La gravitation et la matière
"J'étais celle qui attend, mais je peux marcher devant
J'étais la bûche et le feu, l'incendie aussi je peux
J'étais la déesse mère, mais je n'étais que poussière
J'étais le sol sous vos pas et je ne le savais pas
Et c'est ma mère ou la vôtre
Une sorcière comme les autres."(Anne SYLVESTRE)
Le Big-bang et le cratère
L'univers après s'être rétracté s'est dilaté dans une explosion non encore terminée : le Big-bang. Nous serions toujours dans sa phase d'expansion, même si, dans le vide cosmique, les nébuleuses ont refroidi et ont donné les Galaxies dont notre Voie lactée; les gaz se sont contractés pour donner la matière des planètes dans divers systèmes solaires, le nôtre brillera pour 5 milliards d'années encore. Les planètes tournent autour du soleil et sur elles-mêmes et Isaac NEWTON a trouvé la loi de la gravitation universelle, l'attraction centripète de la pomme mûre qui ne part pas vers la stratosphère mais tombe bêtement sur le sol du verger.
Le sol comme la pomme sont ce que nous appelons la matière, une nature spécifique de la planète terre mais la pomme qui tombe, c'est aussi autre chose : c'est le mouvement, mouvement qui s'oppose à la résistance de l'atmosphère pour s'y frotter et suivre malgré tout l'attraction de la gravitation ce qui constitue de l'énergie. Plus l'objet tombe de haut et plus sa vitesse s'accroît; plus elle a une masse importante, plus grand sera son impact énergétique. Si c'est un météorite conséquent, il laissera un cratère imposant sur le sol . (Le sol pouvant être Déméter ou Gaïa ou de la poussière selon les croyances et non croyances.). EINSTEIN a résumé cela par une simple formule E = MC2. La masse multipliée par la vitesse au carré va donner de l'énergie et le frottement contre l'atmosphère va se transformer en énergie calorifique.
Le petit homme
Nous avons appris à l'école, que nos tissus étaient faits de molécules et celles-ci constituées d'atomes (le tableau de Mendélieff) eux-mêmes constitués d'un noyau et d'électrons tournant autour par une polarité électrique inversée (énergie). Après Max PLANK et la physique quantique, on ne sait pas ce que sont les particules élémentaires, des photons de lumière ? des ondes donc ? ou des mini-particules ? ou bien les deux ? La matière dans l'infiniment petit est animée de mouvement browniens qui en s'entrechoquant peuvent donner des atomes complexes. Dans la soupe primitive, soumise aux chocs électriques des orages, ces bousculements peuvent donner des acides aminés (azote), base de l'ADN (Acide Désoxyribonucléique) puis des molécules et enfin des unicellulaires comme notre ancêtre la bactérie, dirait DARWIN. L'évolution des espèces n'est-elle pas aussi les résultats du hasard ? Le foisonnement du vivant et le tohu-bohu de la planète (volcans, tsunami,…). Pourquoi les dinosaures se sont-ils éteints et pourquoi aussi les Néanderthaliens ? Selon le calendrier MAYA, nous sommes dans le sixième monde, notre espèce HOMO SAPIENS a frôlé l'extinction cinq fois et disparaîtra dans un quelconque cataclysme (dont l'échelle nous dépasse) bien avant la mort de notre soleil. Il fera froid le jour de la résurrection des morts, surtout pour les incinérés.
Le point de la pointe du compas qui trace le cercle
Le point initial peut s'étendre en un traçé d'une ligne droite non limitative à l'horizon du seul rayon. Le cercle, comme les hommes, ne peut que mourir de sa fermeture par l'entropie ou la consommation de son énergie interne pour maintenir le système. Les seuls cercles possibles sont les spirales ouvertes sur l'inconnu, l'inconnaissable sans l'artifice de la transcendance toujours non démontrée. Par exemple en Dynamique des Groupes, on dit qu'un groupe doit toujours être ouvert sur l'acceptation de nouveaux membres qui en fait renouvellent son énergie. Si le groupe devient un cercle fermé, genre "Amicale des anciens combattants de 14-18", il est condamné d'office à son auto-combustion. Imaginons le point central d'un cercle qui devient une ligne, puis devient un rayon (ou un diamètre, cela importe peu). Lorsqu'elle touche les parois du cercle, la ligne peut l'éventrer et l'aérer de nouvelles conceptions du monde en continuant son parcours hors du cercle, c'est ce que font les INSTITUANTS en changeant les règles, les habitudes, les normes, les préjugés puis les lois et en provoquant l'INSTITUE du cercle (les dominants) qui pour les récupérer se modifie et se gonfle pour les phagocyter. Ainsi la ligne par l'INSTITUTIONNALISATION de nouvelles lois et perspectives nourrit l'INSTITUTION par l'adaptation intéressée de l'INSTITUE qui grossit jusqu'à la prochaine révolution.
Notons pour terminer cette allégorie qu'un parti politique qui infiltre et contrôle son contre-pouvoir (syndicat) participe ainsi à sa propre mort, à sa perte de sens. Nous avons donc eu une évolution des unicellulaires aux pluricellulaires puis aux insectes sociaux et une évolution un peu similaire chez les primates des mammifères.
Les philosophies humanistes
En Asie, de grandes philosophies sont nées comme l'Hindouisme, le jaïnisme, le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme et toutes elles ont été récupérées par des hommes frileux qui en ont fait des religions. Depuis FREUD, on en connait la cause psychologique : les gens ont le vertige devant le vide de sens et s'inventent donc une névrose obsessionnelle collective pour lutter contre l'angoisse existentielle, la peur du noir, du néant d'après la vie. Les quelques humains qui aiment dominer les autres adorent le principe de Dieu et les religions car cela contribue à la soumission des peuples. Les dominants inventent le cercle de la civilisation, de la société close qui enferme le point de la pensée créatrice, de l'intuition de l'intelligence de notre cerveau droit féminin.
Pour revenir à ces grandes philosophies d'Asie ainsi qu'aux penseurs de la Grèce antique, on peut dire aujourd'hui que depuis le XVII-XVIII°, nous avons des lumières sans électricité et ces penseurs récents comme Voltaire, D'Alembert, Diderot, Descartes, Rousseau et Spinoza nous ont donné le libre-examen de la raison, de la pensée réflexive distincte des dogmes. Aujourd'hui, Epicure, Spinoza et le zen cohabitent avec les sciences neurocognitives et cherchent à valider leurs hypothèses dans l'immanence de la vie ici et maintenant plutôt que dans les transcendances. Mais il ne s'agit plus du seul rationalisme positiviste non plus ! Le cerveau est un organe qui ne peut penser le tout car la somme est supérieure à l'analyse méthodique des parties. En Dynamique des Groupes ou GESTALT (psychologie de la forme), on a démontré que lorsque des individualités s'organisent en groupe se voulant authentiquement démocratique, elles développent des contraintes pour le respect des règles communes avec la finalité d'une liberté partagée dans l'harmonie ainsi que des qualités émergentes pas toujours tout de suite définissables. En effet, le cerveau, pour nous protéger malgré nous, nous trompe avec des représentations appelées ego ou personnalité alors qu'il n'y a que des systèmes de systèmes, des agrégats d'atomes, de molécules, de cellules diversifiées, de clans.
L'ego est une illusion nous dit le zen mais aussi le Tao et le neurocognitivisme. Nous pouvons souffrir d'un membre perdu car la souffrance a été signal engrammé dans le cerveau et nous souffrons aussi de nos désirs inconscients, la partie animale de nous-mêmes qui "veut" posséder par le sexe et/ou la force au lieu de cesser d'avoir (d'accumuler) pour être,…puis cesser d'être pour ressentir avec notre cerveau droit et notre corps.
Qui n'a pas ressenti de fortes émotions devant une huile sur toile où le peintre se met à nu, en écoutant une grande musique, en voyant une belle "créature" (de la nature) ou une belle création comme une cathédrale sans pour autant être croyant ?
Et avec la sagesse d'Epicure, on peut cumuler cette conscientisation : dans la cathédrale de Chartres admirer l'architecture en appréciant l'acoustique qui donne de l'épaisseur à Joseph HAYND tout en appréciant les courbes d'une belle sœur non voilée et en dégustant, hors d'une plate, un pur malt Lagavulin. C'est la conscience d'aimer l'humanité et sa beauté avec la virtuosité de penser que tout cela n'est que représentations des sens.
Ce sera donc lorsque l'être se détache, sans se dénier, qu'il comprend le non-être du cœur, le grand Autre interne. La connaissance fut une aide pour sortir de l'obscurantisme, et la compréhension n'est plus de découper le réel en variables contrôlables mais d'appréhender le "tout fonctionnant" dans sa complexité, par delà le bien et le mal. Nous n'avons pas de but, ni de substance inaltérable mais bien une existence, une histoire de vie parfois minable mais toujours particulière avec nos joies et nos peines et le dépassement de la connaissance et de la compréhension par nos expériences vécues.
Nous pouvons analyser nos doutes et refuser tous les dogmes tous aliénants pour synthétiser dans un flash de lumière que nous ne sommes que des poussières d'étoile, c'est-à-dire pas grand-chose à l'échelle de l'univers et beaucoup pour notre sérénité. Notons que ce moment de spiritualité laïque d'une conscientisation de l'immensité du relié des atomes de notre corps d'humain et de ceux des plantes par exemple ne dure pas, juste son souvenir de la terre et du ciel. Ce qui restera sur le sol du concret sera l'esprit critique sans peur ni tabou avec "juste le ciel étoilé au-dessus de nous"(KANT) et l'acceptation que notre psyché (l'âme)n'est pas non plus éternelle.
S'il n'y a plus d'espérance, que corps et âme pourrirons, vivons donc avec une plus grand acuité notre présent fugace, nos minutes de vie avant de retourner au néant de la nuit du cosmos sans croire en Dieu.
"Croire en Dieu, c'est s'abstenir d'y penser" disait Jean ROSTAND. On peut compléter cette sagesse avec celle du Bouddha : "Nommer Dieu, c'est le nier !" puisqu'effectivement, comment penser ce qui est extérieur à la pensée enfermée dans l'espace et le temps ? C'est alors nier l'existence au profit d'une essence consolatrice mais sans parfum !
"Quand nous avons dépassé les savoirs alors nous avons la connaissance.
La raison fût une aide, la raison est l'entrave.
Quand nous avons dépassé l'individualisation alors nous sommes des personnes réelles.
Le moi fût une aide, le moi est l'entrave."(Georges MOUSTAKI, Aphorismes)
Jean-Marie Lange, AAA
Athée et Atomes Associés
Entre le bœuf et l'âne, ce 21.12.2009
dimanche 20 décembre 2009
vendredi 11 décembre 2009
Brève du GAP – "Ce que nos enfants doivent savoir"
(En France) la mise en cohérence du parcours scolaire semble bien relever davantage d'une entreprise d'adaptation à la modernité libérale que du vieux projet d'émancipation, longtemps fondateur des ambitions de l'école publique.(…) (Par contre) dès le programme de l'école maternelle, les enfants devront apprendre les "fondements moraux" de la civilité : le respect de la personne et des biens d'autrui, l'obligation de se conformer aux règles édictée par les adultes.(Evelyne PIEILLER, extraits) Le MONDE diplomatique, déc.2009.
(En France) la mise en cohérence du parcours scolaire semble bien relever davantage d'une entreprise d'adaptation à la modernité libérale que du vieux projet d'émancipation, longtemps fondateur des ambitions de l'école publique.(…) (Par contre) dès le programme de l'école maternelle, les enfants devront apprendre les "fondements moraux" de la civilité : le respect de la personne et des biens d'autrui, l'obligation de se conformer aux règles édictée par les adultes.(Evelyne PIEILLER, extraits) Le MONDE diplomatique, déc.2009.
jeudi 10 décembre 2009
Le temps, l'amour et l'éducation affective
Le couple idéal (Catacombes de Palerme, Sicile, hors du temps)
L'ennui et les tracas
Le nouveau-né à sa naissance est incomplet; il sera aidé par sa mère pour sa nutrition, ses déplacements, ses besoins organiques, son sommeil et ses besoins de caresses. Mais même lorsqu'il sera gavé de ces besoins basiques, il restera dans le nid de ses parents pour apprendre. Apprendre d'eux les bonnes manières et les conventions de l'ethnie selon l'époque et apprendre de l'école les savoirs élémentaires transmis par l'acquis (lecture, politesse, calcul, gentillesse, raisonnement, etc.). Cette première période de l'existence est longue (20 ans en moyenne), on se languit de devenir bien vite le cliché du ciné : la jeune fille séduisante ou le beau mec machiste. Mais ce n'est pas nous qui sommes maîtres de ces illusions mais nos hormones sexuelles (magie chimique) qui travaillent à la fois le corps et l'esprit, l'imagination romantique faisant le reste et préparant nos futures déceptions. Un scoop : le prince charmant n'existe pas car les hommes pètent au lit !
Notons qu'il existe également un autre imaginaire collectif qui ne semble pas questionner l'intelligence des humains, l'inconscient archaïque. Par exemple, ISIS qui reconstitue le cadavre mourant d'OSIRIS, le masturbe et s'introduit le sperme dans son vagin est bien une immaculée conception et Horus le fils de Dieu vaincra l'archétype du mauvais. Lorsque les religions seront devenues masculines, il suffira alors de sortir directement de la cuisse de Jupiter (car pénis et vagin sont des normes interdites dans le sacré !)
Avoir 18-20 ans est un rêve de petite fille ou de petit garçon mais dont la réalité déçoit le plus souvent, car au lieu de sortir en boîte, de se saouler er de s'éclater dans une sexualité joyeuse et déchaînée conseillée par le poète Pierre de RONSART, on cherche anxieusement un boulot stable pour construire nos accumulations consuméristes si coûteuses. (C'est, selon les statistiques, la période pic des suicides). On va donc vivre la phase de l'adulte en pleine possession de ses moyens physiques de 20 à 40 ans, sans rhumatisme certes mais avec les gosses qui hurlent et les divers problèmes, soit un deuxième cycle de 20 ans métro-boulot-dodo à la fin duquel on commence à s'interroger sur le temps qui coule, l'usure du couple, la fatigue récurrente du travail et de ses pressions pour se payer une fois l'an des vacances à Torrémollinos. La psychologie l'a démontré sans conteste : si l'on n'est pas bien dans sa peau, on va reprocher cela à l'autre rat, l'animal à sang chaud qui vit avec nous. La cerise sur le gâteau si nous ne sommes pas des autruches croyantes à des fables sans preuve depuis des millénaires : le non-sens de la vie qui n'a d'autre finalité que d'être vécue et d'être transmise…pas forcément à des moutards brailleurs qui absorbent aux parents une énorme quantité d'énergie, de dévouement, alors qu'ils devraient en consacrer un minimum pour leurs jeux à eux. (En Allemagne, la démographie a chuté en-dessous de .2). La vie est-elle de travailler, de subir les caprices et les pleurs des enfants qui, trop gâtés, disent sans fin "regarde-moi, même si tu m'expliques que tu voudrais souffler !"; les laver, les habiller, faire à manger et entretenir le nid et oublier de se donner à soi 4 petits plaisir par jour ? Comment ne pas craquer !
Nous arrivons alors dans le troisième cycle, celui de la maturité de 40à 60 ans où on ne change plus les langes du cul mais où par contre, on travaille plus encore pour les fringues, l'auto et les études de nos jeunes (qui restent actuellement plus de 20 ans dans la dépendance parentale). Cette période est moins arrosée par les hormones, on réfléchit donc mieux et on s'angoisse mieux avec ce fichu travail dont les cadences s'accélèrent ainsi que les sautes d'humeur souvent injustes de nos grands adolescents qui revendiquent le fond de l'estomac des pélicans en restant chez les parents le plus souvent sans aider, même pas le soutien élémentaire de préparer le repas d'un jour par semaine par exemple et de nettoyer la maison ou à défaut sa propre chambre et permettre aussi aux parents de vivre un peu dehors ?
Puis arrive la quatrième tranche, celle des 60-80 ans où on est satisfait d'être toujours vivant mais assez inquiet de ce temps qui file de plus en plus vite (notamment par rapport à la première tranche). Il y a bien sûr le bonheur des petits-enfants, on peut apprécier leur côté lumière puisqu'on n'a plus la responsabilité de fixer des limites pour leur éducation (charge des parents) mais la perte des relations sociales, des relations au travail, du travail proprement dit et des activités connexes, cela constitue une béance. Bien sûr, il y a ceux qui lisent, écrivent, bricolent ou s'extasient devant la TV 24H sur 24H, on sent bien qu'on est là sur la pente descendance et nos aînés gagatissants ou zombies ne sont pas des perspectives encourageantes. N'étant qu'un jeune de 62 ans, je constate que la mentalité et le punch ne correspondent pas à l'image d'un visage ridé que nous renvoie le miroir; nous avons encore des potentialités mais il semblerait que la société gaspilleuse des ressources humaines n'en veut pas.
Avec les avancées technologiques médicales, il y aura la 5ème tranche de 80-100 ans où certains dans des réserves (comme à Miami) se créent des plaisirs et où d'autres attendront tapis dans leur fauteuil avec le futile espoir de ne pas mourir.
La vie est donc absurde : 20 ans d'envie d'être grand, puis seulement 20 d'adultes jeunes dont le temps est gaspillé par les études et/ou le travail et/ou les problèmes de couple, 10 ou 20 ans de maturité si on a de la chance et le reste où l'on vit sous le statut de vieux, soit pratiquement la moitié de la vie occupée parfois à regretter sa jeunesse si insouciamment brûlée. On croirait que la vie est écrite par les Monthy Pythons ?
La méchanceté héritée, le mal et le bien relatif
Je n'aime pas le fantasme de toute-puissance de la petite enfance sans morale et à l'autre bout, je n'aime pas non plus l'égoïsme trop souvent pervers des vieux et leur jouissance inconsciente de faire mal. Des amis qui vivent avec la vieille maman d'un des deux partenaires avaient le projet d'acheter une maison et pendant leurs vacances, la vieille mère cohabitante a aidé un neveu à acquérir ce bien, au prix négocié par son beau-fils. Que dire de plus ? Des histoires de cette méchanceté du quatrième âge se ramassent à la pelle comme auparavant le crottin de cheval. Dans son adolescence, notre fille aînée est entrée en conflit avec nous ses parents, période normale certes mais qui est dure émotionnellement à vivre pour tous. Mon beau-père vivant avec nous et généralement près de ses sous ne lui a jamais fait autant de cadeaux pour l'installer ailleurs à 18ans. Et ces cadeaux avaient un sens : "tu as raison de te révolter contre tes parents, regarde mon amour à moi comme il est chiffrable !". Il a fait beaucoup de mal à tous, nous avions réchauffé un serpent en notre sein et c'est cette enfant qui en a le plus souffert. Avec mon épouse, comme éducateurs responsables, nous nous sommes jurés de ne jamais faire des merdes pareilles à nos enfants lorsqu'ils seront parents d'ados mais au contraire, de toujours abonder dans leur sens pour ne pas déstabiliser les ados au niveau des repères.
L'argent est un outil qui, en de mauvaises mains, peut poursuivre de mauvais objectifs (l'exploitation minière du tiers-monde par exemple). Le don en lui-même est bon mais il ne doit pas se limiter à des cadeaux matériels en toc. Ces cadeaux affectifs peuvent être immatériels comme l'écoute, le réconfort, l'empathie, l'échange de parole "adulte-adulte", le sourire et l'affection de serrer un enfant dans ses bras (s'il vient dire bonjour évidemment). Boris CYRULNIK dit en substance que lorsque les parents sont complices entre eux et avec les grands-parents, ils procurent ainsi un milieu sécure pour les enfants, un nid affectif douillet qui permet de grandir.
De même, le psycho-pédiatre, Aldo NAOURI explique que nos querelles de vie/de couple ne devraient jamais prendre les enfants en otage (un travers des mères, semblerait-il). L'enfant vient de la mère qui peut le nourrir ou le laisser mourir de faim ? C'est elle qui va présenter à l'enfant l'autre du couple, celui qui est capable de résister à la mère sans pour autant en mourir.
Le triangle œdipien, quoi qu'on en dise, est stabilisateur. Lorsque la mère est en désamour du père, elle peut rester dans la dignité et ne pas casser l'image du père dans l'imaginaire de l'enfant (que nous restons tous, toute notre vie…quelque part pour jouer). En thérapie familiale, comme formateur, j'ai vécu une histoire horrible, celle d'un jeune garçon de plus de 20 ans qui détestait son père. Lorsque je lui ai demandé s'il connaissait son père, il m'a répondu par la négative, seule sa mère lui en avait parlé. Il le détestait par procuration sans jamais l'avoir vu, sa haine seulement alimentée par la propre haine de la mère.
Quels que soient les évènements vécus de notre histoire de vie et parfois réécrits de façon dramatique (ou simplement fantasmés), nous devons réussir à pardonner à nos parents pour nous délivrer de toute trace de haine et nous envoler vers le ciel de notre propre vie, ce que les bouddhistes et les taoïstes appellent le WOU-WEI "ne pas faire" (toujours névrotiquement plus de la même chose) et "lâcher-prise", tourner la page pour une pensée positive et constructive.
Comment transmettre la rigueur et la joie ?
Il en va de même pour nos passions d'amour et/ou de haine, depuis 2500 ans en Grèce avec HERACLITE d'Ephèse et aussi en Asie depuis 3500 ans avec le TAO de Lao-Tseu et Tchouang-Tseu : chaque chose porte en elle son propre contraire : le bien et le mal, le Yin et le Yang, la lumière et l'obscurantisme. Par exemple, mes amis africains ont les ténèbres de la sorcellerie mais aussi des sociétés d'initiation orale où il faut mourir à nos représentations stéréotypées pour renaître en maîtrisant le côté obscur sans pour autant le dénier. Les initiations de diverses ethnies se recoupent dans un archétype symbolique commun à l'humanité et pointé par JUNG.
Comment communiquer l'essentiel d'une éducation positive pour nos petits-enfants par exemple ? Comment, en quelque sorte, oser écrire des principes pédagogiques après le grand Jean-Jacques ROUSSEAU ("L'Emile") ? Sinon quelques bribes que l'on juge, avec le temps passé, importantes pour soi Par exemple, ma génération de 1968 était idéologiquement antiautoritaire (libertaire et anarchiste) et elle avait tort car les règles, pour autant qu'elles ne soient plus des fessées ou d'autres violences disproportionnées, sont nécessaires. Je pense à un petit homme de 5 ans qui gifle sa mère; la réaction arc-réflexe de bonne santé est bien sûr de lui en retourner une à la vitesse du vent. Il ne faut pas croire certaines idées malsaines des Evangiles (tendre la joue gauche) mais fixer des balises (Action-réaction). Le pédagogue Patrick TRAUBE a, à ce sujet, écrit un bon petit manuel : "Eduquer, c'est aussi punir !".
Mais cela étant posé, je pense qu'il faut surtout encourager, féliciter, récompenser. Je vois trop de jeunes adultes timorés qui manquent de confiance en eux parce que lorsqu'ils auraient eu besoin d'un soutien particulièrement positif, ils ont reçu à la place sarcasmes et moqueries, des blessures bien plus saignantes qu'une simple gifle. Donc, ne faisons pas subir ce que nous avons parfois vécu et essayons de donner le meilleur de notre expérience pour enrichir les jeunes générations. Il en va de même avec la liberté, sexuelle bien sûr, dirait Wilhelm REICH mais surtout du plaisir et de la joie en général. Pourquoi juger les autres à l'aune d'un surmoi de fer que nous avons introjecté, pourquoi reprocher ou récriminer, quel en serait l'intérêt ? faire du mal ? Ne soyons pas avares de sourires et d'approbation, notre seule existence est trop courte face à la méchanceté héritée, nous devons nous changer au lieu de vouloir obsessionnellement changer l'autre. Tout ce qui alimente la vie, le plaisir, la joie est le bien et tout ce qui complexe, enferme, culpabilise et dogmatise est le mal. Profiter par exemple de la crédulité de nos petits-enfants pour les effrayer avec le diable, Hans rouf (le père fouettard) et l'enfer s'ils ne sont pas soumis et en même temps, leur dire que St Nicolas n'existe plus, que c'était se moquer de leur naïveté, c'est le mal car on n'a pas à profiter de cet âge tendre pour inculquer les croyances dominantes qui servent surtout les dominants (l'épée et le goupillon).
Les petits indiens Yanomami d'Amazonie qui jouent tout seuls tout nus le long de la rivière et à 14 ans copulent comme les grands en riant, c'est le bien par contre mon petit-fils de 5 ans qui joue à la PlayStation et qui explose des têtes d'ennemis, c'est le mal de cette technologie déshumanisante. Il n'a pas conscience que son plaisir de montée d'adrénaline correspond à tuer et à torturer quelqu'un virtuellement d'abord…Mon arrière-grand-mère a écouté son corps pour le beau petit Léon, "elle a fauté" et son père l'a jetée dehors à 17 ans, avec son bébé dans une brouette, puis il est retourné faire l'amour dans le noir avec sa femme (propriété) qui dans sa longue chemise de nuit avait un orifice "prévu pour voir le loup" sans regarder ces laides choses : c'est le mal.
Ces femmes semi-enterrées avec leur burkas et qui sont lapidées en cette fin 2009 parce qu'elles ont commis l'adultère toute seule (il n'y a jamais d'hommes complices exécutés dans la torture), c'est le mal absolu des talibans bêtes et méchants. En 1968, la jeune fille en mini-jupe qui prend la pilule anticonceptionnelle, c'est le bien (du temps d'avant le HIV). Tout ce qui interdit, tue, viole, condamne, comme le Pape des catholiques avec ses soutanes trop courtes qui tue indirectement des fidèles africains en refusant sans alternative plausible le préservatif, c'est le mal. Il en était déjà ainsi avec les silences de Pie XII, complice pour non assistance à juifs en danger (les 6 millions de la SHOAH). J'en profite pour solennellement excommunier RATSINGER et PIE XII et leur clique d'extrême droite et leur lobbies de l'Opus Dei pour crime contre le progrès et la vie humaine. J'en suis désolé pour mes amis chrétiens qui eux aussi ont honte de leur chef autocrate.
L'amour, disait Jacques LACAN, c'est le regard d'amour que l'autre pose sur moi et qui me valorise, c'est toujours une communication relationnelle. Et dans le dictionnaire de la psychanalyse on ne définit pas le concept seul mais associé amour-haine. En effet, le contraire de l'amour, n'est pas la haine qui est sa forme viciée par le mal; le contraire, c'est l'indifférence.
Le désir sexuel est flamboyant mais s'il est le seul élément d'une relation, celle-ci sera bien pauvre. Le couple basé sur l'affection réciproque de deux personnes est aussi une union économique, sociale et affective. Nos entités physiques sont en constante perturbation dans l'état de cohabitation et tout ce qui sera refoulé sera vomi un jour ou l'autre. Telle par exemple, la femme qui s'assigne les tâches ménagères puis qui reproche à son conjoint qu'il n'en fait pas lourd dans SON projet de propreté par exemple.
Notre travail relationnel implique une vigilance constante : d'une part, identifions nos colères sans prendre le plus proche animal à sang chaud comme bouc émissaire et d'autre part, cultivons les actes fraternels, gratuits sans attendre de retour même pas la conscientisation du don de notre amour. Exerçons-nous à ne pas nous prendre pour le centre du monde car l'ego est une invention cérébrale de notre petit moi. Soyons délicats dans nos expressions et moins farouches lorsque l'autre nous vexe, nos principales blessures sont celles de l'amour-propre. Par la mort, tout est automatiquement relatif, nous ne pouvons que le souhaiter aussi pour les amoureux sincères de fin de vie. Rappelons que faire l'amour est en entrée en matière nécessaire mais non suffisante et que le relationnel doit être un soutien et un plaisir de chaque instant. La vie sexuelle est dans le bas de la terre, l'érotisme, avec le souffle de chaleur humaine, est dans le haut de la tête et l'un ne fonctionne pas sans l'autre, la terre sans le ciel.
En synthèse, le bien et le mal sont des concepts relatifs variables selon ce que les hommes en font dans les cultures (Amazonie ou Europe) et les époques (les Yé-yé ou l'ère victorienne). Posez-vous la question du libre-arbitre: est-ce que tel acte "boire un verre de vin" fait du tort aux autres ou à moi-même ? Puis, est-ce que battre une femme à la masse musculaire inégale serait vraiment pour son bien ?. Nous sommes piégés depuis l'enfance car nous n'avons jamais eu de cours pour développer l'esprit critique de notre cerveau, rien que des règles, des dogmes et des normes. Retournez une claque à votre enfant qui vient de vous en donner une est un grand bien d'auto-respect de soi-même. Il ne s'agit pas de torturer ou de battre pour faire mal mais réagir simplement. Françoise DOLTO a dit un jour qu'une mère qui n'avait jamais secoué son enfant était une grande malade. Sortir du sommeil de la routine, de la répétition des habitudes de jugements de valeur et de nos préjugés pour "voir" au-delà de l'ignorance, la beauté et la force de la vie. Apprendre à vivre avec la mort qui nous effraye, c'est saisir que le temps de la vie est limité et qu'il est sage de pouvoir vivre chaque minute dans l'ici et maintenant, non dans l'angoisse du faire mais dans la joie de l'instant avec la philea, l'amour fraternel de l'humanité. Nous n'avons alors plus besoin de morale qui nous dicte le bien ou le mal mais une éthique d'homme sincère et authentique.
Jean-Marie LANGE,
21 décembre 2009,
Solstice d'hiver.
Le couple idéal (Catacombes de Palerme, Sicile, hors du temps)
L'ennui et les tracas
Le nouveau-né à sa naissance est incomplet; il sera aidé par sa mère pour sa nutrition, ses déplacements, ses besoins organiques, son sommeil et ses besoins de caresses. Mais même lorsqu'il sera gavé de ces besoins basiques, il restera dans le nid de ses parents pour apprendre. Apprendre d'eux les bonnes manières et les conventions de l'ethnie selon l'époque et apprendre de l'école les savoirs élémentaires transmis par l'acquis (lecture, politesse, calcul, gentillesse, raisonnement, etc.). Cette première période de l'existence est longue (20 ans en moyenne), on se languit de devenir bien vite le cliché du ciné : la jeune fille séduisante ou le beau mec machiste. Mais ce n'est pas nous qui sommes maîtres de ces illusions mais nos hormones sexuelles (magie chimique) qui travaillent à la fois le corps et l'esprit, l'imagination romantique faisant le reste et préparant nos futures déceptions. Un scoop : le prince charmant n'existe pas car les hommes pètent au lit !
Notons qu'il existe également un autre imaginaire collectif qui ne semble pas questionner l'intelligence des humains, l'inconscient archaïque. Par exemple, ISIS qui reconstitue le cadavre mourant d'OSIRIS, le masturbe et s'introduit le sperme dans son vagin est bien une immaculée conception et Horus le fils de Dieu vaincra l'archétype du mauvais. Lorsque les religions seront devenues masculines, il suffira alors de sortir directement de la cuisse de Jupiter (car pénis et vagin sont des normes interdites dans le sacré !)
Avoir 18-20 ans est un rêve de petite fille ou de petit garçon mais dont la réalité déçoit le plus souvent, car au lieu de sortir en boîte, de se saouler er de s'éclater dans une sexualité joyeuse et déchaînée conseillée par le poète Pierre de RONSART, on cherche anxieusement un boulot stable pour construire nos accumulations consuméristes si coûteuses. (C'est, selon les statistiques, la période pic des suicides). On va donc vivre la phase de l'adulte en pleine possession de ses moyens physiques de 20 à 40 ans, sans rhumatisme certes mais avec les gosses qui hurlent et les divers problèmes, soit un deuxième cycle de 20 ans métro-boulot-dodo à la fin duquel on commence à s'interroger sur le temps qui coule, l'usure du couple, la fatigue récurrente du travail et de ses pressions pour se payer une fois l'an des vacances à Torrémollinos. La psychologie l'a démontré sans conteste : si l'on n'est pas bien dans sa peau, on va reprocher cela à l'autre rat, l'animal à sang chaud qui vit avec nous. La cerise sur le gâteau si nous ne sommes pas des autruches croyantes à des fables sans preuve depuis des millénaires : le non-sens de la vie qui n'a d'autre finalité que d'être vécue et d'être transmise…pas forcément à des moutards brailleurs qui absorbent aux parents une énorme quantité d'énergie, de dévouement, alors qu'ils devraient en consacrer un minimum pour leurs jeux à eux. (En Allemagne, la démographie a chuté en-dessous de .2). La vie est-elle de travailler, de subir les caprices et les pleurs des enfants qui, trop gâtés, disent sans fin "regarde-moi, même si tu m'expliques que tu voudrais souffler !"; les laver, les habiller, faire à manger et entretenir le nid et oublier de se donner à soi 4 petits plaisir par jour ? Comment ne pas craquer !
Nous arrivons alors dans le troisième cycle, celui de la maturité de 40à 60 ans où on ne change plus les langes du cul mais où par contre, on travaille plus encore pour les fringues, l'auto et les études de nos jeunes (qui restent actuellement plus de 20 ans dans la dépendance parentale). Cette période est moins arrosée par les hormones, on réfléchit donc mieux et on s'angoisse mieux avec ce fichu travail dont les cadences s'accélèrent ainsi que les sautes d'humeur souvent injustes de nos grands adolescents qui revendiquent le fond de l'estomac des pélicans en restant chez les parents le plus souvent sans aider, même pas le soutien élémentaire de préparer le repas d'un jour par semaine par exemple et de nettoyer la maison ou à défaut sa propre chambre et permettre aussi aux parents de vivre un peu dehors ?
Puis arrive la quatrième tranche, celle des 60-80 ans où on est satisfait d'être toujours vivant mais assez inquiet de ce temps qui file de plus en plus vite (notamment par rapport à la première tranche). Il y a bien sûr le bonheur des petits-enfants, on peut apprécier leur côté lumière puisqu'on n'a plus la responsabilité de fixer des limites pour leur éducation (charge des parents) mais la perte des relations sociales, des relations au travail, du travail proprement dit et des activités connexes, cela constitue une béance. Bien sûr, il y a ceux qui lisent, écrivent, bricolent ou s'extasient devant la TV 24H sur 24H, on sent bien qu'on est là sur la pente descendance et nos aînés gagatissants ou zombies ne sont pas des perspectives encourageantes. N'étant qu'un jeune de 62 ans, je constate que la mentalité et le punch ne correspondent pas à l'image d'un visage ridé que nous renvoie le miroir; nous avons encore des potentialités mais il semblerait que la société gaspilleuse des ressources humaines n'en veut pas.
Avec les avancées technologiques médicales, il y aura la 5ème tranche de 80-100 ans où certains dans des réserves (comme à Miami) se créent des plaisirs et où d'autres attendront tapis dans leur fauteuil avec le futile espoir de ne pas mourir.
La vie est donc absurde : 20 ans d'envie d'être grand, puis seulement 20 d'adultes jeunes dont le temps est gaspillé par les études et/ou le travail et/ou les problèmes de couple, 10 ou 20 ans de maturité si on a de la chance et le reste où l'on vit sous le statut de vieux, soit pratiquement la moitié de la vie occupée parfois à regretter sa jeunesse si insouciamment brûlée. On croirait que la vie est écrite par les Monthy Pythons ?
La méchanceté héritée, le mal et le bien relatif
Je n'aime pas le fantasme de toute-puissance de la petite enfance sans morale et à l'autre bout, je n'aime pas non plus l'égoïsme trop souvent pervers des vieux et leur jouissance inconsciente de faire mal. Des amis qui vivent avec la vieille maman d'un des deux partenaires avaient le projet d'acheter une maison et pendant leurs vacances, la vieille mère cohabitante a aidé un neveu à acquérir ce bien, au prix négocié par son beau-fils. Que dire de plus ? Des histoires de cette méchanceté du quatrième âge se ramassent à la pelle comme auparavant le crottin de cheval. Dans son adolescence, notre fille aînée est entrée en conflit avec nous ses parents, période normale certes mais qui est dure émotionnellement à vivre pour tous. Mon beau-père vivant avec nous et généralement près de ses sous ne lui a jamais fait autant de cadeaux pour l'installer ailleurs à 18ans. Et ces cadeaux avaient un sens : "tu as raison de te révolter contre tes parents, regarde mon amour à moi comme il est chiffrable !". Il a fait beaucoup de mal à tous, nous avions réchauffé un serpent en notre sein et c'est cette enfant qui en a le plus souffert. Avec mon épouse, comme éducateurs responsables, nous nous sommes jurés de ne jamais faire des merdes pareilles à nos enfants lorsqu'ils seront parents d'ados mais au contraire, de toujours abonder dans leur sens pour ne pas déstabiliser les ados au niveau des repères.
L'argent est un outil qui, en de mauvaises mains, peut poursuivre de mauvais objectifs (l'exploitation minière du tiers-monde par exemple). Le don en lui-même est bon mais il ne doit pas se limiter à des cadeaux matériels en toc. Ces cadeaux affectifs peuvent être immatériels comme l'écoute, le réconfort, l'empathie, l'échange de parole "adulte-adulte", le sourire et l'affection de serrer un enfant dans ses bras (s'il vient dire bonjour évidemment). Boris CYRULNIK dit en substance que lorsque les parents sont complices entre eux et avec les grands-parents, ils procurent ainsi un milieu sécure pour les enfants, un nid affectif douillet qui permet de grandir.
De même, le psycho-pédiatre, Aldo NAOURI explique que nos querelles de vie/de couple ne devraient jamais prendre les enfants en otage (un travers des mères, semblerait-il). L'enfant vient de la mère qui peut le nourrir ou le laisser mourir de faim ? C'est elle qui va présenter à l'enfant l'autre du couple, celui qui est capable de résister à la mère sans pour autant en mourir.
Le triangle œdipien, quoi qu'on en dise, est stabilisateur. Lorsque la mère est en désamour du père, elle peut rester dans la dignité et ne pas casser l'image du père dans l'imaginaire de l'enfant (que nous restons tous, toute notre vie…quelque part pour jouer). En thérapie familiale, comme formateur, j'ai vécu une histoire horrible, celle d'un jeune garçon de plus de 20 ans qui détestait son père. Lorsque je lui ai demandé s'il connaissait son père, il m'a répondu par la négative, seule sa mère lui en avait parlé. Il le détestait par procuration sans jamais l'avoir vu, sa haine seulement alimentée par la propre haine de la mère.
Quels que soient les évènements vécus de notre histoire de vie et parfois réécrits de façon dramatique (ou simplement fantasmés), nous devons réussir à pardonner à nos parents pour nous délivrer de toute trace de haine et nous envoler vers le ciel de notre propre vie, ce que les bouddhistes et les taoïstes appellent le WOU-WEI "ne pas faire" (toujours névrotiquement plus de la même chose) et "lâcher-prise", tourner la page pour une pensée positive et constructive.
Comment transmettre la rigueur et la joie ?
Il en va de même pour nos passions d'amour et/ou de haine, depuis 2500 ans en Grèce avec HERACLITE d'Ephèse et aussi en Asie depuis 3500 ans avec le TAO de Lao-Tseu et Tchouang-Tseu : chaque chose porte en elle son propre contraire : le bien et le mal, le Yin et le Yang, la lumière et l'obscurantisme. Par exemple, mes amis africains ont les ténèbres de la sorcellerie mais aussi des sociétés d'initiation orale où il faut mourir à nos représentations stéréotypées pour renaître en maîtrisant le côté obscur sans pour autant le dénier. Les initiations de diverses ethnies se recoupent dans un archétype symbolique commun à l'humanité et pointé par JUNG.
Comment communiquer l'essentiel d'une éducation positive pour nos petits-enfants par exemple ? Comment, en quelque sorte, oser écrire des principes pédagogiques après le grand Jean-Jacques ROUSSEAU ("L'Emile") ? Sinon quelques bribes que l'on juge, avec le temps passé, importantes pour soi Par exemple, ma génération de 1968 était idéologiquement antiautoritaire (libertaire et anarchiste) et elle avait tort car les règles, pour autant qu'elles ne soient plus des fessées ou d'autres violences disproportionnées, sont nécessaires. Je pense à un petit homme de 5 ans qui gifle sa mère; la réaction arc-réflexe de bonne santé est bien sûr de lui en retourner une à la vitesse du vent. Il ne faut pas croire certaines idées malsaines des Evangiles (tendre la joue gauche) mais fixer des balises (Action-réaction). Le pédagogue Patrick TRAUBE a, à ce sujet, écrit un bon petit manuel : "Eduquer, c'est aussi punir !".
Mais cela étant posé, je pense qu'il faut surtout encourager, féliciter, récompenser. Je vois trop de jeunes adultes timorés qui manquent de confiance en eux parce que lorsqu'ils auraient eu besoin d'un soutien particulièrement positif, ils ont reçu à la place sarcasmes et moqueries, des blessures bien plus saignantes qu'une simple gifle. Donc, ne faisons pas subir ce que nous avons parfois vécu et essayons de donner le meilleur de notre expérience pour enrichir les jeunes générations. Il en va de même avec la liberté, sexuelle bien sûr, dirait Wilhelm REICH mais surtout du plaisir et de la joie en général. Pourquoi juger les autres à l'aune d'un surmoi de fer que nous avons introjecté, pourquoi reprocher ou récriminer, quel en serait l'intérêt ? faire du mal ? Ne soyons pas avares de sourires et d'approbation, notre seule existence est trop courte face à la méchanceté héritée, nous devons nous changer au lieu de vouloir obsessionnellement changer l'autre. Tout ce qui alimente la vie, le plaisir, la joie est le bien et tout ce qui complexe, enferme, culpabilise et dogmatise est le mal. Profiter par exemple de la crédulité de nos petits-enfants pour les effrayer avec le diable, Hans rouf (le père fouettard) et l'enfer s'ils ne sont pas soumis et en même temps, leur dire que St Nicolas n'existe plus, que c'était se moquer de leur naïveté, c'est le mal car on n'a pas à profiter de cet âge tendre pour inculquer les croyances dominantes qui servent surtout les dominants (l'épée et le goupillon).
Les petits indiens Yanomami d'Amazonie qui jouent tout seuls tout nus le long de la rivière et à 14 ans copulent comme les grands en riant, c'est le bien par contre mon petit-fils de 5 ans qui joue à la PlayStation et qui explose des têtes d'ennemis, c'est le mal de cette technologie déshumanisante. Il n'a pas conscience que son plaisir de montée d'adrénaline correspond à tuer et à torturer quelqu'un virtuellement d'abord…Mon arrière-grand-mère a écouté son corps pour le beau petit Léon, "elle a fauté" et son père l'a jetée dehors à 17 ans, avec son bébé dans une brouette, puis il est retourné faire l'amour dans le noir avec sa femme (propriété) qui dans sa longue chemise de nuit avait un orifice "prévu pour voir le loup" sans regarder ces laides choses : c'est le mal.
Ces femmes semi-enterrées avec leur burkas et qui sont lapidées en cette fin 2009 parce qu'elles ont commis l'adultère toute seule (il n'y a jamais d'hommes complices exécutés dans la torture), c'est le mal absolu des talibans bêtes et méchants. En 1968, la jeune fille en mini-jupe qui prend la pilule anticonceptionnelle, c'est le bien (du temps d'avant le HIV). Tout ce qui interdit, tue, viole, condamne, comme le Pape des catholiques avec ses soutanes trop courtes qui tue indirectement des fidèles africains en refusant sans alternative plausible le préservatif, c'est le mal. Il en était déjà ainsi avec les silences de Pie XII, complice pour non assistance à juifs en danger (les 6 millions de la SHOAH). J'en profite pour solennellement excommunier RATSINGER et PIE XII et leur clique d'extrême droite et leur lobbies de l'Opus Dei pour crime contre le progrès et la vie humaine. J'en suis désolé pour mes amis chrétiens qui eux aussi ont honte de leur chef autocrate.
L'amour, disait Jacques LACAN, c'est le regard d'amour que l'autre pose sur moi et qui me valorise, c'est toujours une communication relationnelle. Et dans le dictionnaire de la psychanalyse on ne définit pas le concept seul mais associé amour-haine. En effet, le contraire de l'amour, n'est pas la haine qui est sa forme viciée par le mal; le contraire, c'est l'indifférence.
Le désir sexuel est flamboyant mais s'il est le seul élément d'une relation, celle-ci sera bien pauvre. Le couple basé sur l'affection réciproque de deux personnes est aussi une union économique, sociale et affective. Nos entités physiques sont en constante perturbation dans l'état de cohabitation et tout ce qui sera refoulé sera vomi un jour ou l'autre. Telle par exemple, la femme qui s'assigne les tâches ménagères puis qui reproche à son conjoint qu'il n'en fait pas lourd dans SON projet de propreté par exemple.
Notre travail relationnel implique une vigilance constante : d'une part, identifions nos colères sans prendre le plus proche animal à sang chaud comme bouc émissaire et d'autre part, cultivons les actes fraternels, gratuits sans attendre de retour même pas la conscientisation du don de notre amour. Exerçons-nous à ne pas nous prendre pour le centre du monde car l'ego est une invention cérébrale de notre petit moi. Soyons délicats dans nos expressions et moins farouches lorsque l'autre nous vexe, nos principales blessures sont celles de l'amour-propre. Par la mort, tout est automatiquement relatif, nous ne pouvons que le souhaiter aussi pour les amoureux sincères de fin de vie. Rappelons que faire l'amour est en entrée en matière nécessaire mais non suffisante et que le relationnel doit être un soutien et un plaisir de chaque instant. La vie sexuelle est dans le bas de la terre, l'érotisme, avec le souffle de chaleur humaine, est dans le haut de la tête et l'un ne fonctionne pas sans l'autre, la terre sans le ciel.
En synthèse, le bien et le mal sont des concepts relatifs variables selon ce que les hommes en font dans les cultures (Amazonie ou Europe) et les époques (les Yé-yé ou l'ère victorienne). Posez-vous la question du libre-arbitre: est-ce que tel acte "boire un verre de vin" fait du tort aux autres ou à moi-même ? Puis, est-ce que battre une femme à la masse musculaire inégale serait vraiment pour son bien ?. Nous sommes piégés depuis l'enfance car nous n'avons jamais eu de cours pour développer l'esprit critique de notre cerveau, rien que des règles, des dogmes et des normes. Retournez une claque à votre enfant qui vient de vous en donner une est un grand bien d'auto-respect de soi-même. Il ne s'agit pas de torturer ou de battre pour faire mal mais réagir simplement. Françoise DOLTO a dit un jour qu'une mère qui n'avait jamais secoué son enfant était une grande malade. Sortir du sommeil de la routine, de la répétition des habitudes de jugements de valeur et de nos préjugés pour "voir" au-delà de l'ignorance, la beauté et la force de la vie. Apprendre à vivre avec la mort qui nous effraye, c'est saisir que le temps de la vie est limité et qu'il est sage de pouvoir vivre chaque minute dans l'ici et maintenant, non dans l'angoisse du faire mais dans la joie de l'instant avec la philea, l'amour fraternel de l'humanité. Nous n'avons alors plus besoin de morale qui nous dicte le bien ou le mal mais une éthique d'homme sincère et authentique.
Jean-Marie LANGE,
21 décembre 2009,
Solstice d'hiver.
lundi 7 décembre 2009
Droits de l'Homme
L'oligarchie politique dominante en Wallonie a trahi le fondement démocratique de la séparation entre l'exécutif et le législatif, le 04.12.09 à 15h. La chambre du Sénat avait déjà voté l'interdiction totale du tabac pour 2012, nous faisons l'hypothèse que les lobbys des cigarettes ont travaillé le groupe PS pour reporter la décision en 2014, un choix en faveur de l'HORECA plutôt que de la vie humaine des fumeurs qui mourront en 2012, 2013 et 2014, soit le choix de l'économique AVANT celui de la santé des travailleurs. (JML)
L'oligarchie politique dominante en Wallonie a trahi le fondement démocratique de la séparation entre l'exécutif et le législatif, le 04.12.09 à 15h. La chambre du Sénat avait déjà voté l'interdiction totale du tabac pour 2012, nous faisons l'hypothèse que les lobbys des cigarettes ont travaillé le groupe PS pour reporter la décision en 2014, un choix en faveur de l'HORECA plutôt que de la vie humaine des fumeurs qui mourront en 2012, 2013 et 2014, soit le choix de l'économique AVANT celui de la santé des travailleurs. (JML)
mardi 1 décembre 2009
La KABBALE (SEFER HA ZOHAR)
"L'Un est le processus (l'énergie)
Le Deux est le Ciel (YANG) et la Terre (YIN)
Le Trois, ce couple et l'harmonie de leur devenir."
(Les Trois Précieux du TAO)
Hypothèse
Aujourd'hui, les droits de l'homme (et surtout de la femme) sont critiqués par les barbares islamistes terroristes. Le psychologue Carl Gustav JUNG, chercheur scientifique sans peur des hypothèses et non mystique, évoque la probabilité d'archétypes communes à l'humanité en ce qui concerne les valeurs les plus sacrées (au-delà des trois religions abrahamiques, dites du livre) comme par exemple, le soufisme, la Kabbale, le Tao, les Upanishads, la philosophie sans Dieu du zen, etc. Ci-après une lecture laïque des dix sefirot du ZOHAR. Nous ne sommes qu'une seule humanité qui voudrait rassembler les gens de bonne volonté dans une écologie citoyenne pour la dignité humaine et une spiritualité éthique, car nous sommes nombreux comme les épis de blé mais les tueurs fascistes sont et seront toujours là, le côté obscur de la force.
Les dix sefirot
1. KETER ou "la couronne" ou encore la volonté de vivre qui agit dans notre entité, dans l'ici et maintenant pour évoluer et sortir de nous-mêmes : "je serai !". Nous devons connaître les racines de notre histoire de vie sans pour autant nous enfermer dans un passé nostalgique bloquant. Tout comme le futur ne doit pas devenir une fuite activiste en avant, dans le faire névrotique. L'idée est de rester vivant tout en faisant des projets non aliénants.
La couronne est une forme qui encercle le lieu et le temps et nous nous sommes dans le présent de l'ici et maintenant avec sérénité, tout en restant concentrés sur l'action de l'instant et non sur le plus tard: "Quand j'écris, j'écris!" dit également le TAO (la Voie).
2. KOKHMA ou "la sagesse". L'éveil de la conscience commence lorsque l'on est capable de se remettre en question et de s'interroger sur toutes nos certitudes, celles qui ne font pas de doute. L'homme n'a pas d'autre sens que d'être, il n'y a pas d'essence, juste l'existence d'une entité biologique. Voyager n'est pas partir vers des continents lointains mais conscientiser – au-delà des habitudes et des routines - la présence des humains proches qui nous entourent.
Posons un regard et redécouvrons l'autre, ouvrons-nous par la pensée positive et le sourire à son altérité.
Comme à l'aube de l'humanité, regarder avec notre cœur d'enfant non encore figé dans des habitudes, préjugés, convictions, foi et théories non vérifiées.
L'homme que nous étions hier n'est plus, nous sommes en perpétuel devenir, nous émergeons toujours différents au-delà des simples rides reflétées dans le miroir du temps. Si nous arrêtons d'apprendre et de changer, nous serons phagocytés par notre entropie en "vieux qui ne bougent plus et qui attendent !"(BREL).
Soyons humbles et à l'écoute sincère de la parole de l'autre, améliorons les idées des autres de nos commentaires créatifs plutôt que de les juger et de les combattre. Interrogeons au lieu de vouloir convaincre, affinons nos questions plutôt que d'accepter dans la hâte des réponses superficielles. Le KOKHMA est appelé "père".
3. BINA ou "l'intelligence". La Bina dite également Ima est appelée "mère", c'est la possibilité de déduire ou d'induire par l'intuition créative à partir de la logique analytique masculine. Celle-ci permet une insertion dans la technologie du monde avec le lien cause-effet. BINA est reliée à la langue maternelle, elle est à gauche du corps et activée par le cerveau droit.
Les matières techniques, technologiques et verbales sont traitées par le cerveau gauche masculin, les perceptions visuelles et les émotions permettant le choix dans diverses logiques sont de la capacité de l'hémisphère cérébral droit.
3. DHAAT. La BINA et la sefira de HOHKMA sont reliées par la sefira cachée DHAAT pour former un SEYOL soit un triangle équilatéral avec la base en haut, c'est le symbole de la paix, de l'équilibre et de l'harmonie. Le lien entre le rationalisme et un intellectualisme ouvert différent de la pensée logique. Entre la raison et l'intuition poétique, le DHAAT ou intelligence émotionnelle résulte de l'expérience de notre histoire de vie, la joie ou la tristesse que nous pouvons ressentir. En dynamique des groupes, on parle à cet effet du "Ressenti".
Notre civilisation a développé une hyper activation de notre hémisphère gauche logique; or, nous avons bien, homme et femme, les deux hémisphères, le droit est actif et sous-employé et donc à se réapproprier (surtout par les hommes à la sensibilité un peu étouffée). C'est le principe du psychosociologue Kurth LEWIN : "la somme est supérieure à l'addition des parties" et avec nos hémisphères en phase, nous avons l'émergence EN PLUS de la raison et des émotions. Ce sont en effet ces dernières qui nous permettent de décider sur les spéculations du gauche, ce qui fait notre supériorité sur le travail mécanique plus mathématique de l'ordinateur qui lui ne peut que supputer indéfiniment et non réussir à faire des choix dans la complexité humaine.
4. GUEVOURA ou DIN (la rigueur masculine) et
5. HESSED (l'amour féminin) dont le SEGOL est l'harmonie :
6. TIFERET avec les notions de bien et de mal reliées.
"Le roi Salomon envoya chercher Hiram de Tsor. Il était plein de sagesse, de discernement et de pénétration. Il vint vers le roi Salomon et réalisa le temple. Il forma les deux colonnes de bronze. Elles étaient creuses et d'une épaisseur de quatre doigts.
Il éleva la colonne de droite et nomma son nom, YAKHIN. Il éleva la colonne de gauche et nomma son nom, BOAZ."(Livre des rois, I, 7,21) Les deux colonnes creuses ont un rôle symbolique. Elles permettent à la lumière de l'infini de descendre et de circuler à l'intérieur. La première colonne, yakhin signifie : "Il rend ferme, il donne un sens à l'existence, il fonde le "oui" du monde. La seconde colonne, boaz, signifie :"en lui la force". La colonne yakhin est le héssèd. La colonne boaz, le din. Nous avons parlé de trois colonnes dans la Kabbale. En fait, c'est l'homme lui-même qui réalise la troisième en se situant entre les deux colonnes; il harmonise en lui le din et le héssèd."[1]
Est "bien" tout ce qui tend à être en accord avec la force créatrice du vivant. Est "mal" tout ce qui s'oppose à la vibration de cette force/souffle/énergie. Mais nuançons, le mal peut être ce qui s'oppose aux pulsions psychopathes, aux instincts animaux et au néolibéralisme et à notre monde imparfait en général. Mais aussi, l'homme qui agit sa liberté a le courage de croquer la pomme de la connaissance pour poursuivre sa croissance intellectuelle et son perfectionnement, dans ce cas le "bien " de Dieu devient un "mal" qui sanctionne la volonté de croissance de sa créature en l'excluant du jardin d'Eden, la loi de Dieu opposée à la liberté de l'esprit et aux lois de la nature qu'il aurait créée en étant parfait ?
Tout ce qui fige, qui affaiblit, qui veut contrôler par des répétitions mécaniques, des inhibitions, des culpabilisations, des habitudes, des certitudes et la passivité est le mal. Le "bien absolu" d'une hypothèse divine est le mal absolu qui exclut la liberté et l'évolution de la créature, dit clairement la Kabbale. Selon les contextes donc, il nous faut jongler dialectiquement avec NIETZSCHE entre parfait et imparfait pour dépasser ce paradoxe de la subjectivité.
Le cercle par ses lois enferme tout progrès de la liberté, son rayon, la droite qui va de l'avant symbolise la réalité en développement, l'ouverture du mouvement du centre vers la périphérie inconnue. La vérité est dans cette harmonie entre les lois répétitives et innovatrices, entre din et héssèd. Le din, c'est la loi naturelle de la physique et de la gravitation, c'est l'orientation sociale de l'institué avec la rigueur et la justice; le din, c'est donc le cercle mais aussi le point refermé sans espace ni temps, c'est une configuration close qui a besoin de la force instituante de la créativité en mouvement du héssèd. Les lois sont le cercle et la droite créée par la règle peut dépasser le rayon, dans une poussée utopiste pour les lois de demain.
Le héssèd abolit le repos, le statique, la ligne est dynamique et opposée au point et par le mouvement, elle crée l'énergie vitale, le don et l'amour, la bonté et le geste vers l'autre mais aussi le désir insatiable d'être autre, soit aussi bien le feu de la passion que le désir de se perfectionner. Un monde ordonné et structuré qui manquerait de rêves et de la créativité serait étouffant, un monde qui ne serait que poésie, imagination et amour serait éthéré, sans forme stable. TIFERED unit la structure stable du cercle clos (din) avec le souffle vital, le cercle ouvert en spirale (héssèd). La pulsation de la vie et la rigueur des institutions pour vivre ensemble en harmonie dans nos institutions démocratiques toujours fluctuantes et dans le changement, sinon risquant de devenir totalitaire.
"Le but de l'initiation humaine est la réintégration de l'homme dans son essence, à la fois par l'intellect et par le cœur, par une sorte de nostalgie d'un rythme de Lumière et d'Harmonie dont le souvenir et l'espérance demeurent au plus profond de nous. Nous rappelons ici que ce "souvenir" est l'un des archétypes de Carl Gustav JUNG. La phrase tirée de la Table d'Emeraude d'Hermès Trismégiste est célèbre : "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, pour accomplir le miracle de l'unité.""[2]. Le lien entre l'univers et l'homme poussière d'étoile.
7. NETSAH (Victoire) et 8. HOD (Splendeur) forment le SEYOL 9. YESSOD (Transmettre).
Nétsah est la maîtrise (victoire sur nos pulsions ?). L'homme en Education permanente a d'abord travaillé son émancipation et accepté d'être dans ce qu'il fait (et non dans la soumission à la volonté des autres) : KETER.
Puis, il a organisé son esprit pour utiliser ses analyses rationnelles et sa créativité intellectuelle (KOKHMA-BINA-DAAT), il a ensuite posé ses repères avec la règle et l'équerre de la rigueur de la terre et le compas du ciel et de la lune pour les confronter avec la compassion et la passion (l'eau et le feu) pour enfin découvrir une harmonie qui lui est propre à partir des éléments symboliques fondamentaux. L'homme maîtrise ses pulsions mais refuse de se contenter de la contemplation pour au contraire s'investir dans l'action sociale, pour la veuve et l'orphelin, le changement du monde. Il a la force pour aider à une organisation sociale plus équitable, que le monde soit plus juste pour le plus grand nombre.
Une porte ne peut être à la fois ouverte et fermée et lorsque nous ne nous engageons pas pour la sagesse et la responsabilité, nous soutenons le monde tel qu'il est, selon la volonté de Dieu, avec les grandes famines qui vont être en recrudescence en 2010 résultant de la surexploitation néolibérale. Le pragmatisme technique de NTESAH serait de tendre au contrôle de la politique pour en exclure l'oligarchie politicienne avant de sombrer à nouveau dans un totalitarisme réactionnel provoqué par le népotisme et la corruption.
8. HOD est le sefira de la beauté, de l'esthétique. L'œuvre d'art fait rêver l'âme et réjouit le cœur, le voyage vers des contrées lointaines aux sites époustouflants peut être aussi une mise en mouvement vers la beauté quotidienne. Regarder une belle femme avec ses courbes harmonieuses, de petits seins fermes, de petites fesses et un sourire qui donne à voir son âme n'est pas paillardise et luxure mais au contraire sublimation car comme la beauté d'un masque africain, pourquoi vouloir toujours posséder ce que l'on peut admirer (le couché de soleil par exemple) au lieu de se limiter à la maîtrise de soi. A ce sujet, la Kabbale, nous dit : "Il est interdit d'être vieux" car "vivre, c'est naître à chaque instant" (FROMM[3]) dans l'émotion de toutes les beautés qui nous entourent.
En ces temps troublés par la violence sanguinaire des intégristes islamistes, soulignons les poètes du soufisme [4] ("Tout est en tout"), comme Attar (crucifié en 922 sous les Abbasides) :
"Désormais, il n'y a plus entre moi et Dieu d'intermédiaire, ni nécessité de démonstration pour me convaincre. J'ai renié le culte de Dieu; ce reniement était pour moi un devoir, j'ai vu mon seigneur par l'œil du cœur. Je dis "Qui es-tu ?". Il répondit : "Toi"(…) Ayant bu des mers entières, nous restons tout étonnés que nos lèvres soient encore aussi sèches que la plage et toujours cherchons la mer pour les y tremper. Sans voir que nos lèvres sont la plage et que nous sommes la mer.", ou encore Omar Khayyâm (XII°) : "Maintenant, ni hier, ni demain (car) hier est bien loin, mon ami, et demain n'est pas encore venu. Rends heureux maintenant ton cœur malade d'amour. Au clair de la lune, bois le vin, car cet astre nous cherchera demain et ne nous verra plus."[5]
9. YESSOD ou "le fondement" de la transmission et en-dessous de lui mais en lien il y a le dernier sefira: 10. MALKHOUT, recevoir. C'est la conjonction de donner et recevoir, du YIN et du YANG. Il faut pouvoir donner ce que l'on a soi-même reçu. L'enseignement des valeurs unit, alimente le lien intergénérationnel. Il ne restera rien de notre corps et de notre esprit mais nos parcelles de sagesse peuvent migrer dans les nouvelles générations. Savoir donner est facile mais il faut aussi être capable de recevoir avec humilité. Etre ouvert, réceptif aux lumières de Socrate ou de Diderot qui nous viennent en quelque sorte des deux premiers sefirot HOKHMA (sagesse) et BINA (tendresse). Notons que chaque sefira est à la fois masculin et féminin, il s'agit de symboles. Recevoir et donner, c'est partager, nos rêves et découvrir le plaisir d'EPICURE, la joie et l'éthique de SPINOZA et le lien entre la pensée et l'action.
En conclusion sommaire
La joie est liée à cette capacité d'échanger, de se dire pour briser le cercle des pensées toutes faites, c'est l'homme qui s'invente par son histoire de vie acceptée et exprimée. Il ne devrait pas y avoir de barrières entre l'intellect et le corps, la joie d'être en bonne santé et la lumière de l'orgasme. Nous devons prendre soin de notre histoire (passé-présent-futur) dans l'axe, pour nous linéaire, de la temporalité : ce que nous sommes ici et maintenant, ce que nous avons été et ce que nous pourrons devenir.
Nous pourrions réécrire la formule de René DESCARTES "je pense donc je suis !" avec le bouillonnement de la vie-mort ; je lis, j'interprète, je pense, je critique, je m'oppose, j'écoute, j'écris, je questionne, je réponds, je cite, je raconte, je nomme, je discute, j'interpelle, j'apprends, j'enseigne, donc je vis, je suis, même s'il n'y a pas de JE, juste l'énergie et le mouvement : une harmonie.
Jean-Marie Lange,
24.11.2009.
[1] OUAKNIN Marc-Alain, MYSTERES de la KABBALE, Paris, Assouline, 2005, p.217.
[2] RIFFLET Jacques, Les Mondes du sacré, Bruxelles, Mols, 2009, p.710-711.
[3] FROMM E., SUZUKI D.Z., de MARTINO R., Bouddhisme zen et psychanalyse, Paris, PUF, 1981 : " Après avoir réussi à s'épargner le travail et avoir acquis tout le loisir désirable pour se consacrer au plaisir ou à n'importe quelle autre forme d'occupation, les peuples modernes s'affairent à découvrir mille raisons pour se plaindre' de l'insatisfaction de leur vie et à inventer des armes capables de tuer des milliers d'êtres humains par la simple pression d'un bouton. A les entendre, c'est pour préparer la paix !
N'est-il pas stupéfiant de voir que si le mal fondamental, dissimulé dans la nature humaine, n'est pas détruit et que le champ libre est laissé entièrement à l'intellect, il s'escrimera à découvrir le moyen le plus facile et le plus rapide pour se rayer de la surface de la terre."(p.78-79).
[4] LINGS Martin, Qu'est-ce que le soufisme ?, Paris, Points, 1977.
[5] RIFFLET J., ibid., p.353.
"L'Un est le processus (l'énergie)
Le Deux est le Ciel (YANG) et la Terre (YIN)
Le Trois, ce couple et l'harmonie de leur devenir."
(Les Trois Précieux du TAO)
Hypothèse
Aujourd'hui, les droits de l'homme (et surtout de la femme) sont critiqués par les barbares islamistes terroristes. Le psychologue Carl Gustav JUNG, chercheur scientifique sans peur des hypothèses et non mystique, évoque la probabilité d'archétypes communes à l'humanité en ce qui concerne les valeurs les plus sacrées (au-delà des trois religions abrahamiques, dites du livre) comme par exemple, le soufisme, la Kabbale, le Tao, les Upanishads, la philosophie sans Dieu du zen, etc. Ci-après une lecture laïque des dix sefirot du ZOHAR. Nous ne sommes qu'une seule humanité qui voudrait rassembler les gens de bonne volonté dans une écologie citoyenne pour la dignité humaine et une spiritualité éthique, car nous sommes nombreux comme les épis de blé mais les tueurs fascistes sont et seront toujours là, le côté obscur de la force.
Les dix sefirot
1. KETER ou "la couronne" ou encore la volonté de vivre qui agit dans notre entité, dans l'ici et maintenant pour évoluer et sortir de nous-mêmes : "je serai !". Nous devons connaître les racines de notre histoire de vie sans pour autant nous enfermer dans un passé nostalgique bloquant. Tout comme le futur ne doit pas devenir une fuite activiste en avant, dans le faire névrotique. L'idée est de rester vivant tout en faisant des projets non aliénants.
La couronne est une forme qui encercle le lieu et le temps et nous nous sommes dans le présent de l'ici et maintenant avec sérénité, tout en restant concentrés sur l'action de l'instant et non sur le plus tard: "Quand j'écris, j'écris!" dit également le TAO (la Voie).
2. KOKHMA ou "la sagesse". L'éveil de la conscience commence lorsque l'on est capable de se remettre en question et de s'interroger sur toutes nos certitudes, celles qui ne font pas de doute. L'homme n'a pas d'autre sens que d'être, il n'y a pas d'essence, juste l'existence d'une entité biologique. Voyager n'est pas partir vers des continents lointains mais conscientiser – au-delà des habitudes et des routines - la présence des humains proches qui nous entourent.
Posons un regard et redécouvrons l'autre, ouvrons-nous par la pensée positive et le sourire à son altérité.
Comme à l'aube de l'humanité, regarder avec notre cœur d'enfant non encore figé dans des habitudes, préjugés, convictions, foi et théories non vérifiées.
L'homme que nous étions hier n'est plus, nous sommes en perpétuel devenir, nous émergeons toujours différents au-delà des simples rides reflétées dans le miroir du temps. Si nous arrêtons d'apprendre et de changer, nous serons phagocytés par notre entropie en "vieux qui ne bougent plus et qui attendent !"(BREL).
Soyons humbles et à l'écoute sincère de la parole de l'autre, améliorons les idées des autres de nos commentaires créatifs plutôt que de les juger et de les combattre. Interrogeons au lieu de vouloir convaincre, affinons nos questions plutôt que d'accepter dans la hâte des réponses superficielles. Le KOKHMA est appelé "père".
3. BINA ou "l'intelligence". La Bina dite également Ima est appelée "mère", c'est la possibilité de déduire ou d'induire par l'intuition créative à partir de la logique analytique masculine. Celle-ci permet une insertion dans la technologie du monde avec le lien cause-effet. BINA est reliée à la langue maternelle, elle est à gauche du corps et activée par le cerveau droit.
Les matières techniques, technologiques et verbales sont traitées par le cerveau gauche masculin, les perceptions visuelles et les émotions permettant le choix dans diverses logiques sont de la capacité de l'hémisphère cérébral droit.
3. DHAAT. La BINA et la sefira de HOHKMA sont reliées par la sefira cachée DHAAT pour former un SEYOL soit un triangle équilatéral avec la base en haut, c'est le symbole de la paix, de l'équilibre et de l'harmonie. Le lien entre le rationalisme et un intellectualisme ouvert différent de la pensée logique. Entre la raison et l'intuition poétique, le DHAAT ou intelligence émotionnelle résulte de l'expérience de notre histoire de vie, la joie ou la tristesse que nous pouvons ressentir. En dynamique des groupes, on parle à cet effet du "Ressenti".
Notre civilisation a développé une hyper activation de notre hémisphère gauche logique; or, nous avons bien, homme et femme, les deux hémisphères, le droit est actif et sous-employé et donc à se réapproprier (surtout par les hommes à la sensibilité un peu étouffée). C'est le principe du psychosociologue Kurth LEWIN : "la somme est supérieure à l'addition des parties" et avec nos hémisphères en phase, nous avons l'émergence EN PLUS de la raison et des émotions. Ce sont en effet ces dernières qui nous permettent de décider sur les spéculations du gauche, ce qui fait notre supériorité sur le travail mécanique plus mathématique de l'ordinateur qui lui ne peut que supputer indéfiniment et non réussir à faire des choix dans la complexité humaine.
4. GUEVOURA ou DIN (la rigueur masculine) et
5. HESSED (l'amour féminin) dont le SEGOL est l'harmonie :
6. TIFERET avec les notions de bien et de mal reliées.
"Le roi Salomon envoya chercher Hiram de Tsor. Il était plein de sagesse, de discernement et de pénétration. Il vint vers le roi Salomon et réalisa le temple. Il forma les deux colonnes de bronze. Elles étaient creuses et d'une épaisseur de quatre doigts.
Il éleva la colonne de droite et nomma son nom, YAKHIN. Il éleva la colonne de gauche et nomma son nom, BOAZ."(Livre des rois, I, 7,21) Les deux colonnes creuses ont un rôle symbolique. Elles permettent à la lumière de l'infini de descendre et de circuler à l'intérieur. La première colonne, yakhin signifie : "Il rend ferme, il donne un sens à l'existence, il fonde le "oui" du monde. La seconde colonne, boaz, signifie :"en lui la force". La colonne yakhin est le héssèd. La colonne boaz, le din. Nous avons parlé de trois colonnes dans la Kabbale. En fait, c'est l'homme lui-même qui réalise la troisième en se situant entre les deux colonnes; il harmonise en lui le din et le héssèd."[1]
Est "bien" tout ce qui tend à être en accord avec la force créatrice du vivant. Est "mal" tout ce qui s'oppose à la vibration de cette force/souffle/énergie. Mais nuançons, le mal peut être ce qui s'oppose aux pulsions psychopathes, aux instincts animaux et au néolibéralisme et à notre monde imparfait en général. Mais aussi, l'homme qui agit sa liberté a le courage de croquer la pomme de la connaissance pour poursuivre sa croissance intellectuelle et son perfectionnement, dans ce cas le "bien " de Dieu devient un "mal" qui sanctionne la volonté de croissance de sa créature en l'excluant du jardin d'Eden, la loi de Dieu opposée à la liberté de l'esprit et aux lois de la nature qu'il aurait créée en étant parfait ?
Tout ce qui fige, qui affaiblit, qui veut contrôler par des répétitions mécaniques, des inhibitions, des culpabilisations, des habitudes, des certitudes et la passivité est le mal. Le "bien absolu" d'une hypothèse divine est le mal absolu qui exclut la liberté et l'évolution de la créature, dit clairement la Kabbale. Selon les contextes donc, il nous faut jongler dialectiquement avec NIETZSCHE entre parfait et imparfait pour dépasser ce paradoxe de la subjectivité.
Le cercle par ses lois enferme tout progrès de la liberté, son rayon, la droite qui va de l'avant symbolise la réalité en développement, l'ouverture du mouvement du centre vers la périphérie inconnue. La vérité est dans cette harmonie entre les lois répétitives et innovatrices, entre din et héssèd. Le din, c'est la loi naturelle de la physique et de la gravitation, c'est l'orientation sociale de l'institué avec la rigueur et la justice; le din, c'est donc le cercle mais aussi le point refermé sans espace ni temps, c'est une configuration close qui a besoin de la force instituante de la créativité en mouvement du héssèd. Les lois sont le cercle et la droite créée par la règle peut dépasser le rayon, dans une poussée utopiste pour les lois de demain.
Le héssèd abolit le repos, le statique, la ligne est dynamique et opposée au point et par le mouvement, elle crée l'énergie vitale, le don et l'amour, la bonté et le geste vers l'autre mais aussi le désir insatiable d'être autre, soit aussi bien le feu de la passion que le désir de se perfectionner. Un monde ordonné et structuré qui manquerait de rêves et de la créativité serait étouffant, un monde qui ne serait que poésie, imagination et amour serait éthéré, sans forme stable. TIFERED unit la structure stable du cercle clos (din) avec le souffle vital, le cercle ouvert en spirale (héssèd). La pulsation de la vie et la rigueur des institutions pour vivre ensemble en harmonie dans nos institutions démocratiques toujours fluctuantes et dans le changement, sinon risquant de devenir totalitaire.
"Le but de l'initiation humaine est la réintégration de l'homme dans son essence, à la fois par l'intellect et par le cœur, par une sorte de nostalgie d'un rythme de Lumière et d'Harmonie dont le souvenir et l'espérance demeurent au plus profond de nous. Nous rappelons ici que ce "souvenir" est l'un des archétypes de Carl Gustav JUNG. La phrase tirée de la Table d'Emeraude d'Hermès Trismégiste est célèbre : "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, pour accomplir le miracle de l'unité.""[2]. Le lien entre l'univers et l'homme poussière d'étoile.
7. NETSAH (Victoire) et 8. HOD (Splendeur) forment le SEYOL 9. YESSOD (Transmettre).
Nétsah est la maîtrise (victoire sur nos pulsions ?). L'homme en Education permanente a d'abord travaillé son émancipation et accepté d'être dans ce qu'il fait (et non dans la soumission à la volonté des autres) : KETER.
Puis, il a organisé son esprit pour utiliser ses analyses rationnelles et sa créativité intellectuelle (KOKHMA-BINA-DAAT), il a ensuite posé ses repères avec la règle et l'équerre de la rigueur de la terre et le compas du ciel et de la lune pour les confronter avec la compassion et la passion (l'eau et le feu) pour enfin découvrir une harmonie qui lui est propre à partir des éléments symboliques fondamentaux. L'homme maîtrise ses pulsions mais refuse de se contenter de la contemplation pour au contraire s'investir dans l'action sociale, pour la veuve et l'orphelin, le changement du monde. Il a la force pour aider à une organisation sociale plus équitable, que le monde soit plus juste pour le plus grand nombre.
Une porte ne peut être à la fois ouverte et fermée et lorsque nous ne nous engageons pas pour la sagesse et la responsabilité, nous soutenons le monde tel qu'il est, selon la volonté de Dieu, avec les grandes famines qui vont être en recrudescence en 2010 résultant de la surexploitation néolibérale. Le pragmatisme technique de NTESAH serait de tendre au contrôle de la politique pour en exclure l'oligarchie politicienne avant de sombrer à nouveau dans un totalitarisme réactionnel provoqué par le népotisme et la corruption.
8. HOD est le sefira de la beauté, de l'esthétique. L'œuvre d'art fait rêver l'âme et réjouit le cœur, le voyage vers des contrées lointaines aux sites époustouflants peut être aussi une mise en mouvement vers la beauté quotidienne. Regarder une belle femme avec ses courbes harmonieuses, de petits seins fermes, de petites fesses et un sourire qui donne à voir son âme n'est pas paillardise et luxure mais au contraire sublimation car comme la beauté d'un masque africain, pourquoi vouloir toujours posséder ce que l'on peut admirer (le couché de soleil par exemple) au lieu de se limiter à la maîtrise de soi. A ce sujet, la Kabbale, nous dit : "Il est interdit d'être vieux" car "vivre, c'est naître à chaque instant" (FROMM[3]) dans l'émotion de toutes les beautés qui nous entourent.
En ces temps troublés par la violence sanguinaire des intégristes islamistes, soulignons les poètes du soufisme [4] ("Tout est en tout"), comme Attar (crucifié en 922 sous les Abbasides) :
"Désormais, il n'y a plus entre moi et Dieu d'intermédiaire, ni nécessité de démonstration pour me convaincre. J'ai renié le culte de Dieu; ce reniement était pour moi un devoir, j'ai vu mon seigneur par l'œil du cœur. Je dis "Qui es-tu ?". Il répondit : "Toi"(…) Ayant bu des mers entières, nous restons tout étonnés que nos lèvres soient encore aussi sèches que la plage et toujours cherchons la mer pour les y tremper. Sans voir que nos lèvres sont la plage et que nous sommes la mer.", ou encore Omar Khayyâm (XII°) : "Maintenant, ni hier, ni demain (car) hier est bien loin, mon ami, et demain n'est pas encore venu. Rends heureux maintenant ton cœur malade d'amour. Au clair de la lune, bois le vin, car cet astre nous cherchera demain et ne nous verra plus."[5]
9. YESSOD ou "le fondement" de la transmission et en-dessous de lui mais en lien il y a le dernier sefira: 10. MALKHOUT, recevoir. C'est la conjonction de donner et recevoir, du YIN et du YANG. Il faut pouvoir donner ce que l'on a soi-même reçu. L'enseignement des valeurs unit, alimente le lien intergénérationnel. Il ne restera rien de notre corps et de notre esprit mais nos parcelles de sagesse peuvent migrer dans les nouvelles générations. Savoir donner est facile mais il faut aussi être capable de recevoir avec humilité. Etre ouvert, réceptif aux lumières de Socrate ou de Diderot qui nous viennent en quelque sorte des deux premiers sefirot HOKHMA (sagesse) et BINA (tendresse). Notons que chaque sefira est à la fois masculin et féminin, il s'agit de symboles. Recevoir et donner, c'est partager, nos rêves et découvrir le plaisir d'EPICURE, la joie et l'éthique de SPINOZA et le lien entre la pensée et l'action.
En conclusion sommaire
La joie est liée à cette capacité d'échanger, de se dire pour briser le cercle des pensées toutes faites, c'est l'homme qui s'invente par son histoire de vie acceptée et exprimée. Il ne devrait pas y avoir de barrières entre l'intellect et le corps, la joie d'être en bonne santé et la lumière de l'orgasme. Nous devons prendre soin de notre histoire (passé-présent-futur) dans l'axe, pour nous linéaire, de la temporalité : ce que nous sommes ici et maintenant, ce que nous avons été et ce que nous pourrons devenir.
Nous pourrions réécrire la formule de René DESCARTES "je pense donc je suis !" avec le bouillonnement de la vie-mort ; je lis, j'interprète, je pense, je critique, je m'oppose, j'écoute, j'écris, je questionne, je réponds, je cite, je raconte, je nomme, je discute, j'interpelle, j'apprends, j'enseigne, donc je vis, je suis, même s'il n'y a pas de JE, juste l'énergie et le mouvement : une harmonie.
Jean-Marie Lange,
24.11.2009.
[1] OUAKNIN Marc-Alain, MYSTERES de la KABBALE, Paris, Assouline, 2005, p.217.
[2] RIFFLET Jacques, Les Mondes du sacré, Bruxelles, Mols, 2009, p.710-711.
[3] FROMM E., SUZUKI D.Z., de MARTINO R., Bouddhisme zen et psychanalyse, Paris, PUF, 1981 : " Après avoir réussi à s'épargner le travail et avoir acquis tout le loisir désirable pour se consacrer au plaisir ou à n'importe quelle autre forme d'occupation, les peuples modernes s'affairent à découvrir mille raisons pour se plaindre' de l'insatisfaction de leur vie et à inventer des armes capables de tuer des milliers d'êtres humains par la simple pression d'un bouton. A les entendre, c'est pour préparer la paix !
N'est-il pas stupéfiant de voir que si le mal fondamental, dissimulé dans la nature humaine, n'est pas détruit et que le champ libre est laissé entièrement à l'intellect, il s'escrimera à découvrir le moyen le plus facile et le plus rapide pour se rayer de la surface de la terre."(p.78-79).
[4] LINGS Martin, Qu'est-ce que le soufisme ?, Paris, Points, 1977.
[5] RIFFLET J., ibid., p.353.
lundi 30 novembre 2009
J'AI RÊVE DE LA MORT !
"L'homme est son propre maître et il n'ya pas d'être plus élevé, ni de puissance qui siège, au-dessus de lui, en juge de sa destinée. Le BOUDDHA enseignait, encourageait et stimulait chacun à se développe et à travailler à son émancipation, car l'homme a le pouvoir, par son effort personnel et par son intelligence, de se libérer de toute servitude."(Walpola Rahula)[1]
La mort n'est rien dit le poète, mais la souffrance si !
Jacques BREL en effet, nous dit, comme Epicure [2], que, lorsque nous somme morts nous ne sentons plus rien mais les survivants souffrent de notre disparition. De même, certaines personnes souffrent le martyr de douleurs physiques liées à des maux inguérissables que la mansuétude des humains supprime avec l'euthanasie, d'où la nécessité dans cette situation de bien choisir sa clinique pour ne pas tomber chez des chrétiens obscurantistes qui prolongent la souffrance en acharnement thérapeutique, ce n'est pas la leur mais celle de leur valeur qu'ils veulent imposer aux autres malgré nos lois.
Par contre, il existe un type de souffrance dit de représentation et celle-là, nous pouvons l'adoucir par la pratique de la méditation. Non pas la nier au contraire la reconnaître pour la relativiser : des peines de cœur, l'abandon, la jalousie, l'envie, l'orgueil déçu, etc.
Sacrifier notre joie de vie et traîner la seule existence que nous ayons sur la promesse d'une sotériologie est infiniment dommageable pour nos frères de l'humanité tombés sous le pouvoir mental de sectes ayant réussi que l'on appelle religions. Il n'est pas vrai que la foi déplace les montagnes, ce sont les montagnes qui écrasent les hommes qui ont la foi.
A l'heure de notre mort, le cerveau secrète dans l'organisme des substances chimiques opiacées endogènes : les endorphines mais aussi les endopsychosines et encéphalines, d'où les témoignages apaisés des NDE (expérience de mort clinique puis de réanimation : le couloir et la lumière).[3]
Qu'est-ce que la conscience ?
Au IV° siècle av. JC, PLATON définit la conscience de soi comme étant la raison contrôlant – autant que faire se peut – le désir, ce que l'on appelle aussi le self-control. L'individualisme n'était pas à cette époque ce qu'il est aujourd'hui, un super ego bouffi de désirs [4]. Pour le philosophe, la raison était d'abord la capacité de l'homme à appréhender l'ordre du cosmos. Si l'on observe la vie à la lumière de l'infini du cosmos, pensaient les Grecs, on s'ordonne par acceptation et amour de l'ordre infini, non en fonction de nos pulsions animales déterminées par nos pulsions sexuelles.
Cette observation de l'ordre extérieur des choses de l'univers va être dévitalisée par la chrétienté et remplacée par une transcendance dans les cieux, soit la couche de l'atmosphère sur une terre plate (St Augustin au IV°s ).
Au XVII° siècle, avec René DESCARTES, nous sommes enfin dans la raison mais aussi dans une époque de construction mécanique de l'univers (le bel ordonnancement des planètes) et le sujet est instrumentalisé en tranches (" je pense donc je suis, je suis…"). La conscience individuelle est en relation avec l'être complexe comme avec un outil; aujourd'hui au temps du cognitivisme, on penserait plutôt le contraire. Du temps de DESCARTES, notre existence corporelle, émotionnelle et inconsciente (le désir) est ravalée à une mécanique à utiliser et à produire, soit le prélude des "Temps Modernes" avec Charlie Chaplin. Nous sommes alors à l'ère de l'illusion de la domination totale de la raison par la réflexion sans tenir compte de la complexité de nos sentiments, de nos valeurs, manières culturelles de penser et donc de libre-examen et d'introspection.
Notre civilisation actuelle est le fruit de ce conflit dialectique issu d'une culture commune de la relation à soi oscillant entre deux pôles : la maîtrise de la nature et de soi ou l'introspection du Soi. Nous référer à nous-mêmes comme centre du monde (et à Dieu occasionnellement) OU "observer l'observateur observant"(MORIN), soit la prise en compte du contre-transfert : pourquoi ai-je cette émotion ? Ou cette colère?
A partir du self-control il y a donc trois manières de concevoir le Soi en se servant du concept de liberté, valeur morale et politique de l'Occident (avec l'égalité et la fraternité si possible) : est-ce que nous contrôlons le monde ? (fantasme de la maîtrise de la nature); est-ce que les hommes ont le monopole de la spiritualité ? (les curés hommes, les lamas hommes et même certaines obédiences franc-maçonnes exclusivement masculines (fantasme de l'apartheid par le sexisme; OU BIEN est-ce que nous cherchons à comprendre qui l'on est, à nous perfectionner pour être en fait plus réellement soi-même, vers l'authenticité de l'être avec l'atout de la science en action permanente, toujours adogmatique et donc fluctuante et la philea, l'amour du genre humain (quels que soient son ethnie ou son sexe).
Qu'est-ce que le sommeil et le rêve ?
Le sommeil est un phénomène actif, un état de conscience différent de l'état éveillé mais avec sa propre activité non motrice du corps même si les muscles restent tendus, en alerte. Avec l'électroencéphalogramme (EEG), on a étudié l'activité électrique du cerveau du dormeur et découvert le sommeil REM (Rapid Eye Movement) ou sommeil paradoxal. Notons qu'aujourd'hui, nous sommes à l'ère du neurocognitivisme[5] avec l'imagerie médicale en couleur mais je n'ai pas assez digéré cette technologie pour oser en parler dans cette vulgarisation.
Avec l'EEG, on a découvert que les corps humain et animal ont plusieurs rythmes internes différents et autonomes : hormonal, circadien (jour et nuit), de contrôle de la température, de l'urine, etc.
Lorsque nous sommes éveillés, notre cerveau fonctionne en onde alpha de haute amplitude de dix à quatorze HERTZ/seconde (1 HERTZ = 1 cycle par seconde) : c'est la phase 1. Après l'endormissement (phase 2), la fréquence décroît en onde delta (sommeil profond, jusqu'à 2 HERTZ), pendant une cinquantaine de minutes; la personne peut bouger et les muscles restent actifs. Ensuite les cycles s'inversent à reculons de la phase 4 à la phase 3, le sommeil REM (on voit les yeux bouger sous les paupières du dormeur) qui comporte les rêves.
Globalement vers le début du sommeil (les deux ou trois premières heures) ce sont plutôt les cycles de sommeil profond qui dominent et vers l'aube ce sont plutôt les phases de sommeil paradoxal qui dominent. Si on réveille un sujet en sommeil REM, il peut à 80% raconter son rêve, en phase 4 de sommeil profond 50% seulement : en phase 4 les rêves sont plutôt des pensées, en phase 2 des images précises comme un film et en phase 2 d'endormissement des images brèves (flashes) appelées rêves hypnagogiques. Les prématurés ont un sommeil paradoxal de 80% alors que chez les nouveau-nés, il n'est que de 50 à 60% (en dormant de 15 à 20h/jour); le sommeil paradoxal est nécessaire pendant la croissance physique et psychique. Au-delà de 65 ans, on dort et on rêve moins.
La phase de rêve est une activité cognitive importante : on peut s'engager dans des jeux imaginaires, essayer de nouveaux scénarii, innover et apprendre par remodelage et association, une sorte de répétition vers de nouvelles possibilités. De tous temps, bien avant la psychanalyse, l'interprétation des rêves a été pratiquée, par les chamans notamment.
Lao-Tseu rêve qu'il est un papillon et se réveille ! Mais est-il bien Lao-Tseu ou bien le papillon qui rêve qu'il est Lao-Tseu ?
Le sommeil de la mort [6]
Dans le Bardo-Thödol ou livre tibétain des morts, le sommeil est en soi une répétition en vue du processus de la mort. La méditation et l'orgasme sont deux autres portes. Les expériences du sommeil ou de la mort résultent de la dissolution des agrégats des sens et des pensées. Dans le troisième véhicule du bouddhisme, dit du diamant, le Dalaï-lama XIV° nous dit en substance que les changements dans les énergies vitales peuvent se produire de trois manières :
- 1. Le processus physiologique naturel et non intentionnel de la mort dû à la dissolution des éléments comme la terre (solidité), l'eau (fluidité), le feu (chaleur) et l'air (mobilité); bref, tout se décompose et se disperse.
- 2.Un changement quasi-analogue peut survenir par la médiation (un EMC – Etat Modifié de Conscience) utilisant le pouvoir de la concentration et de l'imagination au niveau des énergies vitales ( de la conscience grossière à la conscience subtile).
- 3. Le tantrisme d'un rapport sexuel, non pas par le fait d'un simple orgasme mais par le contrôle du mouvement du fluide régénérateur lors de l'échange, aussi bien chez l'homme que chez la femme. N'étant pas un expert de cette pratique de virtuose où l'énergie Kundalini doit traverser les six chakras, je cite donc ici le Dalaï-lama :
"Les pratiquants tantristes doivent maîtriser le contrôle des flux des fluides régénérateurs.(…) Qu'est-ce exactement que cet élément blanc qui remonte jusqu'au sommet du crâne ?(…) C'est une substance très subtile qui remonte vers le sommet du crâne et qui n'est pas du tout le fluide grossier du sperme ou de la semence.(…)Le canal doit être bien dégagé dans tous les centres avant que l'élément blanc puisse passer. Pour les femmes, les six centres sont les mêmes que pour les hommes. Il est dit que l'élément rouge prédomine chez les femmes, mais l'élément blanc est aussi là."[7]
Le Bouddha était un sage et c'est désolant qu'à chaque fois qu'un homme propose un système de croissance et d'autonomie, les religions en fassent un système de dépendance et d'espérance pour un au-delà hypothétique. Le Dalaï-lama est le chef d'une religion sans Dieu [8]mais qui ségrégationne les femmes (pas de lama femme) et qui propage la métempsycose ou réincarnations multiples. "La religion est une névrose obsessionnelle de l'humanité", nous dit FREUD.
Pour ne pas à nouveau nous laisser instrumentaliser par le cerveau, notons ici qu'une découverte incontestable de FREUD reste l'inconscient (même si on prend des distances avec sa méthode, la psychanalyse) : nous pensons savoir qui nous sommes et pourquoi nous faisons telle ou telle chose mais on devrait plutôt dire "ça pense en nous".
Contrairement au vœu pieux de Jean-Jacques ROUSSEAU, l'homme n'est pas bon de nature avec la colère, le désir de viol, la haine et la rage meurtrière; regardons par exemple le fantasme de toute-puissance du petit enfant. Toutefois, il y a quelque chose de bon en l'homme mais la sagesse ne peut s'apprendre qu'en observant très attentivement le ça et en bannissant nos rationalisations ratiocinantes ou nos systèmes réassureurs vis-à-vis de l'angoisse existentielle de la mort, autrement dit les fluides subtils s'évaporent comme le reste.
Chez les bouddhistes lamaïstes, l'inconscient, différent de celui de FREUD, est l'ABHIDHARMA et dans cet inconscient, il y aurait – comme pour Carl Gustav JUNG – une conscience fondamentale (l'ALAYA-VIJNÂNA), une sorte d'entrepôt de la conscience, d'observateur caché et neutre, substrat où l'on peut semer des graines positives et négatives. Notons toutefois que pour nous, l'inconscient est inaccessible sauf par bribes masquées (le lapsus et le mot d'esprit) alors que l'ALAYA-VIJNÂNA peut être manifeste à la conscience dans l'Etat Modifié de Conscience de la méditation. Autrement dit, le Soi profond omniprésent, assise de l'identité de la personne (en-deçà des masques de nos personnalités [9] ) peut être appréhendé par la conscience de veille alors que l'inconscient freudien ne peut se montrer que par l'analyse des interprétations et auparavant par l'hypnose.
FREUD étudie le sujet de sa naissance à sa mort mais celui-ci n'est pas né sur une page blanche mais dans une famille qui lui a transmis un inconscient familial; la psychogénéalogie d'aujourd'hui étudie la part de ces fantômes dans nos troubles. De plus, le "je" est évolutif : on peut parler du "je" dans la jeunesse, du "je" en tant qu'adulte et "je" comme vieux avec l'interdépendance des expériences certes, mais aussi avec la résilience et les recadrage de nos existences (CYRULNIK).
Nous sommes à la fois des agrégats grossiers physiques et mentaux avec une conscience différente de l'animal et un esprit subtil ayant conscience de l'énergie vitale horizontale, autrement dit une immanence et non une transcendance imaginaire depuis deux mille ans (pour ce qui concerne notre culture). Lorsque nous avons une courte conscientisation de cette énergie esprit (hors du vécu habituel), on n'a pas pour autant conscience du Soi. En effet, lorsque l'on évoque le Soi, on le fait à l'aide de nos perceptions et conceptions mentales, ce qui reste donc une représentation et non le Soi.
Lorsque l'on arrive dans une méditation profonde, on ne pense à rien du tout et surtout pas en catégories conceptuelles et en termes intellectuels d'existence ou de non-existence : on est, c'est tout ! Ce sera souvent après que l'on conscientisera que l'on a fait une expérience de la subtile énergie vitale immanente mais non conceptualisable. Comment parler du goût d'un fruit exotique à quelqu'un qui ne l'a pas lui-même goûté ?
Il n'est donc pas question ici de Dieu ou d'autres perspectives transcendantales verticales : on peut tout nommer et cela ne suffit pas pour que les choses existent. Il en va de même des croyances et des rêves qui ne sont pas réels par le simple fait d'avoir été pensés. N'oublions pas que les mots ne sont que des conventions pour permettre l'échange par le langage.
"Le nirvana est. La seule chose que vous puissiez faire est de le voir, de le comprendre. Il y a un sentier qui y conduit. Mais le nirvana n'est pas le résultat du sentier. Vous pouvez gravir la montagne en suivant un sentier, mais on ne peut pas dire que la montagne est un résultat, un effet du sentier. Vous pouvez voir une lumière, mais celle-ci n'est pas le résultat de votre vision.".[10]
Rappelons que le message du philosophe Bouddha repose sur quatre nobles vérités :
1. La souffrance est partout dans le monde et dans l'existence.
2. Lorsque nous souffrons, nous en voulons à une causalité externe, une substance mystique et mythique qui contrôlerait notre vie et donc on en veut à ce pseudo-créateur pour la cruauté de sa création (la perte injuste d'enfants par exemple).
3. Lorsqu'on arrive à abandonner l'idée de cette source causale de la souffrance, on peut alors lâcher-prise et cesser de se tracasser pour ce que l'on ne peut changer (la mort inéluctable par exemple).
4. La quatrième noble vérité après la cessation du jeu mental est de rechercher la sagesse dans le non-agir (ne pas répondre à ma colère en la situant comme la faute de l'autre), la joie et la sérénité avec la pleine conscience de l'instant vécu.
Nous avons trois poisons à vaincre : l'ignorance (il ne suffit pas de beaucoup étudier mais surtout de comprendre avec le cœur), la colère (la haine, la répulsion, l'envie, le désir, des états qui peuvent être mis à distance lorsqu'on ne cherche plus des causes externes mais que l'on s'interroge sur nos émotions et perturbations internes), l'attachement (les biens et l'amour), ce qui est peut-être le plus difficile car ce qui est possible en esprit n'est pas toujours applicable par notre entité corps-cœur-esprit.
Si nous voulons influencer nos rêves et notre vie éphémère non encore vécue, essayons alors de trouver notre axe du monde, notre centre, celui d'une orientation positive (acceptant l'impermanence et la vacuité de tout) tournée vers la compassion des bodhisattvas en allant nous coucher sans savoir si nous ne nous réveillerons pas dans la claire lumière de la mort, dans l'extinction du système cause-effet de la souffrance. Vœu pieux bien sûr car même notre mort suscitera de la souffrance; en effet, on devient ce que l'on est en proche intimité avec d'autres êtres et ces liens seront rompus à la mort car nous serons seuls dans notre cercueil ou dans la poussière d'un crématorium.
Les épicuriens et les stoïciens ne disaient pas autre chose : il n'y a pas de soi permanent et immortel, vivons donc au mieux l'ici et maintenant car l'âme (la psyché) ne peut survivre à son véhicule le corps. Mais si nous tentons de nous perfectionner et de vivre notre éthique, le souvenir de notre absence de trouble germera peut-être dans d'autres consciences ? Nous n'avons pas de nature en soi, nous existons provisoirement parce que l'autre nous voit et nous nomme.
L'herméneutique ou interprétation ne signifie pas lire un texte avec des commentaires sur ce qui est écrit entre les lignes mais plutôt le fait de dire autre chose et de le faire mieux dans la fraternité humaine. C'est le mouvement même de la pensée adogmatique avec l'ébranlement des certitudes. C'est un détour par des sentiers plus longs et qui invitent à ne pas tirer trop rapidement des conclusions ou des opinions définitives. C'est l'ouverture aux bifurcations et oscillations dialectiques : si l'impatience conduit à l'idolâtrie, la patience de penser une chose et son contraire ou ce qui est haut et ce qui est en bas conduit à l'entraînement pratique du libre-examen. L'homme n'est pas mais en altérant sa persona, il devient sans cesse lui-même.
Notre conclusion provisoire est donc que la mort est sur un autre plan, que rêver est une ressource à peine explorée mais que dormir n'est pas notre tâche. Celle-ci est de vivre non endormi ou alors de se réveiller de ce sommeil intérieur sur le coussin moelleux de nos certitudes. L'effort est de retrouver la volonté de chercher la lumière et de voir au-delà des évènements routiniers du quotidien : écouter bruire les feuilles des arbres sous le vent, écouter le chant du ruisseau sur son lit de cailloux, sentir et goûter l'arôme et la subtilité d'un grand Margaux, admirer une huile sur toile ou une œuvre de Purcell, ce n'est pas retourner à l'animisme mais au contraire s'ouvrir à la beauté et à la force immense du cosmos et à la sagesse de notre créativité dans l'art de vivre. Donc rêver un ciel avec terre, un yang (feu) avec yin (eau), le positif avec le négatif et s'exercer au WOU-WEI, le non-agir.
Jean-Marie Lange,
22.11.2009.
[1] WALPOLA RAHULA, L'enseignement du Bouddha d'après les textes les plus anciens, Paris, Points, 1978, p.17.
[2] EPICURE, Lettres, maximes, sentences, Paris, Livre de Poche, 1994 : "Accoutume-toi à penser que la mort, avec nous, n'a aucun rapport; car tout bien et tout mal réside dans la sensation : or, la mort est privation de sensation. Si bien qu'il est sot celui qui dit craindre la mort non pas parce qu'elle l'affligera lorsqu'elle sera là, mais parce qu'elle l'afflige à l'idée qu'elle sera là. Car la mort qui, lorsqu'elle est là, ne nous cause pas d'embarras, provoque une affliction vide lorsqu'on l'attend."(p.193).
[3] Source : VARELA F.J., Dormir, rêver, mourir. Explorer la conscience avec le Dalaï-lama, Paris, Nil, 1997.
[4] EPICTETE, De la liberté, Paris, Folio, 1991 : "Tu apprendras par l'expérience que toutes ces choses que l'on admire et pour lesquelles on s'empresse ne servent à rien à ceux qui les ont obtenues. Ceux au contraire, qui ne les ont pas encore obtenues s'imaginent que les avoir leur procureront tous les biens. Puis, quand on les a, aussi lourde est la chaleur, aussi grande l'agitation, le dégoût, le désir de ce qu'on n'a pas. Car ce n'est pas par la satisfaction des désirs que s'acquiert la liberté, mais par la destruction du désir."(p.90)
[5] VARELA F.J., Autonomie et connaissance, Essai sur le vivant, Paris, Seuil, 1989.
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[6] ANONYME, DHAMMAPADA, Les dits du Bouddha, Paris, Albin Michel, 1993.
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[7] VARELA F.J. (dir) Dormi, rêver, mourir, ibid, commentaires du Dalaï-lama, p.225.
[8] DAWKINS Richard, Pour en finir avec Dieu, Paris, Tempus, 2009 : "Qu'en est-il du comportement religieux ? Pourquoi est-ce que les êtres humains jeûnent, se mettent à genoux, font des génuflexions, se flagellent, hochent la tête devant un mur comme des maniaques, font des croisades, ou s'adonnent à d'autres pratiques coûteuses qui peuvent consumer leur vie et, dans des cas extrêmes, y mettre fin ? (p.212)
[9] CIORAN, Précis de décomposition, Paris Gallimard, 2000 : " La croix penche : de symbole, elle redevient matière…et rentre dans l'ordre de la décomposition où périssent sans exception les choses indignes ou honorables. Je rêve d'un univers exempt d'intoxications célestes, d'un univers sans croix ni foi. Tu ne sars jamais que ce que tu n'es pas, et la tristesse d'être ce que tu es."(p 191-193).
[10] WALPHOLA RAHULA, ibid., p.63.
"L'homme est son propre maître et il n'ya pas d'être plus élevé, ni de puissance qui siège, au-dessus de lui, en juge de sa destinée. Le BOUDDHA enseignait, encourageait et stimulait chacun à se développe et à travailler à son émancipation, car l'homme a le pouvoir, par son effort personnel et par son intelligence, de se libérer de toute servitude."(Walpola Rahula)[1]
La mort n'est rien dit le poète, mais la souffrance si !
Jacques BREL en effet, nous dit, comme Epicure [2], que, lorsque nous somme morts nous ne sentons plus rien mais les survivants souffrent de notre disparition. De même, certaines personnes souffrent le martyr de douleurs physiques liées à des maux inguérissables que la mansuétude des humains supprime avec l'euthanasie, d'où la nécessité dans cette situation de bien choisir sa clinique pour ne pas tomber chez des chrétiens obscurantistes qui prolongent la souffrance en acharnement thérapeutique, ce n'est pas la leur mais celle de leur valeur qu'ils veulent imposer aux autres malgré nos lois.
Par contre, il existe un type de souffrance dit de représentation et celle-là, nous pouvons l'adoucir par la pratique de la méditation. Non pas la nier au contraire la reconnaître pour la relativiser : des peines de cœur, l'abandon, la jalousie, l'envie, l'orgueil déçu, etc.
Sacrifier notre joie de vie et traîner la seule existence que nous ayons sur la promesse d'une sotériologie est infiniment dommageable pour nos frères de l'humanité tombés sous le pouvoir mental de sectes ayant réussi que l'on appelle religions. Il n'est pas vrai que la foi déplace les montagnes, ce sont les montagnes qui écrasent les hommes qui ont la foi.
A l'heure de notre mort, le cerveau secrète dans l'organisme des substances chimiques opiacées endogènes : les endorphines mais aussi les endopsychosines et encéphalines, d'où les témoignages apaisés des NDE (expérience de mort clinique puis de réanimation : le couloir et la lumière).[3]
Qu'est-ce que la conscience ?
Au IV° siècle av. JC, PLATON définit la conscience de soi comme étant la raison contrôlant – autant que faire se peut – le désir, ce que l'on appelle aussi le self-control. L'individualisme n'était pas à cette époque ce qu'il est aujourd'hui, un super ego bouffi de désirs [4]. Pour le philosophe, la raison était d'abord la capacité de l'homme à appréhender l'ordre du cosmos. Si l'on observe la vie à la lumière de l'infini du cosmos, pensaient les Grecs, on s'ordonne par acceptation et amour de l'ordre infini, non en fonction de nos pulsions animales déterminées par nos pulsions sexuelles.
Cette observation de l'ordre extérieur des choses de l'univers va être dévitalisée par la chrétienté et remplacée par une transcendance dans les cieux, soit la couche de l'atmosphère sur une terre plate (St Augustin au IV°s ).
Au XVII° siècle, avec René DESCARTES, nous sommes enfin dans la raison mais aussi dans une époque de construction mécanique de l'univers (le bel ordonnancement des planètes) et le sujet est instrumentalisé en tranches (" je pense donc je suis, je suis…"). La conscience individuelle est en relation avec l'être complexe comme avec un outil; aujourd'hui au temps du cognitivisme, on penserait plutôt le contraire. Du temps de DESCARTES, notre existence corporelle, émotionnelle et inconsciente (le désir) est ravalée à une mécanique à utiliser et à produire, soit le prélude des "Temps Modernes" avec Charlie Chaplin. Nous sommes alors à l'ère de l'illusion de la domination totale de la raison par la réflexion sans tenir compte de la complexité de nos sentiments, de nos valeurs, manières culturelles de penser et donc de libre-examen et d'introspection.
Notre civilisation actuelle est le fruit de ce conflit dialectique issu d'une culture commune de la relation à soi oscillant entre deux pôles : la maîtrise de la nature et de soi ou l'introspection du Soi. Nous référer à nous-mêmes comme centre du monde (et à Dieu occasionnellement) OU "observer l'observateur observant"(MORIN), soit la prise en compte du contre-transfert : pourquoi ai-je cette émotion ? Ou cette colère?
A partir du self-control il y a donc trois manières de concevoir le Soi en se servant du concept de liberté, valeur morale et politique de l'Occident (avec l'égalité et la fraternité si possible) : est-ce que nous contrôlons le monde ? (fantasme de la maîtrise de la nature); est-ce que les hommes ont le monopole de la spiritualité ? (les curés hommes, les lamas hommes et même certaines obédiences franc-maçonnes exclusivement masculines (fantasme de l'apartheid par le sexisme; OU BIEN est-ce que nous cherchons à comprendre qui l'on est, à nous perfectionner pour être en fait plus réellement soi-même, vers l'authenticité de l'être avec l'atout de la science en action permanente, toujours adogmatique et donc fluctuante et la philea, l'amour du genre humain (quels que soient son ethnie ou son sexe).
Qu'est-ce que le sommeil et le rêve ?
Le sommeil est un phénomène actif, un état de conscience différent de l'état éveillé mais avec sa propre activité non motrice du corps même si les muscles restent tendus, en alerte. Avec l'électroencéphalogramme (EEG), on a étudié l'activité électrique du cerveau du dormeur et découvert le sommeil REM (Rapid Eye Movement) ou sommeil paradoxal. Notons qu'aujourd'hui, nous sommes à l'ère du neurocognitivisme[5] avec l'imagerie médicale en couleur mais je n'ai pas assez digéré cette technologie pour oser en parler dans cette vulgarisation.
Avec l'EEG, on a découvert que les corps humain et animal ont plusieurs rythmes internes différents et autonomes : hormonal, circadien (jour et nuit), de contrôle de la température, de l'urine, etc.
Lorsque nous sommes éveillés, notre cerveau fonctionne en onde alpha de haute amplitude de dix à quatorze HERTZ/seconde (1 HERTZ = 1 cycle par seconde) : c'est la phase 1. Après l'endormissement (phase 2), la fréquence décroît en onde delta (sommeil profond, jusqu'à 2 HERTZ), pendant une cinquantaine de minutes; la personne peut bouger et les muscles restent actifs. Ensuite les cycles s'inversent à reculons de la phase 4 à la phase 3, le sommeil REM (on voit les yeux bouger sous les paupières du dormeur) qui comporte les rêves.
Globalement vers le début du sommeil (les deux ou trois premières heures) ce sont plutôt les cycles de sommeil profond qui dominent et vers l'aube ce sont plutôt les phases de sommeil paradoxal qui dominent. Si on réveille un sujet en sommeil REM, il peut à 80% raconter son rêve, en phase 4 de sommeil profond 50% seulement : en phase 4 les rêves sont plutôt des pensées, en phase 2 des images précises comme un film et en phase 2 d'endormissement des images brèves (flashes) appelées rêves hypnagogiques. Les prématurés ont un sommeil paradoxal de 80% alors que chez les nouveau-nés, il n'est que de 50 à 60% (en dormant de 15 à 20h/jour); le sommeil paradoxal est nécessaire pendant la croissance physique et psychique. Au-delà de 65 ans, on dort et on rêve moins.
La phase de rêve est une activité cognitive importante : on peut s'engager dans des jeux imaginaires, essayer de nouveaux scénarii, innover et apprendre par remodelage et association, une sorte de répétition vers de nouvelles possibilités. De tous temps, bien avant la psychanalyse, l'interprétation des rêves a été pratiquée, par les chamans notamment.
Lao-Tseu rêve qu'il est un papillon et se réveille ! Mais est-il bien Lao-Tseu ou bien le papillon qui rêve qu'il est Lao-Tseu ?
Le sommeil de la mort [6]
Dans le Bardo-Thödol ou livre tibétain des morts, le sommeil est en soi une répétition en vue du processus de la mort. La méditation et l'orgasme sont deux autres portes. Les expériences du sommeil ou de la mort résultent de la dissolution des agrégats des sens et des pensées. Dans le troisième véhicule du bouddhisme, dit du diamant, le Dalaï-lama XIV° nous dit en substance que les changements dans les énergies vitales peuvent se produire de trois manières :
- 1. Le processus physiologique naturel et non intentionnel de la mort dû à la dissolution des éléments comme la terre (solidité), l'eau (fluidité), le feu (chaleur) et l'air (mobilité); bref, tout se décompose et se disperse.
- 2.Un changement quasi-analogue peut survenir par la médiation (un EMC – Etat Modifié de Conscience) utilisant le pouvoir de la concentration et de l'imagination au niveau des énergies vitales ( de la conscience grossière à la conscience subtile).
- 3. Le tantrisme d'un rapport sexuel, non pas par le fait d'un simple orgasme mais par le contrôle du mouvement du fluide régénérateur lors de l'échange, aussi bien chez l'homme que chez la femme. N'étant pas un expert de cette pratique de virtuose où l'énergie Kundalini doit traverser les six chakras, je cite donc ici le Dalaï-lama :
"Les pratiquants tantristes doivent maîtriser le contrôle des flux des fluides régénérateurs.(…) Qu'est-ce exactement que cet élément blanc qui remonte jusqu'au sommet du crâne ?(…) C'est une substance très subtile qui remonte vers le sommet du crâne et qui n'est pas du tout le fluide grossier du sperme ou de la semence.(…)Le canal doit être bien dégagé dans tous les centres avant que l'élément blanc puisse passer. Pour les femmes, les six centres sont les mêmes que pour les hommes. Il est dit que l'élément rouge prédomine chez les femmes, mais l'élément blanc est aussi là."[7]
Le Bouddha était un sage et c'est désolant qu'à chaque fois qu'un homme propose un système de croissance et d'autonomie, les religions en fassent un système de dépendance et d'espérance pour un au-delà hypothétique. Le Dalaï-lama est le chef d'une religion sans Dieu [8]mais qui ségrégationne les femmes (pas de lama femme) et qui propage la métempsycose ou réincarnations multiples. "La religion est une névrose obsessionnelle de l'humanité", nous dit FREUD.
Pour ne pas à nouveau nous laisser instrumentaliser par le cerveau, notons ici qu'une découverte incontestable de FREUD reste l'inconscient (même si on prend des distances avec sa méthode, la psychanalyse) : nous pensons savoir qui nous sommes et pourquoi nous faisons telle ou telle chose mais on devrait plutôt dire "ça pense en nous".
Contrairement au vœu pieux de Jean-Jacques ROUSSEAU, l'homme n'est pas bon de nature avec la colère, le désir de viol, la haine et la rage meurtrière; regardons par exemple le fantasme de toute-puissance du petit enfant. Toutefois, il y a quelque chose de bon en l'homme mais la sagesse ne peut s'apprendre qu'en observant très attentivement le ça et en bannissant nos rationalisations ratiocinantes ou nos systèmes réassureurs vis-à-vis de l'angoisse existentielle de la mort, autrement dit les fluides subtils s'évaporent comme le reste.
Chez les bouddhistes lamaïstes, l'inconscient, différent de celui de FREUD, est l'ABHIDHARMA et dans cet inconscient, il y aurait – comme pour Carl Gustav JUNG – une conscience fondamentale (l'ALAYA-VIJNÂNA), une sorte d'entrepôt de la conscience, d'observateur caché et neutre, substrat où l'on peut semer des graines positives et négatives. Notons toutefois que pour nous, l'inconscient est inaccessible sauf par bribes masquées (le lapsus et le mot d'esprit) alors que l'ALAYA-VIJNÂNA peut être manifeste à la conscience dans l'Etat Modifié de Conscience de la méditation. Autrement dit, le Soi profond omniprésent, assise de l'identité de la personne (en-deçà des masques de nos personnalités [9] ) peut être appréhendé par la conscience de veille alors que l'inconscient freudien ne peut se montrer que par l'analyse des interprétations et auparavant par l'hypnose.
FREUD étudie le sujet de sa naissance à sa mort mais celui-ci n'est pas né sur une page blanche mais dans une famille qui lui a transmis un inconscient familial; la psychogénéalogie d'aujourd'hui étudie la part de ces fantômes dans nos troubles. De plus, le "je" est évolutif : on peut parler du "je" dans la jeunesse, du "je" en tant qu'adulte et "je" comme vieux avec l'interdépendance des expériences certes, mais aussi avec la résilience et les recadrage de nos existences (CYRULNIK).
Nous sommes à la fois des agrégats grossiers physiques et mentaux avec une conscience différente de l'animal et un esprit subtil ayant conscience de l'énergie vitale horizontale, autrement dit une immanence et non une transcendance imaginaire depuis deux mille ans (pour ce qui concerne notre culture). Lorsque nous avons une courte conscientisation de cette énergie esprit (hors du vécu habituel), on n'a pas pour autant conscience du Soi. En effet, lorsque l'on évoque le Soi, on le fait à l'aide de nos perceptions et conceptions mentales, ce qui reste donc une représentation et non le Soi.
Lorsque l'on arrive dans une méditation profonde, on ne pense à rien du tout et surtout pas en catégories conceptuelles et en termes intellectuels d'existence ou de non-existence : on est, c'est tout ! Ce sera souvent après que l'on conscientisera que l'on a fait une expérience de la subtile énergie vitale immanente mais non conceptualisable. Comment parler du goût d'un fruit exotique à quelqu'un qui ne l'a pas lui-même goûté ?
Il n'est donc pas question ici de Dieu ou d'autres perspectives transcendantales verticales : on peut tout nommer et cela ne suffit pas pour que les choses existent. Il en va de même des croyances et des rêves qui ne sont pas réels par le simple fait d'avoir été pensés. N'oublions pas que les mots ne sont que des conventions pour permettre l'échange par le langage.
"Le nirvana est. La seule chose que vous puissiez faire est de le voir, de le comprendre. Il y a un sentier qui y conduit. Mais le nirvana n'est pas le résultat du sentier. Vous pouvez gravir la montagne en suivant un sentier, mais on ne peut pas dire que la montagne est un résultat, un effet du sentier. Vous pouvez voir une lumière, mais celle-ci n'est pas le résultat de votre vision.".[10]
Rappelons que le message du philosophe Bouddha repose sur quatre nobles vérités :
1. La souffrance est partout dans le monde et dans l'existence.
2. Lorsque nous souffrons, nous en voulons à une causalité externe, une substance mystique et mythique qui contrôlerait notre vie et donc on en veut à ce pseudo-créateur pour la cruauté de sa création (la perte injuste d'enfants par exemple).
3. Lorsqu'on arrive à abandonner l'idée de cette source causale de la souffrance, on peut alors lâcher-prise et cesser de se tracasser pour ce que l'on ne peut changer (la mort inéluctable par exemple).
4. La quatrième noble vérité après la cessation du jeu mental est de rechercher la sagesse dans le non-agir (ne pas répondre à ma colère en la situant comme la faute de l'autre), la joie et la sérénité avec la pleine conscience de l'instant vécu.
Nous avons trois poisons à vaincre : l'ignorance (il ne suffit pas de beaucoup étudier mais surtout de comprendre avec le cœur), la colère (la haine, la répulsion, l'envie, le désir, des états qui peuvent être mis à distance lorsqu'on ne cherche plus des causes externes mais que l'on s'interroge sur nos émotions et perturbations internes), l'attachement (les biens et l'amour), ce qui est peut-être le plus difficile car ce qui est possible en esprit n'est pas toujours applicable par notre entité corps-cœur-esprit.
Si nous voulons influencer nos rêves et notre vie éphémère non encore vécue, essayons alors de trouver notre axe du monde, notre centre, celui d'une orientation positive (acceptant l'impermanence et la vacuité de tout) tournée vers la compassion des bodhisattvas en allant nous coucher sans savoir si nous ne nous réveillerons pas dans la claire lumière de la mort, dans l'extinction du système cause-effet de la souffrance. Vœu pieux bien sûr car même notre mort suscitera de la souffrance; en effet, on devient ce que l'on est en proche intimité avec d'autres êtres et ces liens seront rompus à la mort car nous serons seuls dans notre cercueil ou dans la poussière d'un crématorium.
Les épicuriens et les stoïciens ne disaient pas autre chose : il n'y a pas de soi permanent et immortel, vivons donc au mieux l'ici et maintenant car l'âme (la psyché) ne peut survivre à son véhicule le corps. Mais si nous tentons de nous perfectionner et de vivre notre éthique, le souvenir de notre absence de trouble germera peut-être dans d'autres consciences ? Nous n'avons pas de nature en soi, nous existons provisoirement parce que l'autre nous voit et nous nomme.
L'herméneutique ou interprétation ne signifie pas lire un texte avec des commentaires sur ce qui est écrit entre les lignes mais plutôt le fait de dire autre chose et de le faire mieux dans la fraternité humaine. C'est le mouvement même de la pensée adogmatique avec l'ébranlement des certitudes. C'est un détour par des sentiers plus longs et qui invitent à ne pas tirer trop rapidement des conclusions ou des opinions définitives. C'est l'ouverture aux bifurcations et oscillations dialectiques : si l'impatience conduit à l'idolâtrie, la patience de penser une chose et son contraire ou ce qui est haut et ce qui est en bas conduit à l'entraînement pratique du libre-examen. L'homme n'est pas mais en altérant sa persona, il devient sans cesse lui-même.
Notre conclusion provisoire est donc que la mort est sur un autre plan, que rêver est une ressource à peine explorée mais que dormir n'est pas notre tâche. Celle-ci est de vivre non endormi ou alors de se réveiller de ce sommeil intérieur sur le coussin moelleux de nos certitudes. L'effort est de retrouver la volonté de chercher la lumière et de voir au-delà des évènements routiniers du quotidien : écouter bruire les feuilles des arbres sous le vent, écouter le chant du ruisseau sur son lit de cailloux, sentir et goûter l'arôme et la subtilité d'un grand Margaux, admirer une huile sur toile ou une œuvre de Purcell, ce n'est pas retourner à l'animisme mais au contraire s'ouvrir à la beauté et à la force immense du cosmos et à la sagesse de notre créativité dans l'art de vivre. Donc rêver un ciel avec terre, un yang (feu) avec yin (eau), le positif avec le négatif et s'exercer au WOU-WEI, le non-agir.
Jean-Marie Lange,
22.11.2009.
[1] WALPOLA RAHULA, L'enseignement du Bouddha d'après les textes les plus anciens, Paris, Points, 1978, p.17.
[2] EPICURE, Lettres, maximes, sentences, Paris, Livre de Poche, 1994 : "Accoutume-toi à penser que la mort, avec nous, n'a aucun rapport; car tout bien et tout mal réside dans la sensation : or, la mort est privation de sensation. Si bien qu'il est sot celui qui dit craindre la mort non pas parce qu'elle l'affligera lorsqu'elle sera là, mais parce qu'elle l'afflige à l'idée qu'elle sera là. Car la mort qui, lorsqu'elle est là, ne nous cause pas d'embarras, provoque une affliction vide lorsqu'on l'attend."(p.193).
[3] Source : VARELA F.J., Dormir, rêver, mourir. Explorer la conscience avec le Dalaï-lama, Paris, Nil, 1997.
[4] EPICTETE, De la liberté, Paris, Folio, 1991 : "Tu apprendras par l'expérience que toutes ces choses que l'on admire et pour lesquelles on s'empresse ne servent à rien à ceux qui les ont obtenues. Ceux au contraire, qui ne les ont pas encore obtenues s'imaginent que les avoir leur procureront tous les biens. Puis, quand on les a, aussi lourde est la chaleur, aussi grande l'agitation, le dégoût, le désir de ce qu'on n'a pas. Car ce n'est pas par la satisfaction des désirs que s'acquiert la liberté, mais par la destruction du désir."(p.90)
[5] VARELA F.J., Autonomie et connaissance, Essai sur le vivant, Paris, Seuil, 1989.
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[6] ANONYME, DHAMMAPADA, Les dits du Bouddha, Paris, Albin Michel, 1993.
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[7] VARELA F.J. (dir) Dormi, rêver, mourir, ibid, commentaires du Dalaï-lama, p.225.
[8] DAWKINS Richard, Pour en finir avec Dieu, Paris, Tempus, 2009 : "Qu'en est-il du comportement religieux ? Pourquoi est-ce que les êtres humains jeûnent, se mettent à genoux, font des génuflexions, se flagellent, hochent la tête devant un mur comme des maniaques, font des croisades, ou s'adonnent à d'autres pratiques coûteuses qui peuvent consumer leur vie et, dans des cas extrêmes, y mettre fin ? (p.212)
[9] CIORAN, Précis de décomposition, Paris Gallimard, 2000 : " La croix penche : de symbole, elle redevient matière…et rentre dans l'ordre de la décomposition où périssent sans exception les choses indignes ou honorables. Je rêve d'un univers exempt d'intoxications célestes, d'un univers sans croix ni foi. Tu ne sars jamais que ce que tu n'es pas, et la tristesse d'être ce que tu es."(p 191-193).
[10] WALPHOLA RAHULA, ibid., p.63.
lundi 23 novembre 2009
Brève du GAP :
L'EGALITE est un leurre, nous le savons car nous sommes tous différents les uns et les autres si bien que l'égalité réelle ne peut se concevoir que dans la différence mais aussi dans la reconnaissance de la valeur de l'autre sans idée aucune de supériorité. Elles sont multiples ces différences et se placent tant sur un plan individuel (la beauté, l'intelligence, la santé) que social (la réussite professionnelle, matérielle, la richesse) ou culturel et géographique : l'enfant qui nait dans le Tiers-monde ne peut avoir les mêmes chances de départ que le bébé qui voit le jour chez nous et la situation de la femme afghane est incontestablement plus difficile que la nôtre. C'est un fait, nous ne sommes pas égaux et notre égalité, nous ne pouvons la revendiquer qu'à travers nos différences qui constituent notre plus grande richesse car c'est dans leur acceptation que nous pouvons nous rencontrer et nous améliorer. Cette rencontre dans le respect de la dignité de l'autre pourra nous conduire à une fraternité capable d'apporter aide et soutien aux autres.
Marie-Claire LANGE
L'EGALITE est un leurre, nous le savons car nous sommes tous différents les uns et les autres si bien que l'égalité réelle ne peut se concevoir que dans la différence mais aussi dans la reconnaissance de la valeur de l'autre sans idée aucune de supériorité. Elles sont multiples ces différences et se placent tant sur un plan individuel (la beauté, l'intelligence, la santé) que social (la réussite professionnelle, matérielle, la richesse) ou culturel et géographique : l'enfant qui nait dans le Tiers-monde ne peut avoir les mêmes chances de départ que le bébé qui voit le jour chez nous et la situation de la femme afghane est incontestablement plus difficile que la nôtre. C'est un fait, nous ne sommes pas égaux et notre égalité, nous ne pouvons la revendiquer qu'à travers nos différences qui constituent notre plus grande richesse car c'est dans leur acceptation que nous pouvons nous rencontrer et nous améliorer. Cette rencontre dans le respect de la dignité de l'autre pourra nous conduire à une fraternité capable d'apporter aide et soutien aux autres.
Marie-Claire LANGE
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