GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique: Jean-Marie LANGE jm.lange@skynet.be
DEXIA : 068-2426901-85; IBAN BE89 0682 4269 0185 BIC GKCCBEBB
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une association (asbl) spécialisée en management associatif, en recherche-action participative et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde en partenariat avec les villageois. Avant-hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali (2002) et hier, c'était l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi (de 2007 à 2010). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap-belgique.blogspot.com;
GAP 2010/10 Une école pour Nando en 2011
Comme tous les enseignants, formateurs et intervenants psychosociaux nous respectons la pédagogie spécifique de nos collègues d’Afrique. Nos actions humanitaires ont pour but le soutien logistique des écoles s’incluant dans la mixité.
Qu’est-ce que le GAP ?
Un groupe d’enseignants, pour la plupart à la retraite, qui a apporté un jour d’été 1988 quelques cahiers et bics à l’école DOGON (Mali) de Nombori et a créé ses statuts d’asbl en 2005 . Nous organisons des formations pointues de cadres et les émoluments reçus servent, à l’euro près, à des projets ciblés de développement en Afrique, notamment au Burundi et au Mali. Nous voulons rester ouverts à tous et nous nous revendiquons donc seulement des droits de l’homme. Nous sommes bien sûr prêts à recevoir des subsides d’Etat de la coopération belge ou des aides d’entreprises sans pour autant devenir des placards de sponsoring publicitaire (mais c’est fou comme le courrier s’égare en Belgique, malgré nos évaluations rigoureuses). Pourquoi la coopération belge ne nous a-t-elle jamais soutenus en 5 ans et pourquoi aucun de nos articles d’explication n’a-t-il été publié dans les revues de l’AGCD ?(Avec un soutien financier complémentaire, nous aurions pu cet été acheter un moulin à grains pour la colline de KAYOBA, dans la province sud de MAKAMBA, au Burundi).
Quel est le projet ciblé en 2011 ?
Au MALI, dans le delta du Niger, près de MOPTI, existe un groupe dit « DOGON du plateau » assez pauvre car peu touristique. Nous avons visité les villages en 2009 et sélectionné NANDO avec ses 380 élèves (garçons et filles) pour deux enseignants et les plus petits portant les stigmates de la malnutrition. Nous ne donnons jamais d’argent mais du matériel et/ou de la nourriture sous le principe « food for work » pour rester soucieux de la dignité des jeunes personnes. Concrètement, nous allons en JANV-FEV 2011 installer une cantine scolaire pour que les 380 élèves aient un repas chaud à midi à l’école.
A ces repas, nous ajouterons des protéines animales (poulets) et des compléments alimentaires (minéraux, oligo-éléments et vitamines) pour que ces jeunes en pleine croissance profitent d’un apport dans leur développement physique et intellectuel.
Selon des recherches agronomiques récentes, le MORINGA est un arbre endémique d’une grand richesse alimentaire (feuilles, bois, racines) et nous demanderons en échange de l’action repas que chaque enfant repique deux arbres en les arrosant régulièrement et en les protégeant des chèvres. Ceux qui auront un de leurs deux arbres ayant survécu après deux ans auront une récompense encore à déterminer. (En reforestation, on s’est aperçu que 80% des plants replantés mourraient par faute d’arrosage constant). On demandera à chaque enfant de mettre sa marque au marker indélébile sur ses troncs. Le chef des travaux locaux du GAP s’active à l’élevage de 1000 plants en pépinière.
Pour être informé de nos travaux et des évaluations, versez 15 € ou plus sur le compte IBAN du GAP de la banque DEXIA : BE06 8242 6901 85. Par avance, nous vous remercions de votre soutien.
Sous-projet : si vous voulez soutenir la scolarité d’une petite fille du Mali âgée de 7 ans , pour par exemple faire un jour des études supérieures en Europe, versez votre obole sur son compte bloqué : SANOGO MARIAM, DEXIA N° 083-5299301-97. Merci pour elle.
Le moringa oleifera
Le Moringa oleifera[1] est un arbuste à croissance rapide dont les feuilles peuvent être mangées fraîches ou séchées (en poudre). Selon le Centre Mondial de Recherche sur les Légumes (AVRDC), c’est la plante la plus nutritive sur 120 testées.. Par une haute valeur nutritive, un concentré de protéines, de vitamines et de minéraux en plus d’excellente qualité gustative, c’est le futur « super aliment vert » des pays tropicaux.
Le MORIGNA OLEIFERA (Ghana, Niger, Nigéria) est un arbre originaire de l’Inde et courant en Afrique pour ombrager les cases et dont les propriétés ont été découvertes récemment. Les feuilles et les fruits peuvent servir de légumes aux propriétés nutritives et médicales ; la poudre de feuille (conservée à l’ombre) peut servir de condiments. En Inde, le fruit vert se cuisine comme un légume, les feuilles se consomment comme légumes verts, bouillis, sautés ou en assaisonnement, la graine peut se manger grillée comme une arachide. La graine peut aussi donner de « l’huile de Ben » comestible et employée en cosmétique et en horlogerie. 100 gr de MORINGA en feuilles fraîches = autant de calcium qu’un grand verre de lait, autant de fer qu’un steak de bœuf de 200 gr, autant de protéines qu’un œuf ; autant de vitamine C qu’une orange, autant de vitamine A qu’une carotte.
Mise en culture
La semence a un pouvoir germinatif limité à un an. Semis de deux graines en poquet à 2 cm de profondeur (pas plus). Lorsque les plans ont 30 cm, on arrache le plan le plus grêle (la graine germe après 5 à 12 jours en terre), le sol doit être drainé. L’arbuste peut se transplanter de pépinière en pleine terre, en lignes avec un écartement de 0,5 à 1 m entre les plants, les lignes étant orientées d’est en ouest pour l’ensoleillement maximal et l’interligne étant de 2 à 4 m. L’arbre sauvage peut atteindre de 3 à 4 mètres de hauteur la première année et jusqu’à 10 ou 12 mètres les années suivante; il faut donc pincer le bourgeon terminal dès une hauteur de 0,5 à 1 m pour éviter que la plante file trop haut. Le pinçage va provoquer la croissance des branches latérales qui seront également pincées à leurs bourgeons terminaux à 0,5 m (pinçage avec les ongles) pour le traiter en buisson touffu. L’arbre peut aussi se reproduire en bouture ligneuses (bois dur) d’un mètre de long (4 à 5 cm de diamètre), 1/3 de la longueur doit être enfouie sous terre (plantules plus sensibles que celles issues des semis), écartement entre 2 et 4 mètres, lignes en quinconce plantées d’est en ouest pour un maximum d’ensoleillement
Entretien : sarclage de la parcelle, Mulching (paillage) dès la plantation, puis arrosage dès que le sol sèche autour du plant. Enrichir le sol avec du compost ou du fumier (pas d’engrais chimiques). Taille d’entretien à 20 cm du niveau du sol juste avant les pluies (couper au-dessus du nœud).
Récolte :les branches seront coupées à un mètre au-dessus du sol tôt le matin ou tard le soir (les feuilles ne doivent pas être mouillées par la rosée), transporter les branches sous un abri pour le séchage (pas au soleil), effeuiller les branches et étaler les feuilles (toujours avec le pétiole) pour éviter qu’elles ne chauffent. Les folioles sont ensuite lavés dans des bacs d’eau potable avec une solution saline de 1% pendant 3 à 5 minutes pour débarrasser les germes éventuels puis de nouveau lavés à l’eau claire avant le séchage final .Il faut enfin égoutter les folioles dans des seaux perforés puis étaler sur des filets alimentaires pendant15 minutes avant d’apporter au séchage. Les feuilles séchées seront pilées au mortier, la poudre sera à nouveau séchée à 50°C pendant 30 minutes puis mise en bocaux avec couvercle à visser (la poudre prend vite l’humidité).
Synthèse pour le GAP de Marie-Claire, Patrick, Simbè et Jean-Marie
GAP.Belgique@skynet.be;
[1] Source : Dr Armelle de Saint Sauveur et Dr Mélanie Broin, Moringanews, CTA, Gemenos, mai 2010.
mardi 19 octobre 2010
Le fonctionnement à la croyance
Le fonctionnement à la croyance
La liberté de conscience est sacrée pour chacun ; au nom de la tolérance, je respecte donc la foi du charbonnier, ce que le sociologue Max WEBER[1] appelle « l’éthique de conviction ». C’est pourtant au nom de « l’éthique de responsabilité »(toujours de WEBER) que je m’insurge contre toutes les religions qui parlent au nom du bien mais font concrètement toujours le mal psychiquement et physiquement (culpabilisation, dogmatisme, position réactionnaire envers les femmes et la sexualité, mortification, atteintes aux droits de l’homme, etc.). Qu’est-ce qu’une croyance sinon une certitude absolue, autrement dit un préjugé jamais remis en question et cautionné par un tour de passe-passe que l’on appelle « la foi ».
Je suis humaniste, j’ai foi en l’homme, c’est donc également une croyance, non transcendantale certes, mais au moins un principe, tout comme la tolérance qui ancre mon éthique de vie. Je reconnais bien sûr qu’il existe des militants laïques qui sont aussi des croyants rabiques autant que les chrétiens. Beaucoup de gens sont morts pour des idées parce qu’ils étaient idéalistes (antifascistes par exemple). Il nous faut donc distinguer les croyances dogmatiques (une paresse intellectuelle) des croyances aux luttes sociales pour l’amélioration de l’humanité (pour autant qu’elles ne deviennent pas une doctrine sectaire comme le stalinisme, du genre « le parti a dit et la vie des militants ne compte pas »). Tout homme peut porter un idéal de vie souhaitable comme l’inaccessible étoile de Jacques BREL tout en conservant dans le concret son esprit critique, donc sa pensée rationnelle et analytique.
Lorsque l’on écoute le philosophe André COMTE-SPONVILLE, on s’interroge sur les vertus théologales qu’il développe : la foi, l’espérance et la charité. La charité est une action qui consiste à se soucier des plus pauvres des humains, un acte volontaire vertueux alors que la foi et l’espérance sont des états d’âme. Nous, les athées et laïques parlons plus volontiers d’action sociale envers les déshérités pour fuir le terme de « charité » devenu poisseux et condescendant avec les dames patronnesses du temps jadis pratiquant une charité chrétienne ostentatoire et non respectueuse de la dignité humaine des moins nantis financièrement.
Je suis fidèle à mes idéaux qui cependant évoluent toujours au fil du temps car sans dogme et je reste de « bonne foi » sans pour autant toujours conscientiser mon évolution dans les détails…mais sans la foi immuable du charbonnier. Il n’y a pas de conciliation possible sur ce terme restrictif de croire aveuglément sans question, il est antagoniste à la science et à la raison adogmatique. Il peut y avoir une confiance et une adhésion à un ordre cosmique mais jamais une foi aveugle ; autrement dit, la foi en l’homme est possible car porteuse d’un sens plus pragmatique qui n’exclut pas la perfectibilité personnelle, donc les remises en cause permanentes.
Au-delà de la vision formatée par nos déterminismes sociaux et culturels, on peut aussi percevoir le monde intuitivement en observant les réalités sensibles sans nous prendre pour des clairvoyants. Les connaissances sur le cognitivisme ont encore du chemin à faire pour clarifier notre fonctionnement cérébral. Carl Gustav JUNG se réfère à HERMES « Ce qui est haut est comme ce qui est en bas » et inversement ; donc, sans dénier nos besoins physiologiques de mammifères, nous pouvons nous détacher de nos représentations enkystées pour, sans idolâtrie ou « profession de foi », ne pas s’arrêter aux apparences de l’ego et trouver en nous notre propre lumière relative. En synthèse pour ce concept, nous pourrions dire « avoir la foi » en nos possibilités de perfectionnement personnel, avoir une fidélité à une structure de pensée ou à un ordre sans pour autant aliéner notre libre-arbitre.
L’espérance aussi est un concept poly sémantique : nous pouvons avec la pensée positive espérer pour notre espèce, donc avec une énergie constructive, sans rêver pour autant à un beau jour d’espoir dans la réalité de tout ce qui est espéré. Pour une pratique de diverses actions sociales dans le tiers et le quart-monde, l’espérance d’un monde meilleur est notre moteur psychique et nous serons déçus absolument car le monde des hommes est MOUVEMENT et il y aura toujours un prêtre ou un politicien pour récupérer les acquis sociaux pour faire un retour vers l’obscurantisme et le totalitarisme (les évènements en France des diktats de SARKOSY par rapport aux retraites).
COMTE-SPONVILLE nous donne une belle définition de l’espérance : « C’est un désir qui porte sur ce qu’on n’a pas (un manque) dont on ignore s’il est ou s’il sera satisfait, enfin dont la satisfaction ne dépend pas de nous : espérer c’est désirer sans jouir, sans savoir et sans pouvoir. »[2] Le désir est manque de ce que l’on n’a pas ou de ce qui n’est pas comme l’avenir d’une humanité radieuse, c’est cela désirer sans jouir car notre avenir nous est inconnu et on n’en aura pas l’expérience avant l’instant du moment vécu. Nous ignorons si nos actions seront bénéfiques ou non, c’est pourquoi nous désirons sans savoir. Il est important de distinguer ce qui dépend de notre volonté et de nos actions d’une espérance dont la satisfaction ne dépend pas de nous. Le vouloir est l’acte, le concret qui dépend de nous : « Je serai là » n’est pas le même message que « j’espère venir ». Si notre engagement dépend d’un pouvoir externe à nous-mêmes, ce sera alors une espérance : « Plus nous nous efforçons de vivre sans la conduite de la raison, plus nous faisons effort pour nous rendre moins dépendant de l’espoir. »[3]
Pour arriver donc à enfin une ACTION « charitable » sans espoir d’une quelconque récompense dans l’au-delà ou d’une reconnaissance dans l’ici et maintenant, il faut réaliser un travail sur soi pour se détacher de l’ego et de l’orgueil. Il s’agit d’une ouverture du cœur, d’une disponibilité à la générosité et au partage. En travaillant concrètement pour le progrès social de tous, nous débouchons sans effort sur une vie spirituelle laïque, c’est-à-dire non pas l’amour d’un Dieu anthropocentriste dit, au mépris des réalités observables, « bon » mais l’amour des hommes (la Philae).
La pratique de la pensée et de l’action (la praxis) est génératrice d’une réaction psychique : la méditation sur la contradiction entre les injustices sociales productrices de souffrance pour l’humanité et la beauté de la terre et de l’univers. Cela ne veut pas dire – rappelons-le avec force et sagesse – qu’il nous faut (devoir) aimer tous les hommes (car nier les conflits, c’est les renforcer) mais sur la base d’une idée (une foi) et d’une positivité humaniste (l’espérance) ne fréquenter que les hommes avec qui nous pouvons établir des liens de réciprocité (sans nous user avec des fanatiques) pour le progrès, toujours provisoire, de l’humanité. L’adage d’une philosophie béate de la soumission : « tendre la joue gauche ! » est un masochisme judéo-chrétien inacceptable pour l’émancipation et l’épanouissement des hommes. Il nous faudra toujours nous battre – sans haine, ni violence – si nous voulons à la fois progresser en nous-mêmes et résister donc lutter contre le néolibéralisme allié à la domination des églises pour l’exploitation et l’abrutissement des hommes sans instruction, sans développement mental de l’esprit critique et se référant comme consolation à l’adoration de puissances externes extra-terrestres alors que la possibilité d’une vérité relative est en eux par l’alliance avec les autres hommes.
La « charité » est une liberté de passer le pont pour rejoindre les hommes de bonne volonté (musulmans et chrétiens y compris). La « charité » est l’acte volontaire d’aider nos semblables par altruisme sans renoncer à un minimum d’égoïsme. Comment partager le pain si on est totalement affamé ? Comment partager le pas (le com-pas) si on est à vie reclus dans un monastère pour notre propre salut adorateur d’une déité imaginaire ? Par contre, si la bêtise conduit à la discorde et aux tueries fanatiques des islamistes stupides par exemple, le plus clair moyen d’opposer une résistance est d’agirtet de lutter contre l’ignorance par l’éducation de tous. Nous avons besoin d’une droiture de caractère sans peur, d’un accueil de la différence des autres et de compassion et de combativité pour ouvrir la cage à notre colombe intérieure dans sa lutte contre les corbeaux de l’avoir matériel (ce que les alchimistes nomment le souffre, le sel et le mercure).
La vertu dépassera la mort.
Jean-Marie Lange, 17.10.2010.
[1] WEBER M., L’éthique protestante ou l’esprit du capitalisme, Paris, Plon, 1964.
[2] COMTE-SPONVILLE A. Le bonheur désespérément, Paris, Librio, 2008, p. 40.
[3] SPINOZA Baruch, L’éthique IV, scolie de la proposition 47.
La liberté de conscience est sacrée pour chacun ; au nom de la tolérance, je respecte donc la foi du charbonnier, ce que le sociologue Max WEBER[1] appelle « l’éthique de conviction ». C’est pourtant au nom de « l’éthique de responsabilité »(toujours de WEBER) que je m’insurge contre toutes les religions qui parlent au nom du bien mais font concrètement toujours le mal psychiquement et physiquement (culpabilisation, dogmatisme, position réactionnaire envers les femmes et la sexualité, mortification, atteintes aux droits de l’homme, etc.). Qu’est-ce qu’une croyance sinon une certitude absolue, autrement dit un préjugé jamais remis en question et cautionné par un tour de passe-passe que l’on appelle « la foi ».
Je suis humaniste, j’ai foi en l’homme, c’est donc également une croyance, non transcendantale certes, mais au moins un principe, tout comme la tolérance qui ancre mon éthique de vie. Je reconnais bien sûr qu’il existe des militants laïques qui sont aussi des croyants rabiques autant que les chrétiens. Beaucoup de gens sont morts pour des idées parce qu’ils étaient idéalistes (antifascistes par exemple). Il nous faut donc distinguer les croyances dogmatiques (une paresse intellectuelle) des croyances aux luttes sociales pour l’amélioration de l’humanité (pour autant qu’elles ne deviennent pas une doctrine sectaire comme le stalinisme, du genre « le parti a dit et la vie des militants ne compte pas »). Tout homme peut porter un idéal de vie souhaitable comme l’inaccessible étoile de Jacques BREL tout en conservant dans le concret son esprit critique, donc sa pensée rationnelle et analytique.
Lorsque l’on écoute le philosophe André COMTE-SPONVILLE, on s’interroge sur les vertus théologales qu’il développe : la foi, l’espérance et la charité. La charité est une action qui consiste à se soucier des plus pauvres des humains, un acte volontaire vertueux alors que la foi et l’espérance sont des états d’âme. Nous, les athées et laïques parlons plus volontiers d’action sociale envers les déshérités pour fuir le terme de « charité » devenu poisseux et condescendant avec les dames patronnesses du temps jadis pratiquant une charité chrétienne ostentatoire et non respectueuse de la dignité humaine des moins nantis financièrement.
Je suis fidèle à mes idéaux qui cependant évoluent toujours au fil du temps car sans dogme et je reste de « bonne foi » sans pour autant toujours conscientiser mon évolution dans les détails…mais sans la foi immuable du charbonnier. Il n’y a pas de conciliation possible sur ce terme restrictif de croire aveuglément sans question, il est antagoniste à la science et à la raison adogmatique. Il peut y avoir une confiance et une adhésion à un ordre cosmique mais jamais une foi aveugle ; autrement dit, la foi en l’homme est possible car porteuse d’un sens plus pragmatique qui n’exclut pas la perfectibilité personnelle, donc les remises en cause permanentes.
Au-delà de la vision formatée par nos déterminismes sociaux et culturels, on peut aussi percevoir le monde intuitivement en observant les réalités sensibles sans nous prendre pour des clairvoyants. Les connaissances sur le cognitivisme ont encore du chemin à faire pour clarifier notre fonctionnement cérébral. Carl Gustav JUNG se réfère à HERMES « Ce qui est haut est comme ce qui est en bas » et inversement ; donc, sans dénier nos besoins physiologiques de mammifères, nous pouvons nous détacher de nos représentations enkystées pour, sans idolâtrie ou « profession de foi », ne pas s’arrêter aux apparences de l’ego et trouver en nous notre propre lumière relative. En synthèse pour ce concept, nous pourrions dire « avoir la foi » en nos possibilités de perfectionnement personnel, avoir une fidélité à une structure de pensée ou à un ordre sans pour autant aliéner notre libre-arbitre.
L’espérance aussi est un concept poly sémantique : nous pouvons avec la pensée positive espérer pour notre espèce, donc avec une énergie constructive, sans rêver pour autant à un beau jour d’espoir dans la réalité de tout ce qui est espéré. Pour une pratique de diverses actions sociales dans le tiers et le quart-monde, l’espérance d’un monde meilleur est notre moteur psychique et nous serons déçus absolument car le monde des hommes est MOUVEMENT et il y aura toujours un prêtre ou un politicien pour récupérer les acquis sociaux pour faire un retour vers l’obscurantisme et le totalitarisme (les évènements en France des diktats de SARKOSY par rapport aux retraites).
COMTE-SPONVILLE nous donne une belle définition de l’espérance : « C’est un désir qui porte sur ce qu’on n’a pas (un manque) dont on ignore s’il est ou s’il sera satisfait, enfin dont la satisfaction ne dépend pas de nous : espérer c’est désirer sans jouir, sans savoir et sans pouvoir. »[2] Le désir est manque de ce que l’on n’a pas ou de ce qui n’est pas comme l’avenir d’une humanité radieuse, c’est cela désirer sans jouir car notre avenir nous est inconnu et on n’en aura pas l’expérience avant l’instant du moment vécu. Nous ignorons si nos actions seront bénéfiques ou non, c’est pourquoi nous désirons sans savoir. Il est important de distinguer ce qui dépend de notre volonté et de nos actions d’une espérance dont la satisfaction ne dépend pas de nous. Le vouloir est l’acte, le concret qui dépend de nous : « Je serai là » n’est pas le même message que « j’espère venir ». Si notre engagement dépend d’un pouvoir externe à nous-mêmes, ce sera alors une espérance : « Plus nous nous efforçons de vivre sans la conduite de la raison, plus nous faisons effort pour nous rendre moins dépendant de l’espoir. »[3]
Pour arriver donc à enfin une ACTION « charitable » sans espoir d’une quelconque récompense dans l’au-delà ou d’une reconnaissance dans l’ici et maintenant, il faut réaliser un travail sur soi pour se détacher de l’ego et de l’orgueil. Il s’agit d’une ouverture du cœur, d’une disponibilité à la générosité et au partage. En travaillant concrètement pour le progrès social de tous, nous débouchons sans effort sur une vie spirituelle laïque, c’est-à-dire non pas l’amour d’un Dieu anthropocentriste dit, au mépris des réalités observables, « bon » mais l’amour des hommes (la Philae).
La pratique de la pensée et de l’action (la praxis) est génératrice d’une réaction psychique : la méditation sur la contradiction entre les injustices sociales productrices de souffrance pour l’humanité et la beauté de la terre et de l’univers. Cela ne veut pas dire – rappelons-le avec force et sagesse – qu’il nous faut (devoir) aimer tous les hommes (car nier les conflits, c’est les renforcer) mais sur la base d’une idée (une foi) et d’une positivité humaniste (l’espérance) ne fréquenter que les hommes avec qui nous pouvons établir des liens de réciprocité (sans nous user avec des fanatiques) pour le progrès, toujours provisoire, de l’humanité. L’adage d’une philosophie béate de la soumission : « tendre la joue gauche ! » est un masochisme judéo-chrétien inacceptable pour l’émancipation et l’épanouissement des hommes. Il nous faudra toujours nous battre – sans haine, ni violence – si nous voulons à la fois progresser en nous-mêmes et résister donc lutter contre le néolibéralisme allié à la domination des églises pour l’exploitation et l’abrutissement des hommes sans instruction, sans développement mental de l’esprit critique et se référant comme consolation à l’adoration de puissances externes extra-terrestres alors que la possibilité d’une vérité relative est en eux par l’alliance avec les autres hommes.
La « charité » est une liberté de passer le pont pour rejoindre les hommes de bonne volonté (musulmans et chrétiens y compris). La « charité » est l’acte volontaire d’aider nos semblables par altruisme sans renoncer à un minimum d’égoïsme. Comment partager le pain si on est totalement affamé ? Comment partager le pas (le com-pas) si on est à vie reclus dans un monastère pour notre propre salut adorateur d’une déité imaginaire ? Par contre, si la bêtise conduit à la discorde et aux tueries fanatiques des islamistes stupides par exemple, le plus clair moyen d’opposer une résistance est d’agirtet de lutter contre l’ignorance par l’éducation de tous. Nous avons besoin d’une droiture de caractère sans peur, d’un accueil de la différence des autres et de compassion et de combativité pour ouvrir la cage à notre colombe intérieure dans sa lutte contre les corbeaux de l’avoir matériel (ce que les alchimistes nomment le souffre, le sel et le mercure).
La vertu dépassera la mort.
Jean-Marie Lange, 17.10.2010.
[1] WEBER M., L’éthique protestante ou l’esprit du capitalisme, Paris, Plon, 1964.
[2] COMTE-SPONVILLE A. Le bonheur désespérément, Paris, Librio, 2008, p. 40.
[3] SPINOZA Baruch, L’éthique IV, scolie de la proposition 47.
lundi 11 octobre 2010
GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
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L'association de formation des cadres GAP est une asbl spécialisée en management associatif et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde. Hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali et aujourd'hui, c'est l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi. Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
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CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle -
SOMMAIRE des précédents articles de cette revue bimensuelle de réflexions pédagogiques du GAP
N°1 – Janv-Fév. 2006 : Qu'est ce que le GAP ?
N°2 – Mars-Avril 06: Le cahier des offres de formation du GAP.
N°3 - Mai-Juin 06 : La colère des enseignants (gestion des conflits – opus 1)
N°4 – Juill.-août 06 : La pensée rationnelle (gestion des conflits – opus 2)
N°5 – Sept.-Oct.06 : Totem et tabou
N°6 – Nov. Déc. 06 : Jalousie et fonctionnement à la croyance (Médiation couple – opus 1)
N°7 – Janv.Fév. 07 : L'Avant-projet pédagogique BURUNDI
N°8 – Mars-Avril 07 : La Dynamique des Groupes, l'organisation sociale et l'homme de la singularité.
N°9 – Mai-Juin 07 : Histoire de vie en groupe et aide sociale (Proposition au Congrès international des professionnels francophones de l'intervention). Pédagogie du projet.
N°10 – Juillet-Août 07 : Rapport d'activité "Enfants Dans les relations entre les peuples, mise à part une attitude envieuse, agressive et récurrente des maghrébins vis-à-vis des européens (marocains, algériens, tunisiens, libyens, égyptiens et non « les » musulmans du Turquie, d’Afrique noire, d’Ouzbékistan, ,d’Indonésie,…), il n’y a pas pour moi de racisme inscrit plus profondément qu’aux Etats-Unis alors que toutes les personnes de bonne volonté devraient pouvoir se parler, communiquer, s’enrichir de leurs différences et rire ensemble.
N°11 – Sept.Oct.07 : Le chaman et le formateur
N°12 – Nov.Dec. 07 – L'identité personnelle, une insertion sociale ?
N°13 – Janv.Fév.08 – La genèse des alchimistes pour l'éducation à une spiritualité laïque
N°14 – Mars-avril 08 - Le travail des intervenants sociaux (1) : Pour une insertion sociale et multiculturelle citoyenne.
N°15 – Mai-Juin 08 – Le travail des intervenants sociaux (2) : Emploi, travail et méthodes d'intervention.
N°16 – Juillet-Août 08 – Le travail des intervenants sociaux (3) : Fantasme de toute puissance, démocratie ou génocide.
N°17 – Sept. Oct. 08 : La souffrance du désir et le détachement
N°18 – Nov. Déc.08 : Le stress et les consciences
N°19 – Janv-Fev 09 : Le triangle rouge de la lutte contre tous les racismes
N°20 – Mars-Avril 09 : La psychologie des émotions.
N°21- Mai-juin 09 : La raison sensible (combattre les fidèles au nom des infidèles).
N°22 – Juill-Août 09 : Le néant et l'être affamé
N°23 – Sept-Oct 09 : Multiculturalisme et autoformation
N°24 – nov.dec.09
N°25 – Janv.fev10 : la matière, le vide, la nature et l’éducation.
N°26 – Mars-Avril10 : Le sexisme, forme principale de racisme.
N°27 – Mai-juin 10 : Sorcellerie et ethnopsychiatrie
N°28 – Juil-août10 : Pour une introduction à l’anthropologie culturelle et sociale
N°29 – Sept-oct10 : Le combat perpétuel de la démocratie participative
N°30 Nov.DEC.10 : Le déclin de l’école comme mythe de l’égalité et les répressions des sans-papiers
Le déclin de l’école comme mythe de l’égalité et les répressions des sans papiers
Les groupes de niveau
J’ai été chargé de mission par mon employeur la Communauté Française de Belgique (CEF) via le Conseil de l’Education et de la Formation (CEF) pour une enquête internationale d’évaluation sur l’enseignement professionnel en France, une enquête commanditée par le CEDEFOP de Thessaloniki et comprenant un participant de chaque pays européen (l’Europe des 16 à ce moment là). C’est effrayant de découvrir d’une part, la haine de l’enseignement officiel dans la bouche de certains curés d’écoles privées et d’autre part, la mise à sac de l’école certificative (donnant des diplômes) au profit d’un capitalisme cynique pour économiser sur la qualité des formations.
La CFB a quatre objectifs généraux (finalités) de bonne intention sans moyens financiers pour les appliquer :
· L’épanouissement de tous les enfants, apprendre avec plaisir.
· L’émancipation sociale, soit l’esprit critique de la citoyenneté responsable.
· L’acquisition d’un savoir-faire technique de haut niveau.
· Une école de la réussite pour tous, c’est-à-dire sans démagogie.
Cette guimauve est déjà très différente de la résolution du CE de Lisbonne en mai 2000 nommée « L’apprentissage tout au long de la vie » et qui mettait l’accent surtout sur l’instrumentalisation technocratique avec les TIC (Techniques Informatiques de Communication) au détriment de l’encadrement humain. Lorsque, donc, nous avons, avec des collègues de tous les pays d’Europe, réalisé en France cette étude d’évaluation, nous avons observé une déviance profitant du changement de concept au moment des « compétences » remplaçant « les validités ». Un exemple illustre bien cette manipulation subtile : une école de carrosserie exemplaire, très propre, avec un équipement de pointe et un drill des étudiants (très silencieux) ne pourrait que recevoir une appréciation de qualité. Seulement, nous nous sommes aperçus que les employeurs potentiels viennent à l’école comme à un marché d’esclaves pour débaucher les meilleurs éléments avant la fin de leur cursus scolaire et l’octroi d’un diplôme. La conséquence en est qu’à vie, le jeune sera payé moins et bloqué comme carrossier chez Tartempion sans possibilité de mobilité vers un autre employeur, puisqu’il n’a pas le titre, le diplôme nécessaire ! Ce mouvement n’est pas un accident ; au contraire, il y a plus de dix ans, l’OMC en faisait état sans mystère : « L’importance croissante de l’éducation se traduit pas une place grandissante du secteur privé, en concurrence du service public.(…) C’est un marché potentiellement colossal. L’éducation dit Glenn JONES (magnat américain de la télévision câblée) est le plus vaste marché de la planète, celui qui croît le plus vite et celui où les acteurs actuels ne répondent pas à la demande. Selon un document de travail de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) de 1998, le commerce mondial des services d’éducation supérieur représentait déjà 190 milliards de francs en 1995.(…) Les ultralibéraux visent à introduire des mécanismes de marché en mettant en concurrence les écoles, quitte à remettre totalement en cause le principe de l’unicité du service public. »[1] Ceci signifie une dilution du contrôle de l’offre éducative par l’autorité publique, soit les meilleures écoles pour les parents bien informés et les moins bonnes pour les enfants des populations migrantes. Un collègue ultralibéral me disait sans honte que l’on allait privatiser l’enseignement supérieur et secondaire et laisser l’enseignement spécial (handicapés) et l’enseignement primaire à la charge de l’Etat !
En 2010, le mouvement se précise en aval comme en amont : on n’a pas besoin de jeunes surdiplômés qui coûteront trop cher aux employeurs (d’où les taux d’échecs affolant à l’université et les examens de sortie en médecine et en kinésithérapie) mais au contraire de gens à sous-diplômes - comme ceux de l’enseignement professionnel et des CEFA (Centre d’Education et de formation en alternance, 2 jours à l’école, 3 à l’usine) - qui auront des compétences transversales (s’ils ont eu une bonne éducation parentale) et qui seront sous-payés. Regardons les multiples tâches d’un barmaid dans le Thalys : il qui doit avoir le sourire et des compétences relationnelles mais aussi être capable de manœuvrer une caisse informatisée, calculer vite l’ordre de ses clients, mémoriser ses stocks à flux tendus, etc. C’est pour cela qu’en France, les profs ne seront plus remplacés qu’à raison de un sur deux et ceux qui resteront auront des classes de plus en plus surchargées (ma dernière classe pour pratiquer de la dynamique de groupe était de 78 étudiants dans le même auditoire).
En synthèse, nous allons vers des économies de salaires où de jeunes serveurs mal payés seront compétents sans diplôme et une économie de ce gouffre du service public qu’est l’éducation nationale qui sera réservée non aux plus doués mais aux plus riches, c’est-à-dire à ceux dont les familles ont des moyens financiers. Il y aura des écoles payantes très coûteuses et des écoles pour rire…jaune !
Les nouvelles populations migrantes et leurs compétences cognitives
Il n’y a qu’une seule race humaine l’HOMO SAPIENS SAPIENS mais des cultures différentes selon les ethnies et/ou les genres sexuels. En Afrique, dans tous les pays que j’ai observés les femmes travaillent beaucoup plus que les hommes (qui se réservent les tâches les plus dures dit-on) ; les femmes européennes sont en général des perfectionnistes de la propreté. Pourtant, j’ai regardé sur TF1 le jeu KOH-LANTHA avec des équipes non mixtes et j’ai constaté que l’équipe des hommes travaillait avec méthode et efficacité alors que l’équipe des femmes se faisait bronzer et leur campement était une vraie niche à déchets ménagers, un cas unique probablement ? Ou bien est-ce un cliché que nous avons culturellement intégré ?
Lorsqu’en 1968, j’étais jeune planteur dans un programme de replanting de palmiers Elaeis au Congo-Zaïre, mon directeur, en guise de bizutage, m’envoya toute une semaine faire du piquetage en forêt primaire inondée avec une équipe pour découper des layons, porter les jalons et moi me servir du pantomètre avec de l’eau vaseuse jusqu’aux mollets,, je m’émerveillais de la vue pénétrante de mes collaborateurs bantous qui, chaque jour voyaient et tuaient un ou deux serpents au-dessus de ma tête (sans que j’en voie un seul le premier). Les sangsues, je m’en occupais moi-même avec le bout incandescent de mon cigare.
Trente ans après le Congo, complètement recyclé à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation, j’ai commencé ma thèse sur l’autoformation et le développement personnel par les histoires de vie en pays DOGON (en 1988), j’ai dû recadrer tout mon travail, déjà « jalonné »(sic) depuis 1987 car je ne récoltais rien, les histoires individuelles étaient creuses là où l’égo ne règne pas en maître mais plutôt le clan, la grande famille et sa richesse d’avant les blancs colonisateurs : les enfants. A cette époque, sortit aux Etats-Unis un livre pseudo-scientifique sur la courbe de Gauss en statistique (« La courbe en cloche ») répondant aux thèses racistes que les noirs étaient moins intelligents que les blancs. Rien n’est plus faux et on fait dire ce qu’on veut à des statistiques selon les paramètres sélectionnés. Dès 1911, ce fut la plus grande critique du Quotient Intellectuel (QI) d’Alfred BINET, celle de ne pas prendre en compte les biais culturels. Par exemple, si je demande à un gosse de Louisiane quelles sont les dix espèces de poissons que l’on pèche dans le bayou, il aura une intelligence supérieure à celle du petit blanc habitant New-York qui excellera en comparaison boursière.
Sans glisser donc dans l’ethnocentrisme habituel, je pense cependant qu’il y a bien des différences culturelles et donc cérébrales de facto. Tout comme les femmes privilégient l’hémisphère cérébral droit plus intuitif, créatif, et global, les hommes eux privilégient plutôt l’hémisphère gauche logique, organisationnel et analytique. Selon la taxonomie de Guildford [2],nous aurions 156 types différents d’intelligence.
Je fais également l’hypothèse que les africains en général ne sont pas influencés par l’Œdipe et le système freudien du surmoi, dénoncé récemment par Michel ONFRAY comme un engouement acceptable pour les viennois d’il y a un siècle mais obsolète à notre époque des neurosciences. Chez mes amis bantous, au-delà de la gentillesse, je ne vois pas de scrupule ni de culpabilisation judéo-chrétienne, sauf celle importée de force par les pouvoirs coloniaux dans quelques esprits de « métis » et/ou « d’évolués » (comment a-t-on pu parler ainsi d’autres frères humains avec la vanité des conquérants ?). Nos différences de mélanine sous la peau (blanc ou noir) ne signifient rien d’autre que l’adaptation de celle-ci à se protéger des UV et des IR du soleil. Par contre, nos manières de voir le monde sont fortement différentes avec un petit complexe d’infériorité chez nos frères noirs de peau (les petites filles noires dans une école maternelle préfèrent les poupées blanches parce que plus jolies, un élément parfaitement subjectif).
Pour des peuples maintenus sous une dépendance économique bien après les indépendances, les toubabs sont comme des poulets à plumer, tant ils ont de l’argent. Un ami de Bamako me racontait la réflexion d’un de ses travailleurs : chez eux (les toubabous), il y a des machines où il suffit d’introduire une carte et celle-ci distribue des billets de banque tant qu’on en veut. Ils ont été abîmés, acculturés par l’argent et les signaux ostentatoires de richesse des blancs mais aussi par les références mémorisées : en brousse tropicale, avec les lianes, il n’y a pas une seule ligne droite alors que nos méga-cités sont tracées au cordeau. Il y a donc bien des différences cognitives marquées et qui pourraient être complémentaires ; le cartésianisme qui nous mobilise est peu ou mal compris ; par contre, la mémoire généalogique est phénoménale (tradition orale oblige). Des études comparatives avec la résonance magnétique (IRM), à l’abri de toute récupération raciste, seraient intéressantes pour mieux comprendre ce que historiquement, nous avons sur sélectionnés dans notre cortex ; par exemple l’ouïe, la vue, l’olfaction, la mémoire, les émotions, le raisonnement, soit des pistes pour des travaux les plus scientifiques possibles en sciences humaines.
Les transhumances et migrations des pays du sud
Un très beau film français de Philippe Lioret WELCOME raconte l’histoire d’un maître-nageur du nord de la France (Vincent LINDON y réalise une prestation d’acteur remarquable) qui apprend à un sans-papier à nager pour traverser La Manche et rejoindre la Grande Bretagne. Le maître-nageur est inquiété par la police pour sa complicité dans un acte de pure humanité, l’aide aux migrants. On se croirait sous le régime de Vichy avec la rafle du Veld’hiv et dans le rôle du Maréchal, SARKOSY bling-bling. Un autre film récent (2010) de Sherry Horrmann « Fleur du désert » raconte l’histoire d’une jeune fille mannequin éthiopienne à qui – petite fille – on a mutilé le clitoris, opération barbare pouvant occasionner des fistules, des déchirures vessie/rectum, des infections, des hémorragies et régulièrement le décès de la martyrisée.
Cette barbarie est perpétrée pour que les femmes ne soient pas tentées par le plaisir sexuel du clitoris et qu’elles restent plus efficacement les propriétés humaines de leur maître homme. Nous allons donc tenter un regard croisé sans langue de bois entre ces barbares d’un autre âge et les provocations des islamistes d’une part et d’autre part la fermeture des frontières de l’Europe et les humiliations de rapatriements forcés en charters vers les pays du sud de ceux qui transgressent nos lois et valeurs, une montée réciproque de la haine interethnique.
Notons à décharge de la France que son gouvernement a du courage et de la cohésion alors qu’en Belgique, on ferme les yeux sur les mutilations physiques et même sur les foulards pour pleurer notre future humanité mondiale perdue. Le gouvernement français agit avec fermeté pour condamner et placer en prison toute personne pratiquant sur son sol la torture de l’excision ou de l’infibulation des petits enfants.
Mais la population ne s’y retrouve plus ; d’une part, des populations accueillies de gamins et de femmes (et d’hommes) qui risquent leur vie pour traverser les mers et être maltraités par nos policiers et nos centres fermés (prison pour le seul délit d’être sans-papier) et d’autre part, ces mêmes populations qui commettent chez nous des barbaries – contraires aux valeurs des droits de l’homme – et autres délits et nous reprochent de ne pas nous soumettre, nous leurs hôtes, à leurs coutumes spécifiques, à eux des auto- invités. D’où les réactions exagérées des pays les plus frileux comme la Suisse qui interdit la construction de minaret.
Si la gauche humaniste ne se réveille pas, nous allons vivre un tsunami raciste qui va se retourner contre les quelques islamistes sanglants provocateurs mais surtout contre l’ensemble de ces malheureux innocents qui croient mieux vivre en Europe sans en connaître les cadences des aliénés du travail.(Mais aussi contre les malheureux restés dans ces pays du sud à qui, après la crise et les attitudes maghrébines, les gens ne veulent plus donner un sous d’aide humanitaire alors que des milliers d’enfants mourront de faim en 2011 suite au déficit annoncé de moins 30% de précipitations.) Pour revenir sur l’El Dorado de l’Europe, je fais l’hypothèse que le racisme change de visage et que, si le délit de « sale gueule » foncée a bien eu lieu dans l’après-guerre(avec les mineurs siciliens par exemple), aujourd’hui, ce serait plutôt l’impolitesse, le non-verbal et le non entraînement à un travail rapide et soutenu qui seraient les freins à l’embauche.
Le flux de l’immigration des travailleurs a commencé dans les années 1989-1990 avec des personnes sans travail venues des pays de l’Est et dans leur sillage des mafias de ces régions pour l’argent facile ainsi que des personnes des régions rurales de l’Afrique et de la Turquie (les asiatiques migrant plutôt vers le Royaume-Uni).
Les travailleurs précarisés (sous-statutaires) de chez nous sont en colère : le chômage, la précarité des emplois, la baisse des revenus et de leur retraite les poussent à des votes massifs à l’extrême-droite avec des réactions de plus en plus xénophobes. En Belgique, ne survivent que des gouvernements falots, jouets du parti séparatiste identitaire flamand (N-VA) proche du parti de l’extrême-droite le VLAAMS BELANG, empêchant pendant 113 jours le nouveau gouvernement de se constituer (en réalité, il bloque depuis plus de deux ans en réclamant la scission de la sécurité sociale c’est-à-dire de la Belgique). Les réactions en Belgique et dans toute l’Europe sont de plus en plus à droite : la fermeture des frontières, un minerval excessif pour les étudiants non-européens, une idéologie sécuritaire anti-jeunes, une ghettoïsation de plus en plus marquée.
Ce sera par l’instruction et l’éducation que l’on dépassera la crise de l’autorité paternelle des maghrébins (dénoncée depuis plus de 20 ans par Jürgen HABERMAS, de l’école de Francfort) du fait de la colonisation de la sphère privée par la sphère publique entraînant un laxisme éducatif des parents et du manque d’intérêt des familles migrantes pour la scolarisation en général (c’est gratuit donc sans valeur ?).
L’allocation de vie fournie aux mères ou les revenus de substitution fournis aux ménages plus de petits boulots au noir font en fait qu’il n’y a aucune motivation à s’intégrer, soit trop peu d’efforts pour l’école et pour les normes d’une petite entreprise, ce qui a comme effet pervers que l’on ne veut plus les nouveaux sans-papiers. Il faut que ce non-dit se dise pour trouver une réelle remédiation par l’éducation des normes et des valeurs du pays hôte au lieu des préjugés bétonnés. L’école par exemple stigmatise ces jeunes comme des fainéants, grossiers et pas très intelligents et ils se retrouvent généralement réorientés dans des filières professionnelles sans débouchés d’emploi. Une fois que ces jeunes gens le conscientisent, il est trop tard ; alors, ils râlent, cassent des voitures sans même voler la radio CD et brûlent celles de leurs parents ou de leurs voisins, une révolte sans but qui n’est même pas une révolution. Les mafias de dealers, tout comme les groupes religieux extrémistes se revendiquant d’Al Quaida, font alors leurs marchés parmi ces frustrés en totale dérive communautaire (l’autorité du pays comme les traditions de leurs parents).
Les autochtones accueillants à l’origine trouvent saumâtre ce mépris à leur égard ainsi que cette volonté d’imposition des mœurs et des coutumes venues d’ailleurs et incompatibles avec les droits de l’homme et de la femme et les principes de courtoisie des sociétés occidentales
On pourrait pourtant sans problème garder les coutumes des ancêtres tout en respectant les valeurs du pays d’accueil. Lorsque je vais chez mes amis maliens, je me déchausse dans les mosquées et j’offre aux marabouts des exemplaires du Coran sous cellophane, c’est-à-dire non touchés par des impurs (sauf lors de l’édition, of course). Est-ce que quelqu’un a déjà entendu un musulman qui faisait son autocritique des exactions commises en Occident en réaction disproportionnée à des caricatures à part des intellectuels de haut niveau comme Amin MAALOUF par exemple. ? (Remarquons que même le Pape ne demande pas pardon aux enfants victimes abusés par ses prêtres.)
Chez les populations migrantes maghrébines actuelles, il y a une énorme contradiction : il y a à la fois une dissolution des mœurs et de l’autorité paternelle et en même temps, un retour aux traditions barbares et à certaines formes d’autoritarisme patriarcal avec droit de mort sur les femmes. En Iran, des voitures de policiers s’arrêtent devant des groupes de femmes et les fouettent parce qu’elles ne sont pas assez couvertes et laissent voir leurs chevilles, elles sont pour eux moins que des chameaux, des putains (même si ce sont des femmes tout à fait convenables et ordinaires). Pourquoi la communauté internationale ne lance-t-elle pas une fatwa sur ces policiers et ne les traduit-elle pas au tribunal de La Haye pour atteinte gravissime aux droits de l’homme ? Pourquoi l’Occident soutient-il de son aide mondiale (le PAM – Programme Alimentaire Mondial) ces pays où l’on ne respecte pas les femmes sans demander quelque chose en échange ? Par exemple ne pas cracher ni lancer des pierres sur les étrangers en Syrie , en Afghanistan, en Iran ? Est-ce que tous les délégués qui votent des résolutions à l’ONU sont hypocrites comme les américains ?
L’alternative humaniste et anti- raciste
Je suis engagé par ma foi dans les droits de l’homme et le développement in situ du tiers-monde et je me battrai de toutes mes forces contre les lâches politiciens belges qui prônent le respect des traditions des cultures d’origines, lorsqu’au nom de celles-ci, des connards fanatisés viennent chez nous martyriser leurs femmes. Je me bats , avec les Lumières, pour une humanité mondiale, donc contre les talibans et les islamistes qui ont un problème avec le sexe au point qu’ils interdisent l’enseignement aux filles, qu’ils violent, lapident, battent, infibulent etc. ou bien, comme variante, tuent à l’aveugle des populations civiles car ils sont trop lâches pour oser affronter de face les hommes de nos contrées. Je souhaite que l’Europe revoit ses normes, arrête ses prisons « centres fermés » pour des malheureux qui ne sont pas des tueurs, et donc accueille décemment les migrants mais soit en même temps ferme pour stopper toute aide à l’Afghanistan et à sa base arrière du Pakistan, à l’Irak, à l’Iran, à la Corée du Nord, à la Lybie et aux touaregs du Sahara se revendiquant d’Al Quaida. (Pas un franc pour racheter des otages ou pour de l’aide alimentaire extorquée de la sorte). Puisqu’avec la globalisation économique du néolibéralisme, nous ne pouvons leur fournir de coup de pouce de développement (sinon comment encore exploiter leurs ressources naturelles ?), accueillons-les avec un engagement civique minimal (exclusion irrévocable des bandits, pour une fois que je suis d’accord avec SARKOSY) pour recevoir chez nous une aide décente, donc humaine. Rappelons les faits de l’aide sociale chez nous ; avec les CPAS, nos assistantes sociales sont tournées parfois depuis trois générations vers des exclus volontaires : les familles défaites, les pères (ou les mères) imbibés d’alcool ou de drogue, l’abandon psychique d’enfants (ils sont juste là pour toucher des allocations familiales) soit la spécificité du quart-monde, du lumpenprolétariat disait MARX. Alors que la situation est tout autre avec les familles du Maghreb, de l’Afrique Sahélienne, des pays équatoriaux d’Afrique ou de Turquie qui sont encore parfois des foyers unis mais sans autorité paternelle[3], d’où le taux de délinquance et d’échec scolaire supérieur à la moyenne.
Dans les années 1950, dans les rue d’Alger les jeunes filles se promenaient dans la kasbah en jupe légère, bras nus et les cheveux au vent et le sourire aux lèvres car le mal religieux de l’islamisme barbare n’avait pas encore été inventé. Répétons-nous, il ne s’agit pas bien sûr de l’islam mais des islamistes sanglants avec la charia appliquée comme au Moyen-âge et des lois infâmantes sur la famille et le mariage. Les hommes enferment les femmes sous des vêtements disgracieux et en plus dans leur maison (fermées donc à double tour). Si une femme doit faire des courses, elle s’habillera comme un sac de pommes-de-terre et sera accompagnée d’un enfant mâle (12 ans c’est bon, le plus souvent son fils). Les femmes sont prisonnières aussi à l’extérieur. Le paradoxe est que bien, souvent, à part cette surveillance policière et la prière, les hommes ne font pas grand-chose mais ne cèdent pas leur autorité à la mère et voit des adolescents interdire à leur mère de s’habiller comme elle veulent. Qui va alors forcer ces ados à faire leurs devoirs pour l’école ? Le paradoxe est donc que les pays hôtes demandent à la fois moins d’autoritarisme interne barbare (donc plus de tolérance envers des humains d’un genre sexuel différent) et dans les milieux immigrés pauvres la restauration de l’autorité de la mère et son autonomie pour – par cette revalorisation de leur autorité naturelle sur les enfants – donner à ceux-ci un minimum d’éducation (la politesse déjà) pour qu’ils soient acceptables dans la société hôte.
Pour conclure sommairement
Dans les années 1970, nous avons en Occident développé les concepts d’autonomie et de liberté individuelle ; ces concepts ont été détournés par le néocapitalisme par la norme d’internalité pour évaluer ses performances avec l’introspection donc l’intro-détermination en faisant fi des déterminismes sociaux qui nous accablent déjà dès notre naissance. Pour les jeunes d’aujourd’hui, le projet d’autonomie s’est inversé en son contraire, que l’on soit Blanc ou Noir, tout comme l’émancipation par les histoires de vie (Ecole de Francfort et Ecole de Chicago en sociologie) et des pseudo-formateurs du FOREM exigent de jeunes sans emploi (donc déstabilisés) qu’ils fassent (sur commande) un projet de vie bâclé. Sans la moindre marge de liberté d’action (remplir des questionnaires par exemple) et donc avec une capacité d’autonomie réduite à un discours d’intention, la norme d’internalité de l’auto-évaluation sous contrainte fleurit comme une fleur vénéneuse dans une logique de compétition individualiste (il n’y a plus de solidarité, les idéaux du syndicalisme ont été phagocytés par les partis socio-démocrates qui les dominent et qui ont donc tué eux-mêmes leur contre-pouvoir démocratique). Cet individualisme extro-déterminé de consommateur et de travailleur précaire aliène les jeunes et les déstabilise d’où le retour à des credo religieux réactionnaires et cautionnés par les Papes et Ayatollah qui devraient être jugés pour crime contre l’humanité.
En d’autres termes, nous sommes tous agacés par les provocations des islamistes et des jeunes laissés- pour- compte qui deviennent des bandits mais il faut reconnaître que la plus grande violence, qui apparaît peu dans les médias, est bien la violence d’Etat (et Européenne), une violence de la répression et de l’expulsion au lieu de l’éducation et qui est d’une grande bêtise car la fermeture des frontières européennes n’a aucun sens vis-à-vis de l’énormité des flux migratoires qui nous attendent. la seule réaction humaniste de raison que nous pourrions avoir en tant que civilisés serait dans un encadrement et une distinction entre les maffias et les masses de sans-papier que l’on enferme dans des centres fermés avec femmes et enfants alors qu’ils n’ont commis aucun délit. Notre seule espérance est que, dans le cœur de chaque homme, il y ait une conscientisation de ce déclin de nos institutions et un sursaut de citoyenneté responsable pour jeter dehors les politiciens arrivistes d’une oligarchie héréditaire ainsi que les divers prélats qui violent de façon statistiquement significative (car privés de sexualité dès le départ) des petits garçons avec un chef débile qui interdit le préservatif à ses fidèles en Afrique. Il est urgent de se réveiller et de créer ensemble l’utopie au lieu de cette déliquescence actuelle qui ne pourra évoluer que vers une intensification de ce néo totalitarisme de l’argent toujours sale.
Jean-Marie LANGE, formateur GAP,
10.10.2010
[1] LANGE Jean-Marie, Pédagogies émancipatrices et revalorisation de l’enseignement technique, Paris, L’Harmattan, 2006, p.13-14.
[2] DE LANDSHEERE G., Introduction à la recherche en éducation, 5ème éd., Liège, G. Thone, 1982.DE LANDSHEERE G. & BAYER E., Pédagogie et recherche, Comment les maîtres enseignent. Analyse des interactions verbales en classe, 4Eed., Bruxelles, Direction générale de l'Organisation des Etudes, 1981.DE LANDSHEERE G. & DELCHAMBRE A., Comment les maîtres enseignent II. Les comportements non verbaux de l'enseignant, Bruxelles, Labor, 1979.
[3] « Pour ne pas accroître le malaise, on s’interdit d’interroger les mœurs qui prévalent dans les quartiers, le processus diffus de séparation des sexes dans l’espace public, de réduction des libertés des femmes et des filles, d’abandon en pratique d’un idéal de mixité et d’égalité entre les sexes. Ce sont pourtant là les témoignages de la diffusion des mœurs néo patriarcales et d’une religiosité étroite. Ces tensions entre les quartiers et le courant central de la société française, et cette dualisation des mœurs sont préoccupantes. Appellent-elles une réponse autoritaire, fondée sur une ignorance délibérée du fossé culturel ? Selon moi, l’action publique ne doit pas renoncer à mettre en œuvre des politiques d’intégration. »LAGRANGE Hugues, Le déni des cultures, Paris, Seuil, 2010, p. 20.
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
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Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires.
L'association de formation des cadres GAP est une asbl spécialisée en management associatif et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde. Hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali et aujourd'hui, c'est l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi. Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap-belgique.blogspot.com;
CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle -
SOMMAIRE des précédents articles de cette revue bimensuelle de réflexions pédagogiques du GAP
N°1 – Janv-Fév. 2006 : Qu'est ce que le GAP ?
N°2 – Mars-Avril 06: Le cahier des offres de formation du GAP.
N°3 - Mai-Juin 06 : La colère des enseignants (gestion des conflits – opus 1)
N°4 – Juill.-août 06 : La pensée rationnelle (gestion des conflits – opus 2)
N°5 – Sept.-Oct.06 : Totem et tabou
N°6 – Nov. Déc. 06 : Jalousie et fonctionnement à la croyance (Médiation couple – opus 1)
N°7 – Janv.Fév. 07 : L'Avant-projet pédagogique BURUNDI
N°8 – Mars-Avril 07 : La Dynamique des Groupes, l'organisation sociale et l'homme de la singularité.
N°9 – Mai-Juin 07 : Histoire de vie en groupe et aide sociale (Proposition au Congrès international des professionnels francophones de l'intervention). Pédagogie du projet.
N°10 – Juillet-Août 07 : Rapport d'activité "Enfants Dans les relations entre les peuples, mise à part une attitude envieuse, agressive et récurrente des maghrébins vis-à-vis des européens (marocains, algériens, tunisiens, libyens, égyptiens et non « les » musulmans du Turquie, d’Afrique noire, d’Ouzbékistan, ,d’Indonésie,…), il n’y a pas pour moi de racisme inscrit plus profondément qu’aux Etats-Unis alors que toutes les personnes de bonne volonté devraient pouvoir se parler, communiquer, s’enrichir de leurs différences et rire ensemble.
N°11 – Sept.Oct.07 : Le chaman et le formateur
N°12 – Nov.Dec. 07 – L'identité personnelle, une insertion sociale ?
N°13 – Janv.Fév.08 – La genèse des alchimistes pour l'éducation à une spiritualité laïque
N°14 – Mars-avril 08 - Le travail des intervenants sociaux (1) : Pour une insertion sociale et multiculturelle citoyenne.
N°15 – Mai-Juin 08 – Le travail des intervenants sociaux (2) : Emploi, travail et méthodes d'intervention.
N°16 – Juillet-Août 08 – Le travail des intervenants sociaux (3) : Fantasme de toute puissance, démocratie ou génocide.
N°17 – Sept. Oct. 08 : La souffrance du désir et le détachement
N°18 – Nov. Déc.08 : Le stress et les consciences
N°19 – Janv-Fev 09 : Le triangle rouge de la lutte contre tous les racismes
N°20 – Mars-Avril 09 : La psychologie des émotions.
N°21- Mai-juin 09 : La raison sensible (combattre les fidèles au nom des infidèles).
N°22 – Juill-Août 09 : Le néant et l'être affamé
N°23 – Sept-Oct 09 : Multiculturalisme et autoformation
N°24 – nov.dec.09
N°25 – Janv.fev10 : la matière, le vide, la nature et l’éducation.
N°26 – Mars-Avril10 : Le sexisme, forme principale de racisme.
N°27 – Mai-juin 10 : Sorcellerie et ethnopsychiatrie
N°28 – Juil-août10 : Pour une introduction à l’anthropologie culturelle et sociale
N°29 – Sept-oct10 : Le combat perpétuel de la démocratie participative
N°30 Nov.DEC.10 : Le déclin de l’école comme mythe de l’égalité et les répressions des sans-papiers
Le déclin de l’école comme mythe de l’égalité et les répressions des sans papiers
Les groupes de niveau
J’ai été chargé de mission par mon employeur la Communauté Française de Belgique (CEF) via le Conseil de l’Education et de la Formation (CEF) pour une enquête internationale d’évaluation sur l’enseignement professionnel en France, une enquête commanditée par le CEDEFOP de Thessaloniki et comprenant un participant de chaque pays européen (l’Europe des 16 à ce moment là). C’est effrayant de découvrir d’une part, la haine de l’enseignement officiel dans la bouche de certains curés d’écoles privées et d’autre part, la mise à sac de l’école certificative (donnant des diplômes) au profit d’un capitalisme cynique pour économiser sur la qualité des formations.
La CFB a quatre objectifs généraux (finalités) de bonne intention sans moyens financiers pour les appliquer :
· L’épanouissement de tous les enfants, apprendre avec plaisir.
· L’émancipation sociale, soit l’esprit critique de la citoyenneté responsable.
· L’acquisition d’un savoir-faire technique de haut niveau.
· Une école de la réussite pour tous, c’est-à-dire sans démagogie.
Cette guimauve est déjà très différente de la résolution du CE de Lisbonne en mai 2000 nommée « L’apprentissage tout au long de la vie » et qui mettait l’accent surtout sur l’instrumentalisation technocratique avec les TIC (Techniques Informatiques de Communication) au détriment de l’encadrement humain. Lorsque, donc, nous avons, avec des collègues de tous les pays d’Europe, réalisé en France cette étude d’évaluation, nous avons observé une déviance profitant du changement de concept au moment des « compétences » remplaçant « les validités ». Un exemple illustre bien cette manipulation subtile : une école de carrosserie exemplaire, très propre, avec un équipement de pointe et un drill des étudiants (très silencieux) ne pourrait que recevoir une appréciation de qualité. Seulement, nous nous sommes aperçus que les employeurs potentiels viennent à l’école comme à un marché d’esclaves pour débaucher les meilleurs éléments avant la fin de leur cursus scolaire et l’octroi d’un diplôme. La conséquence en est qu’à vie, le jeune sera payé moins et bloqué comme carrossier chez Tartempion sans possibilité de mobilité vers un autre employeur, puisqu’il n’a pas le titre, le diplôme nécessaire ! Ce mouvement n’est pas un accident ; au contraire, il y a plus de dix ans, l’OMC en faisait état sans mystère : « L’importance croissante de l’éducation se traduit pas une place grandissante du secteur privé, en concurrence du service public.(…) C’est un marché potentiellement colossal. L’éducation dit Glenn JONES (magnat américain de la télévision câblée) est le plus vaste marché de la planète, celui qui croît le plus vite et celui où les acteurs actuels ne répondent pas à la demande. Selon un document de travail de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) de 1998, le commerce mondial des services d’éducation supérieur représentait déjà 190 milliards de francs en 1995.(…) Les ultralibéraux visent à introduire des mécanismes de marché en mettant en concurrence les écoles, quitte à remettre totalement en cause le principe de l’unicité du service public. »[1] Ceci signifie une dilution du contrôle de l’offre éducative par l’autorité publique, soit les meilleures écoles pour les parents bien informés et les moins bonnes pour les enfants des populations migrantes. Un collègue ultralibéral me disait sans honte que l’on allait privatiser l’enseignement supérieur et secondaire et laisser l’enseignement spécial (handicapés) et l’enseignement primaire à la charge de l’Etat !
En 2010, le mouvement se précise en aval comme en amont : on n’a pas besoin de jeunes surdiplômés qui coûteront trop cher aux employeurs (d’où les taux d’échecs affolant à l’université et les examens de sortie en médecine et en kinésithérapie) mais au contraire de gens à sous-diplômes - comme ceux de l’enseignement professionnel et des CEFA (Centre d’Education et de formation en alternance, 2 jours à l’école, 3 à l’usine) - qui auront des compétences transversales (s’ils ont eu une bonne éducation parentale) et qui seront sous-payés. Regardons les multiples tâches d’un barmaid dans le Thalys : il qui doit avoir le sourire et des compétences relationnelles mais aussi être capable de manœuvrer une caisse informatisée, calculer vite l’ordre de ses clients, mémoriser ses stocks à flux tendus, etc. C’est pour cela qu’en France, les profs ne seront plus remplacés qu’à raison de un sur deux et ceux qui resteront auront des classes de plus en plus surchargées (ma dernière classe pour pratiquer de la dynamique de groupe était de 78 étudiants dans le même auditoire).
En synthèse, nous allons vers des économies de salaires où de jeunes serveurs mal payés seront compétents sans diplôme et une économie de ce gouffre du service public qu’est l’éducation nationale qui sera réservée non aux plus doués mais aux plus riches, c’est-à-dire à ceux dont les familles ont des moyens financiers. Il y aura des écoles payantes très coûteuses et des écoles pour rire…jaune !
Les nouvelles populations migrantes et leurs compétences cognitives
Il n’y a qu’une seule race humaine l’HOMO SAPIENS SAPIENS mais des cultures différentes selon les ethnies et/ou les genres sexuels. En Afrique, dans tous les pays que j’ai observés les femmes travaillent beaucoup plus que les hommes (qui se réservent les tâches les plus dures dit-on) ; les femmes européennes sont en général des perfectionnistes de la propreté. Pourtant, j’ai regardé sur TF1 le jeu KOH-LANTHA avec des équipes non mixtes et j’ai constaté que l’équipe des hommes travaillait avec méthode et efficacité alors que l’équipe des femmes se faisait bronzer et leur campement était une vraie niche à déchets ménagers, un cas unique probablement ? Ou bien est-ce un cliché que nous avons culturellement intégré ?
Lorsqu’en 1968, j’étais jeune planteur dans un programme de replanting de palmiers Elaeis au Congo-Zaïre, mon directeur, en guise de bizutage, m’envoya toute une semaine faire du piquetage en forêt primaire inondée avec une équipe pour découper des layons, porter les jalons et moi me servir du pantomètre avec de l’eau vaseuse jusqu’aux mollets,, je m’émerveillais de la vue pénétrante de mes collaborateurs bantous qui, chaque jour voyaient et tuaient un ou deux serpents au-dessus de ma tête (sans que j’en voie un seul le premier). Les sangsues, je m’en occupais moi-même avec le bout incandescent de mon cigare.
Trente ans après le Congo, complètement recyclé à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation, j’ai commencé ma thèse sur l’autoformation et le développement personnel par les histoires de vie en pays DOGON (en 1988), j’ai dû recadrer tout mon travail, déjà « jalonné »(sic) depuis 1987 car je ne récoltais rien, les histoires individuelles étaient creuses là où l’égo ne règne pas en maître mais plutôt le clan, la grande famille et sa richesse d’avant les blancs colonisateurs : les enfants. A cette époque, sortit aux Etats-Unis un livre pseudo-scientifique sur la courbe de Gauss en statistique (« La courbe en cloche ») répondant aux thèses racistes que les noirs étaient moins intelligents que les blancs. Rien n’est plus faux et on fait dire ce qu’on veut à des statistiques selon les paramètres sélectionnés. Dès 1911, ce fut la plus grande critique du Quotient Intellectuel (QI) d’Alfred BINET, celle de ne pas prendre en compte les biais culturels. Par exemple, si je demande à un gosse de Louisiane quelles sont les dix espèces de poissons que l’on pèche dans le bayou, il aura une intelligence supérieure à celle du petit blanc habitant New-York qui excellera en comparaison boursière.
Sans glisser donc dans l’ethnocentrisme habituel, je pense cependant qu’il y a bien des différences culturelles et donc cérébrales de facto. Tout comme les femmes privilégient l’hémisphère cérébral droit plus intuitif, créatif, et global, les hommes eux privilégient plutôt l’hémisphère gauche logique, organisationnel et analytique. Selon la taxonomie de Guildford [2],nous aurions 156 types différents d’intelligence.
Je fais également l’hypothèse que les africains en général ne sont pas influencés par l’Œdipe et le système freudien du surmoi, dénoncé récemment par Michel ONFRAY comme un engouement acceptable pour les viennois d’il y a un siècle mais obsolète à notre époque des neurosciences. Chez mes amis bantous, au-delà de la gentillesse, je ne vois pas de scrupule ni de culpabilisation judéo-chrétienne, sauf celle importée de force par les pouvoirs coloniaux dans quelques esprits de « métis » et/ou « d’évolués » (comment a-t-on pu parler ainsi d’autres frères humains avec la vanité des conquérants ?). Nos différences de mélanine sous la peau (blanc ou noir) ne signifient rien d’autre que l’adaptation de celle-ci à se protéger des UV et des IR du soleil. Par contre, nos manières de voir le monde sont fortement différentes avec un petit complexe d’infériorité chez nos frères noirs de peau (les petites filles noires dans une école maternelle préfèrent les poupées blanches parce que plus jolies, un élément parfaitement subjectif).
Pour des peuples maintenus sous une dépendance économique bien après les indépendances, les toubabs sont comme des poulets à plumer, tant ils ont de l’argent. Un ami de Bamako me racontait la réflexion d’un de ses travailleurs : chez eux (les toubabous), il y a des machines où il suffit d’introduire une carte et celle-ci distribue des billets de banque tant qu’on en veut. Ils ont été abîmés, acculturés par l’argent et les signaux ostentatoires de richesse des blancs mais aussi par les références mémorisées : en brousse tropicale, avec les lianes, il n’y a pas une seule ligne droite alors que nos méga-cités sont tracées au cordeau. Il y a donc bien des différences cognitives marquées et qui pourraient être complémentaires ; le cartésianisme qui nous mobilise est peu ou mal compris ; par contre, la mémoire généalogique est phénoménale (tradition orale oblige). Des études comparatives avec la résonance magnétique (IRM), à l’abri de toute récupération raciste, seraient intéressantes pour mieux comprendre ce que historiquement, nous avons sur sélectionnés dans notre cortex ; par exemple l’ouïe, la vue, l’olfaction, la mémoire, les émotions, le raisonnement, soit des pistes pour des travaux les plus scientifiques possibles en sciences humaines.
Les transhumances et migrations des pays du sud
Un très beau film français de Philippe Lioret WELCOME raconte l’histoire d’un maître-nageur du nord de la France (Vincent LINDON y réalise une prestation d’acteur remarquable) qui apprend à un sans-papier à nager pour traverser La Manche et rejoindre la Grande Bretagne. Le maître-nageur est inquiété par la police pour sa complicité dans un acte de pure humanité, l’aide aux migrants. On se croirait sous le régime de Vichy avec la rafle du Veld’hiv et dans le rôle du Maréchal, SARKOSY bling-bling. Un autre film récent (2010) de Sherry Horrmann « Fleur du désert » raconte l’histoire d’une jeune fille mannequin éthiopienne à qui – petite fille – on a mutilé le clitoris, opération barbare pouvant occasionner des fistules, des déchirures vessie/rectum, des infections, des hémorragies et régulièrement le décès de la martyrisée.
Cette barbarie est perpétrée pour que les femmes ne soient pas tentées par le plaisir sexuel du clitoris et qu’elles restent plus efficacement les propriétés humaines de leur maître homme. Nous allons donc tenter un regard croisé sans langue de bois entre ces barbares d’un autre âge et les provocations des islamistes d’une part et d’autre part la fermeture des frontières de l’Europe et les humiliations de rapatriements forcés en charters vers les pays du sud de ceux qui transgressent nos lois et valeurs, une montée réciproque de la haine interethnique.
Notons à décharge de la France que son gouvernement a du courage et de la cohésion alors qu’en Belgique, on ferme les yeux sur les mutilations physiques et même sur les foulards pour pleurer notre future humanité mondiale perdue. Le gouvernement français agit avec fermeté pour condamner et placer en prison toute personne pratiquant sur son sol la torture de l’excision ou de l’infibulation des petits enfants.
Mais la population ne s’y retrouve plus ; d’une part, des populations accueillies de gamins et de femmes (et d’hommes) qui risquent leur vie pour traverser les mers et être maltraités par nos policiers et nos centres fermés (prison pour le seul délit d’être sans-papier) et d’autre part, ces mêmes populations qui commettent chez nous des barbaries – contraires aux valeurs des droits de l’homme – et autres délits et nous reprochent de ne pas nous soumettre, nous leurs hôtes, à leurs coutumes spécifiques, à eux des auto- invités. D’où les réactions exagérées des pays les plus frileux comme la Suisse qui interdit la construction de minaret.
Si la gauche humaniste ne se réveille pas, nous allons vivre un tsunami raciste qui va se retourner contre les quelques islamistes sanglants provocateurs mais surtout contre l’ensemble de ces malheureux innocents qui croient mieux vivre en Europe sans en connaître les cadences des aliénés du travail.(Mais aussi contre les malheureux restés dans ces pays du sud à qui, après la crise et les attitudes maghrébines, les gens ne veulent plus donner un sous d’aide humanitaire alors que des milliers d’enfants mourront de faim en 2011 suite au déficit annoncé de moins 30% de précipitations.) Pour revenir sur l’El Dorado de l’Europe, je fais l’hypothèse que le racisme change de visage et que, si le délit de « sale gueule » foncée a bien eu lieu dans l’après-guerre(avec les mineurs siciliens par exemple), aujourd’hui, ce serait plutôt l’impolitesse, le non-verbal et le non entraînement à un travail rapide et soutenu qui seraient les freins à l’embauche.
Le flux de l’immigration des travailleurs a commencé dans les années 1989-1990 avec des personnes sans travail venues des pays de l’Est et dans leur sillage des mafias de ces régions pour l’argent facile ainsi que des personnes des régions rurales de l’Afrique et de la Turquie (les asiatiques migrant plutôt vers le Royaume-Uni).
Les travailleurs précarisés (sous-statutaires) de chez nous sont en colère : le chômage, la précarité des emplois, la baisse des revenus et de leur retraite les poussent à des votes massifs à l’extrême-droite avec des réactions de plus en plus xénophobes. En Belgique, ne survivent que des gouvernements falots, jouets du parti séparatiste identitaire flamand (N-VA) proche du parti de l’extrême-droite le VLAAMS BELANG, empêchant pendant 113 jours le nouveau gouvernement de se constituer (en réalité, il bloque depuis plus de deux ans en réclamant la scission de la sécurité sociale c’est-à-dire de la Belgique). Les réactions en Belgique et dans toute l’Europe sont de plus en plus à droite : la fermeture des frontières, un minerval excessif pour les étudiants non-européens, une idéologie sécuritaire anti-jeunes, une ghettoïsation de plus en plus marquée.
Ce sera par l’instruction et l’éducation que l’on dépassera la crise de l’autorité paternelle des maghrébins (dénoncée depuis plus de 20 ans par Jürgen HABERMAS, de l’école de Francfort) du fait de la colonisation de la sphère privée par la sphère publique entraînant un laxisme éducatif des parents et du manque d’intérêt des familles migrantes pour la scolarisation en général (c’est gratuit donc sans valeur ?).
L’allocation de vie fournie aux mères ou les revenus de substitution fournis aux ménages plus de petits boulots au noir font en fait qu’il n’y a aucune motivation à s’intégrer, soit trop peu d’efforts pour l’école et pour les normes d’une petite entreprise, ce qui a comme effet pervers que l’on ne veut plus les nouveaux sans-papiers. Il faut que ce non-dit se dise pour trouver une réelle remédiation par l’éducation des normes et des valeurs du pays hôte au lieu des préjugés bétonnés. L’école par exemple stigmatise ces jeunes comme des fainéants, grossiers et pas très intelligents et ils se retrouvent généralement réorientés dans des filières professionnelles sans débouchés d’emploi. Une fois que ces jeunes gens le conscientisent, il est trop tard ; alors, ils râlent, cassent des voitures sans même voler la radio CD et brûlent celles de leurs parents ou de leurs voisins, une révolte sans but qui n’est même pas une révolution. Les mafias de dealers, tout comme les groupes religieux extrémistes se revendiquant d’Al Quaida, font alors leurs marchés parmi ces frustrés en totale dérive communautaire (l’autorité du pays comme les traditions de leurs parents).
Les autochtones accueillants à l’origine trouvent saumâtre ce mépris à leur égard ainsi que cette volonté d’imposition des mœurs et des coutumes venues d’ailleurs et incompatibles avec les droits de l’homme et de la femme et les principes de courtoisie des sociétés occidentales
On pourrait pourtant sans problème garder les coutumes des ancêtres tout en respectant les valeurs du pays d’accueil. Lorsque je vais chez mes amis maliens, je me déchausse dans les mosquées et j’offre aux marabouts des exemplaires du Coran sous cellophane, c’est-à-dire non touchés par des impurs (sauf lors de l’édition, of course). Est-ce que quelqu’un a déjà entendu un musulman qui faisait son autocritique des exactions commises en Occident en réaction disproportionnée à des caricatures à part des intellectuels de haut niveau comme Amin MAALOUF par exemple. ? (Remarquons que même le Pape ne demande pas pardon aux enfants victimes abusés par ses prêtres.)
Chez les populations migrantes maghrébines actuelles, il y a une énorme contradiction : il y a à la fois une dissolution des mœurs et de l’autorité paternelle et en même temps, un retour aux traditions barbares et à certaines formes d’autoritarisme patriarcal avec droit de mort sur les femmes. En Iran, des voitures de policiers s’arrêtent devant des groupes de femmes et les fouettent parce qu’elles ne sont pas assez couvertes et laissent voir leurs chevilles, elles sont pour eux moins que des chameaux, des putains (même si ce sont des femmes tout à fait convenables et ordinaires). Pourquoi la communauté internationale ne lance-t-elle pas une fatwa sur ces policiers et ne les traduit-elle pas au tribunal de La Haye pour atteinte gravissime aux droits de l’homme ? Pourquoi l’Occident soutient-il de son aide mondiale (le PAM – Programme Alimentaire Mondial) ces pays où l’on ne respecte pas les femmes sans demander quelque chose en échange ? Par exemple ne pas cracher ni lancer des pierres sur les étrangers en Syrie , en Afghanistan, en Iran ? Est-ce que tous les délégués qui votent des résolutions à l’ONU sont hypocrites comme les américains ?
L’alternative humaniste et anti- raciste
Je suis engagé par ma foi dans les droits de l’homme et le développement in situ du tiers-monde et je me battrai de toutes mes forces contre les lâches politiciens belges qui prônent le respect des traditions des cultures d’origines, lorsqu’au nom de celles-ci, des connards fanatisés viennent chez nous martyriser leurs femmes. Je me bats , avec les Lumières, pour une humanité mondiale, donc contre les talibans et les islamistes qui ont un problème avec le sexe au point qu’ils interdisent l’enseignement aux filles, qu’ils violent, lapident, battent, infibulent etc. ou bien, comme variante, tuent à l’aveugle des populations civiles car ils sont trop lâches pour oser affronter de face les hommes de nos contrées. Je souhaite que l’Europe revoit ses normes, arrête ses prisons « centres fermés » pour des malheureux qui ne sont pas des tueurs, et donc accueille décemment les migrants mais soit en même temps ferme pour stopper toute aide à l’Afghanistan et à sa base arrière du Pakistan, à l’Irak, à l’Iran, à la Corée du Nord, à la Lybie et aux touaregs du Sahara se revendiquant d’Al Quaida. (Pas un franc pour racheter des otages ou pour de l’aide alimentaire extorquée de la sorte). Puisqu’avec la globalisation économique du néolibéralisme, nous ne pouvons leur fournir de coup de pouce de développement (sinon comment encore exploiter leurs ressources naturelles ?), accueillons-les avec un engagement civique minimal (exclusion irrévocable des bandits, pour une fois que je suis d’accord avec SARKOSY) pour recevoir chez nous une aide décente, donc humaine. Rappelons les faits de l’aide sociale chez nous ; avec les CPAS, nos assistantes sociales sont tournées parfois depuis trois générations vers des exclus volontaires : les familles défaites, les pères (ou les mères) imbibés d’alcool ou de drogue, l’abandon psychique d’enfants (ils sont juste là pour toucher des allocations familiales) soit la spécificité du quart-monde, du lumpenprolétariat disait MARX. Alors que la situation est tout autre avec les familles du Maghreb, de l’Afrique Sahélienne, des pays équatoriaux d’Afrique ou de Turquie qui sont encore parfois des foyers unis mais sans autorité paternelle[3], d’où le taux de délinquance et d’échec scolaire supérieur à la moyenne.
Dans les années 1950, dans les rue d’Alger les jeunes filles se promenaient dans la kasbah en jupe légère, bras nus et les cheveux au vent et le sourire aux lèvres car le mal religieux de l’islamisme barbare n’avait pas encore été inventé. Répétons-nous, il ne s’agit pas bien sûr de l’islam mais des islamistes sanglants avec la charia appliquée comme au Moyen-âge et des lois infâmantes sur la famille et le mariage. Les hommes enferment les femmes sous des vêtements disgracieux et en plus dans leur maison (fermées donc à double tour). Si une femme doit faire des courses, elle s’habillera comme un sac de pommes-de-terre et sera accompagnée d’un enfant mâle (12 ans c’est bon, le plus souvent son fils). Les femmes sont prisonnières aussi à l’extérieur. Le paradoxe est que bien, souvent, à part cette surveillance policière et la prière, les hommes ne font pas grand-chose mais ne cèdent pas leur autorité à la mère et voit des adolescents interdire à leur mère de s’habiller comme elle veulent. Qui va alors forcer ces ados à faire leurs devoirs pour l’école ? Le paradoxe est donc que les pays hôtes demandent à la fois moins d’autoritarisme interne barbare (donc plus de tolérance envers des humains d’un genre sexuel différent) et dans les milieux immigrés pauvres la restauration de l’autorité de la mère et son autonomie pour – par cette revalorisation de leur autorité naturelle sur les enfants – donner à ceux-ci un minimum d’éducation (la politesse déjà) pour qu’ils soient acceptables dans la société hôte.
Pour conclure sommairement
Dans les années 1970, nous avons en Occident développé les concepts d’autonomie et de liberté individuelle ; ces concepts ont été détournés par le néocapitalisme par la norme d’internalité pour évaluer ses performances avec l’introspection donc l’intro-détermination en faisant fi des déterminismes sociaux qui nous accablent déjà dès notre naissance. Pour les jeunes d’aujourd’hui, le projet d’autonomie s’est inversé en son contraire, que l’on soit Blanc ou Noir, tout comme l’émancipation par les histoires de vie (Ecole de Francfort et Ecole de Chicago en sociologie) et des pseudo-formateurs du FOREM exigent de jeunes sans emploi (donc déstabilisés) qu’ils fassent (sur commande) un projet de vie bâclé. Sans la moindre marge de liberté d’action (remplir des questionnaires par exemple) et donc avec une capacité d’autonomie réduite à un discours d’intention, la norme d’internalité de l’auto-évaluation sous contrainte fleurit comme une fleur vénéneuse dans une logique de compétition individualiste (il n’y a plus de solidarité, les idéaux du syndicalisme ont été phagocytés par les partis socio-démocrates qui les dominent et qui ont donc tué eux-mêmes leur contre-pouvoir démocratique). Cet individualisme extro-déterminé de consommateur et de travailleur précaire aliène les jeunes et les déstabilise d’où le retour à des credo religieux réactionnaires et cautionnés par les Papes et Ayatollah qui devraient être jugés pour crime contre l’humanité.
En d’autres termes, nous sommes tous agacés par les provocations des islamistes et des jeunes laissés- pour- compte qui deviennent des bandits mais il faut reconnaître que la plus grande violence, qui apparaît peu dans les médias, est bien la violence d’Etat (et Européenne), une violence de la répression et de l’expulsion au lieu de l’éducation et qui est d’une grande bêtise car la fermeture des frontières européennes n’a aucun sens vis-à-vis de l’énormité des flux migratoires qui nous attendent. la seule réaction humaniste de raison que nous pourrions avoir en tant que civilisés serait dans un encadrement et une distinction entre les maffias et les masses de sans-papier que l’on enferme dans des centres fermés avec femmes et enfants alors qu’ils n’ont commis aucun délit. Notre seule espérance est que, dans le cœur de chaque homme, il y ait une conscientisation de ce déclin de nos institutions et un sursaut de citoyenneté responsable pour jeter dehors les politiciens arrivistes d’une oligarchie héréditaire ainsi que les divers prélats qui violent de façon statistiquement significative (car privés de sexualité dès le départ) des petits garçons avec un chef débile qui interdit le préservatif à ses fidèles en Afrique. Il est urgent de se réveiller et de créer ensemble l’utopie au lieu de cette déliquescence actuelle qui ne pourra évoluer que vers une intensification de ce néo totalitarisme de l’argent toujours sale.
Jean-Marie LANGE, formateur GAP,
10.10.2010
[1] LANGE Jean-Marie, Pédagogies émancipatrices et revalorisation de l’enseignement technique, Paris, L’Harmattan, 2006, p.13-14.
[2] DE LANDSHEERE G., Introduction à la recherche en éducation, 5ème éd., Liège, G. Thone, 1982.DE LANDSHEERE G. & BAYER E., Pédagogie et recherche, Comment les maîtres enseignent. Analyse des interactions verbales en classe, 4Eed., Bruxelles, Direction générale de l'Organisation des Etudes, 1981.DE LANDSHEERE G. & DELCHAMBRE A., Comment les maîtres enseignent II. Les comportements non verbaux de l'enseignant, Bruxelles, Labor, 1979.
[3] « Pour ne pas accroître le malaise, on s’interdit d’interroger les mœurs qui prévalent dans les quartiers, le processus diffus de séparation des sexes dans l’espace public, de réduction des libertés des femmes et des filles, d’abandon en pratique d’un idéal de mixité et d’égalité entre les sexes. Ce sont pourtant là les témoignages de la diffusion des mœurs néo patriarcales et d’une religiosité étroite. Ces tensions entre les quartiers et le courant central de la société française, et cette dualisation des mœurs sont préoccupantes. Appellent-elles une réponse autoritaire, fondée sur une ignorance délibérée du fossé culturel ? Selon moi, l’action publique ne doit pas renoncer à mettre en œuvre des politiques d’intégration. »LAGRANGE Hugues, Le déni des cultures, Paris, Seuil, 2010, p. 20.
samedi 18 septembre 2010
La pulsion de mort des religieux et les dommages collatéraux des libertins du XVIII°
« Les féministes n’arrêtaient pas de parler de vaisselle et de partage des tâches reprit Christiane; elles étaient littéralement obsédées par la vaisselle. En quelques années, elles réussissaient à transformer les mecs de leur entourage en névrosés impuissants et grincheux. A partir de ce moment – c’était absolument systématique – elles commençaient à éprouver la nostalgie de la virilité. Au bout du compte elles plaquaient leurs mecs pour se faire sauter par des machos italiens à la con. J’ai toujours été frappée par l’attirance des intellectuelles pour les voyous, les brutes et les cons. (…) Trente ans plus tard, il ne pouvait qu’aboutir à la même conclusion : décidemment, les femmes étaient meilleures que les hommes. Elles étaient plus caressantes, plus aimantes, plus compatissantes et plus douces ; moins portées à la violence, à l’égoïsme, à l’affirmation de soi. Elles étaient en outre plus raisonnables, plus intelligentes et plus travailleuses. »[1]
Nous vivons une époque où l’on semble redécouvrir chez les prêtres de l’église catholique romaine la pulsion sexuelle inconsciente que l’on pourrait qualifier de force maléfique, les « forces du mal » dirait le pieux et sot BUSH. Rappelons inlassablement que toutes les croyances subjectives sont respectables (la foi du charbonnier) mais aussi que toutes les Eglises de n’importe quelle religion sont psychiquement malsaines car développant les cancers de la culpabilisation et de la mortification dans la seule existence que nous avons. Le péché reste un concept flou selon les époques et toujours un peu trop orienté vers les pratiques sexuelles. Religion rime avec hypocrisie car beaucoup de bigots respectent les rituels de jour et forniquent hors mariage la nuit. Epinglons le voyeurisme sexué des confesseurs, combien de petits garçons n’ont-ils pas questionnés sur la fréquence de leur masturbation et leur fantasme. Notons également que le confessionnal lave plus blanc que blanc et permet de recommencer les crimes le cœur léger.
Par crime, je n’entends pas toutes les sexualités créatrices entre adultes consentants mais celui des viols et des abus de pouvoir des prêtres sur les enfants qui leur sont confiés en internat. Bien sûr, ce ne sont que des hommes avec la faiblesse de leur corps qui exige mais ils sont responsables d’avoir ruiné la vie fantasmatique des enfants qu’ils ont abusés (il en va de même lorsque des enseignants profitent de leur statut pour perpétrer des abus de pouvoir à l’encontre de jeunes filles) mais aussi et surtout leur institution est coupable en exigeant le célibat des prêtres qui provoque cette atteinte aux lois de la nature de leur Dieu. Non seulement, le Vatican devrait demander pardon aux victimes mais aussi payer de fortes amendes sur ses trésors colossaux et on pourrait faire une raisonnable entorse aux droits de l’homme pour pendre pour l’exemple avant qu’ils ne meurent de vieillesse les papes qui, dans leur orgueil, font peu de cas des victimes. Le Pape actuel RATSINGER continue à tuer et à détruire la vie dans le tiers-monde avec son interdiction du préservatif aux fougueux africains.
Ce sont des cultes barbares d’un autre temps qui se sont infiltrés dans nos cultures avec des valeurs non questionnables (des dogmes) , comme par exemple le mariage qui lui aussi est un signe de propriété des femmes par les hommes (également dans d’autres religions barbares comme l’islam).
Sans en faire une généralité, combien de beaux séducteurs – après avoir bagué une pigeonne – n’ont plus aucun respect envers l’autre humain qui partage leur vie. Ils peuvent bien sûr être en théorie « fidèles » mais cela ne veut absolument rien dire s’ils ne communiquent plus avec leur partenaire mais tout seuls comme des autistes avec leur console ou au café avec leurs copains devant une bière et un match de foot. Il en va de même dans le cadre de la sexualité où – comme CLINTON – certains mecs se font faire des turlutes par des péripatéticiennes (qui sont des victimes de la traite des êtres humains, jetées en décharge lorsqu’elles sont périmées). Au fond, il y a une similitude avec les chefs mafieux et les papes : la traite des êtres humains.
L’Eglise est une structure hiérarchique adémocratique de droite qui, depuis sa naissance au pouvoir après Constantin, n’arrive plus aujourd’hui à s’adapter à l’évolution du monde et à l’esprit critique contemporain. Toujours basée sur la terreur , la guerre (les croisades) et les tortures (l’Inquisition) ainsi que les mises à mort sur bûcher des hérétiques et des sorcières, elle n’a cependant jamais autant choqué qu’aujourd’hui avec ses crimes de prêtres pédérastes au Canada et en Belgique et bien sûr dans tous les autres pays où cela n’a pas encore fait scandale (les Pays-Bas ont publiés des statistiques montrant le taux significatifs de prêtres pédérastes par rapport aux citoyens lambda).
Et puis dans notre nuit glauque de l’obscurantisme religieux, quelques lumières comme les Encyclopédistes[2] ont apporté une lueur de compréhension (DIDEROT, D’ALEMBERT, ROUSSEAU, mais aussi VOLTAIRE plus âgé). Ils étaient d’abord des résistants à la monarchie de droit divin : des libertaires et ils furent aussi les adversaires des malsains pudibonds en soutane : des libertins. Ils étaient bons vivants, buveurs de rouge bord et paillards en réaction provocatrice à cette culture mortifère régnant sur l’Occident depuis des siècles sous l’alliance du sabre et du goupillon. Notons que, dans d’autres religions comme le bouddhisme, la répression sexuelle était parfois aussi contestée.[3] Ce sera grâce aux Lumières que nous aurons la révolution française de 1789 avec l’adage franc-maçon repris par la République : « Liberté-Egalité-Fraternité » et aussi bien sûr la charte incontournable des droits de l’homme et bien plus tard de la femme.
Cela étant posé, il faut reconnaître avec FREUD que « la civilisation est construite sur la répression des instincts ». Sans entrer dans le débat voulant que les peuples sans aliénation au travail (SAHLINS, CLASTRE,…) sont probablement plus heureux et joyeux dans leur vie libertaire, nous devons prendre en compte que nous sommes des sociétés de culture et aussi – mais avec une certaine distance – de nature. Nos cousins primates, les singes Bonobo n’ont pas de grande musique, de télévision ni de loisirs sophistiqués mais qu’est-ce qu’ils s’amusent bien à baiser à longueur de jour et de nuit. La parenté est très ancienne ; déjà du temps des romains, la Mater Familias pondait les gosses et s’occupait du domaine pendant que les hommes courraient les concubines.
Cependant, aujourd’hui encore nous avons des scories religieuses qui nous empoisonnent la vie. Un homme et une femme sympathisent, lient une amitié, se plaisent et décident entre adultes de former un couple et de concevoir des enfants désirés (en-dehors de l’institution désuète du mariage catholique), pourquoi pas ? Mais tout le monde a vu les films guimauves de Walt Disney avec la bonne et simple morale américaine : « Ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».
Est-ce encore possible avec notre évolution de santé et donc l’allongement de nos durées de vie ? Du temps de Josef FREUD (le père de Sigmund), beaucoup d’épouses mouraient en couche et les veufs se remariaient avec une femme plus jeune. Josef avait un fils de 21 ans et un autre de 20 ans lorsqu’il épousa Amalia, la future mère de FREUD (qui avait elle aussi 20 ans). FREUD toute sa vie fut suspicieux quant à la fidélité de sa mère en soupçonnant qu’un de ses deux grands frères aurait pu être son géniteur : c’est sa théorie dite du « roman familial » qu’il écrira sans se rendre compte qu’il le vivait (il ne viendra pas à l’enterrement de sa mère et y enverra plutôt sa fille Anna).
Jean-Jacques ROUSSEAU, trop pragmatique pour son époque, proposait que les couples prennent un engagement moral et mutuel d’environ 8 ans pour la stabilité des enfants avant de se séparer. Je fais l’hypothèse que c’est peut-être un peu trop tôt pour la progéniture.
Nous vivons un énorme paradoxe entre d’une part, la croyance romantique de faire sa vie ensemble dans la durée (la culture) et d’autre part, l’usure du temps. Le sexe est une condition nécessaire mais non suffisante qui finit certes par lasser un peu si dans la relation, il manque à la fois de la communication et de l’estime réciproque. Toutefois, je suis effaré de voir, avec l’utilisation d’internet, la facilité et la fragilité des rencontres très/trop vite sexuées. Notons l’arnaque des contacts avec la webcam où l’image peut être trompeuse mais aussi le contraire où finalement il n’y aurait que les canons qui passent et peu importe s’ils sont bêtes et méchants. (Je pense à mon ami Henri, disgracié par la nature qui recevait les confidences de dames qui voulaient un homme et ne se rendaient pas compte qu’en face d’elles, il y en avait un). Avant, il y avait l’ennui possible; à présent, il y a la lassitude probable car là où au départ, il y avait trop de romance, il n’en reste plus guère aujourd’hui.
Il en va de même dans les couples déjà constitués où, pour un oui ou pour un non, on zappe le partenaire pour une aventure sans lendemain, puis on dramatise coincé dans notre contradiction entre nature et culture et les enfants restent sur le carreau de cette rapidité du changement. Loin de moi le désir de me substituer aux prêtres culpabilisateurs mais où est la raison ? J’admire mes amis musulmans qui vivent sous le système de la polygamie (une autre culture que notre européocentrisme nous a empêchés de voir) où la première épouse par exemple n’est pas jetée, malgré l’attrait de la chair fraîche. Au contraire, elle doit toujours être « honorée » au même titre que la favorite de l’instant. Lorsque j’exposais cela dans mon cours techniques de psychologie relationnelle, j’ai parfois entendu des apartés d’étudiantes (assistantes sociales et assistantes et psychologie) me qualifiant de « supporter » de la polygamie. Trop rapide jugement, car c’est un modèle que je ne supporterais pas (surtout dans mon petit appart avec 4 épouses, comme le recommande le Prophète) mais que je respecte et qui semble irriter certains étudiants encore trop ancrés dans une culture dépassée au lieu d’inventer leur époque où figurerait entre les partenaires l’adage « Liberté, Egalité, Fraternité et Responsabilité ».
Conclusions décalées
« Le conflit est le père de toute chose » disait HERACLITE, il fait partie de la nature humaine ; quelle que soit la noblesse d’une finalité commune, celle-ci fera toujours débat à partir de la vision subjective des individus et de leur histoire de vie expériencée. Au-delà des déterminismes, nous avons besoin des symboles, ne fut-ce que le langage, mais les idéologies sont des leurres, des représentations chimériques variables selon l’époque et la tribu (et sa religion). La vie n’a pas d’autre sens que celui que nous lui donnons. Quel sens voulons-nous nous inventer pour accomplir quelque chose d’utile pour la vie sur terre, au-delà de toute transcendance et/ou récompense éthérée ? Comment dépasser notre agressivité naturelle (testostérone) en une fraternité basée sur la raison et le détachement de nos « points de vue » qui nous font souffrir ?
Jean-Marie LANGE, 18.09.2010
[1] HOUELLEBECQ Michel, Les particules élémentaires, Paris, J’ai lu, 2000, p. 145-146 et 164.
[2] Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, précédée du Discours préliminaire de d’Alembert et dirigée par Diderot (1751-1772). Elle avait pour but de faire connaître les progrès de la science et de la pensée dans tous les domaines. Les auteurs donnèrent une orientation économique et industrielle à l’ouvrage. Ils comprenaient, outre Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Jaucourt, des médecins et des ingénieurs. La publication, à laquelle s’opposèrent le clergé et la noblesse de cour fut menée à terme grâce à l’énergie de Diderot. »(Petit Larousse, 1994).
[3] « La discipline vise à instaurer le calme et la paix,
Faire vœu de se consacrer aux autres, c’est abandonner toute volonté personnelle,
Le but du Tantra est d’enseigner l’unité des contraires.(…)
On reconnaît un riche à son poing étroitement serré,
On reconnaît un vieillard à son esprit étroitement resserré,
On reconnaît une nonne à son vagin qui serre étroitement.
Tel est l’enseignement des trois contractions. » DRUKPA KUNLEY, Yogi tantrique tibétain, « Le Fou divin », Paris, Albin Michel, 1982, p. 129.
« Les féministes n’arrêtaient pas de parler de vaisselle et de partage des tâches reprit Christiane; elles étaient littéralement obsédées par la vaisselle. En quelques années, elles réussissaient à transformer les mecs de leur entourage en névrosés impuissants et grincheux. A partir de ce moment – c’était absolument systématique – elles commençaient à éprouver la nostalgie de la virilité. Au bout du compte elles plaquaient leurs mecs pour se faire sauter par des machos italiens à la con. J’ai toujours été frappée par l’attirance des intellectuelles pour les voyous, les brutes et les cons. (…) Trente ans plus tard, il ne pouvait qu’aboutir à la même conclusion : décidemment, les femmes étaient meilleures que les hommes. Elles étaient plus caressantes, plus aimantes, plus compatissantes et plus douces ; moins portées à la violence, à l’égoïsme, à l’affirmation de soi. Elles étaient en outre plus raisonnables, plus intelligentes et plus travailleuses. »[1]
Nous vivons une époque où l’on semble redécouvrir chez les prêtres de l’église catholique romaine la pulsion sexuelle inconsciente que l’on pourrait qualifier de force maléfique, les « forces du mal » dirait le pieux et sot BUSH. Rappelons inlassablement que toutes les croyances subjectives sont respectables (la foi du charbonnier) mais aussi que toutes les Eglises de n’importe quelle religion sont psychiquement malsaines car développant les cancers de la culpabilisation et de la mortification dans la seule existence que nous avons. Le péché reste un concept flou selon les époques et toujours un peu trop orienté vers les pratiques sexuelles. Religion rime avec hypocrisie car beaucoup de bigots respectent les rituels de jour et forniquent hors mariage la nuit. Epinglons le voyeurisme sexué des confesseurs, combien de petits garçons n’ont-ils pas questionnés sur la fréquence de leur masturbation et leur fantasme. Notons également que le confessionnal lave plus blanc que blanc et permet de recommencer les crimes le cœur léger.
Par crime, je n’entends pas toutes les sexualités créatrices entre adultes consentants mais celui des viols et des abus de pouvoir des prêtres sur les enfants qui leur sont confiés en internat. Bien sûr, ce ne sont que des hommes avec la faiblesse de leur corps qui exige mais ils sont responsables d’avoir ruiné la vie fantasmatique des enfants qu’ils ont abusés (il en va de même lorsque des enseignants profitent de leur statut pour perpétrer des abus de pouvoir à l’encontre de jeunes filles) mais aussi et surtout leur institution est coupable en exigeant le célibat des prêtres qui provoque cette atteinte aux lois de la nature de leur Dieu. Non seulement, le Vatican devrait demander pardon aux victimes mais aussi payer de fortes amendes sur ses trésors colossaux et on pourrait faire une raisonnable entorse aux droits de l’homme pour pendre pour l’exemple avant qu’ils ne meurent de vieillesse les papes qui, dans leur orgueil, font peu de cas des victimes. Le Pape actuel RATSINGER continue à tuer et à détruire la vie dans le tiers-monde avec son interdiction du préservatif aux fougueux africains.
Ce sont des cultes barbares d’un autre temps qui se sont infiltrés dans nos cultures avec des valeurs non questionnables (des dogmes) , comme par exemple le mariage qui lui aussi est un signe de propriété des femmes par les hommes (également dans d’autres religions barbares comme l’islam).
Sans en faire une généralité, combien de beaux séducteurs – après avoir bagué une pigeonne – n’ont plus aucun respect envers l’autre humain qui partage leur vie. Ils peuvent bien sûr être en théorie « fidèles » mais cela ne veut absolument rien dire s’ils ne communiquent plus avec leur partenaire mais tout seuls comme des autistes avec leur console ou au café avec leurs copains devant une bière et un match de foot. Il en va de même dans le cadre de la sexualité où – comme CLINTON – certains mecs se font faire des turlutes par des péripatéticiennes (qui sont des victimes de la traite des êtres humains, jetées en décharge lorsqu’elles sont périmées). Au fond, il y a une similitude avec les chefs mafieux et les papes : la traite des êtres humains.
L’Eglise est une structure hiérarchique adémocratique de droite qui, depuis sa naissance au pouvoir après Constantin, n’arrive plus aujourd’hui à s’adapter à l’évolution du monde et à l’esprit critique contemporain. Toujours basée sur la terreur , la guerre (les croisades) et les tortures (l’Inquisition) ainsi que les mises à mort sur bûcher des hérétiques et des sorcières, elle n’a cependant jamais autant choqué qu’aujourd’hui avec ses crimes de prêtres pédérastes au Canada et en Belgique et bien sûr dans tous les autres pays où cela n’a pas encore fait scandale (les Pays-Bas ont publiés des statistiques montrant le taux significatifs de prêtres pédérastes par rapport aux citoyens lambda).
Et puis dans notre nuit glauque de l’obscurantisme religieux, quelques lumières comme les Encyclopédistes[2] ont apporté une lueur de compréhension (DIDEROT, D’ALEMBERT, ROUSSEAU, mais aussi VOLTAIRE plus âgé). Ils étaient d’abord des résistants à la monarchie de droit divin : des libertaires et ils furent aussi les adversaires des malsains pudibonds en soutane : des libertins. Ils étaient bons vivants, buveurs de rouge bord et paillards en réaction provocatrice à cette culture mortifère régnant sur l’Occident depuis des siècles sous l’alliance du sabre et du goupillon. Notons que, dans d’autres religions comme le bouddhisme, la répression sexuelle était parfois aussi contestée.[3] Ce sera grâce aux Lumières que nous aurons la révolution française de 1789 avec l’adage franc-maçon repris par la République : « Liberté-Egalité-Fraternité » et aussi bien sûr la charte incontournable des droits de l’homme et bien plus tard de la femme.
Cela étant posé, il faut reconnaître avec FREUD que « la civilisation est construite sur la répression des instincts ». Sans entrer dans le débat voulant que les peuples sans aliénation au travail (SAHLINS, CLASTRE,…) sont probablement plus heureux et joyeux dans leur vie libertaire, nous devons prendre en compte que nous sommes des sociétés de culture et aussi – mais avec une certaine distance – de nature. Nos cousins primates, les singes Bonobo n’ont pas de grande musique, de télévision ni de loisirs sophistiqués mais qu’est-ce qu’ils s’amusent bien à baiser à longueur de jour et de nuit. La parenté est très ancienne ; déjà du temps des romains, la Mater Familias pondait les gosses et s’occupait du domaine pendant que les hommes courraient les concubines.
Cependant, aujourd’hui encore nous avons des scories religieuses qui nous empoisonnent la vie. Un homme et une femme sympathisent, lient une amitié, se plaisent et décident entre adultes de former un couple et de concevoir des enfants désirés (en-dehors de l’institution désuète du mariage catholique), pourquoi pas ? Mais tout le monde a vu les films guimauves de Walt Disney avec la bonne et simple morale américaine : « Ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».
Est-ce encore possible avec notre évolution de santé et donc l’allongement de nos durées de vie ? Du temps de Josef FREUD (le père de Sigmund), beaucoup d’épouses mouraient en couche et les veufs se remariaient avec une femme plus jeune. Josef avait un fils de 21 ans et un autre de 20 ans lorsqu’il épousa Amalia, la future mère de FREUD (qui avait elle aussi 20 ans). FREUD toute sa vie fut suspicieux quant à la fidélité de sa mère en soupçonnant qu’un de ses deux grands frères aurait pu être son géniteur : c’est sa théorie dite du « roman familial » qu’il écrira sans se rendre compte qu’il le vivait (il ne viendra pas à l’enterrement de sa mère et y enverra plutôt sa fille Anna).
Jean-Jacques ROUSSEAU, trop pragmatique pour son époque, proposait que les couples prennent un engagement moral et mutuel d’environ 8 ans pour la stabilité des enfants avant de se séparer. Je fais l’hypothèse que c’est peut-être un peu trop tôt pour la progéniture.
Nous vivons un énorme paradoxe entre d’une part, la croyance romantique de faire sa vie ensemble dans la durée (la culture) et d’autre part, l’usure du temps. Le sexe est une condition nécessaire mais non suffisante qui finit certes par lasser un peu si dans la relation, il manque à la fois de la communication et de l’estime réciproque. Toutefois, je suis effaré de voir, avec l’utilisation d’internet, la facilité et la fragilité des rencontres très/trop vite sexuées. Notons l’arnaque des contacts avec la webcam où l’image peut être trompeuse mais aussi le contraire où finalement il n’y aurait que les canons qui passent et peu importe s’ils sont bêtes et méchants. (Je pense à mon ami Henri, disgracié par la nature qui recevait les confidences de dames qui voulaient un homme et ne se rendaient pas compte qu’en face d’elles, il y en avait un). Avant, il y avait l’ennui possible; à présent, il y a la lassitude probable car là où au départ, il y avait trop de romance, il n’en reste plus guère aujourd’hui.
Il en va de même dans les couples déjà constitués où, pour un oui ou pour un non, on zappe le partenaire pour une aventure sans lendemain, puis on dramatise coincé dans notre contradiction entre nature et culture et les enfants restent sur le carreau de cette rapidité du changement. Loin de moi le désir de me substituer aux prêtres culpabilisateurs mais où est la raison ? J’admire mes amis musulmans qui vivent sous le système de la polygamie (une autre culture que notre européocentrisme nous a empêchés de voir) où la première épouse par exemple n’est pas jetée, malgré l’attrait de la chair fraîche. Au contraire, elle doit toujours être « honorée » au même titre que la favorite de l’instant. Lorsque j’exposais cela dans mon cours techniques de psychologie relationnelle, j’ai parfois entendu des apartés d’étudiantes (assistantes sociales et assistantes et psychologie) me qualifiant de « supporter » de la polygamie. Trop rapide jugement, car c’est un modèle que je ne supporterais pas (surtout dans mon petit appart avec 4 épouses, comme le recommande le Prophète) mais que je respecte et qui semble irriter certains étudiants encore trop ancrés dans une culture dépassée au lieu d’inventer leur époque où figurerait entre les partenaires l’adage « Liberté, Egalité, Fraternité et Responsabilité ».
Conclusions décalées
« Le conflit est le père de toute chose » disait HERACLITE, il fait partie de la nature humaine ; quelle que soit la noblesse d’une finalité commune, celle-ci fera toujours débat à partir de la vision subjective des individus et de leur histoire de vie expériencée. Au-delà des déterminismes, nous avons besoin des symboles, ne fut-ce que le langage, mais les idéologies sont des leurres, des représentations chimériques variables selon l’époque et la tribu (et sa religion). La vie n’a pas d’autre sens que celui que nous lui donnons. Quel sens voulons-nous nous inventer pour accomplir quelque chose d’utile pour la vie sur terre, au-delà de toute transcendance et/ou récompense éthérée ? Comment dépasser notre agressivité naturelle (testostérone) en une fraternité basée sur la raison et le détachement de nos « points de vue » qui nous font souffrir ?
Jean-Marie LANGE, 18.09.2010
[1] HOUELLEBECQ Michel, Les particules élémentaires, Paris, J’ai lu, 2000, p. 145-146 et 164.
[2] Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, précédée du Discours préliminaire de d’Alembert et dirigée par Diderot (1751-1772). Elle avait pour but de faire connaître les progrès de la science et de la pensée dans tous les domaines. Les auteurs donnèrent une orientation économique et industrielle à l’ouvrage. Ils comprenaient, outre Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Jaucourt, des médecins et des ingénieurs. La publication, à laquelle s’opposèrent le clergé et la noblesse de cour fut menée à terme grâce à l’énergie de Diderot. »(Petit Larousse, 1994).
[3] « La discipline vise à instaurer le calme et la paix,
Faire vœu de se consacrer aux autres, c’est abandonner toute volonté personnelle,
Le but du Tantra est d’enseigner l’unité des contraires.(…)
On reconnaît un riche à son poing étroitement serré,
On reconnaît un vieillard à son esprit étroitement resserré,
On reconnaît une nonne à son vagin qui serre étroitement.
Tel est l’enseignement des trois contractions. » DRUKPA KUNLEY, Yogi tantrique tibétain, « Le Fou divin », Paris, Albin Michel, 1982, p. 129.
vendredi 10 septembre 2010
Pour l’émergence d’une humanité différente de celle de la globalisation
En soutien à SAKINEH ASHTIANI, iranienne de 43 ans condamnée à mort par lapidation pour adultère par le régime barbare de l’Iran
« La bêtise est nouvelle, comme est nouveau le couplage entre les Etats modernes et le capitalisme. Elle affecte ceux qui se vivent comme héritiers-rentiers des Lumières, ceux qui continuent le noble combat contre les illusions mais qui, et cela fait une différence qui importe, ont abandonné le sens de l’aventure pour celui qui fait d’eux des pédagogues. Ils sont ceux qui doivent protéger les autres, ceux qui savent, alors que les autres croient. » »(Isabelle STENGERS)[1]
« En soi le désir – contrairement au plaisir – est source de souffrance, de haine et de malheur. Cela, tous les philosophes – non seulement les bouddhistes, l’ont su et enseigné. La solution des utopistes – de Platon à Huxley, en passant par Fourier – consiste à éteindre le désir et les souffrances qui s’y rattachent en organisation sa satisfaction immédiate. A l’opposé, la société érotique-publicitaire où nous vivons s’attache à organiser le désir, à développer le désir dans des proportions inouïs, tout en maintenant la satisfaction dans le domaine de la sphère privée. Pour que la compétition continue, il faut que le désir croisse, s’étende et dévore la vie des hommes. »(Michel HOUELLEBECQ)[2]
Le développement des pays du tiers-monde en voie de développement n’est pas qu’une question d’investissement d’argent bien vite détourné. Il y a aussi l’honneur, la dignité, la souffrance, l’amour et la joie : des dimensions qualitatives autres que le rendement quantitatif.
Et il y a aussi la clé qui n’est pas que dans une instruction insipide (« nos ancêtres les gaulois ») mais surtout dans une éducation à la fois technique et philosophique pour apprendre à penser et à restaurer chez les pauvres des pays pauvres leur confiance en eux. J’ai été frappé de l’expression du fantasme d’un jeune noir du pays DOGON (Mali) qui rêve d’avoir pour compagne une femme blanche, n’importe laquelle, ajoute-t-il peu élégamment. Un fameux paradoxe soulevé par le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans son enquête « La femme seule et le prince charmant » qui dit en substance que plus une femme blanche est diplômée et autonome, moins elle trouve de compagnon car son assurance effraye. Et comme il n’y a pas que le sexe dans la vie, je vois bien la réalisation du fantasme du jeune Dogon se transformer en harpie. Ce complexe de la peau noire (reposant sur tout autre chose que sur la pigmentation) me rappelle un test de psychologie sociale fait dans l’enseignement maternel en Afrique noire où on demande à des petites fille de choisir une poupée dans un lot : il y en a des noires, des blanches et la majorité des petites filles va choisir une poupée blanche avec l’argument « elle est plus jolie ! ». Est-ce bien un argument ou une dévalorisation d’elles-mêmes ?
De même, seuls les blancs pensent que « black is beautiful », une amie proche que je voulais inviter en Europe a décliné car elle ne savait pas se tenir à table à l’européenne. C’est touchant mais rare car si les femmes noires préfèrent sortir avec des toubabs, ce n’est pas pour leur couleur cadavérique mais parce qu’ils sont plus riches et plus gentils. Dans les couples mixtes que je fréquente , c’est souvent la femme noire qui est devenue le chef de ménage ,du genre mégère non apprivoisée. On dirait que quelles que soient les ethnies, l’amitié sexuée simple entre des humains de genre sexuel différent n’est pas possible ; il faut toujours que cela se termine par une dialectique du maître et de l’esclave, soit deux perdants.
Un autre préjugé peu souvent questionné est le « jeunisme » ; dans les pubs comme dans les films (les acteurs jouant les scientifiques ont 25 ans maximum), il y a ce préjugé jeune=beau. Nous passons par les limbes de l’enfance puis une jeunesse de 18 à 38 ans et tout le reste de notre vie, nous sommes vieux avec des complexes et contribuons à l’enrichissement de la chirurgie plastique. Nous sommes toujours dans un affreux malentendu subjectif créé par la publicité. Posons-nous la question de la compagne idéale ? Doit-elle être toujours, comme dans l’après-guerre, blonde et jolie avec un petit pois chiche dans le cerveau ou bien certes agréable à voir mais surtout avec une vraie personnalité et une raison à l’intérieur d’elle-même, une personne qui vit des émotions et qui raisonne avec sa tête ? Jean BAUDRILLARD dans « La société de consommation » nous dit que toutes les femmes sont insatisfaites de leur corps (trop peu de seins, trop peu de fesses ou trop, trop de hanches ou pas assez, un nez ceci, une bouche cela), car le modèle des femmes en papier glacé des magasines les influencent.
« Les petits ruisseaux » est un beau film de Pascal Rabaté sur l’amitié et la sexualité des septuagénaires (France, 2010). Daniel PREVOST soutient ce film avec brio et retenue. Deux amis pécheurs retraités, l’un casse sa pipe et provoque le départ de l’autre sur les lieux de son enfance. Dans son voyage, Prévost rencontre une communauté Hippies « squattant » sa maison natale (peu vraisemblable à notre époque où la jalousie a fait disparaître toutes les communautés sauf les religieuses cadrées par des règlements de fer). Il apprend à fumer des pétards et à coïter des jeunes filles peu farouches aux petits seins. Puis il rencontre une amie ridée et aux chairs affaissées, ils ne veulent pas quitter leur maison/région respective et se donnent des rendez-vous pour aller pécher ou jouer sexuellement. Beau film sur la tolérance pour l’âge, rafraichissant et politique car refusant les complexes de bides chez les hommes et de chairs molles chez les dames.
Rappelons une fois encore que la femme est un être humain comme les autres, ce qui peut paraître banal en Occident, mais non en Orient où elle est parfois moins considérée que le cheptel. C’est par une éducation égale pour tous que nous parviendrons à vaincre ce racisme trop banalisé du sexisme. Un de mes plus grands amis est malien et je m’interroge sur le sort de son aînée Ma Awa car, malgré son intelligence rationnelle, pourra-t-il faire changer le poids de la tradition néfaste pour l’égalité des filles ? Les autres sont les parents adoptifs d’Irina, une petite malienne aussi mais qui, dès le départ, a plus d’atout qu’Awa , me semble-t-il, car elle va baigner dans la tradition occidentale ?
La pauvreté est plus que la pauvreté pécuniaire, c’est l’impuissance des démunis devant l’arrogance, l’ignorance et le mépris de ceux qui possèdent le savoir, le savoir-faire , le savoir-être, les biens et l’argent. Lorsque j’étais plus jeune (je le suis toujours dans mon énergie), on parlait de la société duale en devenir. Aujourd’hui, elle est présente par la non-culture des paumés, des exclus qui lorsque par exemple ils s’engueulent dans un bus sont pitoyables pour les oreilles des gens suffisamment éduqués. Il en ira de même des sans-papiers qui n’ont commis aucun délit mais qui croient que l’Europe est un El Dorado alors que - à part le fric – notre civilisation est moribonde ; mythe dans le sud, elle est en crise dans son cœur, ses valeurs et sa non-communication autre que virtuelle. Derrière son accomplissement technique, il y a la perte d’âme, de sens et de solidarité des Occidentaux. Les gens idéalisent la liberté de mai 1968 ; pourtant, elle fut moins grande que la liberté superficielle actuelle. Les jeunes de cette parenthèse enchantée avaient réussi à dépasser les tabous de la sexualité mais en conservant la tendresse relationnelle; aujourd’hui, il suffit de zapper sur la toile pour trouver très vite un partenaire pour une partie de jambes en l’air, et alors ? Là aussi, c’est de la récupération publicitaire à outrance : pourquoi baiser comme des bêtes s’il n’y a pas de communication un peu affective ? Le seul bien de cette pseudo-liberté assez creuse, c’est que cela diminuera la traite des êtres humains, cette ignoble prostitution de location des corps sans âme. Notons à ce propos que, si la vie de l’homme est souffrance, Dieu, dans son infinie bonté, lui a donné le plaisir sexuel du contact des muqueuses. C’est pourquoi, le Vatican dans son extrême rigueur face aux intentions de Dieu, interdit le préservatif, ce filtre entre le plaisir des muqueuses ?
Tolérant avec mes amis musulmans (ceux qui le sont avec moi), je suis agacé par cette poignée de fous qui insultent l’islam pour l’amalgamer à la terreur sanglante des islamiques barbares minoritaires, « Frelons » qui donnent une mauvaise image du sud à l’Occident. Nous sommes partis pour un remake sanglant du XX°s si les plus sages des musulmans et des athées occidentaux ne nous aident pas à réformer l’être humain au-delà de sa pulsion agressive dérivée de sa pulsion sexuelle frustrée. Il faudrait, partout dans le monde, inhiber les aspects les plus primaires, pervers, barbares et vicieux des hommes de guerre (les mêmes qui se servent de leur pénis comme une arme et de leur regard salissant le genre féminin, cf. les centaines de viols actuels au KIVU sous le regard aveugle de la Monuc).
Une réforme souhaitable et radicale des systèmes d’enseignement et d’éducation serait nécessaire où on enseignerait toutes les religions et les options laïques pour que nos petits hommes de Babel se comprennent enfin en respectant leur différence, rêve utopique d’un changement de la haine et de la violence banalisées (avec ces chiens d’infidèles et ces chiennes même fidèles) vers un monde de compassion, donc de partage des richesses économiques et intellectuelles plutôt que de frileuse thésaurisation de dollars qui nous font construire des murs entre ceux qui n’ont rien à perdre que la vie et ceux qui ont tout le confort mais plus de vie.
Pour revenir à mon exemple du début, lorsque un jeune DOGON fantasme sur la femme blanche et propose au reporter de lui offrir une femme pour la nuit, celui-ci lui fait doctement la leçon, en disant « chez nous c’est les femmes qui décident ! ».
Mais peut-être à l’instar du mec, la femme noire aimerait-elle aussi avoir une expérience avec le beau blanc ? Je suis répétitif (car pédagogue) et certains lecteurs n’ont pas pris connaissance de ma croisade contre l’excision. En effet, le problème, n’est pas, comme chez les eskimos, de réchauffer le voyageur avec la douceur des muqueuses de sa femme mais de la martyriser dans sa chair. Le clitoris est la source du plaisir la plus efficace des femmes, donc tant mieux pour elles si elles s’en servent et en abusent. Mais les DOGON, comme tous les autres mâles clôturant leurs prés, appellent le clitoris la termitière et il faut l’exciser pour que la femme puisse s’intégrer (trouver un mari) et surtout ne soit pas volage. Il s’agit d’une barbarie atroce surtout pour que les femmes ne soient pas tentées par leurs besoins sexuels (avec souvent des complications au niveau de la vessie) ; il s’agit aussi d’un crime physique (et psychologique) contre d’autres êtres humains que la France réprime avec vigueur mais que la Belgique ignore car les étrangers naturalisés constituent des voix électorales (merci le PS de droite).
Notons toutefois, l’ineptie de croire en un monde sans conflit. « Le conflit est maître de toutes choses » disait HERACLITE. On peut éminemment respecter l’autre, l’étranger sans pour autant ne pas dire que l’on n’est pas d’accord avec la manière dont il traite ses femmes ainsi que nos droits de l’homme chez nous. Lorsque je vais dans une mosquée, je me déchausse et je suis couvert au niveau vêtement, pourquoi cette politesse ne pourrait-elle pas être donnée en retour par les maghrébins qui vivent chez nous (pas de foulard dans nos institutions officielles neutres comme l’enseignement, le parlement). Il y aura toujours des divergences et des profiteurs de la récupération politique ou économique pour empoisonner les relations humaines.
L’urgence planétaire est que les sages et les modérés religieux parlent ensemble pour l’intérêt des générations futures, qu’ils ne courbent pas la tête et vivent debout ; ce sera par un combat – sans haine ni violence – que nous pourrons ébaucher la création d’un autre monde plus social (que l’horreur du fascisme ou du stalinisme). Il faudrait être capable de démystifier et de dévoiler notre nature commune : regardons un gamin rire dans n’importe quel pays, il est le même partout et pourtant, selon son ethnie, on peut l’assassiner (au Maghreb pas chez nous). Les terroristes d’Al-Qaïda sont une bande de fous fanatiques, porteurs d’une idéologie du meurtre aveugle, responsables de la mort de beaucoup de gamins et gamines afghanes mais aussi du fait de l’imbécilité de nos forces de frappe « modernes » et bardées de certitudes depuis ce con de BUSH. Nos vies sont de mauvais cauchemars gérés par des grands malades du pouvoir ayant à tout moment la possibilité de déclencher l’apocalypse, l’holocauste atomique.
A une époque, nous avons eu des mouvements de gauche (les syndicats) luttant contre les inégalités sociales, ils ont créé chez nous en Belgique le POB (Parti Ouvrier) qui a trahi les travailleurs en infiltrant les syndicats pour les castrer. Nous avions une éducation permanente pour l’épanouissement des adultes les moins favorisés qui s’est transformée avec les libéraux et la social-démocratie en une éducation populaire occupationnelle vidée de toutes préoccupations philosophiques ou citoyennes.
Et aujourd’hui, les gens ne croient plus aux partis politiques[3] et à leurs promesses (des programmes sans moyens, sans évaluation et sans négociation correcte possible). Il ne croient plus non plus à une fraternité pour tous en demandant aux plus riches de limiter leurs appétits dévastateurs (les forêts tropicales, les industries polluantes, les OGM et l’exploitation du tiers-monde). J’ai peur de la façade fallacieuse de nos démocraties représentatives. Les référendum ou les votations ne sont pas nécessairement progressives. Pensons aux cantons de la Suisse, les derniers d’Europe à permettre le vote des femmes. Je pense, comme CASTORIADIS et d’autres que le système fondamental d’Athènes reste une alternative plausible, celle de demander à des citoyens désignés par tirage au sort de s’occuper des affaires de la cité pendant cinq ans et puis de retourner ensuite à leur business ; cela permettrait d’écarter les arrivistes de toutes sortes qui veulent conquérir le pouvoir, dans un premier temps pour le peuple bien sûr, mais surtout pour leur besoin personnel de domination, ce qui constitue une menace permanente pour la Cité. Rappelons-nous le fou flamingant séparatiste belge (Bart De Wever, N-VA de droite, 30% de l’électorat flamand en juin 2010) qui négocie un gouvernement et puis qui, après chaque pas positif, se rappelle qu’il est séparatiste et remet constamment en question les acquis des négociations précédentes. Rêvons donc d’un homme dialecticien et désaliéné qui puisse un jour, avec d’autres bien entendu, concilier autonomie et dépendance (respect des accords), avancée de la science adogmatisme et amatérialiste car nous sommes possédés par ce que nous possédons. La liberté et l’égalité sont des finalités souhaitables mais aussi de pieux délires du salut sur terre, seule la fraternité dépassionnalisée est possible dans le respect des différences de tous et pas seulement dans le respect de notre spécificité.[4]
Rêvons, comme à Seattle, l’alternative à la pieuvre capitaliste (même sous son étiquette PS) et réapprenons la convivialité avec le don, le service gratuit, l’échange de biens sans argent et le goût de la communication avec les autres ethnies (si elle ne veulent pas nous tuer ou nous piller parce qu’elles sont restées dans les délires de l’argent ou de la religion). Ne confondons pas les contradictions de nos sociétés en jouant, tels des gamins de 5 ans, aux bons cow-boys et aux mauvais indiens, les mauvais étant ceux qui s’incrustent chez nous en vendant de la drogue et en surchargeant nos prisons tout en crachant sur nos valeurs des droits de l’homme et les bons étant les Occidentaux avec leur barbarie glacée, anonyme, mécanisée, quantifiante et avec une force de frappe chirurgicale capable en un seul jour d’atomiser et de rayer de la carte de la planète tous les pays musulmans à cause de quelques terroristes islamiques ? Qu’Allah le miséricordieux nous protège de vouloir écraser la mouche du coche et le coche avec.
Respectons la biodiversité aussi bien des espèces végétales que les différences culturelles dans notre propre espèce, ne nivelons pas nos identités profondes de langue, de culture et de groupe d’appartenance mais, pour nos enfants, acceptons de sourire à ceux qui ne pensent pas comme nous pour en finir avec la surenchère de la barbarie des opinions, des représentations subjectives qui ne valent pas la mort d’un seul homme et encore moins la disparition de l’humanité AD VITAM
Jean-Marie LANGE, 09.09.2010.
[1] STENGERS Isabelle, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, Les Empêcheurs de penser en rond/ La Découverte, Paris, 2009, p.159. J’ai eu l’honneur de suivre comme doctorant les cours de ce professeur exceptionnel qui conjugue une écologie de gauche et l’utopie scientifiquement possible.
[2] HOUELLEBECQ Michel, Les particules élémentaires, Paris, J’ai Lu, 2000, p. 161.
[3] Stengers, ibid. . 154 : « J’associe la question de la bêtise avec ce qu’on appelle le « pouvoir pastoral », qui implique un dirigeant ayant reçu mandat d’assurer le salut de ceux qu’il doit guider. Or la bêtise est plutôt ce qui reste de ce pouvoir lorsqu’il n’y a plus de mandat, ou lorsque n’en subsiste qu’une version indigente, mettant en scène une humanité récalcitrante, toujours prête à se laisser séduire, à suivre le premier charlatan, à se laisser berner par le premier démagogue. « Nos » responsables ne sont pas des pasteurs parce qu’ils ne nous guident vers rien ; ils sont sous l’emprise de la bêtise parce qu’ils jugent le monde en termes des tentations et des séductions dangereuses dont il s’agit de nous protéger. »
[4] « L’expérience historique de notre siècle a montré qu’il ne suffit pas de renverser une classe dominante ni d’opérer l’appropriation collective des moyens de production pour arracher l’être humain à la domination et à l’exploitation. Les structures de la domination et de l’exploitation ont des racines à la fois profondes et complexes, et c’est en s’attaquant à toutes les faces du problème que l’on pourra espérer quelques progrès.(…) Nous savons aujourd’hui que les possibilités cérébrales de l’être humain sont encore en très grande partie inexploitées. Nous sommes encore dans la préhistoire de l’esprit humain. Comme les possibilités sociales sont en relation avec les possibilités cérébrales, nul ne peut assurer que nos sociétés aient épuisé leurs possibilités d’amélioration et de transformation et que nous soyons arrivés en la fin de l’histoire. » MORIN Edgar, Ma gauche, Paris, François Bourin, 2010, p.260.
En soutien à SAKINEH ASHTIANI, iranienne de 43 ans condamnée à mort par lapidation pour adultère par le régime barbare de l’Iran
« La bêtise est nouvelle, comme est nouveau le couplage entre les Etats modernes et le capitalisme. Elle affecte ceux qui se vivent comme héritiers-rentiers des Lumières, ceux qui continuent le noble combat contre les illusions mais qui, et cela fait une différence qui importe, ont abandonné le sens de l’aventure pour celui qui fait d’eux des pédagogues. Ils sont ceux qui doivent protéger les autres, ceux qui savent, alors que les autres croient. » »(Isabelle STENGERS)[1]
« En soi le désir – contrairement au plaisir – est source de souffrance, de haine et de malheur. Cela, tous les philosophes – non seulement les bouddhistes, l’ont su et enseigné. La solution des utopistes – de Platon à Huxley, en passant par Fourier – consiste à éteindre le désir et les souffrances qui s’y rattachent en organisation sa satisfaction immédiate. A l’opposé, la société érotique-publicitaire où nous vivons s’attache à organiser le désir, à développer le désir dans des proportions inouïs, tout en maintenant la satisfaction dans le domaine de la sphère privée. Pour que la compétition continue, il faut que le désir croisse, s’étende et dévore la vie des hommes. »(Michel HOUELLEBECQ)[2]
Le développement des pays du tiers-monde en voie de développement n’est pas qu’une question d’investissement d’argent bien vite détourné. Il y a aussi l’honneur, la dignité, la souffrance, l’amour et la joie : des dimensions qualitatives autres que le rendement quantitatif.
Et il y a aussi la clé qui n’est pas que dans une instruction insipide (« nos ancêtres les gaulois ») mais surtout dans une éducation à la fois technique et philosophique pour apprendre à penser et à restaurer chez les pauvres des pays pauvres leur confiance en eux. J’ai été frappé de l’expression du fantasme d’un jeune noir du pays DOGON (Mali) qui rêve d’avoir pour compagne une femme blanche, n’importe laquelle, ajoute-t-il peu élégamment. Un fameux paradoxe soulevé par le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans son enquête « La femme seule et le prince charmant » qui dit en substance que plus une femme blanche est diplômée et autonome, moins elle trouve de compagnon car son assurance effraye. Et comme il n’y a pas que le sexe dans la vie, je vois bien la réalisation du fantasme du jeune Dogon se transformer en harpie. Ce complexe de la peau noire (reposant sur tout autre chose que sur la pigmentation) me rappelle un test de psychologie sociale fait dans l’enseignement maternel en Afrique noire où on demande à des petites fille de choisir une poupée dans un lot : il y en a des noires, des blanches et la majorité des petites filles va choisir une poupée blanche avec l’argument « elle est plus jolie ! ». Est-ce bien un argument ou une dévalorisation d’elles-mêmes ?
De même, seuls les blancs pensent que « black is beautiful », une amie proche que je voulais inviter en Europe a décliné car elle ne savait pas se tenir à table à l’européenne. C’est touchant mais rare car si les femmes noires préfèrent sortir avec des toubabs, ce n’est pas pour leur couleur cadavérique mais parce qu’ils sont plus riches et plus gentils. Dans les couples mixtes que je fréquente , c’est souvent la femme noire qui est devenue le chef de ménage ,du genre mégère non apprivoisée. On dirait que quelles que soient les ethnies, l’amitié sexuée simple entre des humains de genre sexuel différent n’est pas possible ; il faut toujours que cela se termine par une dialectique du maître et de l’esclave, soit deux perdants.
Un autre préjugé peu souvent questionné est le « jeunisme » ; dans les pubs comme dans les films (les acteurs jouant les scientifiques ont 25 ans maximum), il y a ce préjugé jeune=beau. Nous passons par les limbes de l’enfance puis une jeunesse de 18 à 38 ans et tout le reste de notre vie, nous sommes vieux avec des complexes et contribuons à l’enrichissement de la chirurgie plastique. Nous sommes toujours dans un affreux malentendu subjectif créé par la publicité. Posons-nous la question de la compagne idéale ? Doit-elle être toujours, comme dans l’après-guerre, blonde et jolie avec un petit pois chiche dans le cerveau ou bien certes agréable à voir mais surtout avec une vraie personnalité et une raison à l’intérieur d’elle-même, une personne qui vit des émotions et qui raisonne avec sa tête ? Jean BAUDRILLARD dans « La société de consommation » nous dit que toutes les femmes sont insatisfaites de leur corps (trop peu de seins, trop peu de fesses ou trop, trop de hanches ou pas assez, un nez ceci, une bouche cela), car le modèle des femmes en papier glacé des magasines les influencent.
« Les petits ruisseaux » est un beau film de Pascal Rabaté sur l’amitié et la sexualité des septuagénaires (France, 2010). Daniel PREVOST soutient ce film avec brio et retenue. Deux amis pécheurs retraités, l’un casse sa pipe et provoque le départ de l’autre sur les lieux de son enfance. Dans son voyage, Prévost rencontre une communauté Hippies « squattant » sa maison natale (peu vraisemblable à notre époque où la jalousie a fait disparaître toutes les communautés sauf les religieuses cadrées par des règlements de fer). Il apprend à fumer des pétards et à coïter des jeunes filles peu farouches aux petits seins. Puis il rencontre une amie ridée et aux chairs affaissées, ils ne veulent pas quitter leur maison/région respective et se donnent des rendez-vous pour aller pécher ou jouer sexuellement. Beau film sur la tolérance pour l’âge, rafraichissant et politique car refusant les complexes de bides chez les hommes et de chairs molles chez les dames.
Rappelons une fois encore que la femme est un être humain comme les autres, ce qui peut paraître banal en Occident, mais non en Orient où elle est parfois moins considérée que le cheptel. C’est par une éducation égale pour tous que nous parviendrons à vaincre ce racisme trop banalisé du sexisme. Un de mes plus grands amis est malien et je m’interroge sur le sort de son aînée Ma Awa car, malgré son intelligence rationnelle, pourra-t-il faire changer le poids de la tradition néfaste pour l’égalité des filles ? Les autres sont les parents adoptifs d’Irina, une petite malienne aussi mais qui, dès le départ, a plus d’atout qu’Awa , me semble-t-il, car elle va baigner dans la tradition occidentale ?
La pauvreté est plus que la pauvreté pécuniaire, c’est l’impuissance des démunis devant l’arrogance, l’ignorance et le mépris de ceux qui possèdent le savoir, le savoir-faire , le savoir-être, les biens et l’argent. Lorsque j’étais plus jeune (je le suis toujours dans mon énergie), on parlait de la société duale en devenir. Aujourd’hui, elle est présente par la non-culture des paumés, des exclus qui lorsque par exemple ils s’engueulent dans un bus sont pitoyables pour les oreilles des gens suffisamment éduqués. Il en ira de même des sans-papiers qui n’ont commis aucun délit mais qui croient que l’Europe est un El Dorado alors que - à part le fric – notre civilisation est moribonde ; mythe dans le sud, elle est en crise dans son cœur, ses valeurs et sa non-communication autre que virtuelle. Derrière son accomplissement technique, il y a la perte d’âme, de sens et de solidarité des Occidentaux. Les gens idéalisent la liberté de mai 1968 ; pourtant, elle fut moins grande que la liberté superficielle actuelle. Les jeunes de cette parenthèse enchantée avaient réussi à dépasser les tabous de la sexualité mais en conservant la tendresse relationnelle; aujourd’hui, il suffit de zapper sur la toile pour trouver très vite un partenaire pour une partie de jambes en l’air, et alors ? Là aussi, c’est de la récupération publicitaire à outrance : pourquoi baiser comme des bêtes s’il n’y a pas de communication un peu affective ? Le seul bien de cette pseudo-liberté assez creuse, c’est que cela diminuera la traite des êtres humains, cette ignoble prostitution de location des corps sans âme. Notons à ce propos que, si la vie de l’homme est souffrance, Dieu, dans son infinie bonté, lui a donné le plaisir sexuel du contact des muqueuses. C’est pourquoi, le Vatican dans son extrême rigueur face aux intentions de Dieu, interdit le préservatif, ce filtre entre le plaisir des muqueuses ?
Tolérant avec mes amis musulmans (ceux qui le sont avec moi), je suis agacé par cette poignée de fous qui insultent l’islam pour l’amalgamer à la terreur sanglante des islamiques barbares minoritaires, « Frelons » qui donnent une mauvaise image du sud à l’Occident. Nous sommes partis pour un remake sanglant du XX°s si les plus sages des musulmans et des athées occidentaux ne nous aident pas à réformer l’être humain au-delà de sa pulsion agressive dérivée de sa pulsion sexuelle frustrée. Il faudrait, partout dans le monde, inhiber les aspects les plus primaires, pervers, barbares et vicieux des hommes de guerre (les mêmes qui se servent de leur pénis comme une arme et de leur regard salissant le genre féminin, cf. les centaines de viols actuels au KIVU sous le regard aveugle de la Monuc).
Une réforme souhaitable et radicale des systèmes d’enseignement et d’éducation serait nécessaire où on enseignerait toutes les religions et les options laïques pour que nos petits hommes de Babel se comprennent enfin en respectant leur différence, rêve utopique d’un changement de la haine et de la violence banalisées (avec ces chiens d’infidèles et ces chiennes même fidèles) vers un monde de compassion, donc de partage des richesses économiques et intellectuelles plutôt que de frileuse thésaurisation de dollars qui nous font construire des murs entre ceux qui n’ont rien à perdre que la vie et ceux qui ont tout le confort mais plus de vie.
Pour revenir à mon exemple du début, lorsque un jeune DOGON fantasme sur la femme blanche et propose au reporter de lui offrir une femme pour la nuit, celui-ci lui fait doctement la leçon, en disant « chez nous c’est les femmes qui décident ! ».
Mais peut-être à l’instar du mec, la femme noire aimerait-elle aussi avoir une expérience avec le beau blanc ? Je suis répétitif (car pédagogue) et certains lecteurs n’ont pas pris connaissance de ma croisade contre l’excision. En effet, le problème, n’est pas, comme chez les eskimos, de réchauffer le voyageur avec la douceur des muqueuses de sa femme mais de la martyriser dans sa chair. Le clitoris est la source du plaisir la plus efficace des femmes, donc tant mieux pour elles si elles s’en servent et en abusent. Mais les DOGON, comme tous les autres mâles clôturant leurs prés, appellent le clitoris la termitière et il faut l’exciser pour que la femme puisse s’intégrer (trouver un mari) et surtout ne soit pas volage. Il s’agit d’une barbarie atroce surtout pour que les femmes ne soient pas tentées par leurs besoins sexuels (avec souvent des complications au niveau de la vessie) ; il s’agit aussi d’un crime physique (et psychologique) contre d’autres êtres humains que la France réprime avec vigueur mais que la Belgique ignore car les étrangers naturalisés constituent des voix électorales (merci le PS de droite).
Notons toutefois, l’ineptie de croire en un monde sans conflit. « Le conflit est maître de toutes choses » disait HERACLITE. On peut éminemment respecter l’autre, l’étranger sans pour autant ne pas dire que l’on n’est pas d’accord avec la manière dont il traite ses femmes ainsi que nos droits de l’homme chez nous. Lorsque je vais dans une mosquée, je me déchausse et je suis couvert au niveau vêtement, pourquoi cette politesse ne pourrait-elle pas être donnée en retour par les maghrébins qui vivent chez nous (pas de foulard dans nos institutions officielles neutres comme l’enseignement, le parlement). Il y aura toujours des divergences et des profiteurs de la récupération politique ou économique pour empoisonner les relations humaines.
L’urgence planétaire est que les sages et les modérés religieux parlent ensemble pour l’intérêt des générations futures, qu’ils ne courbent pas la tête et vivent debout ; ce sera par un combat – sans haine ni violence – que nous pourrons ébaucher la création d’un autre monde plus social (que l’horreur du fascisme ou du stalinisme). Il faudrait être capable de démystifier et de dévoiler notre nature commune : regardons un gamin rire dans n’importe quel pays, il est le même partout et pourtant, selon son ethnie, on peut l’assassiner (au Maghreb pas chez nous). Les terroristes d’Al-Qaïda sont une bande de fous fanatiques, porteurs d’une idéologie du meurtre aveugle, responsables de la mort de beaucoup de gamins et gamines afghanes mais aussi du fait de l’imbécilité de nos forces de frappe « modernes » et bardées de certitudes depuis ce con de BUSH. Nos vies sont de mauvais cauchemars gérés par des grands malades du pouvoir ayant à tout moment la possibilité de déclencher l’apocalypse, l’holocauste atomique.
A une époque, nous avons eu des mouvements de gauche (les syndicats) luttant contre les inégalités sociales, ils ont créé chez nous en Belgique le POB (Parti Ouvrier) qui a trahi les travailleurs en infiltrant les syndicats pour les castrer. Nous avions une éducation permanente pour l’épanouissement des adultes les moins favorisés qui s’est transformée avec les libéraux et la social-démocratie en une éducation populaire occupationnelle vidée de toutes préoccupations philosophiques ou citoyennes.
Et aujourd’hui, les gens ne croient plus aux partis politiques[3] et à leurs promesses (des programmes sans moyens, sans évaluation et sans négociation correcte possible). Il ne croient plus non plus à une fraternité pour tous en demandant aux plus riches de limiter leurs appétits dévastateurs (les forêts tropicales, les industries polluantes, les OGM et l’exploitation du tiers-monde). J’ai peur de la façade fallacieuse de nos démocraties représentatives. Les référendum ou les votations ne sont pas nécessairement progressives. Pensons aux cantons de la Suisse, les derniers d’Europe à permettre le vote des femmes. Je pense, comme CASTORIADIS et d’autres que le système fondamental d’Athènes reste une alternative plausible, celle de demander à des citoyens désignés par tirage au sort de s’occuper des affaires de la cité pendant cinq ans et puis de retourner ensuite à leur business ; cela permettrait d’écarter les arrivistes de toutes sortes qui veulent conquérir le pouvoir, dans un premier temps pour le peuple bien sûr, mais surtout pour leur besoin personnel de domination, ce qui constitue une menace permanente pour la Cité. Rappelons-nous le fou flamingant séparatiste belge (Bart De Wever, N-VA de droite, 30% de l’électorat flamand en juin 2010) qui négocie un gouvernement et puis qui, après chaque pas positif, se rappelle qu’il est séparatiste et remet constamment en question les acquis des négociations précédentes. Rêvons donc d’un homme dialecticien et désaliéné qui puisse un jour, avec d’autres bien entendu, concilier autonomie et dépendance (respect des accords), avancée de la science adogmatisme et amatérialiste car nous sommes possédés par ce que nous possédons. La liberté et l’égalité sont des finalités souhaitables mais aussi de pieux délires du salut sur terre, seule la fraternité dépassionnalisée est possible dans le respect des différences de tous et pas seulement dans le respect de notre spécificité.[4]
Rêvons, comme à Seattle, l’alternative à la pieuvre capitaliste (même sous son étiquette PS) et réapprenons la convivialité avec le don, le service gratuit, l’échange de biens sans argent et le goût de la communication avec les autres ethnies (si elle ne veulent pas nous tuer ou nous piller parce qu’elles sont restées dans les délires de l’argent ou de la religion). Ne confondons pas les contradictions de nos sociétés en jouant, tels des gamins de 5 ans, aux bons cow-boys et aux mauvais indiens, les mauvais étant ceux qui s’incrustent chez nous en vendant de la drogue et en surchargeant nos prisons tout en crachant sur nos valeurs des droits de l’homme et les bons étant les Occidentaux avec leur barbarie glacée, anonyme, mécanisée, quantifiante et avec une force de frappe chirurgicale capable en un seul jour d’atomiser et de rayer de la carte de la planète tous les pays musulmans à cause de quelques terroristes islamiques ? Qu’Allah le miséricordieux nous protège de vouloir écraser la mouche du coche et le coche avec.
Respectons la biodiversité aussi bien des espèces végétales que les différences culturelles dans notre propre espèce, ne nivelons pas nos identités profondes de langue, de culture et de groupe d’appartenance mais, pour nos enfants, acceptons de sourire à ceux qui ne pensent pas comme nous pour en finir avec la surenchère de la barbarie des opinions, des représentations subjectives qui ne valent pas la mort d’un seul homme et encore moins la disparition de l’humanité AD VITAM
Jean-Marie LANGE, 09.09.2010.
[1] STENGERS Isabelle, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, Les Empêcheurs de penser en rond/ La Découverte, Paris, 2009, p.159. J’ai eu l’honneur de suivre comme doctorant les cours de ce professeur exceptionnel qui conjugue une écologie de gauche et l’utopie scientifiquement possible.
[2] HOUELLEBECQ Michel, Les particules élémentaires, Paris, J’ai Lu, 2000, p. 161.
[3] Stengers, ibid. . 154 : « J’associe la question de la bêtise avec ce qu’on appelle le « pouvoir pastoral », qui implique un dirigeant ayant reçu mandat d’assurer le salut de ceux qu’il doit guider. Or la bêtise est plutôt ce qui reste de ce pouvoir lorsqu’il n’y a plus de mandat, ou lorsque n’en subsiste qu’une version indigente, mettant en scène une humanité récalcitrante, toujours prête à se laisser séduire, à suivre le premier charlatan, à se laisser berner par le premier démagogue. « Nos » responsables ne sont pas des pasteurs parce qu’ils ne nous guident vers rien ; ils sont sous l’emprise de la bêtise parce qu’ils jugent le monde en termes des tentations et des séductions dangereuses dont il s’agit de nous protéger. »
[4] « L’expérience historique de notre siècle a montré qu’il ne suffit pas de renverser une classe dominante ni d’opérer l’appropriation collective des moyens de production pour arracher l’être humain à la domination et à l’exploitation. Les structures de la domination et de l’exploitation ont des racines à la fois profondes et complexes, et c’est en s’attaquant à toutes les faces du problème que l’on pourra espérer quelques progrès.(…) Nous savons aujourd’hui que les possibilités cérébrales de l’être humain sont encore en très grande partie inexploitées. Nous sommes encore dans la préhistoire de l’esprit humain. Comme les possibilités sociales sont en relation avec les possibilités cérébrales, nul ne peut assurer que nos sociétés aient épuisé leurs possibilités d’amélioration et de transformation et que nous soyons arrivés en la fin de l’histoire. » MORIN Edgar, Ma gauche, Paris, François Bourin, 2010, p.260.
mercredi 8 septembre 2010
Brève du GAP : l’arbre MORINGA
Le MORIGNA OLEIFERA (Ghana, Niger, Nigéria) est un arbre originaire de l’Inde et courant en Afrique pour ombrager les cases et dont les propriétés ont été découvertes récemment. Les feuilles et les fruits peuvent servir de légumes aux propriétés nutritives et médicales ; la poudre de feuille (conservée à l’ombre) peut servir de condiments. En Inde, le fruit vert se cuisine comme un légume, les feuilles se consomment comme légumes verts, bouillis, sautés ou en assaisonnement, la graine peut se manger grillée comme une arachide. La graine peut aussi donner de « l’huile de Ben » comestible et employée en cosmétique et en horlogerie.
La semence a un pouvoir germinatif limité à un an. Semis de deux graines en poquet à 2 cm de profondeur (pas plus). Lorsque les plans ont 30 cm, on arrache le plan le plus grêle (la graine germe après 5 à 12 jours en terre), le sol doit être drainé. L’arbre peut aussi se reproduire en bouture ligneuses (bois dur) d’un mètre de long (4 à 5 cm de diamètre), 1/3 de la longueur doit être enfouie sous terre (plantules plus sensibles que celles issues des semis), écartement entre 2 et 4 mètres, lignes en quinconce plantées d’est en ouest pour un maximum d’ensoleillement. Lorsque l’arbre atteint 0,5 à 1 m pincer le bourgeon terminal pour le traiter avec les tiges secondaires en buisson touffu. Quatre sarclage par an. Mulching (paillis) dans la jeunesse pour réduire l’évaporation du sol. Enrichir le sol avec du compost ou du fumier (pas d’engrais chimiques). Taille d’entretien à 20 cm du niveau du sol juste avant les pluies (couper au-dessus du nœud).
100 gr de MORINGA en feuilles fraîches = autant de calcium qu’un grand verre de lait, autant de fer qu’un steak de bœuf de 200 gr, autant de protéines qu’un œuf ; autant de vitamine C qu’une orange, autant de vitamine A qu’une carotte.
J.M. Lange
Le MORIGNA OLEIFERA (Ghana, Niger, Nigéria) est un arbre originaire de l’Inde et courant en Afrique pour ombrager les cases et dont les propriétés ont été découvertes récemment. Les feuilles et les fruits peuvent servir de légumes aux propriétés nutritives et médicales ; la poudre de feuille (conservée à l’ombre) peut servir de condiments. En Inde, le fruit vert se cuisine comme un légume, les feuilles se consomment comme légumes verts, bouillis, sautés ou en assaisonnement, la graine peut se manger grillée comme une arachide. La graine peut aussi donner de « l’huile de Ben » comestible et employée en cosmétique et en horlogerie.
La semence a un pouvoir germinatif limité à un an. Semis de deux graines en poquet à 2 cm de profondeur (pas plus). Lorsque les plans ont 30 cm, on arrache le plan le plus grêle (la graine germe après 5 à 12 jours en terre), le sol doit être drainé. L’arbre peut aussi se reproduire en bouture ligneuses (bois dur) d’un mètre de long (4 à 5 cm de diamètre), 1/3 de la longueur doit être enfouie sous terre (plantules plus sensibles que celles issues des semis), écartement entre 2 et 4 mètres, lignes en quinconce plantées d’est en ouest pour un maximum d’ensoleillement. Lorsque l’arbre atteint 0,5 à 1 m pincer le bourgeon terminal pour le traiter avec les tiges secondaires en buisson touffu. Quatre sarclage par an. Mulching (paillis) dans la jeunesse pour réduire l’évaporation du sol. Enrichir le sol avec du compost ou du fumier (pas d’engrais chimiques). Taille d’entretien à 20 cm du niveau du sol juste avant les pluies (couper au-dessus du nœud).
100 gr de MORINGA en feuilles fraîches = autant de calcium qu’un grand verre de lait, autant de fer qu’un steak de bœuf de 200 gr, autant de protéines qu’un œuf ; autant de vitamine C qu’une orange, autant de vitamine A qu’une carotte.
J.M. Lange
GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique: Jean-Marie LANGE jm.lange@skynet.be
DEXIA : 068-2426901-85; IBAN BE89 0682 4269 0185 BIC GKCCBEBB
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une association (asbl) spécialisée en management associatif, en recherche-action participative et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde en partenariat avec les villageois. Avant-hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali (2002) et hier, c'était l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi (de 2007 à 2010). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap-belgique.blogspot.com;
GAP – Rapport été 2010 Projets BURUNDI (Kayoba, Makamba)
Compte-rendu de l’intervenant Patrick LECEUX mis en forme par la secrétaire GAP Marie-Claire DENGIS
Liège, le 28/O8/2O1O
Présents : Patrick, Jean-Marie, Marie-Claire
1. REMARQUES PRELIMINAIRES
a) Ce rapport est un rapport partiel puisqu’il ne concerne que la partie du projet dont Patrick s’est occupé et quelques nouvelles generales.Une réunion est prévue le 26 septembre (date à confirmer) à 12h chez Patrick afin que Bernard et Régine qui ne sont pas encore rentrés puissent le compléter, notamment la partie jardins que Bernard prenait en charge.
b) Patrick a enfin reçu des nouvelles concernant la récupération du billet de Sylvianne qui serait de +/- 1OOO euros et donc la perte est minime.
2. BUDGET
a) Patrick est parti avec les 1OOO euros comme convenu; il a dépensé 54O euros (formation) + 34 euros (achat materiel) = 574 euros et rentre avec un solde de 426 euros qu’il remet sur le compte du GAP et qui pourrait constituer déjà un budget potentiel futur auquel pourrait s’ajouter la somme récupérée pour le billet de Sylvianne.
b) Bernard disposait de +/- 4OO euros recueillis par lui; il a fait quelques dépenses pour l’association jardins notamment et reversera le solde sur le compte GAP-Burundi qu’il gère.
3. CONTACTS SUR PLACE
a) Régine, Bernard et Patrick sont allés saluer le nouveau gouverneur à Makamba et lui ont fait part du projet qu’il a accueilli favorablement.
b) Ils ont aussi rencontré :
- La directrice de l’école de Makamba II (Valérie MBONIHANKUYE) et les enseignants
- L’inspecteur de l’enseignement (Louis NDAYITWAYEKO)
- Le directeur provincial de l’enseignement de Makamba (Jared NYANDWI) ainsi que le chargé de la planification scolaire (Serges SIJENAHAGERA)
- Le responsable de de la formation alphabetisation (Prosper)
- Le docteur Adranis MIYUKURI, responsable de la maternité catholique où le 1er four a été installé par Birgit et Régine
- Béatrice et des responsables de l’hôpital civil de Makamba.
4. PROJET ALPHABETISATION
a) Formation de formateurs : la formation organisée par le gouvernement existe depuis 1991 avec des interruptions liées aux évènements vécus par le pays. Le responsable actuel de la formation (Prosper) se trouve à Makamba depuis 5 ans et une cinquantaine de formateurs ont été formés. Le programme de la formation semble intéressant et va jusqu’à la préparation d’une leçon modèle et son evaluation mais souffre toutefois de retard dans la mise à disposition du materiel. Deux formateurs ont été formés sur la colline : le secrétaire de l’association jardins, Egide et Scholastique.
b) Mise en place de la formation sur la colline
- La formation a été ouverte à tous pour pouvoir disposer d’un local gratuit prêté par le curé. Elle a commence avec 3O participants et il en reste 21 actuellement dont 3 membres de l’association.
- Les cours se donnent le lundi et le jeudi de 7h à 9h et comprennent :
° une partie alphabétisation proprement dite : lire et écrire. Les cours se donnent en Kirundi et les élèves disposent actuellement d’un manuel pour 2.
° une partie calcul : dizaines, centaines, milliers et maîtrise des 4 opérations fondamentales. Cette partie doit en principe déboucher sur des notions de gestion.
° le total est de 31 leçons (preparées sur fiche)
- Les participants ont été répartis en 2 groupes : un groupe de forts et un groupe de faibles mais certains du 1er groupe veulent se perfectionner en assistant aux 2 groupes. Par ailleurs, certains veulent rejoindre la formation en cours et il faut donc en préalable tester leur niveau.
- Les présences sont prises à chaque cours.
- Le GAP a fourni 24 cahiers lignés, 24 cahiers quadrillés et 5O bics.
- Les formateurs sont encadrés bénévolement par Estella, la plus jeune soeur de Régine, enseignante à Makamba qui assure un suivi, aide à la preparation des leçons et à la redaction des rapports après la 2Oe et la 31e leçon.
- L’ensemble de la formation comprenant celle des formateurs et celle qu’ils dispensent se fait en moyenne sur un an.
- Le groupe Gap a pu assister à une leçon.
c) Budget
- Le salaire d’un instituteur au Burundi vient de doubler et de passer à 16O.OOO FBu/mois (+/- 1OO euros). Il faut donc tenir compte de cette réalité.
- Les 54O euros prévus représentent 842.OOO FBu et le groupe décide de les répartir comme suit :
° 25O.OOO FBu pour chaque formateur soit 5OO.OOO FBu
° 5O.OOO FBu pour Prosper en espérant que Kayoba recevra du materiel dès que celui-ci sera disponible.
° 2OO.OOO FBu pour Estellla pour la remercier de son aide mais aussi pour s’assurer qu’elle la poursuivra et notamment pour la rédaction des rapports tant de la formation que de l’association.
° le reste a été consacré à l’achat de materiel scolaire comme mentionné plus haut ainsi que de 2 seaux et 1 balance pour l’association jardins et 5O.OOO FBu pour l’achat de timbres destinés à l’envoi des rapports.
5. L’ASSOCIATION JARDINS
a) Le groupe a rencontré le président (Zébédé), le secrétaire (Egide), le trésorier ainsi que 2 membres de l’association dont le fils d’1 conseillière. L’association compte actuellement 17 membres, 2 en ayant été exclus pour refus de travail. Ces 17 membres se répartissent en 6 hommes (tous alphabetisés) et 11 femmes (dont 1 seule alphabétisée). Ils tiennent au moins une réunon par mois et le secrétaire prend les présences.
b) Les membres de l’association travaillent tous ensemble sur des terrains qu’ils louent 3O.OOO FBu, uniquement en période de cultures pour réduire les coûts. Les cultures actuelles sont essentiellement tomates, oignons, choux, poireaux et soja. Les semences sont gardées quand c’est possible ou alors fournies par la DPAE et achetées. Le produit des cultures est pour une partie réparti en parts égales entre les membres et pour l’autre vendu, l’argent déposé en banque servant à l’achat de grains ou de materiel et à la location des terrains. Actuellement, il y a 5O.OOO FBu en caisse.
c) –compost : les fosses à compost continuent à être alimentées et celui-ci utilisé pour les cultures avec un complément d’engrais chimiques
-pesticides : le jus de tabac est utilisé et se révèle efficace contre les pucerons. Il serait peut-être intéressant de faire des essais à partir de plantes locales.. Bernard explique comment faire des infusions en utilisant de l’eau chaude, ce qui serait peut-être plus efficace. Les expérimentations vont continuer et si elles aboutissent, elles pourraient déboucher sur la commercialisation des produits (et non des recettes qui resteraient propriété de l’association).. Le four solaire aurait donc une utilisation potentielle sans compter l’effet d’incitation possible et il est donc décidé de le laisser sur la colline. Des seaux ont été achetés et Bernard et Patrick ont aidé à la mise au point de recipients de mesure à partir de bouteilles en plastic. Une balance a également été achetée pour les partages des récoltes,, le pesage des ingrédients ... qui pourrait se révéler aussi d’une utilité certaine dans le cadre de la formation alphabétisation. Bernard a en outre apporté un pulvérisateur.
d) Il reste 2 cochons en vie et des porcelets sont en gestation.
e) L’association de Kayoba est maintenant connue dans les environs et des étudiants en
agronomie sont même intéressés pour y effectuer un stage.
6. LES FOURS
a) Four de Kayoba : en fonction du projet de recherche de l’association jardins, il restera en place
b) Four de la maternité en place : la maternité a reçu 2 couveuses et donc l’utilisation du four pour les premature a fortement diminué. Une reconversion est en cours pour chauffer l’eau du bain des bébés et surtout pour la cuisine des familles en visite qui viennent souvent de loin et achètent des makalas pour la faire, l’avantage du four étant sa gratuité (et plus globalement le ralentissement du déboisement).
c) Four à l’école de Makamba II : le choix de l’école a été realisé par les responsables sur place. Le four, appelé cuisinière solaire, a été monté par Patrick et Bernard en présence d’enseignants et du délégué chargé de la planification scolaire de la direction générale de l’Enseignement de la province de Makamba qui semblait très intéressé. Une casserole d’eau a été chauffée à 6O° en 35 minutes. Si l’expérience a semblé laisser perplexe, les enseignants ont montré un certain intérêt bien conscients des possibilités qu’elle ouvre d’utiliser les jardins à des fins pédagogiques (calculs, problèmes ... mais aussi déforestation, environnement ...). Le groupe a été invité à la fête de fin d’année scolaire par les enseignants, ce qui a permis une nouvelle démonstration. Il y a à Makamba 3 écoles situées les unes à côté des autres qui comptent 12O enseignants avec des classes de 3O élèves en moyenne et une vacation le matin, l’autre l’après-midi. Estella qui assure le suivi d’alphabétisation travaille à Makamba II. Par ailleurs, Bernard a lancé un projet d’échanges avec la Belgique sur 3 ans (élèves de 4e, 5e et 6e) à partir de l’expérience des jardins scolaires (cf rapport précédent et rapport de Bernard à venir).
d) Four à la maternité de l’hôpital civil et four pour le projet nutritionnel de Béatrice : le 1er a été monté avec l’aide de quelqu’un de la colline (qui assure le fonctionnement de celui de Kayoba contre rétribution payée par Bernard pour financer ses études) et du technicien de l’hôpital qui a reçu 1O.OOO FBu pour s’assurer qu’il s’occupe de la maintenance et de l’utilisation des 2 fours de l’hôpital ainsi que de celui de l’école. Le 2e four l’a été par eux seuls. Régine a donné des explications et fait une demonstration de cuisson de patates douces qui seront ensuite distribuées aux mamans présentes, d’abord sceptiques puis convaincues après dégustation. En-dehors de l’utilisation pour le projet nutritionnel de Béatrice, les fours devraient servir à chauffer l’eau pour les repas des familles qui visitent leurs malades (comme à la maternité catholique). Il y a également une école d’infirmières à côté de l’hôpital. L’utilisation maximale des fours devrait aider à convaincre la population de leur utilité et rejoindre ainsi les préoccupations environnementales de déboisement. Dès le lendemain, le four était déjà utilisé pour la cuisson de haricots à la maternité et semblait susciter l’intérêt.
e) Achat de materiel : achat de casseroles non fournies avec les fours, peintes en noir avec le sigle GAP (comme sur les cuisinières solaires) ainsi que de materiel pour la confection de grilles adaptées.
7. ATELIER COUTURE
Le projet est gelé, le peu d’argent disponible allant en priorité aux projets qui fonctionnent. Il reste 3 machines chez Scholastique et 1 chez Alemaque. Scholastique les utilise occasionnellement et dans ce cadre, continue à former une jeune fille de 16 ans.
8. MOULIN A GRAINS
Le projet est différé pour l’instant mais Patrick et Bernard ont collecté quelques renseignements. La marquee LION recommandée par Birgit est inconnue sur le marché local. Par contre, on peut trouver des moulins de fabrication chinoise livrés à Makamba à partir de la Tanzanie et permettant de moudre différent produits (sur la base de grilles ou filtres différents) pour un coût approximatif de 2.2OO euros.
9. DIVERS
a) A Bujumbura, logement au Centre Communautaire Protestant (près de l’ambassade de France) en ville. A Makamba, logement au Guest House. Déplacements : taxi pour 3OO.OOO FBu à partir de Bujumbura vers Makamba et retour etr rester à disposition pendant tout le séjour à Makamba en Assurant tous les trajets locaux.
b) Le GAP recommande de ne pas perdre de vue ses objectifs premiers au Burundi, à savoir la formation de jeunes femmes n’ayant pas pu bénéficier d’une scolarisation valable.
M.Cl. Lange-Dengis,
Secrétaire du GAP.
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique: Jean-Marie LANGE jm.lange@skynet.be
DEXIA : 068-2426901-85; IBAN BE89 0682 4269 0185 BIC GKCCBEBB
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une association (asbl) spécialisée en management associatif, en recherche-action participative et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde en partenariat avec les villageois. Avant-hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali (2002) et hier, c'était l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi (de 2007 à 2010). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap-belgique.blogspot.com;
GAP – Rapport été 2010 Projets BURUNDI (Kayoba, Makamba)
Compte-rendu de l’intervenant Patrick LECEUX mis en forme par la secrétaire GAP Marie-Claire DENGIS
Liège, le 28/O8/2O1O
Présents : Patrick, Jean-Marie, Marie-Claire
1. REMARQUES PRELIMINAIRES
a) Ce rapport est un rapport partiel puisqu’il ne concerne que la partie du projet dont Patrick s’est occupé et quelques nouvelles generales.Une réunion est prévue le 26 septembre (date à confirmer) à 12h chez Patrick afin que Bernard et Régine qui ne sont pas encore rentrés puissent le compléter, notamment la partie jardins que Bernard prenait en charge.
b) Patrick a enfin reçu des nouvelles concernant la récupération du billet de Sylvianne qui serait de +/- 1OOO euros et donc la perte est minime.
2. BUDGET
a) Patrick est parti avec les 1OOO euros comme convenu; il a dépensé 54O euros (formation) + 34 euros (achat materiel) = 574 euros et rentre avec un solde de 426 euros qu’il remet sur le compte du GAP et qui pourrait constituer déjà un budget potentiel futur auquel pourrait s’ajouter la somme récupérée pour le billet de Sylvianne.
b) Bernard disposait de +/- 4OO euros recueillis par lui; il a fait quelques dépenses pour l’association jardins notamment et reversera le solde sur le compte GAP-Burundi qu’il gère.
3. CONTACTS SUR PLACE
a) Régine, Bernard et Patrick sont allés saluer le nouveau gouverneur à Makamba et lui ont fait part du projet qu’il a accueilli favorablement.
b) Ils ont aussi rencontré :
- La directrice de l’école de Makamba II (Valérie MBONIHANKUYE) et les enseignants
- L’inspecteur de l’enseignement (Louis NDAYITWAYEKO)
- Le directeur provincial de l’enseignement de Makamba (Jared NYANDWI) ainsi que le chargé de la planification scolaire (Serges SIJENAHAGERA)
- Le responsable de de la formation alphabetisation (Prosper)
- Le docteur Adranis MIYUKURI, responsable de la maternité catholique où le 1er four a été installé par Birgit et Régine
- Béatrice et des responsables de l’hôpital civil de Makamba.
4. PROJET ALPHABETISATION
a) Formation de formateurs : la formation organisée par le gouvernement existe depuis 1991 avec des interruptions liées aux évènements vécus par le pays. Le responsable actuel de la formation (Prosper) se trouve à Makamba depuis 5 ans et une cinquantaine de formateurs ont été formés. Le programme de la formation semble intéressant et va jusqu’à la préparation d’une leçon modèle et son evaluation mais souffre toutefois de retard dans la mise à disposition du materiel. Deux formateurs ont été formés sur la colline : le secrétaire de l’association jardins, Egide et Scholastique.
b) Mise en place de la formation sur la colline
- La formation a été ouverte à tous pour pouvoir disposer d’un local gratuit prêté par le curé. Elle a commence avec 3O participants et il en reste 21 actuellement dont 3 membres de l’association.
- Les cours se donnent le lundi et le jeudi de 7h à 9h et comprennent :
° une partie alphabétisation proprement dite : lire et écrire. Les cours se donnent en Kirundi et les élèves disposent actuellement d’un manuel pour 2.
° une partie calcul : dizaines, centaines, milliers et maîtrise des 4 opérations fondamentales. Cette partie doit en principe déboucher sur des notions de gestion.
° le total est de 31 leçons (preparées sur fiche)
- Les participants ont été répartis en 2 groupes : un groupe de forts et un groupe de faibles mais certains du 1er groupe veulent se perfectionner en assistant aux 2 groupes. Par ailleurs, certains veulent rejoindre la formation en cours et il faut donc en préalable tester leur niveau.
- Les présences sont prises à chaque cours.
- Le GAP a fourni 24 cahiers lignés, 24 cahiers quadrillés et 5O bics.
- Les formateurs sont encadrés bénévolement par Estella, la plus jeune soeur de Régine, enseignante à Makamba qui assure un suivi, aide à la preparation des leçons et à la redaction des rapports après la 2Oe et la 31e leçon.
- L’ensemble de la formation comprenant celle des formateurs et celle qu’ils dispensent se fait en moyenne sur un an.
- Le groupe Gap a pu assister à une leçon.
c) Budget
- Le salaire d’un instituteur au Burundi vient de doubler et de passer à 16O.OOO FBu/mois (+/- 1OO euros). Il faut donc tenir compte de cette réalité.
- Les 54O euros prévus représentent 842.OOO FBu et le groupe décide de les répartir comme suit :
° 25O.OOO FBu pour chaque formateur soit 5OO.OOO FBu
° 5O.OOO FBu pour Prosper en espérant que Kayoba recevra du materiel dès que celui-ci sera disponible.
° 2OO.OOO FBu pour Estellla pour la remercier de son aide mais aussi pour s’assurer qu’elle la poursuivra et notamment pour la rédaction des rapports tant de la formation que de l’association.
° le reste a été consacré à l’achat de materiel scolaire comme mentionné plus haut ainsi que de 2 seaux et 1 balance pour l’association jardins et 5O.OOO FBu pour l’achat de timbres destinés à l’envoi des rapports.
5. L’ASSOCIATION JARDINS
a) Le groupe a rencontré le président (Zébédé), le secrétaire (Egide), le trésorier ainsi que 2 membres de l’association dont le fils d’1 conseillière. L’association compte actuellement 17 membres, 2 en ayant été exclus pour refus de travail. Ces 17 membres se répartissent en 6 hommes (tous alphabetisés) et 11 femmes (dont 1 seule alphabétisée). Ils tiennent au moins une réunon par mois et le secrétaire prend les présences.
b) Les membres de l’association travaillent tous ensemble sur des terrains qu’ils louent 3O.OOO FBu, uniquement en période de cultures pour réduire les coûts. Les cultures actuelles sont essentiellement tomates, oignons, choux, poireaux et soja. Les semences sont gardées quand c’est possible ou alors fournies par la DPAE et achetées. Le produit des cultures est pour une partie réparti en parts égales entre les membres et pour l’autre vendu, l’argent déposé en banque servant à l’achat de grains ou de materiel et à la location des terrains. Actuellement, il y a 5O.OOO FBu en caisse.
c) –compost : les fosses à compost continuent à être alimentées et celui-ci utilisé pour les cultures avec un complément d’engrais chimiques
-pesticides : le jus de tabac est utilisé et se révèle efficace contre les pucerons. Il serait peut-être intéressant de faire des essais à partir de plantes locales.. Bernard explique comment faire des infusions en utilisant de l’eau chaude, ce qui serait peut-être plus efficace. Les expérimentations vont continuer et si elles aboutissent, elles pourraient déboucher sur la commercialisation des produits (et non des recettes qui resteraient propriété de l’association).. Le four solaire aurait donc une utilisation potentielle sans compter l’effet d’incitation possible et il est donc décidé de le laisser sur la colline. Des seaux ont été achetés et Bernard et Patrick ont aidé à la mise au point de recipients de mesure à partir de bouteilles en plastic. Une balance a également été achetée pour les partages des récoltes,, le pesage des ingrédients ... qui pourrait se révéler aussi d’une utilité certaine dans le cadre de la formation alphabétisation. Bernard a en outre apporté un pulvérisateur.
d) Il reste 2 cochons en vie et des porcelets sont en gestation.
e) L’association de Kayoba est maintenant connue dans les environs et des étudiants en
agronomie sont même intéressés pour y effectuer un stage.
6. LES FOURS
a) Four de Kayoba : en fonction du projet de recherche de l’association jardins, il restera en place
b) Four de la maternité en place : la maternité a reçu 2 couveuses et donc l’utilisation du four pour les premature a fortement diminué. Une reconversion est en cours pour chauffer l’eau du bain des bébés et surtout pour la cuisine des familles en visite qui viennent souvent de loin et achètent des makalas pour la faire, l’avantage du four étant sa gratuité (et plus globalement le ralentissement du déboisement).
c) Four à l’école de Makamba II : le choix de l’école a été realisé par les responsables sur place. Le four, appelé cuisinière solaire, a été monté par Patrick et Bernard en présence d’enseignants et du délégué chargé de la planification scolaire de la direction générale de l’Enseignement de la province de Makamba qui semblait très intéressé. Une casserole d’eau a été chauffée à 6O° en 35 minutes. Si l’expérience a semblé laisser perplexe, les enseignants ont montré un certain intérêt bien conscients des possibilités qu’elle ouvre d’utiliser les jardins à des fins pédagogiques (calculs, problèmes ... mais aussi déforestation, environnement ...). Le groupe a été invité à la fête de fin d’année scolaire par les enseignants, ce qui a permis une nouvelle démonstration. Il y a à Makamba 3 écoles situées les unes à côté des autres qui comptent 12O enseignants avec des classes de 3O élèves en moyenne et une vacation le matin, l’autre l’après-midi. Estella qui assure le suivi d’alphabétisation travaille à Makamba II. Par ailleurs, Bernard a lancé un projet d’échanges avec la Belgique sur 3 ans (élèves de 4e, 5e et 6e) à partir de l’expérience des jardins scolaires (cf rapport précédent et rapport de Bernard à venir).
d) Four à la maternité de l’hôpital civil et four pour le projet nutritionnel de Béatrice : le 1er a été monté avec l’aide de quelqu’un de la colline (qui assure le fonctionnement de celui de Kayoba contre rétribution payée par Bernard pour financer ses études) et du technicien de l’hôpital qui a reçu 1O.OOO FBu pour s’assurer qu’il s’occupe de la maintenance et de l’utilisation des 2 fours de l’hôpital ainsi que de celui de l’école. Le 2e four l’a été par eux seuls. Régine a donné des explications et fait une demonstration de cuisson de patates douces qui seront ensuite distribuées aux mamans présentes, d’abord sceptiques puis convaincues après dégustation. En-dehors de l’utilisation pour le projet nutritionnel de Béatrice, les fours devraient servir à chauffer l’eau pour les repas des familles qui visitent leurs malades (comme à la maternité catholique). Il y a également une école d’infirmières à côté de l’hôpital. L’utilisation maximale des fours devrait aider à convaincre la population de leur utilité et rejoindre ainsi les préoccupations environnementales de déboisement. Dès le lendemain, le four était déjà utilisé pour la cuisson de haricots à la maternité et semblait susciter l’intérêt.
e) Achat de materiel : achat de casseroles non fournies avec les fours, peintes en noir avec le sigle GAP (comme sur les cuisinières solaires) ainsi que de materiel pour la confection de grilles adaptées.
7. ATELIER COUTURE
Le projet est gelé, le peu d’argent disponible allant en priorité aux projets qui fonctionnent. Il reste 3 machines chez Scholastique et 1 chez Alemaque. Scholastique les utilise occasionnellement et dans ce cadre, continue à former une jeune fille de 16 ans.
8. MOULIN A GRAINS
Le projet est différé pour l’instant mais Patrick et Bernard ont collecté quelques renseignements. La marquee LION recommandée par Birgit est inconnue sur le marché local. Par contre, on peut trouver des moulins de fabrication chinoise livrés à Makamba à partir de la Tanzanie et permettant de moudre différent produits (sur la base de grilles ou filtres différents) pour un coût approximatif de 2.2OO euros.
9. DIVERS
a) A Bujumbura, logement au Centre Communautaire Protestant (près de l’ambassade de France) en ville. A Makamba, logement au Guest House. Déplacements : taxi pour 3OO.OOO FBu à partir de Bujumbura vers Makamba et retour etr rester à disposition pendant tout le séjour à Makamba en Assurant tous les trajets locaux.
b) Le GAP recommande de ne pas perdre de vue ses objectifs premiers au Burundi, à savoir la formation de jeunes femmes n’ayant pas pu bénéficier d’une scolarisation valable.
M.Cl. Lange-Dengis,
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