple mais de faire plaisir à des lobbyings du tabac.
L’époque de mai 1968, fut une brève et intense révolution normative des étudiants avec en corollaire la naissance de la PEDAGOGIE INSTITUTIONNELLE (Lapassade, Lourau, Hess, Lobrot,…), un mouvement dont je ferai partie dès 1973. La pédagogie institutionnelle (PI) interroge l’institution en permettant aux étudiants de conscientiser que la centralité de l’école, c’est eux et non les ministres et leurs réformes stupides ni les profs qui préfèrent « moffler » (sanctionner) plutôt que d’épanouir les jeunes et de veiller à leur émancipation sociale par le développement de leur esprit critique. Lorsque l’analyseur PI est appliqué dans l’entreprise, on parlera alors de SOCIANALYSE. Lourau va dialectiser l’AI avec d’une part sa partie externe, les institutions proprement dites et d’autre part, une partie interne (nos normes et valeurs conditionnées) qu’il appellera l’ANALYSE IMPLICATIONNELLE : qu’est-ce qui fait institution à l’intérieur de moi ? quels sont mes tabous et d’où viennent-ils ? On fait de l’AI, dit Lourau, chaque fois que l’on s’interroge, là où l’on est sur qui décide pour nous et contre nous ? Je poursuivrai ce chemin avec l’aspect psychosocial des HISTOIRES DE VIE qui disent en deux mots que la société d’une époque peut être lue dans nos histoires de vie et aussi que notre existence n’est pas limitée à notre vécu mais qu’elle inclut nos ancêtres, parfois sous forme de « fantômes »(l’objet de ma thèse en 1991). Je travaillerai dans ce secteur de la psychologie sociale comme formateur au CDGAI (Centre de Dynamique des Groupes et d’Analyse Institutionnelle) de l’université de Liège de 1991 à 1994 en animant la section AI et en continuant à m’autoformer aussi bien en psychogénéalogie (Abraham, Toröck, Dumas,.. ;) qu’en ethnopsychiatrie (Devereux, Nathan,.. ;) ainsi que dans le chamanisme de la transe (Lapassade, Bastide,…) et dans l’autohypnose (Janet, Erickson,…). Je m’intéresserai donc également à la sorcellerie, au fonctionnement à la croyance et aux rites d’initiation ou de possession. Je publierai chez L’Harmattan en 2005 l’état de mes recherches sous le titre « Une introduction à la psychologie relationnelle ».
Le rêve est une activité cérébrale nocturne (20’ toutes les deux heures de sommeil profond) qui est parfois une réminiscence de l’activité diurne, l’expression d’un autre moi infra-logique ou encore l’expression d’une perturbation comme les cauchemars. Bien avant l’ouvrage de FREUD « L’interprétation des rêves »(1899), socle de la psychanalyse, les chamans interprétaient les rêves avec une autre symbolique. Pour l’ethnopsychiatrie, la société viennoise bourgeoise de Freud des années 1900 date de plus d’un siècle et est partie prenante des rêves que l’on pouvait faire dans ces culture et époque définies. Cela deviendra un européocentrisme négligeant les autres cultures et/ou les autres époques. Par exemple, les préoccupations d’un indien Yanomami de l’Amazone ne sont pas gonflées de désir sexuel refoulé comme les névrosés que nous sommes. Bien sûr, ils vivent proches de la nature et avec leur corps et non de l’alcool, des calmants, des conditionnements télévisuels ou des drogues (Freud était un cocaïnomane et un coincé sexuel). A l’époque, il constituait l’exemple et les primitifs étaient méprisés ; aujourd’hui, nous sommes plus prudents dans nos certitudes.
Le psychosociologue et philosophe CASTORIADIS nous dit que : « A Salem, depuis 300 ans, les sorcières ont disparu ? » Où sont-elles passées et quelles sont les explications rationnelles de notre époque ? « Faites semblant de croire et bientôt vous croirez ! » disait PASCAL et c’est bien ce que démontre le diagramme de FISCHER repris par Edgar MORIN en établissant que toute hyper activité cérébrale dans le cadre d’une croyance métaphysique peut créer des illusions du genre « apparitions et voix » précédant des états de rupture mystique proches de la schizophrénie ou de l’extase.
Le diagramme de FISCHER constitue une explication psychosociale de la transe, des possessions et des hystéries collectives mais des observations sociobiologiques recoupent cette névrose collective. La lecture biomédicale ne contredit pas la lecture psychosociale mais la complète.
Le seigle cultivé en régions marécageuses et en saisons exceptionnellement chaudes (l’été 1682 par exemple) peut être colonisé par un champignon hallucinogène appelé l’ergot. Ce champignon noir en forme d’ergot de coq et ses spores mélangés avec de la farine peuvent se retrouver dans le pain et intoxiquer plusieurs personnes. L’action de l’ergot est une contraction des artères cérébrales (il est utilisé aujourd’hui comme antimigraineux) avec donc un manque de sang au cerveau, ce qui a comme conséquence physique des fourmillements sous la peau ainsi que des spasmes physiques et douloureux. Dans une étude réalisée dans une contamination récente à Pont St Esprit (France) dans les années 1950, on relate que des personnes se sont défenestrées sous l’effet de la douleur. Ce champignon donne aussi des hallucinations psychédéliques. Il fut synthétisé dans les années 1970 par le Dr HOFFMAN et connu dans les milieux hippies sous le nom de son acide de synthèse, le LSD (le léchage de timbres postes imprégnés).
Dans une époque profondément religieuse comme celle des migrants protestants aux Etats-Unis dans la période de cet été chaud et humide de 1682, lorsque l’on constate que des jeunes filles s’arquent sous une douleur non expliquée et racontent leurs visions, on parlera de possession satanique et de nombreuses intoxiquées seront pendues « preuve à l’appui » après des aveux sous la torture. Elles sont possédées par des diables et la vérification aléatoire de l’époque consiste à prendre un morceau de ce pain de seigle contaminé, à le tremper dans de l’urine de possédée et à le donner à manger à un chien affamé pour constater de visu que les mauvais esprits contaminent l’animal qui, après des comportements étranges, meurt.
Au jour d’aujourd’hui, on analyse mieux cette peur collective d’incompréhension combattue par la recherche de chèvre-émissaire et responsable de la torture et de la pendaison de ces milliers de femmes étiquetées de sorcières.
Le mal absolu n’est pas un Satan hypothétique mais le fonctionnement à la croyance religieuse (hier catholique puis et/ou protestante et aujourd’hui musulmane puis demain peut-être kibandiste ou créationniste ou évangéliste) ; l’obscurité renait toujours des cendres de la lumière. Les lectures sont certes différentes selon les représentations de l’ethnie et de l’époque mais la donnée invariante est bien de toujours faire porter le chapeau aux femmes, de les noyer, de les brûler, de les mutiler, de les pendre et au plus proche de nous avec l’obscurantisme des fondamentalistes islamistes, de les lapider pour adultère sans sanctionner le mâle complice, soit une énorme hypocrisie.
Le mal absolu donc est la peur et le fanatisme des dogmatismes. Si tout le monde dans un village énonce un responsable du « maugrée » des campagnes ( des bêtes qui meurent de façon inexplicable, des jeunes filles aux convulsions hystéroïdes et avec des hallucinations racontant l’apparition du diable avec un corps de singe, des pattes de coq et un visage humain ou des plafonds qui dégoulinent de sang), il n’en faut pas plus à des mentalités primitives pour se dégager rapidement de l’effroi, de la terreur en désignant des coupables. En politique, cela pourrait être le voisin linguistique, le juif, l’ennemi extérieur pour cacher les turpitudes d’une gestion intérieure incompétente et lamentable, par exemple 14-18, 40-45.
Je suis personnellement honteux d’être un être humain de ma seule race d’Homo Sapiens Sapiens incapable de juguler cet obscurantisme stupide, ce type d’hystérie collective que sont les religions, une névrose collective de l’humanité dira FREUD. Je pense que le seul remède à cette barbarie est l’instruction, l’éducation et la pensée scientifique avec bien entendu la valeur de tolérance vis-à-vis de ce que l’on ne comprend pas et qu’en général, on condamne.
Alexandra DAVID-NEEL, grande voyageuse occidentale aux confins du Tibet (vivant sous un mélange d’animisme Bön et de bouddhisme ésotérique) raconte, dans un de ses ouvrages, l’éducation d’un jeune moine. Le lama instructeur invite l’apprenti à méditer dans sa cellule pour visualiser sa divinité. Le jeune influencét par l’objectif se concentre et finira après un certain temps (au fil des jours ou des semaines)à voir ce qu’il veut voir et rapporte heureux son hallucination au lama. Celui-ci l’invite à poursuivre et à sentir les pieds de la divinité touchant son crâne (pas à sentir des pieds, quoique ?), ce qui arrivera bien sûr et ainsi, le lama mettra fin à l’instruction. Mais si par après, le jeune est travaillé par le doute et l’esprit critique et qu’il revient trouver son maître avec un questionnement critique du genre : « et s’il s’agissait d’illusions, de projections, de fantasmes ? », le maître réagit et l’enseignement initiatique de l’hypoactivité cérébrale peut commencer avec la méditation lorsque l’hyperactivité arrive à se tarir par la raison et la réflexion. (Cependant n’idéalisons pas le lamaïsme tibétain qui après avoir été polygame est, avec la réforme au XV des bonnets jaunes de Tsong-Kha-pa, devenu misogyne pour les moines célibataires. (Une femme ne peut serrer la main d’un lama ni s’asseoir sur son coussin, si cela arrive, on brule le coussin et rien n’est dit pour la main de l’impure.)
Cela dit, respectons la foi du charbonnier et si celui-ci veut voir des apparitions, c’est son chemin de mauvais trips. Rappelons-nous la possession hystérique de Jeanne la pucelle d’Orléans dite d’Arc qui entendit la voix de diable se faisant passer pour Dieu qui l’invitait à tuer des frères d’une autre ethnie que la française. C’est une vieille recette que les soldats allemands portaient aussi sur leur ceinturon : « Dieu est avec nous ! », soit des foutaises vraiment bêtes justifiant le meurtre d’autres êtres humains parce qu’ils sont croisés/musulmans ou anglais/catholiques.
Quelqu’un qui est possédé croit à son Dieu ou diable au point par exemple d’avoir dans sa chair les stigmates du Christ ou les signes de Satan. C’est pourquoi, l’ethnopsychiatrie ne prend pas ces hallucinations à la légère mais convoque, discute et négocie avec l’esprit possédant la personne comme si une entité invisible était là. De là, à croire, comme les africains, à l’existence réelle de doubles ou de multiples personnalités ou croire à l’hystérie, c’est nier les travaux de la psychologie scientifique dynamique. Lorsque qu’à l’inverse de l’ethnopsychiatrie, un exorciste ne discute pas calmement mais somme de façon véhémente le diable à sortir du possédé, il provoque ainsi un conflit ordinaire entre la folie passagère de l’excité et la folie du prêtre excitant (qui a peur).
Cela étant dit, il faut à présent comprendre le chamanisme ou les sorciers NGANGA comme une invitation à l’initiation parmi eux pour dépasser cette peur qui pousse aux hallucinations. Le chaman entre en catalepsie et demande à ce que personne ne touche à son corps pendant quelques jours car il se décorpore pour visiter les mondes des esprits (ceux d’en haut et ceux d’en bas) à la recherche de l’âme (psyché) perdue du malade et il y arrive par ses mises en scène car tout n’est qu’illusion et représentation.
Le sorcier NGANGA de l’Afrique équatoriale a lui une transe plus extravertie avec le groupe des initiés, un orchestre, des danseurs, sa transe sera un show. Puis il demande au patient s’il souhaite la seule guérison de sa problématique ou une initiation plus complète aux rites.. Le NGANGA comme le CHAMAN sont des guérisseurs utilisant des plantes médicinales et une psychologie interactive réduite parfois un peu sommairement à l’appellation « magie blanche ». L’argent n’a pas d’odeur et ils peuvent très bien pratiquer la « magie noire » de l’envoûtement à la demande.(jeteur de sorts). Cette pratique de psychologie en groupe et d’inter influence, je l’appelle la psychologie relationnelle à la mémoire de Pierre JANET, psychologue français condisciple de Freud au cours de Jean-Martin CHARCOT. Ce sera JANET qui inspirera en Californie l’école de Palo Alto de psychologie systémique.
Deux thèse s’affrontent à propos des possessions : l’ancienne école parle d’une dissociation (de l’hystérie aux personnalités multiples), donc le versus pathologique de FREUD ; l’autre parle des potentialités cérébrales dont nous n’avons pas tous conscience ni tous l’accès. Pierre JANET sera à la base de la psychologie systémique que l’on peut appeler moderne (Prigogine, Morin, Watzlawick,…) par rapport aux vieilles lunes de la psychanalyse aux relents, avec le divan, de secte laïque.
Pour JANET nos difficultés psychiques sont provoquées par des perturbations externes de stress (divorce, deuil d’un enfant, surcharge de travail, accident,…) alors que pour FREUD, il s’agit d’un refoulé inconscient de la petite enfance..
Pour les Occidentaux existent des problèmes psychiques internes comme les névroses et les psychoses et pour nos amis du sud, si des problèmes de vie et de mort se répètent, il s’agit d’agents externes (l’envoûtement), la question sera de trouver qui a volé ou mangé l’âme d’Untel ?La perte d’âme que le chaman va rechercher correspond aux mêmes symptômes externes que chez nous : une déprime, une perte de tonus, de goût et de volonté, la grosse fatigue, le repli sur soi,…
Notre courant central systémique qui recoupe bon nombre de disciplines actuelles (autohypnose, psychogénéalogie, ethnopsychiatrie,…) prend en compte les spécialisations différentes des deux hémisphères cérébraux.
L’un dit mâle, le gauche est le centre de la logique et du rationnel, l’autre dit femelle , le droit est le centre de l’intuition, de la créativité et du ressenti des émotions du corps. Notons qu’il s’agit de principes (le feu et l’eau) mais que chaque personne, quel que soit son genre sexuel ,est bien dotée des deux hémisphères.
Toutefois, selon les sexes effectifs, il y aurait des priorités : l’homme est plus analytique et la femme plus sensitive. L’homme voit les détails de l’écorce de l’arbre, la femme voit la poésie et la beauté de l’ensemble de la forêt. Selon le TAO chinois également, notre recherche permanente de perfectionnismes serait pour les hommes serait de comprendre leur part féminine avec l’eau et la lune du YIN obscur et inversement, pour les femmes, de comprendre leur part masculine avec le feu et le soleil du YANG lumineux (critères déposés il y a 3500 ans).
Notons en passant que le sexe fort, bien entendu celui des femmes a, avec le cerveau droit, une connexion plus intuitive avec le corps et il en va de même (tous sexes confondus) avec nos amis du tiers-monde qui peuvent plus facilement tomber en transe et devenir médium. Chez les mâles occidentaux, la raison et la pensée scientifique amènent paradoxalement des certitudes et considèrent ce versus peu exploré comme billevesée. La femme est plus réceptive tant aux acides du champignon « ergot de seigle » qu’à des perceptions symboliques de l’âme appelée de nos jours la psyché. Carl Gustav JUNG est le psychologue qui s’est avancé le plus loin dans ce genre d’hypothèses (proches du bouddhisme, du zen et du Tao) tout en se déclarant toujours scientifique scrupuleux. Il est difficile d’accepter des potentialités cérébrales non encore bien identifiées sans glisser dans l’une ou l’autre croyance de charlatan comme le spiritisme par exemple. Par ailleurs, observer un phénomène ne veut pas dire y projeter tout de suite des explications causales.
Avec l’autohypnose et la psychogénéalogie, nous pouvons rêver, comme les chamans, de nos ancêtres et les écouter, soit un autre inconscient que celui de FREUD et que JUNG appellerait l’inconscient collectif (les mythes) mais qu’il semblerait plus adéquat à notre époque d’appeler un inconscient familial, groupal ou clanique.
Lorsqu’un chaman voyage pour trouver l’âme d’un patient, peu importe le décorum avec l’animisme ; ce qui fait bouger est le SIGNIFIANT disait LACAN (l’enveloppe plutôt que la lettre), soit l’environnement psychosocial où tout le village chante, danse et entre en transe sur une musique syncopée et où le sujet perdu peut se retrouver entouré d’une famille et d’amis qui crachent sur son corps du lait ou d’autres substances puis le massent et le caressent pour que le groupe s’intègre à lui par le média du produit. Entre parenthèses, je suis - je pense - un bon exorciste car je ne crois pas ni à Dieu ni à diable, je n’ai nulle crainte des discours hystéroïdes et donc n’ayant pas de peur, je ne risque pas le genre de provocation des prêtres du temps jadis « Vade rétro Satanas ! » ; non, je préfère calmement, avec l’autohypnose, convoquer l’autre moi de celui qui me fait face et lui demander ses attentes pour qu’il le laisse en paix.
En Afrique, la possession peut être celle d’un Dieu (jamais le Dieu suprême NZAMBE rarement évoqué) - les brésiliens parleront d’un Saint - ou d’un génie de la brousse (Mamywata, génie des eaux par exemple). C’est un honneur de devenir son cheval porteur, l’homme ou la femme possédée énonce l’oracle ou même des conseils pour le propre cheval. Le troisième niveau est constitué des esprits malins inférieurs comme les DJINN (des morts sur champs de bataille, des noyés) ou encore les ancêtres qui réclament un sacrifice, un rituel. Nous occidentaux nous dépassons les hallucinations effrayantes de la personne tout en étant attentifs (l’attention flottante de FREUD) à ce que l’autre moi veut nous dire. Rien n’est évident et derrière les représentations explicites, il faut être capable d’interpréter les représentations implicites (là existe en soi un « crossing over » avec les bases de la psychanalyse).
Rappelons ici l’importance du TAO (DAO) avec le Tai’chi du YIN (femelle, rouge) et du YANG (mâle, blanc), le sombre des règles et le lumineux du sperme sont des principes dialectiques interdépendants. Il n’y a pas de lumière sans ombre et vice versa. Le moine bouddhiste du grand véhicule qui prie Bouddha (qui n’est pas un dieu) à la manière du bodhisattva Avalokitésvara c’est-à-dire en supportant les réincarnations (métempsychose) jusqu’à ce que les derniers hommes sortent de la souffrance récurrente (compassion) a aussi son côté ombre. De même, les moines du premier véhicule, en principe plus centrés sur leur propre salut (rédemption) dans leur religion sotériologique de l’Asie du Sud-est, se promènent tous (Cambodge, Laos, Thaïlande, Birmanie) avec dans leur ceinture un petit pénis en ivoire ou en bois pour déflorer, à la demande des parents, les petites filles, pourquoi cet animisme ?
Alors, il faudrait savoir si l’élément femelle est intouchable ou non pour des moines ? JUNG disait que lorsque l’on pouvait enfin accepter notre côté ombre, on pouvait également mieux percevoir notre côté lumière. J’attends toujours un discours aussi vrai de la part des prêtres ou lamas de toutes sortes mais en particulier les catholiques qui proclament « heureux les pauvres » en amassant les richesses de leurs actions FIAT et autres richesses du Vatican ou qui déforment la parole du Christ : « laissez venir à moi les petits enfants ! »pour des abus sexuels statistiquement plus significatifs chez les prêtres à la libido refoulée par l’exigence antinaturelle du célibat.
Pour en revenir aux grandes différences culturelles entre le sud et le nord, :, il peut exister à l’Occident un Trouble de la Personnalité Multiple (TPM) considéré par le DSM IV comme une « dissociation de l’identité ».
Ce trouble des personnalités multiples internes est à placer en discours croisé avec les transes de possession qui elles ont un facteur externe qui fait irruption dans la vie du sujet et s’y installe de façon quasi-permanente. Notons que les transes de groupe sont très codifiées et que quelqu’un qui entre en transe spontanée lors d’un rituel sera cadré et contrôlé pour que cet état modifié de conscience devienne, avec le groupe d’initiation, une possession ritualisée, donc culturellement définie par les croyances collectives du groupe et de l’époque. En Occident, le psychiatre admet le principe de dissociation du moi (le SPLITTING) comme mécanisme de défense par les personnalités multiples et au Brésil ou en Afrique, les gens croient que le monde est peuplé d’esprits désincarnés à la recherche de personnes présentant des capacités médiumniques.
Chez nous, l’histoire de vie peut expliquer la source d’un dédoublement tandis qu’au Brésil, les adeptes de l’UMBANDA (Candomblé) y trouvent les signes d’une spiritualité horizontale fraternelle avec les morts et non nécessairement transcendante. Pour l’exprimer autrement, chez nous, la dissociation est culturellement une pathologie endogène alors que dans les pays du sud, les troubles ne sont pas perçus comme symptômes mais comme des signes de sensibilité médiumnique invitant les « non malades » à être initiés et à devenir eux-mêmes chaman, une réalisation personnelle. La fameuse hystérie (dissociation pathologique) du Dr BREUER et de FREUD (1886) cède aujourd’hui la place à un mécanisme psychosocial normal et universel de protection du moi posé par JANET en 1889. Notons enfin que si chez les possédés, la dissociation est de type somnambulique (après un effacement de la mémoire à l’issue de la transe), chez les médiums et chamans professionnels, on devrait plutôt parler de possession lucide et maîtrisée.
En conclusion, dans son ouvrage « La science en action » Bruno LATOUR répète avec insistance que la science n’existe pas comme une matière figée dans le temps, elle est toujours en mouvement avec de nouvelles hypothèses. Il en va de même en psychologie cognitive, nous savons juste que notre cerveau n’est pas encore utilisé au maximum de ses possibilités. Par exemple, au niveau des « pseudopodes » du cerveau portant les globes oculaires et responsables de la vision, nous imaginions que quelqu’un ayant 10/10ème de vision a la vue la plus excellente. Il n’en est rien car on entraîne aux E-U des pilotes d’hélicoptère à voler en mode semi-obscur sans phare et on développe chez eux, avec forces migraines, une plus grande acuité visuelle : une vision de 14/10ème pour voir la nuit à la lueur lunaire par exemple.
Notre raison (YANG) ainsi que notre intuition et créativité (YIN) sont les faces lumières de notre cerveau mais il y a aussi notre face ombre avec les émotions négatives comme la haine, la jalousie, l’envie et les idées toutes faites que l’on nomme les préjugés (les stéréotypes pour les préjugés professionnels collectifs). On peut dire de la vérité qu’il en va comme de la science, elles sont relatives et jamais absolues. C’est à cela que nous invite Francisco VARELA, à la fois à la tolérance et à la curiosité. Le cognitiviste VARELA arrive avec une technologie spécifique à mettre en couleur les zones de notre cerveau qui s’excitent ou qui s’apaisent. Si nous articulons ses travaux avec le diagramme de Fischer, on pourrait conseiller à tous la pratique du zen ou du yoga pour « calmer nos tempêtes dans un cerveau » et dépasser des moments trop passionnels pour retrouver le rire et le détachement, le lâcher-prise, dit-on, avec tout ce qui nous fait souffrir y compris nos morts. Un adage populaire est éloquent en soi : « laissez-le partir ! » Il s’agit du fantôme d’un être cher que nous maintenons dans notre esprit et nous serions mieux s’il était dans la vacuité du cosmos.
Jean-Marie LANGE, 14.12.2010
mardi 7 décembre 2010
CAPI n°31 : Le couple et le mariage (opus 2)
GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
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Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une association (asbl) spécialisée en management associatif, en recherche-action participative et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde en partenariat avec les villageois. Avant-hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali (2002) et hier, c'était l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi (de 2007 à 2010). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap.belgique3.blogspot.com;
CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle -
SOMMAIRE des précédents articles de cette revue bimensuelle de réflexions pédagogiques du GAP
N°1 – Janv-Fév. 2006 : Qu'est ce que le GAP ?
N°2 – Mars-Avril 06: Le cahier des offres de formation du GAP.
N°3 - Mai-Juin 06 : La colère des enseignants (gestion des conflits – opus 1)
N°4 – Juill.-août 06 : La pensée rationnelle (gestion des conflits – opus 2)
N°5 – Sept.-Oct.06 : Totem et tabou
N°6 – Nov. Déc. 06 : Jalousie et fonctionnement à la croyance (Médiation couple – opus 1)
N°7 – Janv.Fév. 07 : L'Avant-projet pédagogique BURUNDI
N°8 – Mars-Avril 07 : La Dynamique des Groupes, l'organisation sociale et l'homme de la singularité.
N°9 – Mai-Juin 07 : Histoire de vie en groupe et aide sociale (Proposition au Congrès international des professionnels francophones de l'intervention). Pédagogie du projet.
N°10 – Juillet-Août 07 : Rapport d'activité "Enfants de Kayoba" première phase "Voyage d'études et de faisabilité 2007"
N°11 – Sept.Oct.07 : Le chaman et le formateur
N°12 – Nov.Dec. 07 – L'identité personnelle, une insertion sociale ?
N°13 – Janv.Fév.08 – La genèse des alchimistes pour l'éducation à une spiritualité laïque
N°14 – Mars-avril 08 - Le travail des intervenants sociaux (1) : Pour une insertion sociale et multiculturelle citoyenne.
N°15 – Mai-Juin 08 – Le travail des intervenants sociaux (2) : Emploi, travail et méthodes d'intervention.
N°16 – Juillet-Août 08 – Le travail des intervenants sociaux (3) : Fantasme de toute puissance, démocratie ou génocide.
N°17 – Sept. Oct. 08 : La souffrance du désir et le détachement
N°18 – Nov. Déc.08 : Le stress et les consciences
N°19 – Janv-Fev 09 : Le triangle rouge de la lutte contre tous les racismes
N°20 – Mars-Avril 09 : La psychologie des émotions.
N°21- Mai-juin 09 : La raison sensible (combattre les fidèles au nom des infidèles).
N°22 – Juill-Août 09 : Le néant et l'être affamé
N°23 – Sept-Oct 09 : Multiculturalisme et autoformation
N°24 – nov.dec.09
N°25 – Janv.fev10 : la matière, le vide, la nature et l’éducation.
N°26 – Mars-Avril10 : Le sexisme, forme principale de racisme.
N°27 – Mai-juin 10 : Sorcellerie et ethnopsychiatrie
N°28 – Juil-août10 : Pour une introduction à l’anthropologie culturelle et sociale
N°29 – Sept-oct10 : Le combat perpétuel de la démocratie participative
N°30 – Nov-dec10 : Les sans-papiers
N°31 – Janv-Fév 11 : le couple et l’institution du mariage (Médiation couple - opus 2)
N°31 Janv. Fév. 2011 :
Le couple dans le monde et l’institution du mariage (Médiation couple – opus 2)
« Partout les mariages arrangés restent la règle. Le tiers des mariages dans le monde concerne des enfants, souvent encore très jeunes, et reste parfois combiné avant leur naissance. Dans certains pays le port du voile, même intégral se généralise sous prétexte de protéger les jeunes filles et femmes des prétendues « turpitudes » de l’Occident. Il arrive encore très souvent que des jeunes filles soient excisées et vendues lors du règlement de contentieux entre familles, comme c’était encore légal au Pakistan en 2007.Dans biens des lieux en terre d’islam comme en Occident, certains tentent d’enfermer les femmes derrière un voile parce qu’ils ne peuvent plus enfermer derrière les murs d’un harem.(…). Dans le même temps, avec l’extension à la planète de l’économie de marché, s’industrialise le commerce sexuel : prostitution, traite des femmes et des enfants, pornographie et tourisme sexuel. 10 millions de femmes se prostituent en Inde, 2 millions en Thaïlande, 1 million auxEtats-Unis, 200.000 en Allemagne (etc.)Les enfants sont de plus en plus victimes de la prostitution : selon des évaluations incertaines : 400.000 enfants sont prostitués en Inde. Tous les ans , près d’un quart de million de femmes et d’enfants d’Asie du Sud-est sont « achetés » ; en Thaïlande, un enfant prostitué peut vendre ses « services sexuels » jusqu’à 2.000 hommes chaque année. »[1]
Louise MICHEL, héroïne de la Commune Paris a eu cette brève déclaration avec emphase : « Ô Homme, si vous saviez combien vous seriez plus heureux, si vos femmes étaient libres ! ». Le mariage est une institution d’enfermement, comme la clôture d’un champ, qui permet à l’homme propriétaire de croire que ses enfants sont bien issus de lui. L’église catholique , l’alliée du sabre et du goupillon a essayé en vain de sédentariser les hommes auprès d’une famille intangible mais ce sera la bourgeoisie du XVII° qui y arrivera plus ou moins. On confond les délices du couple et du coït et son plaisir sexuel avec une pérennité ennuyeuse. Comment voulez-vous qu’un couple reste ensemble durant plus de quarante ans d’existence, il en existe sûrement mais ce n’est en aucun cas la règle naturelle.
Les spécificités culturelles sexuelles selon les ethnies du monde ne constituent pas « un mal en soi », comme les croyances le sous-entendent, mais une adaptation à l’environnement, par exemple l’andragogie (une femme vit avec plusieurs hommes) est pratiquée au Tibet pour ne pas morceler les terres arables assez rares et qui restent ainsi dans une même famille. De même , la polygynie (un homme avec plusieurs femmes en Afrique et en Asie) est en soi une manière de ne pas abandonner les plus vieilles épouses car ce type de relations est très codifié par des obligations de passage que doit respecter l’époux.
Le mal en soi est plutôt dans l’œil de l’Occidental qui porte un jugement, par un regard européocentriste sur des coutumes différentes des siennes. Il faut donc distinguer le musulman, qui à l’instar du Prophète a quatre femmes (en suivant ou en même temps) et essaye dans sa polygamie d’être le plus juste possible, du sultan qui a 3.000 femmes dans son harem( souvent des gamines enlevées de force et qui parfois ne connaîtront jamais le loup) ; dans le second cas, on doit parler clairement de la traite des êtres humains. Ce n’est plus la force de travail d’hommes esclaves que l’on prélève mais la beauté, la jeunesse et la blancheur de jeunes népalaises que l’on achète aux parents pour en faire des prostituées pour le sous-continent indien tant qu’elles sont fraîches. Je suis franchement ébahi de la malhonnêteté intellectuelle des musulmans qui fustigent la traite des « nègres » des Amériques en oubliant que ce sont eux qui ont inventé ce trafic d’hommes bien avant cet engouement temporellement limité des capitalistes américains. Qu’Allah leur pardonne !
En effet, il faut et il faudra de plus en plus d’esclaves sexuelles féminines aux Pakistanais, aux Afghans et aux Indiens du nord car dans les plus petites villages de montagne sont aujourd’hui installées des machines à échographie qui peuvent déceler si l’embryon est fille ou garçon ; s’il s’agit d’une fille, on fera avorter de force la mère car les garçons, c’est plus prestigieux, détournement horrible de l’utilisation de matériel scientifique par des barbares. Amin Maalouf dans son roman « Le premier siècle après Béatrice » décrit un monde d’émeutes car les femmes sont trop rares pour les besoins des hommes. Ce n’est qu’un roman mais nous savons qu’aujourd’hui déjà existent des villages entiers peuplés à 80% d’enfants mâles qui voudront un jour fonder une famille ?
Au-delà de ce triste constat de l’augmentation de la traite des jeunes femmes et des petits garçons, il y a bien sûr aussi des unions heureuses même si elles ont été décidées par les parents et des formules originales, telle cette jeune femme de 19 ans qui a demandé à un guérisseur de 60 ans de l’épouser pour ainsi lui transmettre son métier de chaman.
Au-delà du nombre de partenaires dans un couple (polyandrie, polygynie, hétéro ou homosexualité,…), deux divisions ethniques séparaient auparavant le monde. La plus vieille datant du temps des déesses mères était le matriarcat. L’amant de la mère donnait son sperme certes mais l’enfant appartenait au clan de la mère. Le père était un compagnon de jeu de l’enfant mais l’autorité parentale était représentée par le frère aîné de la mère, l’oncle. A l’inverse, dans le patriarcat qui se développera avec les dieux mâles, la famille de l’époux donne une dot à la famille de l’épouse et celle-ci appartient ainsi à son mari ainsi que ses enfants et à la branche patrilinéaire. Chez les Mongo du Congo, on plaçait de lourds anneaux de cuivre aux chevilles des épouses (5 kg/pièce) ; ainsi, si une épouse trop battue par son mari voulait s’enfuir pour retourner chez ses parents, elle partait avec un handicap à la course et il fallait la récupérer à temps sous peine de repayer un complément de dot.
Nous sommes connu en Occident la famille élargie où les vieux vivaient avec le jeune couple soit en lui rendant la vie impossible, soit en étant exploités à l’inverse par celui-ci sur le plan des travaux domestiques et de leur retraite (cf. « La terre » d’Emile ZOLA). Notre époque de l’après seconde guerre mondiale a vu naître la famille mononucléaire : papa-maman et moi et évolue, semble-t-il, vers la monoparentalité des mères avec un droit de visite appelé « garde partagée » pour les géniteurs ou pères, chacun des ex-partenaires vivant dans un clapier séparé.
Si le couple se débarrasse de la mauvaise conscience sexuelle instillée par les prêtres jaloux, on pourrait peut-être réinventer ce qui fut appelé « la parenthèse enchantée » ou une certaine libération sexuelle distincte de l’affection entre les adultes et les enfants biologiques ou non.
Le survol historique de Jacques ATTALI
Nous sommes des primates supérieurs de l’espèce unique Homo Sapiens Sapiens et nous partageons avec les singes Bonobo 99% d’un même génome mais non leur comportement très libre car nous sommes inhibés par nos normes, nos cultures et nos injonctions morales télévisuelles (où les meurtres et les tortures ne sont pas tabous), alors que nos cousins jouent, mangent, dorment et cochent beaucoup car le plaisir sexuel est en principe plus attrayant que la torture d’un être de la même espèce. Les hommes civilisés modernes travaillent avec stress au minimum 8h/jour mais après se délassent-ils ? Les études des anthropologues Marshall SHALING et Pierre CLASTRE[2] nous apprennent que les tribus les plus primitives de l’Amazonie travaillent 3 heures/jour, n’ont pas de chef tout puissant et se peignent, chantent, jouent et cochent le reste du temps. La civilisation est-elle vraiment un choix démocratique de société ou bien une subtile aliénation pour que les gens produisent dans la peine des objets inutiles au lieu qu’ils ne se caressent ?
Jacques ATTALI (et sa collaboratrice Stéphanie BONVINCI) nous donne un moderne survol de l’histoire relationnelle. Le coup de foudre est une programmation intéressante de la survie de l’espèce. Adam et Eve avaient le désir de coucher ensemble et puis après…ils remettent cela car le plaisir ne se refuse pas. Ce ne sera qu’après une certaine période que les partenaires un peu lassés vont – si les normes sociales le permettent – chercher d’autres partenaires. L’église catholique dominante va essayer de fixer les couples dans la durée (sans se soucier de la répercussion des femmes battues par la frustration des mâles enchaînés). En 586, au Concile de Macon, les Evêques décident enfin que les femmes ont une âme, soit l’ébauche des droits de la femme qui n’est plus alors un élément du cheptel (sauf pour les arabo-musulmans). Les Evêques réinsistent sur le fait que la sexualité est là uniquement pour la reproduction de l’espèce et échouent donc dans la fidélisation des ménages. Ce ne sera qu’avec la révolution bourgeoise que le couple va se sédentariser dans le temps et l’espace. Notons qu’au XIV°, l’espérance de vie est brève (40 ans), les séparations de couple sont fréquentes ainsi que l’abandon des progénitures trop longues à assumer ; le tiers des enfants ne vivent pas avec leurs géniteurs, ils sont en apprentissage chez un patron.
Au XV°, les grandes épidémies de peste s’éloignent, la sexualité va se libérer. L’obsession de la propriété impose le mariage monogame que l’église n’avait pas réussi à instaurer. La grande peste a fait mourir tant de parents et d’amis que l’on prend conscience de l’importance de la vie en germe dans les enfants. Ceux-ci vivent en moyenne 7 ans avec les parents mais sont alors plus aimés et protégés par la famille au sens large. A partir de 1517, avec le grand schisme de LUTHER dénonçant la luxure des prêtres, non seulement les gens vont parfois se marier en monogame (bigame, c’est déjà un progrès pour eux) mais les prêtres ont eux une interdiction de copuler avec les femmes et doivent respecter le célibat. Nous savons aujourd’hui qu’il n’est jamais bon de contrecarrer les lois naturelles de notre Seigneur et que beaucoup de jeunes gamins auront à souffrir de l’homosexualité annoncée des prêtres.
Dès la révolution de 1789, sous l’influence des Lumières, le mariage se débarrasse des contraintes religieuses pour donner à tous le droit de contracter un mariage civil, accepter le principe du divorce et en finir avec l’obsession catholique de la monogamie de contraintes. Olympe de Gouges, au-delà des dominations sexuelles des mâles, revendique l’égalité complète entre homme et femme notamment par le droit de vote, le droit au patrimoine (octroyé après 1970) et le droit au divorce. En 1804, Le Code civil de Napoléon impose le mariage civil et déclare le mariage religieux facultatif. Lors de la Restauration, le contre-révolutionnaire Louis de BONALD (déjà opposé au progrès en 1801) obtient en 1816 la suppression du divorce et la restauration de l’autorité masculine. La loi BONALD sera abolie en 1884 par la loi NAQUET : la Commune de Paris aura réimpulsé l’idée d’un mariage entre égaux. La femme peut refuser un mariage imposé et choisir qui elle aime.
En 1923, la génétique confirme l’égalité : le sexe s’hérite par le jeu de deux chromosomes, double XX pour les femmes et XY pour les hommes. Dès les années 1950, la liberté des amours se propage grâce au tourne-disque portatif qui permet aux enfants de danser ensemble (parade prénuptiale) en-dehors de la présence des parents. C’est l’ouverture à la libération des mœurs avant le mariage. On peut ainsi aimer et faire l’amour sans vouloir enfanter, au grand dam de l’église. En 1966, l’étude de MASTERS and JOHNSON (Human Sexual Response) révèle ce qui avait été occulté par les pudibonds et les curés de toutes sortes : l’ABC de la sexualité et le clitoris. En 1968, la jeunesse revendique avec sa musique Yé-yé à « jouir sans entrave » et à redécouvrir « sous les pavés la plage », ce sera l’époque des Beatniks et des Hippies, une libération sexuelle qui déviera hélas vers les drogues, soit le glissement du plaisir naturel vers une addiction à un plaisir de dépendance…et de dégénérescence neuronale. En 1975, l’adultère en Occident n’est plus un délit et l’IVG est légalisée. En 1985 environ, le SIDA (HIV) referme le couvercle de la sexualité libérée. Le Primat de Belgique, Mgr Léonard parlera en 2010 de « justice (divine) immanente » sans être désavoué par le Vatican qui lui permet enfin l’usage du préservatif dans certaines circonstances (la fièvre du samedi soir, par exemple) après des milliers de morts du SIDA qui avaient le tort d’être croyants et africains. Jacques Attali avec son regard d’historien ne nous donne pas les interactions complexes des couples mais leur évolution à travers le temps et les pouvoirs.
Très complémentaire, l’anthropologue Sarah Blaffer HRDY[3] nous explique elle le côté universel de la polygamie et le poids statique des traditions qui en fait sont tenues et transmises par les femmes.
Par exemple, ce ne sont pas les pères qui poussent le plus à la barbarie de l’excision et de l’infibulation au Mali et au Soudan pour que la femme n’ait comme plaisir sexuel que la pénétration mais les grands-mères qui trop souvent kidnappent la petite fille si la mère est absente ou distraite pour la « faire couper » (ablation du clitoris) dans des conditions d’hygiène déplorables avec des complications médicales prévisibles.[4]
L’aspect psychosocial relationnel
Il nous reste à aborder la relation du couple dans l’ici et maintenant de ses relations quotidiennes avec cette pratique agréable de la sexualité devenue coutume de contrainte par nos cultures de la pérennité. Reprenons le synopsis classique avant d’explorer les diverses pistes possibles pour notre époque. En plus des transformations du corps, les jeunes gens subissent à la puberté des transformations d’hormones qui vont influencer leurs attitudes et comportements avec d’une part le désir et d’autre part la perte des repères de l’enfance. L’adolescence est souvent un moment où l’on prend ses parents comme têtes de Turc mais aussi où la personnalité du jeune se structure et est capable de dire NON ! Et hélas aussi de se suicider (cf.. les travaux de Durkheim).
La société aurait là une attitude plus mature et responsable à avoir pour protéger cet âge critique. Dans ces moments des premiers émois où le cœur bat d’amour pour l’autre et le corps de désir sexuel, c’est dommage que cela soit toujours entaché par une honte parentale et que l’on ne fournisse pas à ces jeunes un moyen de confort pour jouir de leur corps. (Par exemple, une auberge de jeunesse avec des chambres nuptiales sponsorisées par la marque de condom du Vatican « la calotte »). C’est dommage que l’on n’incite pas ces jeunes (avec la protection papale bien sûr) à profiter de ces moments heureux d’expérience en toute légitimité (comme en Amazonie, dit CLASTRE). Qui ne se souvient du poète RONSARD disant (à peu près) « Mignonne, lorsque votre âge fleuronne, cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. Demain, vous pourrez dire, Ronsard me célébrait du temps où j’étais belle ».
Les premiers moments de la vie avec un autre humain amant sont un florilège qui va donc durer de 6 mois à 2 ans et qui s’effilochera en un lent et imperceptible effritement dû peut-être à la routine, à l’ennui répétitif. On se marie et on fait un ou deux enfants (au lieu de partir et de redécouvrir le monde à deux) en espérant apporter de la nouveauté.
Hélas, avec le mariage, certains hommes se sentent à nouveau propriétaire (l’atavisme) et se laissent aller ; les enfants crient, le père leur crie dessus puis la mère crie sur le père qu’il exagère et celui-ci qui n’avait pas plus que cela l’envie de jouer le père fouettard ne crie plus et prend l’habitude de fréquenter des cafés sans femme ou des bordels s’il n’a pas la migraine.
Le couple marié devient alors une unité économique de production et le premier centre d’éducation se crée. Pour la qualité de vie de nos jeunes générations, on devrait créer un nouveau code de conduite amoureuse, du genre, les 10 premières années rester à deux puis choisir ou non des enfants désirés (plutôt qu’un avortement dont de toute façon seule la propriétaire du ventre peut décider et non Mgr Léonard), cette norme n’étant pas obligatoire en l’état de la surpopulation. Si vous décidez de concevoir un petit, donnez-vous un contrat tacite et responsable de rester alors engagés encore 8 ans ensemble pour aider les jeunes à se structurer dans un milieu sécure. Ni signez plus en aveugle des contrats sans fin sous l’influence malsaine des religions, nous serons tous seuls dans notre cercueil ou dans notre urne sans électeur. On pourrait imaginer se marier 20 ans puis recommencer avec d’autres données, d’autres personnes, d’autres valeurs et en jetant les habitudes.
Notons en passant que s’il n’y a que le sexe, un module de 10 à 20 ans est trop long, il faut aussi une estime réciproque qui dure (pas de désamour ou de peur du changement), des projets et du rire. Toutefois, les flux hormonaux tarissent leur impétuosité et il se peut tout à fait que les gens devenus plus calmes, plus sereins, décident sciemment de poursuivre encore un bout de chemin ensemble. On oppose trop souvent l’amour à la haine ; or, il s’agit là d’un couple dialectique indissociable : aimer l’autre ne veut pas dire ne jamais ressentir de tensions à son égard ou ne pas vivre des conflits hurlants ; aimer l’autre suffisamment, c’est revenir vers lui après l’avoir haï. Notons qu’en histoires de vie, les exceptions sont légions, il y eut un beau film avec Jean Gabin et Simone Signoret sur des haines qui durent ; « Le chat » est le titre de ce film où l’un et l’autre ne se parlent plus. Nous connaissons, dans la réalité, la même rigidification des rôles où les deux époux partagent la même maison et le même lit mais sans jamais s’adresser la parole depuis trente ans ; l’enfer est très facile à créer sur terre.
Le véritable ennemi de l’affection est moins bête mais plus sournois, c’est l’indifférence. L’homme qui s’attelle à une tâche ménagère ne le fait pas par goût mais pour aider son épouse en participant par amour aux travaux du ménage. Pourtant, avez-vous jamais vu un homme capable de voir la poussière sur les meubles ailleurs que chez un célibataire ? Autre exemple modeste, être là pour aller la rechercher à une réunion tardive ou encore apprendre à la laisser sortir seule ou avec d’autres voire les nuits (ce qui n’implique pas nécessairement partouze) et bien sûr penser à son anniversaire et à l’anniversaire du fameux mariage car si on dit les hommes plus logiques, les femmes par contre pensent à tout et ont une mémoire affective d’éléphante.
La meilleure pédagogie est celle qui s’exprime pas des exemples didactiques (qui ne peuvent qu’être réducteurs puisqu’ils sont juste illustratifs). Madame a préparé un petit dîner aux chandelles entre « amoureux fatigués » et Monsieur rentre en retard avec une bande de copains puant la bière, pour regarder une nouvelle fois la retransmission d’un match à la télé. Et les garçons crient lorsqu’il y a un but et réclament des chips pour accompagner les bières de la maison puis raisonnablement vers minuit s’en vont. Et Monsieur de reprocher à Madame d’avoir « tiré la gueule » toute la soirée juste quand il recevait ses amis. Il n’y a pas besoin d’être d’un genre sexuel ou de l’autre pour comprendre cette muflerie ! La vie à deux ne peut consister à prendre (comme si les besoins de l’autre n’existaient pas) et surtout sans donner des compensations, ce que l’autre attend. Nos choix nous créent libres et décideurs ; nous pouvons dire « dehors les gars, j’avais oublié notre anniversaire » et nous excuser auprès du conjoint, par exemple de ne pas avoir téléphoné auparavant ? La journaliste Françoise GIRAUD avait trouvé cette élégance de vivre à un étage et son compagnon à celui du dessus et ils se téléphonaient lorsqu’ils avaient envie de se voir pour vérifier que l’autre était disponible. En effet, pourquoi s’étouffer réciproquement au lieu de vivre plus longtemps une vie d’amants et de sorties amusantes ?
Il s’agit là d’une question de respect mutuel permanent qui réclame une vigilance de toute une vie. Le brave homme qui rentre chez lui sans saluer sa partenaire, s’assied à table et mange sa soupe en silence tout en faisant de grand « slurp ! » puis va se vautrer sur son canapé pour regarder la retransmission du match en exigeant ses pantoufles et en buvant quelques bières, de cuver ensuite puis d’aller dormir en se grattant des endroits sensibles, n’est pas le même, esthétique mise entre parenthèses, que celui qui parfumé dans un pyjama Cardin et une robe de chambre embrasse sa compagne et lui demande des nouvelles de sa journée avec empathie.
Cela étant dit, il faut arrêter de chercher un quelconque responsable, un bourreau et une victime. En effet, si chaque fois que le premier sujet développe son scénario névrotique, sa femme lui prend la tête et coupe d’autorité la TV, elle sera peut-être dans le top 10 des 7 femmes sur 10 battues par son mari mais elle préférera plutôt crier pour prouver qu’elle existe et qu’elle n’est pas une potiche.
Le mariage est certes une institution obsolète mais non le couple avec ses variantes. Il est possible de vivre un couple WIN-WIN si chacun y met du sien, il n’y a jamais des vainqueurs et des perdants mais des résignés et nous devons alors modifier la routine par de la vigilance de part et d’autre. Avec l’âge, certains deviennent grincheux et d’autres acariâtres ; pour les dames, un remède miracle existe : des compléments hormonaux post-ménopause. Pour les hommes, je ne connais pas de remède, juste un changement d’attitude. En thérapie familiale, je demande toujours aux partenaires que, s’ils font dix critiques à l’autre, ils se forcent à faire aussi un compliment. Lacan disait : l’amour est le regard d’amour que l’autre pose sur moi.
C’est bien ce que font encore les YANOMAMI de l’Amazone où la jeune femme enceinte et portant un bébé sur la hanche entre dans le hamac de l’homme qu’elle a choisi en lui demandant avec un beau sourire s’il veut bien lui faire l’amour. Notons que ce genre de comportement est assez rare à Paris et également que le bon sauvage de Jean-Jacques ROUSSEAU n’a jamais existé mais on peut imaginer une autre existence que celle de l’aliénation au travail, n’est-il pas ? Dans un club anglais réservé aux hommes que je fréquente, les gentlemen entre eux disent à l’unanimité qu’ils se sentent bien ainsi sans la coquetterie des femmes et leur conversation. Mais si nous faisions tous un effort pour apprendre à écouter, et donc surtout à nous taire, ne serait-ce pas une bonne alternative à ce qui se profile, à savoir que chacun vive sans joie dans sa niche, hyper propre ou crasseuse ? (Notons que, dans les monastères du Tibet, on sait directement si on approche d’une confrérie de moines ou de moniales, à la crasse ambiante sur les murs, les vêtements et les corps !).
Pour conclure dans l’utopie de voir un jour notre espèce sous l’égide des droits de l’homme et de la femme (enfin débarrassés des scories religieuses qui avilissent les femmes dans une soumission dévote), je rêve de rencontrer une jeune femme arabo-musulmane, égyptienne comme DALIDA par exemple, sur une plage avec un tout petit bikini dont elle aurait enlevé le haut (topless) pour montrer la beauté de ses seins. Je rêve qu’en soirée, cette jeune femme passe au café embrasser son père qui boit son thé et fume son narguilé entouré de la seule gente mâle pour lui dire qu’elle sort toute la nuit en boîte pour s’éclater avec ses copines et qu’elle forniquera probablement au petit matin avec l’une d’elles juste pour jouir de son corps (bien sûr, la provocation est pédagogique). Je rêve d’une police d’ingérence (donc pas du genre ONU, toujours incompétente depuis les années 1960) qui empêche ce père, simple géniteur d’égorger la colombe et rappelle fermement que tous les êtres humains ont les mêmes droits et que le temps du droit de mort sur le genre féminin est révolu et constitue un délit punissable. Je rêve d’êtres humains libres et égaux dans une société de douceur fraternelle sans obsédés sexuels (aurait pu dire Wilhelm REICH), car cette frustration n’aurait plus de raison d’être mais je ne crois plus en St Nicolas et je déplore le père fouettard.
Jean-Marie Lange, 06.12.2010
[1] ATTALI Jacques, AMOURS, Histoires des relations entre les hommes et les femmes », Paris, Livre de Poche, Fayard, 2007, p.182 et 187.
[2]CLASTRES P., La société contre l'Etat, Recherches d'anthropologie politique, Paris, De Minuit, 1978.
COLLEYN J.P., Eléments d'anthropologie sociale et culturelle, Bruxelles, Université de Bruxelles, 1988.
D'HERTEFELT M., Anthropologie culturelle, Formation des approches, Liège, Presse Universitaire de Liège, 1984.
LIOGER R. La folie du chaman. Histoire de l’ethnopsychanalyse, Paris, PUF, 2002
MALINOWSKI B.,La sexualité et sa répression dans les sociétés primitives, Paris, pbp, 1932, 2001.
MAUSS M., Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1950, 2009.
MEAD M., Moeurs et sexualité en Océanie, Paris, Plon, 1982.
ROHEIN G., Origine et fonction de la culture, Paris, Gallimard, 1973.
SAHLINS M., Age de pierre, âge d'abondance, L'économie des sociétés primitives, Paris, Gallimard, 1978.
[3] HRDY Blaffer S., La femme qui n’évoluait jamais, Paris, pbp, 2001 : « Le plus étonnant dans les mutilations féminines, c’est qu’elles continuent de se pratiquer. On estime que plus de 20 millions de femmes dans le monde sont concernées aujourd’hui, en dépit des complications médicales qu’elles entraînent dont la septicémie, l’hémorragie et le traumatisme, aussi bien que de graves problèmes urinaires et obstétriques, et des menaces qu’elle fait peser sur la fertilité féminine. L’opération d’infibulation est si importante – le clitoris est excisé et le tissu qui l’entoure sacrifié afin que la fusion avec les lèvres se produise pendant la cicatrisation – qu’environ 9% des petites filles souffrent après d’hémorragies et de traumatismes. Les femmes infibulées sont réouvertes en partie au mariage, et doivent l’être totalement à l’accouchement, après quoi on les recoud. »(p.282).
[4] Toutes les illustrations sont tirées de la revue ChalieHebdo.
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
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Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une association (asbl) spécialisée en management associatif, en recherche-action participative et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde en partenariat avec les villageois. Avant-hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali (2002) et hier, c'était l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi (de 2007 à 2010). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
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CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle -
SOMMAIRE des précédents articles de cette revue bimensuelle de réflexions pédagogiques du GAP
N°1 – Janv-Fév. 2006 : Qu'est ce que le GAP ?
N°2 – Mars-Avril 06: Le cahier des offres de formation du GAP.
N°3 - Mai-Juin 06 : La colère des enseignants (gestion des conflits – opus 1)
N°4 – Juill.-août 06 : La pensée rationnelle (gestion des conflits – opus 2)
N°5 – Sept.-Oct.06 : Totem et tabou
N°6 – Nov. Déc. 06 : Jalousie et fonctionnement à la croyance (Médiation couple – opus 1)
N°7 – Janv.Fév. 07 : L'Avant-projet pédagogique BURUNDI
N°8 – Mars-Avril 07 : La Dynamique des Groupes, l'organisation sociale et l'homme de la singularité.
N°9 – Mai-Juin 07 : Histoire de vie en groupe et aide sociale (Proposition au Congrès international des professionnels francophones de l'intervention). Pédagogie du projet.
N°10 – Juillet-Août 07 : Rapport d'activité "Enfants de Kayoba" première phase "Voyage d'études et de faisabilité 2007"
N°11 – Sept.Oct.07 : Le chaman et le formateur
N°12 – Nov.Dec. 07 – L'identité personnelle, une insertion sociale ?
N°13 – Janv.Fév.08 – La genèse des alchimistes pour l'éducation à une spiritualité laïque
N°14 – Mars-avril 08 - Le travail des intervenants sociaux (1) : Pour une insertion sociale et multiculturelle citoyenne.
N°15 – Mai-Juin 08 – Le travail des intervenants sociaux (2) : Emploi, travail et méthodes d'intervention.
N°16 – Juillet-Août 08 – Le travail des intervenants sociaux (3) : Fantasme de toute puissance, démocratie ou génocide.
N°17 – Sept. Oct. 08 : La souffrance du désir et le détachement
N°18 – Nov. Déc.08 : Le stress et les consciences
N°19 – Janv-Fev 09 : Le triangle rouge de la lutte contre tous les racismes
N°20 – Mars-Avril 09 : La psychologie des émotions.
N°21- Mai-juin 09 : La raison sensible (combattre les fidèles au nom des infidèles).
N°22 – Juill-Août 09 : Le néant et l'être affamé
N°23 – Sept-Oct 09 : Multiculturalisme et autoformation
N°24 – nov.dec.09
N°25 – Janv.fev10 : la matière, le vide, la nature et l’éducation.
N°26 – Mars-Avril10 : Le sexisme, forme principale de racisme.
N°27 – Mai-juin 10 : Sorcellerie et ethnopsychiatrie
N°28 – Juil-août10 : Pour une introduction à l’anthropologie culturelle et sociale
N°29 – Sept-oct10 : Le combat perpétuel de la démocratie participative
N°30 – Nov-dec10 : Les sans-papiers
N°31 – Janv-Fév 11 : le couple et l’institution du mariage (Médiation couple - opus 2)
N°31 Janv. Fév. 2011 :
Le couple dans le monde et l’institution du mariage (Médiation couple – opus 2)
« Partout les mariages arrangés restent la règle. Le tiers des mariages dans le monde concerne des enfants, souvent encore très jeunes, et reste parfois combiné avant leur naissance. Dans certains pays le port du voile, même intégral se généralise sous prétexte de protéger les jeunes filles et femmes des prétendues « turpitudes » de l’Occident. Il arrive encore très souvent que des jeunes filles soient excisées et vendues lors du règlement de contentieux entre familles, comme c’était encore légal au Pakistan en 2007.Dans biens des lieux en terre d’islam comme en Occident, certains tentent d’enfermer les femmes derrière un voile parce qu’ils ne peuvent plus enfermer derrière les murs d’un harem.(…). Dans le même temps, avec l’extension à la planète de l’économie de marché, s’industrialise le commerce sexuel : prostitution, traite des femmes et des enfants, pornographie et tourisme sexuel. 10 millions de femmes se prostituent en Inde, 2 millions en Thaïlande, 1 million auxEtats-Unis, 200.000 en Allemagne (etc.)Les enfants sont de plus en plus victimes de la prostitution : selon des évaluations incertaines : 400.000 enfants sont prostitués en Inde. Tous les ans , près d’un quart de million de femmes et d’enfants d’Asie du Sud-est sont « achetés » ; en Thaïlande, un enfant prostitué peut vendre ses « services sexuels » jusqu’à 2.000 hommes chaque année. »[1]
Louise MICHEL, héroïne de la Commune Paris a eu cette brève déclaration avec emphase : « Ô Homme, si vous saviez combien vous seriez plus heureux, si vos femmes étaient libres ! ». Le mariage est une institution d’enfermement, comme la clôture d’un champ, qui permet à l’homme propriétaire de croire que ses enfants sont bien issus de lui. L’église catholique , l’alliée du sabre et du goupillon a essayé en vain de sédentariser les hommes auprès d’une famille intangible mais ce sera la bourgeoisie du XVII° qui y arrivera plus ou moins. On confond les délices du couple et du coït et son plaisir sexuel avec une pérennité ennuyeuse. Comment voulez-vous qu’un couple reste ensemble durant plus de quarante ans d’existence, il en existe sûrement mais ce n’est en aucun cas la règle naturelle.
Les spécificités culturelles sexuelles selon les ethnies du monde ne constituent pas « un mal en soi », comme les croyances le sous-entendent, mais une adaptation à l’environnement, par exemple l’andragogie (une femme vit avec plusieurs hommes) est pratiquée au Tibet pour ne pas morceler les terres arables assez rares et qui restent ainsi dans une même famille. De même , la polygynie (un homme avec plusieurs femmes en Afrique et en Asie) est en soi une manière de ne pas abandonner les plus vieilles épouses car ce type de relations est très codifié par des obligations de passage que doit respecter l’époux.
Le mal en soi est plutôt dans l’œil de l’Occidental qui porte un jugement, par un regard européocentriste sur des coutumes différentes des siennes. Il faut donc distinguer le musulman, qui à l’instar du Prophète a quatre femmes (en suivant ou en même temps) et essaye dans sa polygamie d’être le plus juste possible, du sultan qui a 3.000 femmes dans son harem( souvent des gamines enlevées de force et qui parfois ne connaîtront jamais le loup) ; dans le second cas, on doit parler clairement de la traite des êtres humains. Ce n’est plus la force de travail d’hommes esclaves que l’on prélève mais la beauté, la jeunesse et la blancheur de jeunes népalaises que l’on achète aux parents pour en faire des prostituées pour le sous-continent indien tant qu’elles sont fraîches. Je suis franchement ébahi de la malhonnêteté intellectuelle des musulmans qui fustigent la traite des « nègres » des Amériques en oubliant que ce sont eux qui ont inventé ce trafic d’hommes bien avant cet engouement temporellement limité des capitalistes américains. Qu’Allah leur pardonne !
En effet, il faut et il faudra de plus en plus d’esclaves sexuelles féminines aux Pakistanais, aux Afghans et aux Indiens du nord car dans les plus petites villages de montagne sont aujourd’hui installées des machines à échographie qui peuvent déceler si l’embryon est fille ou garçon ; s’il s’agit d’une fille, on fera avorter de force la mère car les garçons, c’est plus prestigieux, détournement horrible de l’utilisation de matériel scientifique par des barbares. Amin Maalouf dans son roman « Le premier siècle après Béatrice » décrit un monde d’émeutes car les femmes sont trop rares pour les besoins des hommes. Ce n’est qu’un roman mais nous savons qu’aujourd’hui déjà existent des villages entiers peuplés à 80% d’enfants mâles qui voudront un jour fonder une famille ?
Au-delà de ce triste constat de l’augmentation de la traite des jeunes femmes et des petits garçons, il y a bien sûr aussi des unions heureuses même si elles ont été décidées par les parents et des formules originales, telle cette jeune femme de 19 ans qui a demandé à un guérisseur de 60 ans de l’épouser pour ainsi lui transmettre son métier de chaman.
Au-delà du nombre de partenaires dans un couple (polyandrie, polygynie, hétéro ou homosexualité,…), deux divisions ethniques séparaient auparavant le monde. La plus vieille datant du temps des déesses mères était le matriarcat. L’amant de la mère donnait son sperme certes mais l’enfant appartenait au clan de la mère. Le père était un compagnon de jeu de l’enfant mais l’autorité parentale était représentée par le frère aîné de la mère, l’oncle. A l’inverse, dans le patriarcat qui se développera avec les dieux mâles, la famille de l’époux donne une dot à la famille de l’épouse et celle-ci appartient ainsi à son mari ainsi que ses enfants et à la branche patrilinéaire. Chez les Mongo du Congo, on plaçait de lourds anneaux de cuivre aux chevilles des épouses (5 kg/pièce) ; ainsi, si une épouse trop battue par son mari voulait s’enfuir pour retourner chez ses parents, elle partait avec un handicap à la course et il fallait la récupérer à temps sous peine de repayer un complément de dot.
Nous sommes connu en Occident la famille élargie où les vieux vivaient avec le jeune couple soit en lui rendant la vie impossible, soit en étant exploités à l’inverse par celui-ci sur le plan des travaux domestiques et de leur retraite (cf. « La terre » d’Emile ZOLA). Notre époque de l’après seconde guerre mondiale a vu naître la famille mononucléaire : papa-maman et moi et évolue, semble-t-il, vers la monoparentalité des mères avec un droit de visite appelé « garde partagée » pour les géniteurs ou pères, chacun des ex-partenaires vivant dans un clapier séparé.
Si le couple se débarrasse de la mauvaise conscience sexuelle instillée par les prêtres jaloux, on pourrait peut-être réinventer ce qui fut appelé « la parenthèse enchantée » ou une certaine libération sexuelle distincte de l’affection entre les adultes et les enfants biologiques ou non.
Le survol historique de Jacques ATTALI
Nous sommes des primates supérieurs de l’espèce unique Homo Sapiens Sapiens et nous partageons avec les singes Bonobo 99% d’un même génome mais non leur comportement très libre car nous sommes inhibés par nos normes, nos cultures et nos injonctions morales télévisuelles (où les meurtres et les tortures ne sont pas tabous), alors que nos cousins jouent, mangent, dorment et cochent beaucoup car le plaisir sexuel est en principe plus attrayant que la torture d’un être de la même espèce. Les hommes civilisés modernes travaillent avec stress au minimum 8h/jour mais après se délassent-ils ? Les études des anthropologues Marshall SHALING et Pierre CLASTRE[2] nous apprennent que les tribus les plus primitives de l’Amazonie travaillent 3 heures/jour, n’ont pas de chef tout puissant et se peignent, chantent, jouent et cochent le reste du temps. La civilisation est-elle vraiment un choix démocratique de société ou bien une subtile aliénation pour que les gens produisent dans la peine des objets inutiles au lieu qu’ils ne se caressent ?
Jacques ATTALI (et sa collaboratrice Stéphanie BONVINCI) nous donne un moderne survol de l’histoire relationnelle. Le coup de foudre est une programmation intéressante de la survie de l’espèce. Adam et Eve avaient le désir de coucher ensemble et puis après…ils remettent cela car le plaisir ne se refuse pas. Ce ne sera qu’après une certaine période que les partenaires un peu lassés vont – si les normes sociales le permettent – chercher d’autres partenaires. L’église catholique dominante va essayer de fixer les couples dans la durée (sans se soucier de la répercussion des femmes battues par la frustration des mâles enchaînés). En 586, au Concile de Macon, les Evêques décident enfin que les femmes ont une âme, soit l’ébauche des droits de la femme qui n’est plus alors un élément du cheptel (sauf pour les arabo-musulmans). Les Evêques réinsistent sur le fait que la sexualité est là uniquement pour la reproduction de l’espèce et échouent donc dans la fidélisation des ménages. Ce ne sera qu’avec la révolution bourgeoise que le couple va se sédentariser dans le temps et l’espace. Notons qu’au XIV°, l’espérance de vie est brève (40 ans), les séparations de couple sont fréquentes ainsi que l’abandon des progénitures trop longues à assumer ; le tiers des enfants ne vivent pas avec leurs géniteurs, ils sont en apprentissage chez un patron.
Au XV°, les grandes épidémies de peste s’éloignent, la sexualité va se libérer. L’obsession de la propriété impose le mariage monogame que l’église n’avait pas réussi à instaurer. La grande peste a fait mourir tant de parents et d’amis que l’on prend conscience de l’importance de la vie en germe dans les enfants. Ceux-ci vivent en moyenne 7 ans avec les parents mais sont alors plus aimés et protégés par la famille au sens large. A partir de 1517, avec le grand schisme de LUTHER dénonçant la luxure des prêtres, non seulement les gens vont parfois se marier en monogame (bigame, c’est déjà un progrès pour eux) mais les prêtres ont eux une interdiction de copuler avec les femmes et doivent respecter le célibat. Nous savons aujourd’hui qu’il n’est jamais bon de contrecarrer les lois naturelles de notre Seigneur et que beaucoup de jeunes gamins auront à souffrir de l’homosexualité annoncée des prêtres.
Dès la révolution de 1789, sous l’influence des Lumières, le mariage se débarrasse des contraintes religieuses pour donner à tous le droit de contracter un mariage civil, accepter le principe du divorce et en finir avec l’obsession catholique de la monogamie de contraintes. Olympe de Gouges, au-delà des dominations sexuelles des mâles, revendique l’égalité complète entre homme et femme notamment par le droit de vote, le droit au patrimoine (octroyé après 1970) et le droit au divorce. En 1804, Le Code civil de Napoléon impose le mariage civil et déclare le mariage religieux facultatif. Lors de la Restauration, le contre-révolutionnaire Louis de BONALD (déjà opposé au progrès en 1801) obtient en 1816 la suppression du divorce et la restauration de l’autorité masculine. La loi BONALD sera abolie en 1884 par la loi NAQUET : la Commune de Paris aura réimpulsé l’idée d’un mariage entre égaux. La femme peut refuser un mariage imposé et choisir qui elle aime.
En 1923, la génétique confirme l’égalité : le sexe s’hérite par le jeu de deux chromosomes, double XX pour les femmes et XY pour les hommes. Dès les années 1950, la liberté des amours se propage grâce au tourne-disque portatif qui permet aux enfants de danser ensemble (parade prénuptiale) en-dehors de la présence des parents. C’est l’ouverture à la libération des mœurs avant le mariage. On peut ainsi aimer et faire l’amour sans vouloir enfanter, au grand dam de l’église. En 1966, l’étude de MASTERS and JOHNSON (Human Sexual Response) révèle ce qui avait été occulté par les pudibonds et les curés de toutes sortes : l’ABC de la sexualité et le clitoris. En 1968, la jeunesse revendique avec sa musique Yé-yé à « jouir sans entrave » et à redécouvrir « sous les pavés la plage », ce sera l’époque des Beatniks et des Hippies, une libération sexuelle qui déviera hélas vers les drogues, soit le glissement du plaisir naturel vers une addiction à un plaisir de dépendance…et de dégénérescence neuronale. En 1975, l’adultère en Occident n’est plus un délit et l’IVG est légalisée. En 1985 environ, le SIDA (HIV) referme le couvercle de la sexualité libérée. Le Primat de Belgique, Mgr Léonard parlera en 2010 de « justice (divine) immanente » sans être désavoué par le Vatican qui lui permet enfin l’usage du préservatif dans certaines circonstances (la fièvre du samedi soir, par exemple) après des milliers de morts du SIDA qui avaient le tort d’être croyants et africains. Jacques Attali avec son regard d’historien ne nous donne pas les interactions complexes des couples mais leur évolution à travers le temps et les pouvoirs.
Très complémentaire, l’anthropologue Sarah Blaffer HRDY[3] nous explique elle le côté universel de la polygamie et le poids statique des traditions qui en fait sont tenues et transmises par les femmes.
Par exemple, ce ne sont pas les pères qui poussent le plus à la barbarie de l’excision et de l’infibulation au Mali et au Soudan pour que la femme n’ait comme plaisir sexuel que la pénétration mais les grands-mères qui trop souvent kidnappent la petite fille si la mère est absente ou distraite pour la « faire couper » (ablation du clitoris) dans des conditions d’hygiène déplorables avec des complications médicales prévisibles.[4]
L’aspect psychosocial relationnel
Il nous reste à aborder la relation du couple dans l’ici et maintenant de ses relations quotidiennes avec cette pratique agréable de la sexualité devenue coutume de contrainte par nos cultures de la pérennité. Reprenons le synopsis classique avant d’explorer les diverses pistes possibles pour notre époque. En plus des transformations du corps, les jeunes gens subissent à la puberté des transformations d’hormones qui vont influencer leurs attitudes et comportements avec d’une part le désir et d’autre part la perte des repères de l’enfance. L’adolescence est souvent un moment où l’on prend ses parents comme têtes de Turc mais aussi où la personnalité du jeune se structure et est capable de dire NON ! Et hélas aussi de se suicider (cf.. les travaux de Durkheim).
La société aurait là une attitude plus mature et responsable à avoir pour protéger cet âge critique. Dans ces moments des premiers émois où le cœur bat d’amour pour l’autre et le corps de désir sexuel, c’est dommage que cela soit toujours entaché par une honte parentale et que l’on ne fournisse pas à ces jeunes un moyen de confort pour jouir de leur corps. (Par exemple, une auberge de jeunesse avec des chambres nuptiales sponsorisées par la marque de condom du Vatican « la calotte »). C’est dommage que l’on n’incite pas ces jeunes (avec la protection papale bien sûr) à profiter de ces moments heureux d’expérience en toute légitimité (comme en Amazonie, dit CLASTRE). Qui ne se souvient du poète RONSARD disant (à peu près) « Mignonne, lorsque votre âge fleuronne, cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. Demain, vous pourrez dire, Ronsard me célébrait du temps où j’étais belle ».
Les premiers moments de la vie avec un autre humain amant sont un florilège qui va donc durer de 6 mois à 2 ans et qui s’effilochera en un lent et imperceptible effritement dû peut-être à la routine, à l’ennui répétitif. On se marie et on fait un ou deux enfants (au lieu de partir et de redécouvrir le monde à deux) en espérant apporter de la nouveauté.
Hélas, avec le mariage, certains hommes se sentent à nouveau propriétaire (l’atavisme) et se laissent aller ; les enfants crient, le père leur crie dessus puis la mère crie sur le père qu’il exagère et celui-ci qui n’avait pas plus que cela l’envie de jouer le père fouettard ne crie plus et prend l’habitude de fréquenter des cafés sans femme ou des bordels s’il n’a pas la migraine.
Le couple marié devient alors une unité économique de production et le premier centre d’éducation se crée. Pour la qualité de vie de nos jeunes générations, on devrait créer un nouveau code de conduite amoureuse, du genre, les 10 premières années rester à deux puis choisir ou non des enfants désirés (plutôt qu’un avortement dont de toute façon seule la propriétaire du ventre peut décider et non Mgr Léonard), cette norme n’étant pas obligatoire en l’état de la surpopulation. Si vous décidez de concevoir un petit, donnez-vous un contrat tacite et responsable de rester alors engagés encore 8 ans ensemble pour aider les jeunes à se structurer dans un milieu sécure. Ni signez plus en aveugle des contrats sans fin sous l’influence malsaine des religions, nous serons tous seuls dans notre cercueil ou dans notre urne sans électeur. On pourrait imaginer se marier 20 ans puis recommencer avec d’autres données, d’autres personnes, d’autres valeurs et en jetant les habitudes.
Notons en passant que s’il n’y a que le sexe, un module de 10 à 20 ans est trop long, il faut aussi une estime réciproque qui dure (pas de désamour ou de peur du changement), des projets et du rire. Toutefois, les flux hormonaux tarissent leur impétuosité et il se peut tout à fait que les gens devenus plus calmes, plus sereins, décident sciemment de poursuivre encore un bout de chemin ensemble. On oppose trop souvent l’amour à la haine ; or, il s’agit là d’un couple dialectique indissociable : aimer l’autre ne veut pas dire ne jamais ressentir de tensions à son égard ou ne pas vivre des conflits hurlants ; aimer l’autre suffisamment, c’est revenir vers lui après l’avoir haï. Notons qu’en histoires de vie, les exceptions sont légions, il y eut un beau film avec Jean Gabin et Simone Signoret sur des haines qui durent ; « Le chat » est le titre de ce film où l’un et l’autre ne se parlent plus. Nous connaissons, dans la réalité, la même rigidification des rôles où les deux époux partagent la même maison et le même lit mais sans jamais s’adresser la parole depuis trente ans ; l’enfer est très facile à créer sur terre.
Le véritable ennemi de l’affection est moins bête mais plus sournois, c’est l’indifférence. L’homme qui s’attelle à une tâche ménagère ne le fait pas par goût mais pour aider son épouse en participant par amour aux travaux du ménage. Pourtant, avez-vous jamais vu un homme capable de voir la poussière sur les meubles ailleurs que chez un célibataire ? Autre exemple modeste, être là pour aller la rechercher à une réunion tardive ou encore apprendre à la laisser sortir seule ou avec d’autres voire les nuits (ce qui n’implique pas nécessairement partouze) et bien sûr penser à son anniversaire et à l’anniversaire du fameux mariage car si on dit les hommes plus logiques, les femmes par contre pensent à tout et ont une mémoire affective d’éléphante.
La meilleure pédagogie est celle qui s’exprime pas des exemples didactiques (qui ne peuvent qu’être réducteurs puisqu’ils sont juste illustratifs). Madame a préparé un petit dîner aux chandelles entre « amoureux fatigués » et Monsieur rentre en retard avec une bande de copains puant la bière, pour regarder une nouvelle fois la retransmission d’un match à la télé. Et les garçons crient lorsqu’il y a un but et réclament des chips pour accompagner les bières de la maison puis raisonnablement vers minuit s’en vont. Et Monsieur de reprocher à Madame d’avoir « tiré la gueule » toute la soirée juste quand il recevait ses amis. Il n’y a pas besoin d’être d’un genre sexuel ou de l’autre pour comprendre cette muflerie ! La vie à deux ne peut consister à prendre (comme si les besoins de l’autre n’existaient pas) et surtout sans donner des compensations, ce que l’autre attend. Nos choix nous créent libres et décideurs ; nous pouvons dire « dehors les gars, j’avais oublié notre anniversaire » et nous excuser auprès du conjoint, par exemple de ne pas avoir téléphoné auparavant ? La journaliste Françoise GIRAUD avait trouvé cette élégance de vivre à un étage et son compagnon à celui du dessus et ils se téléphonaient lorsqu’ils avaient envie de se voir pour vérifier que l’autre était disponible. En effet, pourquoi s’étouffer réciproquement au lieu de vivre plus longtemps une vie d’amants et de sorties amusantes ?
Il s’agit là d’une question de respect mutuel permanent qui réclame une vigilance de toute une vie. Le brave homme qui rentre chez lui sans saluer sa partenaire, s’assied à table et mange sa soupe en silence tout en faisant de grand « slurp ! » puis va se vautrer sur son canapé pour regarder la retransmission du match en exigeant ses pantoufles et en buvant quelques bières, de cuver ensuite puis d’aller dormir en se grattant des endroits sensibles, n’est pas le même, esthétique mise entre parenthèses, que celui qui parfumé dans un pyjama Cardin et une robe de chambre embrasse sa compagne et lui demande des nouvelles de sa journée avec empathie.
Cela étant dit, il faut arrêter de chercher un quelconque responsable, un bourreau et une victime. En effet, si chaque fois que le premier sujet développe son scénario névrotique, sa femme lui prend la tête et coupe d’autorité la TV, elle sera peut-être dans le top 10 des 7 femmes sur 10 battues par son mari mais elle préférera plutôt crier pour prouver qu’elle existe et qu’elle n’est pas une potiche.
Le mariage est certes une institution obsolète mais non le couple avec ses variantes. Il est possible de vivre un couple WIN-WIN si chacun y met du sien, il n’y a jamais des vainqueurs et des perdants mais des résignés et nous devons alors modifier la routine par de la vigilance de part et d’autre. Avec l’âge, certains deviennent grincheux et d’autres acariâtres ; pour les dames, un remède miracle existe : des compléments hormonaux post-ménopause. Pour les hommes, je ne connais pas de remède, juste un changement d’attitude. En thérapie familiale, je demande toujours aux partenaires que, s’ils font dix critiques à l’autre, ils se forcent à faire aussi un compliment. Lacan disait : l’amour est le regard d’amour que l’autre pose sur moi.
C’est bien ce que font encore les YANOMAMI de l’Amazone où la jeune femme enceinte et portant un bébé sur la hanche entre dans le hamac de l’homme qu’elle a choisi en lui demandant avec un beau sourire s’il veut bien lui faire l’amour. Notons que ce genre de comportement est assez rare à Paris et également que le bon sauvage de Jean-Jacques ROUSSEAU n’a jamais existé mais on peut imaginer une autre existence que celle de l’aliénation au travail, n’est-il pas ? Dans un club anglais réservé aux hommes que je fréquente, les gentlemen entre eux disent à l’unanimité qu’ils se sentent bien ainsi sans la coquetterie des femmes et leur conversation. Mais si nous faisions tous un effort pour apprendre à écouter, et donc surtout à nous taire, ne serait-ce pas une bonne alternative à ce qui se profile, à savoir que chacun vive sans joie dans sa niche, hyper propre ou crasseuse ? (Notons que, dans les monastères du Tibet, on sait directement si on approche d’une confrérie de moines ou de moniales, à la crasse ambiante sur les murs, les vêtements et les corps !).
Pour conclure dans l’utopie de voir un jour notre espèce sous l’égide des droits de l’homme et de la femme (enfin débarrassés des scories religieuses qui avilissent les femmes dans une soumission dévote), je rêve de rencontrer une jeune femme arabo-musulmane, égyptienne comme DALIDA par exemple, sur une plage avec un tout petit bikini dont elle aurait enlevé le haut (topless) pour montrer la beauté de ses seins. Je rêve qu’en soirée, cette jeune femme passe au café embrasser son père qui boit son thé et fume son narguilé entouré de la seule gente mâle pour lui dire qu’elle sort toute la nuit en boîte pour s’éclater avec ses copines et qu’elle forniquera probablement au petit matin avec l’une d’elles juste pour jouir de son corps (bien sûr, la provocation est pédagogique). Je rêve d’une police d’ingérence (donc pas du genre ONU, toujours incompétente depuis les années 1960) qui empêche ce père, simple géniteur d’égorger la colombe et rappelle fermement que tous les êtres humains ont les mêmes droits et que le temps du droit de mort sur le genre féminin est révolu et constitue un délit punissable. Je rêve d’êtres humains libres et égaux dans une société de douceur fraternelle sans obsédés sexuels (aurait pu dire Wilhelm REICH), car cette frustration n’aurait plus de raison d’être mais je ne crois plus en St Nicolas et je déplore le père fouettard.
Jean-Marie Lange, 06.12.2010
[1] ATTALI Jacques, AMOURS, Histoires des relations entre les hommes et les femmes », Paris, Livre de Poche, Fayard, 2007, p.182 et 187.
[2]CLASTRES P., La société contre l'Etat, Recherches d'anthropologie politique, Paris, De Minuit, 1978.
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[3] HRDY Blaffer S., La femme qui n’évoluait jamais, Paris, pbp, 2001 : « Le plus étonnant dans les mutilations féminines, c’est qu’elles continuent de se pratiquer. On estime que plus de 20 millions de femmes dans le monde sont concernées aujourd’hui, en dépit des complications médicales qu’elles entraînent dont la septicémie, l’hémorragie et le traumatisme, aussi bien que de graves problèmes urinaires et obstétriques, et des menaces qu’elle fait peser sur la fertilité féminine. L’opération d’infibulation est si importante – le clitoris est excisé et le tissu qui l’entoure sacrifié afin que la fusion avec les lèvres se produise pendant la cicatrisation – qu’environ 9% des petites filles souffrent après d’hémorragies et de traumatismes. Les femmes infibulées sont réouvertes en partie au mariage, et doivent l’être totalement à l’accouchement, après quoi on les recoud. »(p.282).
[4] Toutes les illustrations sont tirées de la revue ChalieHebdo.
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