vendredi 23 septembre 2011

Le reboisement de Nando(Mali) -GAP

GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
N° 874 273 371
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique Jean-Marie LANGE: gap.belgique@skynet.be ;
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires.
L'association de formation des cadres GAP est une asbl spécialisée en management associatif et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap-belgique.blogspot.com;
DEXIA banque : 068-2426901-85 ; IBANBE89 0682 4269 0185
21.09.2011
GAP – Phase II du projet « Reboisement du village et de l’école de NANDO (MALI) »
Rappel de la première phase : après avoir repéré dans une revue d’agroforesterie un des 12 arbres les plus prometteurs pour l’Afrique verte de demain le MORINGA OLEIFERA et avoir mis sur pied notre méthodologie participative en donnant à chaque élève, deux plants d’arbre en les invitant à demander à leur parents la permission de les arroser dans la concession ou aux alentours de l’école, nous comptons l’année suivante après les récompenses octroyées aux élèves pour les arbres ayant survécu , diversifier le projet en plantant d’autres arbres ou arbustes de rapport :
· 200 baobabs pour les fibres de l’écorce, les feuilles et les fruits et l’action anti-paludisme.
· 200 anacardiers ou pomme cajou pur l’exportation de ces fruits prisés en Europe.
· 400 manguiers bien adaptés à la région pour les marchés locaux.
· 200 karité(sapotacées) pour la fabrication du beurre de karité, l’ombrage et vertu médicinale.
Description générale
Quels sont les projets ciblés du GAP pour « Une forêt de Moringa pour Nando 2012» :
- Créer un microclimat ombragé pour cette rocaille du village et la plaine de l’école.
- Apporter par les fruits des arbres des vitamines à la croissance des élèves.
- Conscientiser au travail en équipe, à la solidarité et à la coopération.
- Valoriser les jeunes filles en leur octroyant les karités pour une mini-entreprise future.
Reboisement autour de l’école et du village de NANDO(Mali) – GAP 2012
KARITE, Butyrospermum Parkii ou Vitellaria paradoxa
Le karité est un arbre qui se développe très lentement et donne sa première récolte de fruits au bout de 15 à 20 ans. Au Mali, souvent lors d’une mise en culture, les arbres adultes sont toujours préservés.
e fruit mûrit durant la saison de soudure annuelle où les disponibilités alimentaires sont au plus bas. Il est riche en vitamine et en minéraux et contient aussi des protéines. A l’intérieur du fruit, le noyau contient un composé de matières grasses comestibles connu sous le nom de beurre de karité. Plus de 99% des exportations de noix de karité sont destinées à l’industrie alimentaire. Le beurre de karité est utilisé comme équivalent du beurre de cacao (CBE/CBI) ou dans la production de margarines, il est également un cosmétique naturel des plus raffinés. Son huile contient des antioxydants (vitamine E) et des catéchines (stimulant comme dans le thé vert), elle peut réduire les inflammations, protéger des ultraviolets (UV), elle contient aussi du lupéol qui prévient les effets de vieillissement de la peau en inhibant les enzymes qui dégradent les protéines de la peau, elle réduit le mauvais cholestérol chez l’homme.
Le projet du GAP est dans l’autonomisation et le développement économique de petits groupes dans la perspective des droits de l’homme, donc, dans ce milieu en donnant aux femmes des chances d’émancipation sociale. Nous proposerons aux jeunes filles de l’école de planter ces arbres au pourtour de l’école et d’y graver leur nom lorsque l’écorce le supportera mais surtout de s’unir en future coopérative de femmes. Imaginons que 20 jeunes filles de ce village de Nando (indépendamment de leur vie maritale) prennent soin de ces 200 karités, 15 ans après elles pourront engrangé les premières récoltes, ne pas les vendre mais transformer elles-mêmes la matière première en produits finis de plus grande valeur, en extrayant elles-mêmes le beurre des noix de karité et en le commercialisant. En 2001, 1 kg de beurre de karité franco à bord, à Tema (Ghana) s’échange 1 dollar EU alors que 1 kg de noix de karité vaut 0,30 dollar EU, courte marge bénéficiaire mais si on travaille pour une qualité exceptionnelle avec certification ISO (par exemple les noix séchées au soleil, après étuvage pour empêcher la germination, sont supérieures à celles fumées au-dessus d’un feu qui les contamine en hydrocarbures), on créera un créneau de marché spécialisé.
Les intervenants du GAP n’existeront plus mais ce serait une joie de voir que ces petites graines (au propre comme au figuré) plantées en 2012 changeront l’avenir des ex-enfants en 2027-2030.

ANACARDIER, pommier cajou, Anacardium occidentale (Anacardiacées)
Arbuste ou petit arbre atteignant 6-12 m (- de 15 m) de haut, à feuillage dense, persistant, vert foncé (rouge ou vert pâle à l’état juvénile), tronc court et tortueux. Le fruit est une akène réniforme gris (noix de cajou) de 1 à 2 cm de long, dur, suspendu sous un pédoncule charnu et juteux, jaune ou rouge en forme de poivron, de 5-7 cm de long (pomme cajou).
Floraison : en seconde moitié de saison sèche. Fructification : en fin de saison sèche. Habitat : espèce cultivée en savanes soudanaises à guinéennes sur sols profonds et légers, sur éboulis ou graviers.
Intérêt agronomique : fournit de l’ombrage en saison sèche. Utilisé en reboisement car son système radiculaire très puissant le rend efficace contre l’érosion des sols.

BAOBAB, Adansonia digitata (Bombacées)
Arbre à port caractéristique dû au tronc énorme, atteignant 7 m de diamètre et souvent creux, aux branches robustes et étalées. Le tronc est souvent déformé par l’écorçage en bandes d’environ 2 m de haut.
Floraison : En fin de saison sèche ou juste avant les premières pluies, souvent avant l’apparition des premières feuilles.
Fructification : capsule indéhiscente ressemblant à une cabosse ligneuse (pain de singe) ovoïde, pubescente, vert bronze à brun, 30 x 10 cm environ. Graines noires noyées dans une pulpe farineuse blanche mêlée de fibres rougeâtres.
Habitat : Zones sahélo-soudaniennes.
Intérêts : paludisme, carie, lumbago, dysenterie ; sève : carie dentaire ; écorce : plaies ; feuilles : condiment ; racines : teinture rouge.

MORINGA oleifera (Moringacées)
Arbuste ou petit arbre de 4-5 (- de 8) m de haut, très souvent bas branchu, feuilles tripennées.
Floraison : presque toute l’année, suivant la période d’émondage.
Habitat : Afrique tropicale, très résistant à la sécheresse. Préfère les sols drainés.
Intérêts : toute la plante a des propriétés bactéricides ; condiment à la saveur du cresson ; huile fine comestible. (cf. dépliant GAP 2011)

MANGUIER, Mangifera indica (Anacardiacées)
Arbre au feuillage persistant de 30 m de hauteur (par fois 30 m de largeur (donc planter à 10 m d’écart), très grande longévité (100 ans). Floraison à partir de 10 ans en saison sèche. Les fruits sont de taille variable mais peuvent atteindre de 6 à 25 cm de long. La peau et le pétiole contiennent des oléorésines pouvant causer des dermatites allergiques (éplucher le fruit en enlevant également 5 mn de chair environ).
Floraison : en saison sèche après une pluie de courte durée « la pluie des mangues », t° : pas en dessous de 15°C. Une bonne isolation est nécessaire pour les fruits. Sol sablo-limoneux et bien drainés.
Habitat : Asie du Sud, Afrique tropicale.
Intérêts : feuillage persistant donc ombrage et fruits.

lundi 19 septembre 2011

Brève du GAP

Les politiciens sont en majorité hypocrites sur le plan international. Face à la récurrence des famines tous les 3 ans au tiers-monde, ils disent qu'ils ne savaient pas ! Pour une démocratie honnête, il faudrait les virer quelle que soit leur particratie. Et n'élire des représentants que pour des mandats limités à par exemple 3 ans. JM

Brève

Les échecs scolaires n'arrivent pas lorsque les enseignants travaillent avec des groupes-classes de 20 à 30 apprenants. Ils donnent alors le meilleurs d'eux-mêmes : le savoir-faire et le savoir-être. Lorsque les effectifs par classe en Haute Ecole sont trop importants (78 étudiants par enseignant par exemple), alors ils mofflent ou s'enfuient dégoutés de ce mamagement à l'économie et non pour l'intérêt des apprenants comme devrait être un service public. JM

Brève du GAP

Les politiciens qui nous dirigent sont en majorité des hyppocrites sur le plan international, face à la réccurence des famines tous les 3 ans dans le tiers-monde, ils disent qu'ils ne savaient pas. Il faudrait les virer quelle que soit leur particratie pour incompétence depuis 450 jours et limiter - pour une démocratie honnête - les mandats à 3 ans une seule fois dans leur vie. JM

mercredi 27 juillet 2011

CAPI n°35 Nous sommes tous contre le faschisme

CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle
GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique Jean-Marie LANGE: gap.belgique@skynet.be ;
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires.
L'association de formation des cadres GAP est une asbl spécialisée en management associatif et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde. Hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali. Aujourd'hui, c'est l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi. Demain ce sera le soutien à des écoles fondamentales au pays DOGON (Mali). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
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CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle -
SOMMAIRE des précédents articles de cette revue bimensuelle de réflexions pédagogiques du GAP
N°1 – Janv-Fév. 2006 : Qu'est ce que le GAP ?
N°2 – Mars-Avril 06: Le cahier des offres de formation du GAP.
N°3 - Mai-Juin 06 : La colère des enseignants (gestion des conflits – opus 1)
N°4 – Juill.-août 06 : La pensée rationnelle (gestion des conflits – opus 2)
N°5 – Sept.-Oct.06 : Totem et tabou
N°6 – Nov. Déc. 06 : Jalousie et fonctionnement à la croyance (Médiation couple – opus 1)
N°7 – Janv.Fév. 07 : L'Avant-projet pédagogique BURUNDI
N°8 – Mars-Avril 07 : La Dynamique des Groupes, l'organisation sociale et l'homme de la singularité.
N°9 – Mai-Juin 07 : Histoire de vie en groupe et aide sociale (Proposition au Congrès international des professionnels francophones de l'intervention). Pédagogie du projet.
N°10 – Juillet-Août 07 : Rapport d'activité "Enfants de Kayoba" première phase "Voyage d'études et de faisabilité 2007"
N°11 – Sept.Oct.07 : Le chaman et le formateur
N°12 – Nov.Dec. 07 – L'identité personnelle, une insertion sociale ?
N°13 – Janv.Fév.08 – La genèse des alchimistes pour l'éducation à une spiritualité laïque
N°14 – Mars-avril 08 - Le travail des intervenants sociaux (1) : Pour une insertion sociale et multiculturelle citoyenne.
N°15 – Mai-Juin 08 – Le travail des intervenants sociaux (2) : Emploi, travail et méthodes d'intervention.
N°16 – Juillet-Août 08 – Le travail des intervenants sociaux (3) : Fantasme de toute puissance, démocratie ou génocide.
N°17 – Sept. Oct. 08 : La souffrance du désir et le détachement
N°18 – Nov. Déc.08 : Le stress et les consciences
N°19 – Janv-Fev 09 : Le triangle rouge de la lutte contre tous les racismes
N°20 – Mars-Avril 09 : La psychologie des émotions.
N°21- Mai-juin 09 : La raison sensible (combattre les fidèles au nom des infidèles).
N°22 – Juill-Août 09 : Le néant et l'être affamé
N°23 – Sept-Oct 09 : Multiculturalisme et autoformation
N°24 – Nov.-Dec.09 : Les Etats Modifiés de Conscience (extase, possession, hypnose et zen)
N°25 –Janv-Fev 2010 La matière, le vide, la nature, l'éducation
N°26 – Mars-Avril 2010 L'intelligence des femmes
N°27 - Mai-Juin 2010 L’imaginaire, le symbolique et la réalité sociale
N°28 – Juil-août10 : Pour une introduction à l’anthropologie culturelle et sociale
N°29 – Sept-oct10 : Le combat perpétuel de la démocratie participative
N°30 – Nov-dec10 : Les sans-papiers
N°31 – Janv-Fév 11 : le couple et l’institution du mariage (Médiation couple - opus 2)
N°32 – Mars –avril 11 : La psychologie systémique et le chamanisme
N°33 – Mai-juin 11 : Vers une éthique sociale contre les barbaries
N°34- Juil-août 11 : La sexualité, l’éthique et le pouvoir
N°35 – Sept-oct 11 : La Noosphère : attachement et détachement


CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle N°35 Sept-oct 2011

La NOOSPHERE : L’attachement et le détachement psychologiques de SCHOPENHAUER Arthur[1]
« Nous ne voyons pas le réel mais les représentations que nous en avons. »(EPICTETE)
« Sois à toi-même ton propre flambeau. »(BOUDDHA)
« Les causes qui viennent de nous contribuent plus au bonheur que celles qui viennent des choses. » METRODOTE premier élève d’EPICURE
« Plus l’esprit connaît de choses, mieux il comprend et ses propres forces, et l’ordre de la Nature : or, mieux il comprend ses propres forces, plus il lui est facile de se diriger et de se proposer des règles ; et mieux il comprend l’ordre de la Nature, plus il lui est facile de se garder des inutilités. »[2]
Pour Arthur, la force physiologique privilégiée est celle de la réflexion intellectuelle. Nous prenons appui sur nos deux jambes pour assurer notre stabilité de bipède. Nous pourrions dire qu’une d’entre elles est la colonne Boaz, la force et l’autre (que nous retrouvons dans son œuvre principale « Le monde comme volonté et comme représentation »), la colonne Jakin, la volonté. La volonté de vivre commence avec celle de naître et de se développer, regardons des nouveau-nés, certains ont un bon tonus musculaire et d’autres sont un peu « flasques ». Le problème de notre langue, c’est que les mots peuvent être polysémantiques. Je pense que, dans l’esprit d’Arthur, il s’agit bien de l’énergie vitale et non d’une illusion de notre persona (personnalité inventée) qui peut donc parfois glisser vers l’énergie sexuelle et l’impossible satisfaction du désir. Pour reprendre ce point essentiel, nous avons la matière physique dont chez l’homme la force intellectuelle est la spécificité et l’énergie ou volonté. A l’orée de l’automne, la feuille jaunie tremble car elle sait qu’elle va mourir ; pourtant, elle n’est qu’une forme de la matière et au printemps, l’arbre reverdira.


Nous sommes des êtres capables de langage, de réflexion et d’imagination, nous pouvons être créatifs, inventer l’impensé mais aussi anticiper notre inéluctable disparition, l’angoisse de mort ; nous ne pourrons donc qu’être subjectifs même si nous voulons atteindre l’objectivité scientifique. Suis-je mal dans ma vie ou suis-je avec des moments de bien-être, voilà bien une question de représentation.
Le prisonnier seul dans sa cellule (Le mur de Sartre) peut se créer des instants de bonheur tout comme le millionnaire dépressif peut lui en être incapable. L’argent, le sexe et le pouvoir peuvent être des outils de griserie mais deviennent à terme des leurres. De Fidel Castro à Silvio Berlusconi, de Murdock à Bill Gates, cela fatigue mais pourtant cela attache, comme une tâche indélébile ; les leaders ne veulent pas céder le pouvoir et on enterre les millionnaires en bouchant les espaces de leur cercueil avec des billets de cent dollars car ils sont tous, comme la feuille et nous, éphémères.
Qu’est-ce qui se passe en nous ? Notre sensibilité, notre volonté et nos pensées sont déterminantes sur nos vies malgré les influences externes sociales. Nous sommes des êtres grégaires; nous avons bien sûr besoin du regard des autres pour exister, être reconnus mais après ? Selon la typologie de MASLOW, cette reconnaissance minimale sociale est une condition nécessaire mais non suffisante, le stade de développement suivant est de se réaliser comme l’artiste qui n’est plus sensible à la critique mais qui fait confiance à son intuition, sa sensibilité. Un philosophe social de notre époque, Cornélius CASTORIADIS, parle lui de la sublimation des instincts par les artistes et ceux qui ont découvert l’éducation permanente. « Connais-toi toi-même » nous invite SOCRATE.
Toute conscience profonde est composée de deux moitiés : le sujet et l’objet. Chacun est collé dans sa conscience comme dans sa peau avec une moitié objective et l’autre subjective. Par exemple, deux personnes placées dans un milieu similaire peuvent vivre celui-ci de façon très différente.
Tout ce qui existe pour l’homme n’existe que dans sa conscience, le milieu extérieur a bien sûr du poids mais comme le pendule de Foucault, dans l’oscillation entre l’inné et l’acquis. Le verre de vin peut être à moitié plein ou à moitié vide, ce sont des images réfléchies, tout vient de l’orientation du penseur.
L’individualité et le bonheur de l’homme ne dépendent donc pas de sa fortune mais de ses forces intellectuelles qui fondent son aptitude aux jouissances. L’instruction peut être une aide mais la possibilité de jouissance est surtout dans l’esprit autonome. Pour quelqu’un de riche ou de puissant mais frustre d’esprit (Kadhafi, Bush, Chavez, Bart de Wever,…), le bien-être humain ordinaire, à demi-animal, est possible par les jouissances sensuelles mais limités par les frustrations. Alors que le monde croit que le bonheur est ce que nous avons ou ce que nous représentons, Arthur nous dit que notre bien-être dépend de ce que nous sommes, de notre individualité provisoire. Une bonne santé, un tempérament calme, une raison lucide et vive, une volonté tenace et douce feront ce qu’un homme est en soi-même, ce que nul ne saurait lui donner ou lui prendre.
Ce que l’on est contribue plus au bien-être que ce que l’on possède. La condition première pour une vie agréable est donc notre personnalité, entendue dans le sens de ce que nous sommes et non ce que nous imaginons être. Bien sûr, nous allons nous altérer physiquement avec le temps qui file, notre carcasse n’est guère une valeur durable et nos qualités physiques et intellectuelles déclineront, seul notre caractère moral demeure inaccessible à l’empreinte du temps et peut agir sa micro-influence sur notre communauté humaine. « Ce que la vertu a uni, la mort ne peut le séparer. » « Tu ne peux t’échapper à toi-même. Aucun temps, aucune puissance ne brise la forme empreinte qui se développe dans le cours de la vie. » disait GOETHE.
La souffrance et l’ennui sont les deux ennemis du bonheur humain et notre vie oscille souvent entre les deux maux. En effet, le besoin et la privation engendrent la souffrance tout comme l’aise et l’abondance font naître l’ennui. Entre ces pôles dialectiques antagonistes, nous pouvons trouver le juste milieu de la richesse intérieure de l’esprit (une spiritualité laïque et non un délire métaphysique). L’activité incessante des pensées et des méditations place l’esprit hors de portée de l’ennui et développe une sensibilité plus vive, une impétuosité de la volonté et des réalisations. Toutefois, les réalisations peuvent conduire à l’échec et à la douleur morale si le sujet s’attache à son projet et qu’il se retrouve face à un quelconque obstacle.
Schopenhauer[3] est un des premiers lecteurs de la philosophie bouddhiste : il faut agir bien sûr selon notre personnalité mais ne pas nous attacher aux fruits de nos actions, c’est ce que l’on appellera le lâcher-prise.
« La mort nous enlève jusqu’aux amis et parents. C’est à ce moment, plus que jamais, qu’il est important de savoir ce que l’on possède par soi-même. Il n’y a que cela, en effet, qui résistera le plus longtemps. A tout âge, sans distinction, cela est et demeure la source véritable du bonheur, la seule permanence. Car il n’y a pas beaucoup à gagner dans ce monde : la misère et la douleur le remplissent, ceux qui leur ont échappé, l’ennui les guette de tous les coins ; c’est d’ordinaire la perversité qui y gouverne, la sottise qui y parle haut. Le destin est cruel, les hommes pitoyables. »[4]
En bref résumé, pour le concept de force, Schopenhauer distingue trois forces physiologiques fondamentales :
La puissance reproductive du serpent : manger, boire, digérer, copuler et dormir.
La puissance compétitive du mammifère : la lutte, les parades sexuelles, les voyages, les jeux athlétiques, la chasse, les combats, la guerre.
La puissance de la sensibilité : contempler, ressentir, penser, étudier, lire, méditer, créer et philosopher.
Le premier rang selon le sage est celui qui nous distingue des autres espèces animales. Donc sans nier les deux premières forces, reconnaissons que la sensibilité propre à l’homme comprend nos forces intellectuelles que nous pouvons alimenter par la puissance de la connaissance. « Le repos sans l’étude est une sorte de mort mettant l’homme au tombeau tout vivant. »(SENEQUE)
Un autre handicap de l’homme est de travailler le tiers de son temps pour le seul profit de quelques-uns. On devrait tous être comme les élus belges payés plus de 404 jours pour ne rien faire (en principe chargés de constituer un gouvernement après leur élection) car il faut à l’homme du loisir pour se perfectionner, développer son esprit critique, interroger ses dogmes et autres certitudes, donc pouvoir jouir de ses richesses intérieures. Mon commentaire personnel est que je verrai bien nos peuples comme la famille royale ou les indiens Yanomami du Brésil vivre sans travailler en percevant tous une allocation de vie décente et uniquement ceux qui le veulent travaillent. Je suis sûr que même avec cette utopie activée, je retravaillerais mes 40 ans dans l’enseignement car cela fut un plaisir et une œuvre et non un labeur. Arthur nous parle également d’EPICURE qui divise les besoins en trois classes :
· Les besoins naturels et nécessaires bref facile à satisfaire (on retrouve le cerveau reptilien de MacLean).
· Les besoins naturels non nécessaires plus difficiles comme la satisfaction à la fois sexuelle et affective.
· Les désirs de luxe, d’abondance, de faste et d’éclat (de strass dirions-nous aujourd’hui) qui sont sans fin et difficiles voire impossibles à satisfaire car il manquera toujours un objet ou une quantité convoitée. La richesse et la gloire sont comme l’eau de mer, dit Arthur, « plus on en boit, plus on devient assoiffé. »
Dans ce que l’on possède, Schopenhauer n’inclut pas les femmes car on est plutôt possédé par elles, dit-il. L’honneur féminin, selon les conventions de son époque, était que la fille ne s’était donnée à aucun homme avant son mari. L’opinion d’Arthur est bien sûr un peu obsolète, bien avant l’émancipation féminine de 1968 pourrions-nous ajouter. Il nous dit :
« Le sexe féminin réclame et attend absolument tout du sexe masculin, tout ce qu’il désire, tout ce qui lui est nécessaire. Le sexe masculin ne demande à l’autre, avant tout et directement qu’une seule chose (« cocher » ndlr). Il a donc fallu s’arranger, en sorte que le sexe masculin ne pût obtenir cette unique chose qu’à la condition de prendre soin du tout, et par-dessus le marché des enfants à naître.(…) A travers de telles exagérations, on attribue à l’honneur sexuel une valeur absolue alors que, plus que tout autre honneur, il n’en a qu’une relative. On peut même dire qu’il possède une valeur conventionnelle. »[5]
En tant que psychologue du XXI° siècle, je me dois d’apporter un commentaire subjectif : on sent très bien la misogynie d’Arthur (celle de FREUD était plus discrète) mais cela n’enlève rien à la qualité de ses pensées dégagées de la gangue des normes de son époque. Nous sommes tous des êtres humaines égaux en genre et en ethnie, ce chemin du respect de tous les humains quel qu’en soit le sexe fait son chemin dans l’intelligentsia européenne mais a encore un long parcours à effectuer à travers le monde, je pense notamment aux mutilations sexuelles en Afrique pour « couper » le plaisir aux femmes avec leur clitoris enlevé, une barbarie inqualifiable contre laquelle je pense, même en étant pacifiste, qu’une guerre serait justifiée (i.e. libérer de l’assujettissement dans la souffrance la moitié de l’humanité féminine) car la femme est un homme comme les autres, disait dernièrement un slogan de marketing.
Depuis plus de 2000 ans, déjà du temps des romains, on inculque aux femmes des normes de soumission , d’allégeance et de fidélité alors que le pater familias lui peut prendre des licences ? Il faut en finir avec cette hypocrisie millénaire. Lors de la Commune de 1871, Louise Michel disait avec le style pompeux de l’époque « Oh Hommes, vous seriez plus heureux si vos femmes l’étaient aussi ! »
Occupons-nous de nous-mêmes, c’est le meilleur service à rendre aux autres, disait ainsi Arthur en 1851 soit environ deux siècles après son prédécesseur Baruch SPINOZA (1632-1677) : « C’est lorsque chaque homme recherche le plus possible ce qui lui est utile, que les hommes s’avèrent les plus utiles les uns aux autres (cor.2) »[6] On peut le dire autrement, la pensée humaine est un continuum : Arthur avait lu Goethe, le poète allemand de son époque (qui influencera JUNG) mais il avait lu aussi le hollandais Benoît SPINOZA tout comme FREUD aura lu Schopenhauer ainsi que Groddeck pour établir les assises de sa théorie, la psychanalyse. Nous n’écrivons jamais à partir d’une page blanche mais influencés par nos penseurs anciens.
Pour revenir à la misogynie de Schopenhauer qui était la norme de son époque et aussi de la suivante puisque FREUD l’était aussi, il serait donc intéressant à partir d’ici d’exercer notre esprit critique, ce qui précède étant la représentation de sages anciens. En effet, le cerveau permet la pensée et la pensée peut déboucher sur une philosophie ouverte ou parfois se retrouver enfermée dans la gangue d’une idéologie. Il est important d’explorer le monde des idées avec une perspective critique résolument humaniste.
Aujourd’hui, les blagues sur les femmes bimbos blondes existent toujours bien après l’après-guerre (sois belle et tais-toi !) et nous ne pouvons accepter de cautionner des positions racistes. Je l’ai déjà beaucoup écrit mais cela vaut la peine de le redire, le principal racisme fut l’esclavage (pratiqué aussi précédemment en Afrique du Nord) puis les relations de domination des hommes vis-à-vis du genre féminin de la même espèce et de la même ethnie (notamment à travers des mutilations, les pieds des chinoises par exemple), soit une bêtise profonde où l’objectif est de casser, de dévaluer, de juger mais de ne jamais faire de propositions constructives pour l’égalité humaine.
Alors prenons nos distances avec le misogyne Arthur, pas seulement avec la pensée (qui n’est jamais qu’une capacité fonctionnelle) mais avec l’esprit critique en réaction à notre monde d’aujourd’hui. J’écoutais hier un reportage de FR3 « Faut pas rêver » où des jeunes filles kényanes vierges étaient tout à fait décidées à se prostituer avec un blanc quel que soit son âge car c’était pour elles un moyen d’obtenir de la richesse, donc du bonheur. Je déplore bien sûr ce raisonnement stupide qui va faire de ces gazelles les proies sexuelles de prédateurs mâles peu scrupuleux mais il y a bien pire que ces donzelles de 16 ans qui ont leur libre-arbitre : le bébé que l’on va charcuter en coupant son clitoris et en cousant les lèvres de sa vulve (infibulation) et qui n’a pas la possibilité de choix. On lui dira plus tard : « c’était la coutume », mais sa vie sexuelle aura été brisée par des matrones « coupeuses » et bêtes. Un crime contre l’humanité, contre l’HABEAS CORPUS diront les anglais : on ne peut pas mutiler le corps d’un autre d’autant plus s’il s’agit d’un bébé ou d’un enfant d’âge tendre.
Les idées peuvent constituer un terreau de révolte pour l’esprit critique du libre-examen OU BIEN devenir une idéologie structurée, une religion ou encore un discours politique ou encore simplement s’inscrire dans les normes de fonctionnement d’une ethnie qui ne conscientise pas son crime et sa cruauté contre l’humanité de ces fillettes.
Le premier qui a récupéré sa biographie pour en faire une apologie ou idéologie politique fut NAPOLEON mais depuis la mode est toujours là. Par exemple, pour un monde plus social, plus fraternel et convivial, on ne cherche plus les critères objectifs comme la sécurité sociale, l’éducation, l’épanouissement de tous les êtres par une allocation d’argent décente mais, au contraire, on masque ces critères sous un discours poujadiste qui n’a plus grand-chose à voir avec les décisions concrètes au service du peuple. Henri LABORIT l’a dit très justement lors de son passage à la célèbre émission RTBF « Noms de Dieux » : « Peut-être que l’homme est une impasse ! Non je ne pense pas qu’il soit une impasse ; il suffirait qu’il n’y ait plus d’hommes politiques. Mais oui ! Ce sont les grands sauriens, ils sont encore à l’époque secondaire, et tout le monde les croit ! Alors que ce sont des dinosaures. »[7] Rappelons pour mémoire que lors de la fête nationale belge du 21.07.2011, il y avait une Belgique sans gouvernement depuis 404 jours grâce à un parti séparatiste flamingant (la N-VA) qui paralysait la majorité et menaçait indirectement le pays de scission entre la Flandre et la Wallonie francophone en absorbant Bruxelles comme capitale alors qu’il n’y vit que 6% de flamands.
Nous avons tous des préjugés qui, lorsqu’ils sont appréhendés en groupe, s’appellent des stéréotypes cognitifs, des croyances pas nécessairement métaphysiques mais basées sur la pérennité d’un conformisme, d’une évidence non démontrée. Les sceptiques diront depuis DESCARTES qu’il faut douter de tout - et nous pouvons y ajouter - en faisant preuve de tolérance limitée vis-à-vis des êtres obtus.

Le conformisme cognitif est un imprinting culturel (comme Conrad LORENZ le démontre avec les oisillons prenant pour leur mère le premier animal à sang chaud qui passe), ce que nous appelons en psychologie sociale la normalisation. Par exemple, un lapin brun dans une collection de lapins blancs albinos est une erreur dans la norme du groupe, alors que c’est bien lui qui représente la normalité de son espèce. Nous ne sommes pas des oies et notre conditionnement est bien plus raffiné et asséné dans nos habitus : il y a la famille qui dit le bien et le mal, puis l’école et la culture et ensuite l’université et la profession.
Sans formation spécifique à l’esprit critique, nous ne sommes plus capables de voir autre chose que la force des tabous qui ont déterminé comme néfastes toutes les idées non conformes. J’admire le peintre namurois Félicien ROPS, au-delà de son œuvre, pour son courage d’avoir vécu toute sa vie avec deux sœurs, donc en marge car cela ne se fait pas chez nous. Nous sommes dans l’idéologie de la monogamie alors que la quasi-totalité du monde animal est polygame et notre conditionnement ethnocentriste nous fera percevoir ce genre de vie comme choquant alors que nous restons indifférents au fait que dans certains pays, plus de 90% des fillettes sont mutilées pour les couper de leur source de plaisir sexuel.
La normalisation se fait souvent de façon répressive ou intimidatrice (du genre « cela ne se fait pas ! »). Attention, cependant nous avons besoin de lois et de contraintes minimales pour vivre ensemble. Aujourd’hui, on vote en Belgique la loi contre le port du TCHADOR que j’applaudis non seulement parce que ce masque est un asservissement des femmes qui doivent être cachées mais pour les dérives que cela peut provoquer. Si la loi ne passait pas, je demanderais à changer la photographie de ma carte d’identité pour celle d’un individu cagoulé inidentifiable et ce serait alors aussi mon droit mais la liberté d’expression ou d’opinion s’arrête là où elle devient une menace pour d’autres (n’en déplaise à ces avocats prostitués qui se réclament des droits de l’homme pour faire échec à cette loi). Par exemple, je suis un terroriste taliban camouflé derrière l’accoutrement d’une femme avec tchador et gants noirs et je peux ainsi tuer avec mes bombes des milliers de civils occidentaux ? Il y a des limites à l’exploitation de la démocratie par les gens des Etats théocratiques qui envahissent nos campagnes et contestent cette loi antiterroriste même s’ils ont acquis la nationalité belge. Ils peuvent bien entendu porter ce camouflage mais alors retourner dans leurs pays d’origine avec les dogmes du djihad.
Je suis un radical d’une gauche non violente et si nous ne sommes pas fermes en tant que collectivité, nous risquons de voir se généraliser les comportements de fous d’extrême droite comme ce norvégien qui, après avoir posé une bombe à Oslo, a tué sur une île proche plus de septante jeunes gens d’un parti travailliste. Nous devons bien sûr aussi balayer devant notre porte et reconnaître dans le temps nos massacres religieux : les cathares, sorcières et autres hérétiques, puis le massacre des protestants et enfin des musulmans lors des croisades, guerres d’invasion au nom du Christ. Comment des hommes se revendiquant de Dieu ont-ils pu faire couler le sang de leurs semblables adorant le même Dieu mais sous un autre nom ?
L’espèce humaine est déroutante, capable de grandes choses mais aussi de tuer son frère de la même espèce, ce que les pires prédateurs ne font pas, et d’inventer des écoles de guerre où l’on apprend à obéir et à torturer ou tuer son semblable. Il n’y a aucune vérité absolue qui justifie la liquidation physique d’un seul homme ou d’une seule femme, par lapidation par exemple.
En « Dynamique des Groupes » (DG), il a été démontré que, si un leader permanent impose ses normes, il va focaliser l’attention de son groupe sur un ennemi extérieur qui deviendra en quelque sorte le bouc émissaire (que l’on peut appeler aussi bien le juif, le palestinien ou la tête de turc). Dès qu’il y a une doctrine normative, il y a une pression à la conformité et ceux qui contestent auront la tête tranchée.
Avec HERACLITE d’Ephèse, nous avons une autre manière de penser qui s’appelle la dialectique et qui consiste à se représenter un point de vue puis l’opinion opposée pour prendre en compte les deux pôles dans un compromis. Cela induit un relâchement de la pression normative et permet à des esprits autonomes de s’exprimer en toute liberté et aux déviances normatives de se structurer pour permettre peut-être un jour un changement social ?
Le pire ennemi de la pensée critique est le fanatisme religieux qui veut imposer ses dogmes ; son principe est enfantin : c’est moi qui possède la vérité et le reste du monde est dans l’erreur. Une culture porte en germe ce qui la ruinera. Le déterminisme mécaniste de notre époque ultralibérale (dite de mondialisation) s’autodétruira de ses propres contradictions peut-être avant que notre espèce ait détruit la terre par son exploitation provoquant le dérèglement climatique. Les blancs, tout particulièrement les américains jouent aux gendarmes du monde au nom de la démocratie (mais la moitié femme de l’humanité y compris en Occident-Atlantique n’a pas les mêmes droits que les hommes) ; ces dernières décennies, avec la CIA, ils ont envahi l’Irak, l’Afghanistan, le Nicaragua, l’île de la Grenade, le Panama, le Vietnam et ils donnent des leçons à l’économie grecque alors qu’eux-mêmes ne sont ni brillants gestionnaires ni aussi cultivés que les grecs.
Je dois pouvoir rencontrer un autre être humain à l’idéologie opposée à la mienne (notons que l’idéologie du changement est toujours une idéologie) sans l’agonir d’injures mais en acceptant de l’écouter et en étant capable de reformuler ses propos sans pour cela m’y soumettre. Notons toutefois qu’il n’y a pas de relation causale directe entre l’activité économique qui domine le monde avec ses conséquences sur les famines en Afrique et la finesse de l’intelligence. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu les présocratiques pour exploiter son semblable et affamer ses enfants.
« La connaissance autonome se développe contre la pression sociale, mais de façon sociologiquement conditionnée. La véritable création est individuelle, mais elle ne peut s’opérer que dans des conditions culturelles sinon permissives, du moins non prohibitives. Alors l’auteur, l’écrivain, le penseur sont ceux qui se servent de leur culture pour exprimer, découvrir, élaborer ce qu’il n’y avait pas dans leur culture, et qu’ils introduisent dans leur culture. »[8] Par exemple, en Europe, la majorité des gens sont incroyants et contrôlent les naissances dans leur famille en tolérant les religieux qui eux ne les tolèrent pas ; notre Roi constitutionnel Baudouin faisant partie de la secte du Renouveau charismatique a eu la lâcheté de ne pas abdiquer alors qu’il devait signer la loi sur l’IVG, il a inventé l’impossibilité de régner pour ce jour-là ; pour la même faute grave, un travailleur syndiqué aurait été remercié. Il en va de même aux Etats-Unis où tous ceux qui ne sont pas protestants sont mal vus.
Nous devons affirmer nos idées en les argumentant (et non en criant plus fort) mais toujours en pensant au doute cartésien. « Et si c’était l’autre qui avait raison ? Le vietnamien marxiste envahi qui lutte pour son indépendance d’esprit et de vie ? » pensaient peut-être certains GI’s pendant leur atroce invasion ; autrement dit, il faut se détacher de nos opinions et points de vue pour les analyser de façon critique également. Cela va entraîner un flux vers la positivité. Au lieu de chercher le défaut de la cuirasse chez mon détracteur (malhonnêteté jésuitique), si je recherche dans son discours les points positifs, je deviens plus fort, plus crédible en montrant mon écoute sincère capable de discerner le positif comme le négatif. En gestion des conflits par exemple, c’est en fait l’inviter implicitement à faire de même et chercher à comprendre mon point de vue plutôt que de m’insulter comme un chien qui aboie.

A partir de cette confrontation plus dialectique entre l’institué (les règles, le bétonné, la force brute) et l’instituant (le changement, la créativité, l’égalité), nous pouvons alors déboucher sur l’institutionnalisation (le compromis, l’accord, la création commune). Attention toutefois à ne pas encenser la connaissance scientifique qui peut recouvrir une techno-science d’asservissement. Einstein s’en est mordu les doigts). Je parle d’esprit critique et de dialectique et non d’une néo-vérité de notre époque qui, sous forme d’équation savante, semble neutre mais peut déboucher sur les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. HABERMAS, nous invite en toute chose à se poser la question du critère d’émancipation sociale ou non : est-ce que cette découverte scientifique est pour le bien de tous ou pour le profit des plus riches ? Par exemple, les OGM sont un bien pour le profit (le rendement) mais est-ce bien pour la biosphère ? pour la diversité génétique ? ou encore pour l’émancipation du petit paysan pauvre du sud qui achète des semences F1 c’est-à-dire non reproductibles pour la prochaine saison (il faut en racheter des nouvelles, d’où dépendance via Monsantos.
Nous devons combattre les vérités immuables, les superstitions et l’obscurantisme avec la Raison et la sensibilité affective vis-à-vis des injustices sociales de plus en plus cyniques ; par exemple, des camps de réfugiés flambants neufs ont été construits au Kenya pour les somaliens fuyant la famine par OXFAM et les autorités régionales ne veulent pas les ouvrir de peur de voir ces populations s’y installer définitivement ! C’est une question d’honneur et de coresponsabilité entre des hommes égaux mais comme je l’ai déjà dit, il ne suffit pas d’opposer notre utopie de citoyen du monde à l’idéologie dominante du profit, il faut aussi balayer devant notre porte interne en essayant de comprendre puis de domestiquer nos colères irrationnelles, soit un long et infini travail de perfectionnement pour nous faire émerger de la bête impulsive que nous sommes toujours au fond de nous. S’auto-questionner ? Bonjour ma colère d’où viens-tu ? pourquoi es-tu là ? pourquoi l’autre a-t-il pu actionner chez moi mon talon d’Achille représentant – pour moi – un tabou et comment se débarrasser de ce tabou sinon en décidant que je n’en veux plus, ce qui - CQFDd - demande un travail sur soi.
Armer de ces considérations sur l’autocritique, je reviens sur ma relecture du philosophe SCHOPENHAUER et en particulier son ostracisme envers les femmes (comme tous les hommes de Dieu cela dit). Et si au lieu de le qualifier par un quelconque jugement de valeur avec la bannière du féminisme, je m’interroge sur ce qu’il fuit en posant la question basique : est-ce que c’est l’autre humain différent en genre ou la sexualité en général qui le dérange ? Lorsqu’on analyse la forme de ses textes et le choix de certains termes comme « jouissance » (plutôt que plaisir) qui revient beaucoup en confrontant cela avec son portrait de la première page de ces réflexions, on peut dire que ses traits ne sont pas avenants et on pourrait aussi faire l’hypothèse que c’est de l’organisme qu’il se défie ? Il n’a pas le « profil » d’un joyeux drille profitant des plaisirs de l’existence. Dans la citation un peu longue que j’ai fait d’un de ces textes, il dit en substance que l’homme (ayant 5x plus de testostérone) veut obsessionnellement faire l’amour, la femme aussi mais avec d’autres profits en plus, et alors ? Si l’homme et la femme se ressemblaient, la vie serait d’un grand ennui ; par contre, grâce à une tolérance réciproque et une volonté de trouver ensemble des solutions à des fâcheries parfois stupides, nous créons la connivence, l’estime et le respect mutuel.
Le malentendu le plus sournois est dans la venue des enfants , comme si l’amour avait à choisir et non à englober.


Le processus complexe de l’attachement affectif bien décrit par Conrad Lorenz et développé par Boris CYRULNINK[9] (pédopsychiatre) nous explique cette loi de l’interdépendance où la femme moderne émancipée perd patience vis-à-vis de son compagnon qui aurait dû être un prince charmant et le congédie alors qu’un jour les oisillons quitteront le nid et la femelle dévouée se retrouvera alors toute seule, un peu nostalgique peut-être (pas toujours) d’avoir mis son mec à la porte.
Je me répète car je l’ai souvent écrit : ce sont les femmes qui choisissent leur homme et ce sont elles qui le quittent en désamour alors que l’homme n’a rien vu venir car elle sont plus entières, plus vraies, plus sensibles et donc également paradoxalement plus dépendantes de l’attachement, autrement dit ayant plus de travail à faire pour le détachement. Ce sera souvent lorsque les enfants commencent leur adolescence que la femme se déprend de son compagnon à qui elle a trop donné même si lui n’en demandait pas tant. Alors commence un parcours de la combattante qui a perdu le charme de ses vingt ans ; la beauté est un leurre qui a gangrené aussi notre esprit critique : pourquoi choisir un playboy bien désodorisé et qui fait de la musculation ou une nana qui mange des Kelloggs en robe rouge avec des lolos surdimensionnés ? Et non une autre âme qui complète la nôtre ?
Ne pourrions-nous pas envisager un compromis de vie qui respecte les différences et besoins de chacun, par exemple où l’on dépasserait cette norme que ce sont les hommes qui draguent et les femmes qui attendent tout en prenant des distances avec les scénarii répétitifs de vie quotidienne parfois lassants et qui agacent l’un comme l’autre des partenaires (là aussi avec les normes formatées en nous : pour caricaturiser les hommes adorent les poussières et les femmes la propreté) et à la place se voir tel qu’on est, se rencontrer pour se parler avec respect sans velléité de contrôler la vie de l’autre (petit exemple de détail : les hommes sont fiers de piser debout et certaines femmes les poussent à s’asseoir sur la cuvette puis les méprisent de leur abdication.)

Imaginons un autre programme que boulot-métro-TV-dodo, Monsieur invite Madame au restaurant avec des vins délicieux, le couple parle beaucoup (un effort particulier est demandé aux hommes) et ils vont faire l’amour pour se faire l’un l’autre « avoir bon », chacun sachant qu’il ne s’agit que d’une secousse animale agréable, nécessaire mais non suffisante, l’essentiel étant dans la communication entre les genres (le don des corps étant dans un plaisir partagé d’enfants et non une finalité détournée par les religieux). Cela sous-entend un détachement de nos formatages à l’eau de rose à propos des princes charmants (qui dans la réalité ont du bide et des rides) et des princesses qui défèquent comme toutes les autres entités animales. « Dans » et par le détachement de nos illusions, nous dépassons Wilhelm REICH ainsi que ce casse-couille d’Arthur pour réinventer un amour sans possession, la voie du milieu du Bouddha et de l’anarchiste PROUDHON qui ne pourrait plus dire « la propriété c’est le vol » car les humains seront autonomes et libres et gestionnaires de leur propre corps provisoire.
« Tant que nous n’aurons pas progressé dans ces relations, nous demeurerons dans l’ère des barbares (doctrines, idéologies, théories réductrices et mutilantes), qui est en même temps l’ère de la barbarie dans nos relations avec la noosphère (possession aveugle par l’idée) et l’ère de la préhistoire de l’esprit humain (sous-développement de ses potentialités complexes).(…)Le sous-développement n’est pas seulement celui des esprits voués aux illusions mythologiques, aux croyances superstitieuses, et aux grossièretés idéologiques. C’est aussi l’esprit de la techno-science hyperspécialisé, unidimensionnel et abstrait, voué aux théories réductrices et obéissant aux paradigmes mutilants ; l’abstraction colonise notre monde, et il est nécessaire de coloniser les abstractions qui nous colonisent. »[10]
Je réfléchis ici pour ma propre société occidentale-Atlantique mais je sais que si mes amis africains choisissaient aussi le risque de l’émancipation de leurs femmes (avec une instruction similaire aux hommes, non mutilées dans leur chair et non contraintes par des normes d’habillement), ils y gagneraient en complicité d’égaux en pouvant ainsi échanger avec les humains de l’autre genre de façon plus joyeuse et rieuse car elles seraient alors leurs amies et non leurs propriétés.
Jean-Marie LANGE, formateur GAP, 31.07.2011



[1] Sources : SCHOPENHAUER A., Le monde comme volonté et comme représentation, Paris, PUF, 2003.
SCHOPENHAUER A., Le Fondement de la morale, Paris, Livre de Poche, 2007.
SCHOPENHAUER A., La philosophie universitaire, Paris, Mille et une nuits, 2006.
SCHOPENHAUER A., Parerga & Paralipomena, Petits écrits philosophiques, Paris, Coda, 2010.
SCHOPENHAUER A. Schopenhauer dans tous ses états. Une anthologie inédite par RAYMOND D. et PAJAK F., Paris, Gallimard, 2009.
[2] SPINOZA Benoît, Traité de l’amendement intellectuel, Paris, Allia, 2009, p.63.
[3] Notons qu’ à l’instar de Jean-Jacques ROUSSEAU qui a écrit « L’Emile » (magnifique éloge de la pédagogie) et a placé ses enfants à l’assistance publique, Schopenhauer est un philosophe qui aide à vivre mais qui fut un misogyne hors pair : par exemple au restaurant, il mangeait seul et réservait la place lui faisant face pour qu’elle reste vide, de peur qu’une femme lui propose sa compagnie.
[4] Schopenhauer, Parerga &, ibid., p. 269.
[5] Schopenhauer, Parerga &, ibid., p.296-297.
[6] Spinoza Benoît, L’éthique, Monaco, Du Rocher, 11974, p.240.
[7] LABORIT Henri, Comme l’eau qui jaillit, Liège, Noms de Dieux, 2000, Alice, p.74.
[8] MORIN Edgar, La méthode tome IV, Les idées, Paris, Le Seuil, 1991, p.48.
[9] CYRULNIK B., Les nourritures affectives, Paris, Odile Jacob, 2.000.
CYRULNIK B. Sous le signe du lien, Paris, Hachette,2003.
CYRULNIK B. L'ensorcellement du monde, Paris, Odile JACOB, 2001.
CYRULNIK B. Un merveilleux malheur, Paris, Odile JACOB, 2002.
CYRULNIK B. Parler d'amour au bord du gouffre, Paris, Odile JACOB,2004.
CYRULNIK B., Les vilains petits canards, Paris, Odile JACOB, 2004.
CYRULNIK B., De chair et d'âme, Odile JACOB, 2006.
CYRULNIK B., La naissance du sens, Paris, Hachette, 2006.
CYRULNIK Boris, Autobiographie d'un épouvantail, Paris, Odile JACOB, 2008.
CYRULNIK B., Je me souviens, Paris, L'Esprit du temps, 2009.


[10] Morin E., Les idées, ibid., p.246.

mardi 19 juillet 2011

Les relations Nord-Sud et les famines

Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale

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Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com. Coordination pédagogique Jean-Marie LANGE: gap.belgique@skynet.be ;Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires. L'association de formation des cadres GAP est une asbl spécialisée en management associatif et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique. Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap-belgique.blogspot.com; DEXIA banque : 068-2426901-85 ; IBANBE89 0682 4269 0185. Avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin : attestation fiscale à partir de 40 € à verser sur le compte BE 10.0000.0000.0404 – BIC : BPOTBEB1 avec la mention 128/2425/00028 qui correspond à l’identification du projet GAP 2012.

Les relations NORD-SUD et la mainmise économique des Occidentaux-Atlantique sur le SUD

« (Que faire) pour enrayer l’épouvantable génocide entrepris dès janvier 2003 par le dictateur du Soudan, le général Omar Bachir, dans les massifs montagneux et les savanes du Darfour. Les hommes, femmes et enfants Massalit, Four, et Zaghawa tombent par milliers sous les bombardements des avions Antonov et les coups de lance des milices équestres arabes, les Janjaweeds. Tels les cavaliers de l’Apocalypse, ces tueurs s’abattent sur les villages africains, violant, mutilant, égorgeant femmes et jeunes filles, jetant les enfants vivants dans les brasiers des cases en feu, égorgeant les hommes, adolescents et vieillards. Les Janjaweeds tuent sur ordre des généraux au pouvoir à Khartoum, eux-mêmes téléguidés par les « penseurs » du Front islamique du salut. Nous étions le mardi 20 mars 2007. »[1] Et que font les casques bleus des forces internationales des Nations Unies depuis leur inertie au Congo en 1960 ou au Rwanda en 1994 ? C’est vrai, la Russie a un droit de veto à l’ONU ; c’est pourquoi, on massacre sans réaction en Syrie alors que l’Otan intervient en Lybie ?

Le capitalisme s’est transformé en ultralibéralisme mondial (globalisation) de plus en plus inhumain. Les structures industrielles sont devenues des projections spéculatives informelles. La faim augmente dans les pays de sécheresse d’Afrique et les statistiques disent que nous sommes 6,5 milliards d’humains mais que nous pourrions en nourrir sans problème 12 milliards avec une ration convenable de 2700 calories/Hj. Mais alors, il faut arrêter les cultures massives de soja au Mato Grosso (Brésil) pour l’alimentation animale ou le bioéthanol et arrêter le scandale de Monsanto et de ses semences OGM non reproductibles par les paysans pauvres ?

« La misère est le terreau du terrorisme groupusculaire, l’humiliation, la misère, l’angoisse du lendemain favorisant grandement l’action des kamikazes. Une fraction des sommes investies dans la « guerre mondiale contre le terrorisme » suffirait d’ailleurs pour éradiquer les pires fléaux qui affligent les populations laissées pour compte sur la planète. Dans son rapport annuel de 2006, le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) estime ainsi qu’une dépense annuelle de 85 milliards de dollars sur une période de dix ans permettrait de garantir à tout être humain l’accès à l’éducation de base, aux soins de santé de base, à une nourriture adéquate, à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires, ainsi que pour les femmes, l’accès aux soins de gynécologie et d’obstétrique. »[2]

En 2001, le secrétaire général de l’ONU, KOFI ANNAM et Mary ROBINSON, haut commissaire aux droits de l’homme convoquent du 28 août au 2 septembre en Afrique du sud, la conférence de DURBAN contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée. Rappelons le lien symbolique de Nelson MANDELA qui en 1994 met fin à la politique raciste de l’APARTHEID : le vieux lion avait lancé le slogan « SEKUNJALO ! » (le moment est venu). Or, DURBAN fut une méga catastrophe[3] car tant la partie de conférence des mouvements sociaux que celle des Chefs d’Etat se retournèrent en leur contraire. Rappelons qu’il n’y a qu’une seule race humaine Homo Sapiens Sapiens (et des ethnies) avec des qualités et des défauts et qu’historiquement, il a fallu des décennies avant que la haine du nazisme ne s’estompe dans l’Occident. L’erreur de cette conférence était de penser que seuls les blancs pouvaient être racistes alors que les nord-africains le sont depuis bien plus longtemps et ont inventé l’esclavage. Ils sont toujours aujourd’hui dans la haine et ont besoin d’un bouc émissaire (car ils n’étaient pas capables de penser, au-delà du commerce d’ébène, à s’implanter en Afrique noire dans un autre type d’activité économique).

La finalité de cette volonté de changement humaniste contre les racismes se mua en son contraire : la haine des occidentaux (boucs-émissaires). A DURBAN, l’émotionnel de l’institution imaginaire de la société (CASTORIADIS) fusa dans la haine du matin au soir avec de part et d’autre insultes et reproches. Les représentants des EU quittèrent DURBAN au bout de 48 h. Les délégués des autres pays quittaient la salle en claquant la porte, dans une ambiance d’hystérie collective, revenaient, vociféraient et repartaient. Haïti notamment exigeait de la France le remboursement de 150 millions de francs-or, c’était avant le cataclysme du tremblement de terre et l’aide si mal structurée de la part des américains. MANDELA joua les médiateurs pour empêcher les délégués européens de partir, en vain, un vrai gâchis de débordement de haine car les séances n’étaient pas animées ni structurées de façon rationnelle (avec ordre du jour et animateurs professionnels, coupeurs de micro au besoin). Caroline FOUREST témoigne : « Je suis arrivée en rêvant d’y trouver des forces progressistes qui permettraient de construire un monde plus juste au XXI° siècle. Et je suis tombée nez à nez avec des fanatiques voulant nous ramener au Moyen Age. Plus exactement aux années trente (…). Le forum des ONG de DURBAN s’est révélé être un vrai foyer d’agitation antisémite et pro-islamiste. »[4] Il y avait, dit-elle, quatre forces en présence : la CIA de George BUSH, les intégristes de Ben Laden, la gauche altermondialiste et tiers-mondiste et les militants des droits de l’homme. Derrière BUSH, l’ultralibéralisme avec la droite religieuse américaine et les industriels du pétrole et derrière feu Ben Laden les islamistes fanatiques qui ne s’inquiètent nullement des déshérités qu’ils font souffrir au Moyen-Orient.

« Les mouvements islamistes font-ils rêver les peuples ? Evidemment non. Qu’ont-ils à proposer ? La charia, les mains coupées des voleurs, la lapidation des épouses soupçonnées d’adultère, la réduction des femmes au statut d’êtres infrahumains, le refus de la démocratie, la régression intellectuelle, sociale, spirituelle la plus abominable. »[5]

Les mouvements progressistes eux aussi étaient en guerre larvée, les uns soutenant les droits de l’homme et l’option des démocraties laïques, les autres, les tiers-mondistes plus communistes « attardés » compréhensifs de l’intégrisme. Caroline et son groupe prenaient mille précautions pour distinguer ISLAM religion et ISLAMISME (intégrisme) comme ils l’avaient fait auparavant pour le christianisme et sa tentation intégriste sectaire. Rien n’y a fait, on leur a collé l’étiquette « islamophobie » par la grâce du prédicateur à la langue fourchue Tariq RAMADAN qui propose de remplacer les droits de l’homme par les droits de l’islam pour tous, donc une incompatibilité avec les non-croyants majoritaires d’Occident.

FOUREST est soutenue également par l’essai de Pascal BRUCKNER[6] qui démonte le manichéisme de certains tiers-mondistes qui rend l’Occident coupable de tout (y compris des attentats sanglants commis en Europe par les islamistes). Les populations colonisées utilisaient l’esclavage bien avant l’homme blanc (les Bella des Touaregs), étaient et sont toujours englués dans l’obscurantisme (archaïsme, tribalisme, népotisme, sexisme, fanatisme, tortures, mutilations sexuelles,…) à qui l’on pardonne tout. Le coupable n’est pas non plus l’Occident mais les spéculateurs ultralibéraux qui font des profits monstrueux. Après la crise des banques remboursées par l’épargne des petites gens, l’Europe ne va pas beaucoup mieux que l’Afrique et la Grèce est à la veille d’une insurrection (comme les révolutions du monde arabe).

La gauche instituée de centre droite est molle, et pour ne pas les froisser, dit oui à toutes les propositions des migrants qui colonisent nos structures et font des règlements pour les musulmans et non pour tous. Or tous les hommes sont en principe égaux devant la loi ? Il existe encore une autre gauche qui perçoit l’islamisme comme un danger totalitaire, une intrusion offensive contre nos valeurs les plus sacrées : les droits de l’homme et de la femme, les libertés, la laïcité, la démocratie, etc.,…et appelle donc à l’esprit de résistance non-violent. Bien sûr, on peut être à la fois antifasciste (anti-islamique) et anticolonialiste, il est même conseillé d’être les deux et de développer en Afrique des projets pour l’autonomie villageoise. Mais nous n’avons rien à faire d’être pro-israéliens ou pro-palestiniens, ni pour Sahal ni pour le Hamas. Pacifistes, nous voulons la paix dans le monde, donc la reconcentration des luttes contre les capitalismes, y compris des dictateurs africains qui s’enrichissent de l’aide internationale au lieu de la redistribuer aux « nécessiteux ».

Le cœur de ce nouveau combat est la haine rétrospective (l’ennemi ou bouc émissaire). Dans notre pays, la Belgique, l’ethnie flamande déteste les wallons francophones parce que sa bourgeoisie parlait français. De même, nos parents détestaient les allemands parce qu’ils avaient souffert de l’occupation des nazis et de leurs camps d’extermination des juifs, des handicapés, des francs-maçons, des communistes,…Pourtant, à présent, nous sommes en paix avec les allemands car les fils ne sont pas responsables des crimes de leurs pères. Et il semblerait que ce phénomène de pardon ne fonctionne pas en Afrique, là où le marasme économique a besoin de boucs émissaires : les Occidentaux-Atlantique. 30% de Bruxelles est colonisé par les marocains dans le ghetto voulu des alentours de la gare du midi. Un de mes amis dont la fille a épousé un jeune musulman rend avec son épouse une visite de courtoisie au jeune couple, porteur, selon nos coutumes, d’une bonne bouteille de vin. Le gendre intégriste fait l’affront à l’invité (le père) le priant, la prochaine fois, d’ apporter aussi le tire-bouchon car lui, pur parmi les purs, ne veut pas se salir avec cela. Une offense similaire dans le monde musulman en inversant les rôles est une atteinte à l’honneur du vieux qui devrait tuer le jeune gendre pour laver cet affront. Notons que si la liberté de pensée et d’expression est sacrée chez nous, l’honneur chez eux est au-dessus de tout.

Les manques de respect se généralisent en Europe du fait de la seule communauté immigrée (marocaine, albanaise, turque, tchétchène, bosniaque, afghane, pakistanaise,…) qui, même face à un employeur potentiel, est arrogante et s’étonne du racisme réactif des belges. Il y a un amalgame malsain entre la majorité des croyants musulmans qui sont mes amis au Mali (comme pourrait-on être malien sans être musulman ?) et ces petits jeunes haineux islamistes, ayant raté toutes leurs formations, qui ne respectent ni nous anciens, ni nos morts (profanation des cimetières). C’est pour cela que le racisme réactionnel occidental apparaît et sert bien sûr les intérêts des mouvements d’extrême-droite autant que les spéculateurs ultralibéraux. DURBAN[7] fut un acmé de cette rencontre entre les haines. Notons que cette montée malsaine de l’incompréhension est encore légère comparée à la haine entre les hindous et les musulmans pakistanais. Par exemple, j’attends un avion au milieu de la nuit à Bamako et je me lève de mon siège pour jeter un papier dans une poubelle (réflexe idiot car les papiers sont tous par terre) ; une mama se précipite pour prendre ma place, mon copain bloque le siège et lui disant que c’est la place du petit vieux éloigné d’un mètre et elle lui répond ulcérée « Je suis ici chez moi, pas toi ! ». Je réfléchis aux conséquences de la même phrase prononcée par moi à Bruxelles à la gare du midi : cela générera une émeute peut-être ; en tout cas, je n’y suis pas chez moi !

Cela étant posé, identifions les vrais loups : le 20 octobre 2008 à l’Elysée, le 15 chefs d’Etats de la zone euros libéraient 1700 milliards d’euros pour renflouer leurs banques touchées par la fameuse crise américaine. Dans les mois qui ont suivi, les plus petits salaires et les retraites furent rabotés ainsi que les crédits destinés aux pays les plus pauvres.

La conséquence en est que plusieurs centaines de millions de personnes - en plus - ont été jetées dans l’extrême pauvreté et la faim endémique. « Entre 1972 et 2002, le nombre des hommes, des femmes et des enfants gravement et en permanence sous-alimentés en Afrique a augmenté de quatre-vingt à plus de 200 millions de personnes. Or l’une des principales causes de ce désastre est la politique de dumping agricole pratiquée par les Etats occidentaux.. Ceux-ci versent, en effet, à leurs propres paysans chaque année des milliards de dollars au titre de l’aide à la production et à l’exportation. »[8] C’est cela qui augmente la haine identitaire et le repli tribaliste en détruisant les mouvements d’émancipation. Comment désarmer la haine du sud ? Comment construire une société juste, respectueuse du droit à la vie de chacun. L’action du 11 septembre 2001 et les mouvements dont elle est issue sont l’exact contraire de ce qu’enseigne le Coran : « Ces mouvements qui prétendent s’inspirer du Coran pratiquent l’exact contraire de ce qu’enseigne le Coran. Cette pathologie est, certes, issue d’une souffrance profonde. Celle-ci fragilise les individus, surtout les jeunes. Elle les expose aux tentations, aux manipulations et autres embrigadements dont l’analyse reste à faire. La haine raisonnée est issue de la même souffrance..(…) La mémoire blessée des peuples autrefois colonisés est devenue aujourd’hui une force historique puissante. Mais pourquoi ces revendications de justice réparatrice, de repentance adressées par le Sud à l’Occident ne surgissent-elles qu’aujourd’hui, soit plus d’un siècle après l’abolition de la traite et cinquante ans après la fin de l’occupation coloniale ? »[9]

Hier, 14.07.2011, forcé par l’ONU, la Belgique a donné 4 millions d’euros pour la famine qui commence en Somalie (plus de pluie depuis 3 ans) au Kenya et en Ethiopie.
« Ce n’est pas nouveau, pour prendre la référence de 2007, cette année là, trente-six millions de personnes sont mortes de la faim ou de ses suites immédiates (les maladies liées à la sous-alimentation, kwashiorkors, anémie, etc.) Dans l’hémisphère sud, les épidémies, la faim, l’eau polluée et les guerres civiles dues à la misère détruisent chaque année presque autant d’êtres humains que la seconde guerre mondiale en six ans. »[10] Notons qu’il y a quelques jours, lors de la rencontre des financiers de l’Europe pour sauver la Grèce des spéculations, une des mesures proposées par la Belgique fut de réduire son aide aux pays perpétuellement en voie de développement qui sont majoritairement en Afrique. Lors des jeux olympiques de Pékin, le Premier Ministre belge Yves Leterme a donné à cet Etat nucléaire 600.000 euros pour l’aider à faire face à ses dépenses (un glissement terrain ou une participation aux frais du nouveau stade en forme de nid ?). Par rapport à ce récent déblocage de 4 millions d’euros comme contribution pour lutter contre la famine de l’Afrique de l’est, beaucoup de gens, comme moi, auraient préféré que l’on consacre 4,6 millions pour les famines et rien pour la Chine !

Le banditisme bancaire a créé des millions de chômeurs dans ce que l’on appelle l’Occident-Atlantique (Europe et Etats-Unis) mais l’équivalent dans le sud, ce sera plusieurs centaines de millions de personnes confrontées à l’extrême pauvreté et à la faim.

A l’époque de la guerre de la Grande Bretagne contre le Chili pour la suprématie dans les îles Malouines et sous la responsabilité de Madame TATCHER et de son allié US Ronald REAGAN, des missiles TOMAWACKS furent tirés par la Royal Navy sur les « malouins ». Faisons une hypothèse, celle de la conversion du coût de dix missiles anglais et donnons, sous contrôle d’investissement, cette somme au Mali, ce serait alors BOUSTER son économie et peut-être lui permettre à terme une autonomie structurelle ?

Lors des colonisations, pour s’accaparer les richesses minières et agricoles du sud, le général GALLIENI de 1880 à 1895 combattît la résistance du malien Samory TOURE et de nombreux chefs autochtones. (C’est le même général qui assujettit l’île de Madagascar).
Et aujourd’hui, cela continue sous la forme économique, l’Europe exige le libéralisme tout en versant des milliards aux agriculteurs européens pour l’aide à la production et à l’exportation et parallèlement, elle pratique la politique du dumping agricole vis-à-vis des pays africains.
Soyons clair, le dumping occidental a détruit l’agriculture vivrière en Afrique et au sein du conseil général de l’OMC à Genève, le Président Nicolas SARKOSY continue, en 2011, ce dumping avec en plus un veto à la délivrance de visas touristiques pour les pays du Sahel car deux otages ont été tués au Niger ?

« MALI Dernière Minute
Dernière mise à jour : 30 juin 2011.
Des opérations militaires sont en cours dans la zone s’étendant au nord d’un axe Mourdiah/Sokolo/Niafounke/Tombouctou. Cette région se trouve dans la zone rouge, où tout déplacement est formellement déconseillé. Il est donc à nouveau recommandé qu’aucun Français, pour quelque raison que ce soit, ne se rende dans cette zone.
Dans le contexte actuel d’insécurité dans la zone sahélo-saharienne, les intérêts français au Mali sont directement visés par des menaces certaines. Les ressortissants français en particulier sont l’objet sur l’ensemble de la zone d’un risque d’enlèvement très élevé, qu’ils soient résidents ou de passage.
Sécurité : Appel à la responsabilité de chaque Français se trouvant au Mali.
La carte du Mali est partagée en deux zones : une zone rouge et une zone orange.
· La zone signalée en rouge
Les autorités françaises déconseillent formellement tout déplacement dans la zone située au nord d’une ligne Gogui - Nioro - Nara - Nampala - Lere - Niafunke - Fleuve Niger jusqu’à la frontière avec le Niger, y compris les villes de Tombouctou, Gao et Ouatagouna (ces villes étant incluses dans la zone rouge). Il est également formellement déconseillé de circuler entre le Mali et l’Algérie par la route. Les Français qui se trouveraient en ce moment dans ces zones, qu’ils y soient résidents ou de passage, sont instamment invités à prendre contact avec l’Ambassade (bamako-fslt.admin-francais@diplomatie.gouv.fr) et de les quitter au plus vite.
· La zone signalée en orange
La province hors Bamako : Les autorités françaises y déconseillent tout déplacement, sauf motif impérieux, notamment d’ordre professionnel, et après avoir informé l’Ambassade de France à Bamako (bamako-fslt.admin-francais@diplomatie.gouv.fr). Cette zone est située au sud de la ligne Gogui - Nioro - Nara - Nampala - Lere - Niafunke - Fleuve Niger (cf. la carte dans la rubrique « Sécurité »).
Il conviendra en tout état de cause de se déplacer en convoi et de veiller à ce que les autorités locales (gouverneurs de région et préfets de cercle) en soient informées.
Situation particulière de Bamako
A ce jour, compte tenu de la forte sensibilisation des autorités locales aux questions sécuritaires, les risques liés à un attentat ou à un enlèvement, s’ils ne doivent pas être minimisés, ne sont pas de la même importance dans la ville de Bamako. Il convient néanmoins de respecter pleinement les précautions exposées infra. » (Extrait de la note conseil de l’Ambassade de France).

En conclusion

Rien n’est simple et rien ne doit être réducteur à part cet ennemi dangereux et peu visible de la spéculation internationale où par exemple, un Etat comme la Lybie achète des centaines d’ Ha de terre arable au Mali sans référendum auprès de la population locale, ce qui veut dire que ce morceau de territoire va être transformé en monoculture d’exportation pour la Lybie et tant pis pour les villages compris dans le bloc, achetés avec leurs traditions et leurs cimetières ?

Depuis 500 ans, les Occidentaux dominent la planète avec leurs technologies et leurs armements. En 1492, l’Amérique est découverte et il s’ensuivra le massacre systématique des indiens puis la déportation massive des esclaves noirs vers les Antilles et le Brésil, là où les indiens avaient été massacrés. Enfin vinrent le temps des colonisations avec l’exploitation éhontée des ressources naturelles et la destruction des cultures spécifiques et à présent, le règne des organismes de contrôle pseudo-rationnel comme l’OMC et le FMI pour permettre la libre concurrence entre le petit cultivateur malien équipé de sa houe et le gros agriculteur européen avec sa charrue dix socs et les subsides européens. Le monde est trop injuste.

Le monde survivra-t-il , en particulier le continent africain, si nous laissons faire les militaires, les spéculateurs et autres gens sans conscience alors que nous, personnes de bonne volonté sommes la majorité ?

Dans une classe de cours, il suffit de 10% de profs pour mettre en échec un étudiant, et la majorité ?

Dans l’Etat belge sans gouvernement depuis plus d’un an - car bloqué par deux partis nationalistes flamingants (CD&V et NV-A) -, il manque un député (sur 99) pour créer une majorité des deux tiers pour s’occuper des réformes de structure demandées par les partis nationalistes alors que la Wallonie, Bruxelles et une moitié de la Flandre ne demandent rien, juste un gouvernement par la majorité des 7 autres partis pour éviter la scission du pays ?

Dans notre monde à la pensée unique économique, il suffit de 5% de spéculateurs pour déséquilibrer les économies des Etats pour leur profit ; où est la majorité démocratique ?
Face au dérèglement climatique, la conférence de Stockholm était le dernier espoir pour ratifier les accords de Kyoto sur la pollution ; deux seuls Etats s’y sont opposés : la Chine et les Etats-Unis d’Obama ; quid de tous les autres peuples du monde ?

Pour conclure sur une note optimiste, les humains perdent certes leur citoyenneté démocratique au profit de la globalisation de l’ultralibéralisme mais progressent sur le plan psychologique interpersonnel. En effet, en comparant les rapports éducatifs sur trois générations, on peut dire que dans les années 1950, c’était dur pour les enfants (trop nombreux dans une seule famille, non éduqués et élevés avec trop de sévérité) ; dans les années 1975, c’était plutôt cool avec des parents à l’écoute (dans l’après 1968) et dans les années 2000, le projet de bien élever ses enfants en leur donnant une bonne instruction est un objectif majeur de tous les parents du monde. C’est pourquoi par exemple le contrôle des naissances progresse partout, il vaut mieux avoir 3 à 5 enfants assumés plutôt qu’une pléthore qu’on ne sait plus nourrir. Avant, c’était « les coutumes » , elles sont aujourd’hui dépassées.

Nous sommes des frères et sœurs de l’espèce humaine et notre association (Groupe d’Autoformation Psychosociale – GAP) va au Mali pour aider des écoles mixtes à s’équiper et à s’autogérer avec un peu de confort, celui de l’ombrage par exemple. L’objectif pour lequel nous nous faisons insulter parfois est de ne pas céder à la pression. Nous allons donc planter de 2011 à 2012 près de 2000 arbres donnant des fruits, des condiments, de l’ombrage, de l’humus et générer ainsi nous l’espérons, un miro-climat. A Sévaré, au Mali, je me sens chez moi car mes frères musulmans m’accueillent pour partager nos projets que nous, nous appelons fraternité et autonomie et qui, dans Le Coran, s’appellent « charité envers les plus pauvres ».

Jean-Marie LANGE, 15.07.2011

[1] ZIEGLER Jean, La haine de l’Occident, Paris, Livre de Poche, 2010, p.26.
[2] ZIEGLER Jean, L’empire de la honte, Paris, Livre de Poche, 2008, p.63
[3] « LEVI-STRAUSS Claude, dans son discours devant l’UNESCO en 1971 définit ainsi le racisme : « Une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à un ensemble d’individus, de quelque façon qu’on le définisse, l’effet nécessaire d’un commun patrimoine. » Le racisme selon cette définition est l’essence même du colonialisme. IL exclut par avance toute relation de réciprocité et de complémentarité avec le colon. Mais le racisme ne détruit pas que le colonisé. Il ravage aussi le colon. Emmanuel KANT dit : L’inhumanité infligée à un autre détruit l’humanité en moi. » in ZIEGLER, La haine, ibid. p.77.
[4] FOUREST Caroline, La tentation obscurantiste, Paris, Poche, 2009, p.18.
[5] ZIEGLER, la honte, ibid., p.87.
[6] BRUCKHNER P., Les sanglots de l’homme blanc, Paris, Seuil, 1983.
[7] Notons que pour la petite histoire, j’étais mandaté par l’ISO, institut mondial de sociologie de Madrid, via l’université de Jussieu de Paris 7 (et le prof Vincent de Gaulejac) pour participer à ces rencontres. J’avais selon les normes du mode tayloriste de mon employeur , l’enseignement de la province de Liège, introduit par la voie hiérarchique ma demande deux ans auparavant , je n’eus pas l’autorisation (alors que c’était les vacances) et deux ans après, on me réclama un rapport sur mon activité non autorisée à DURBAN ; la bureaucratie est un autre problème que nous évoquerons ailleurs.
[8] ZIEGLER, La haine, ibid., p.108.
[9] ZIEGLER, La haine, ibid., p.45/46.
[10] ZIEGLER, La haine, ibid. p.333/334.

mercredi 15 juin 2011

GAPI n°34 Juil-août 2011

CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle
GROUPE D’AUTOFORMATION PSYCHOSOCIALE
Association pour le développement de l’autonomie et de la participation sociale
Siège social : 40, rue Saint-Lô, BE 5060 FALISOLLE,
Président Patrick LECEUX 0496/627678 patrick.leceux@mac.com
Coordination pédagogique Jean-Marie LANGE: gap.belgique@skynet.be ;
Groupe d'Autoformation Psychosociale : Formations des adultes et actions humanitaires.
L'association de formation des cadres GAP est une asbl spécialisée en management associatif et en prévention des conflits de groupe. Elle se veut résolument sans but lucratif; aussi, lorsqu'elle dégage un quelconque bénéfice, elle conçoit le projet d'une aide humanitaire technique et ciblée au Tiers Monde. Hier, il s'agissait de formations d'animateurs ruraux et d'animateurs de gestion au Mali. Aujourd'hui, c'est l'aide à des associations locales à MAKAMBA au sud Burundi. Demain ce sera le soutien à des écoles fondamentales au pays DOGON (Mali). Notre association n'est pas subsidiée par la coopération au développement de Belgique. Le GAP est un opérateur de terrain qui se réclame de l'application des droits de l'homme et ne se réfère à aucune confession et à aucun parti politique.
Site http://soutien.et.autonomie.free.fr Blog : http://gap-belgique.blogspot.com;


CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle -
SOMMAIRE des précédents articles de cette revue bimensuelle de réflexions pédagogiques du GAP

N°1 – Janv-Fév. 2006 : Qu'est ce que le GAP ?
N°2 – Mars-Avril 06: Le cahier des offres de formation du GAP.
N°3 - Mai-Juin 06 : La colère des enseignants (gestion des conflits – opus 1)
N°4 – Juill.-août 06 : La pensée rationnelle (gestion des conflits – opus 2)
N°5 – Sept.-Oct.06 : Totem et tabou
N°6 – Nov. Déc. 06 : Jalousie et fonctionnement à la croyance (Médiation couple – opus 1)
N°7 – Janv.Fév. 07 : L'Avant-projet pédagogique BURUNDI
N°8 – Mars-Avril 07 : La Dynamique des Groupes, l'organisation sociale et l'homme de la singularité.
N°9 – Mai-Juin 07 : Histoire de vie en groupe et aide sociale (Proposition au Congrès international des professionnels francophones de l'intervention). Pédagogie du projet.
N°10 – Juillet-Août 07 : Rapport d'activité "Enfants de Kayoba" première phase "Voyage d'études et de faisabilité 2007"
N°11 – Sept.Oct.07 : Le chaman et le formateur
N°12 – Nov.Dec. 07 – L'identité personnelle, une insertion sociale ?
N°13 – Janv.Fév.08 – La genèse des alchimistes pour l'éducation à une spiritualité laïque
N°14 – Mars-avril 08 - Le travail des intervenants sociaux (1) : Pour une insertion sociale et multiculturelle citoyenne.
N°15 – Mai-Juin 08 – Le travail des intervenants sociaux (2) : Emploi, travail et méthodes d'intervention.
N°16 – Juillet-Août 08 – Le travail des intervenants sociaux (3) : Fantasme de toute puissance, démocratie ou génocide.
N°17 – Sept. Oct. 08 : La souffrance du désir et le détachement
N°18 – Nov. Déc.08 : Le stress et les consciences
N°19 – Janv-Fev 09 : Le triangle rouge de la lutte contre tous les racismes
N°20 – Mars-Avril 09 : La psychologie des émotions.
N°21- Mai-juin 09 : La raison sensible (combattre les fidèles au nom des infidèles).
N°22 – Juill-Août 09 : Le néant et l'être affamé
N°23 – Sept-Oct 09 : Multiculturalisme et autoformation
N°24 – Nov.-Dec.09 : Les Etats Modifiés de Conscience (extase, possession, hypnose et zen)
N°25 –Janv-Fev 2010 La matière, le vide, la nature, l'éducation
N°26 – Mars-Avril 2010 L'intelligence des femmes
N°27 - Mai-Juin 2010 L’imaginaire, le symbolique et la réalité sociale
N°28 – Juil-août10 : Pour une introduction à l’anthropologie culturelle et sociale
N°29 – Sept-oct10 : Le combat perpétuel de la démocratie participative
N°30 – Nov-dec10 : Les sans-papiers
N°31 – Janv-Fév 11 : le couple et l’institution du mariage (Médiation couple - opus 2)
N°32 – Mars –avril 11 : La psychologie systémique et le chamanisme
N°33 – Mai-juin 11 : Vers une éthique sociale contre les barbaries
N°34- Juil-août 11 : La sexualité, l’éthique et le pouvoir


CAPI – Cahiers d'Autoformation Psychosociale en Pédagogie institutionnelle N°34 Juil-Août 2011

La sexualité, la barbarie et le pouvoir

La sexualité

Amin MAALOUF a écrit « Le premier siècle après Béatrice »(Grasset, 1992), un essai romancé où il explique que , dans le monde musulman, de l’Inde, du Bengladesh et du Pakistan, n’importe quel petit village dispose d’un appareil à faire des échographies. Il s’agit ainsi de voir si le fœtus porté par la mère est mâle ou femelle et s’il s’agit d’une fille de faire avorter de force la mère. L’auteur montre ce qui existe déjà : des villages entiers où les filles sont rares et il faut les « importer » du Népal (pour ceux qui en ont les moyens) pour avoir ainsi l’espérance de fonder une famille. Ce n’est pas un livre d’horreur mais de sensibilisation au côté pervers de la liberté octroyée à tous, y compris aux barbares machistes et sans cervelle. « Depuis des millénaires, des milliards d’humains se sont lamentés à la naissance d’une fille, et réjouis de la naissance d’un garçon. Et soudain, quelque tentateur est venu leur dire : voici, votre espoir peut devenir réalité. Depuis des millénaires, il y a des peuples, des ethnies, des races, des tribus qui rêvent d’anéantir ceux qui ont l’impardonnable tort d’être différents. (…). Il existe de par le monde, des milliers de villes, des millions de villages où le nombre des filles n’a cessé de décliner ; pour certains, le phénomène dure depuis plus de vingt ans. Demain viendront les générations du cataclysme ; les générations d’hommes sans femmes, générations amputées de tout avenir, générations de la rancœur indomptable. »[1]

Ce n’est guère facile, même en Occident de s’atteler à cet exercice de rechercher des compliments pour l’autre sexe qui nous est tellement indispensable alors que nous sommes tous des être humains mais parfois irrités par l’altérité de l’autre genre. Nous, les hommes avons encore beaucoup de chemin à parcourir sur les voies de la tolérance. Cependant, on ne peut pas être tolérant envers tout : ce serait alors du relativisme absolu ou encore de la lâcheté complice (comme les Papes béatifiés qui n’ont rien dit au sujet de la SHOAH). Je suspecte en effet, une partie importante de l’humanité croyante des humains de ne pas respecter les droits de l’homme (ONU, 1948) lorsque ceux-ci sont des femmes ou des enfants.
Pourquoi, certains hommes dictent-ils à leurs femmes comment elles doivent s’habiller et comment se coiffer pour ne pas montrer de beaux cheveux et être séduisantes, comme Dieu les a voulues ?

Pourquoi, enferment-ils leurs femmes à la maison et ne les laissent sortir qu’avec un adolescent mâle comme indicateur ( mouchard) ?

Pourquoi, certains font-ils « couper » par des matrones à leurs propres petites filles l’organe du plaisir féminin, le CLITORIS, sans évoquer ici les horreurs des différents types d’infibulation. Dieu vous voit et en juste retour, il vous pèlera le jonc.

Nous acceptons de balayer devant notre porte et il est vrai que chez nous aussi, les curés abusent de jeunes mineurs pas seulement sexuellement pour une minorité mais par tous en imprimant dans de jeunes consciences des notions de frustration et de refoulement (le péché par exemple). Nous les athées, agnostiques, libres-penseurs, protestants et adorateurs des femmes, nous nous avons toujours dans nos maisons fait bon accueil à l’étranger qui nous respecte. Et oui, pas un seul roumi n’a tué en « kamikaze de fanatique » des femmes et des enfants musulmans.

La psychologie du comportement et de l’expérimentation animale était mal considérée dans ma jeunesse car ne prenant en compte que les observations factuelles et donc se souciant peu de feed-back, particularité de l’humain. Par exemple, on ne peut comprendre la polygamie, le contrôle du plaisir sexuel des femmes et la forte démographie des pays du sud si on ne prend en compte la dimension anthropologique que les enfants sont une richesse par la dot et le travail gratuit qu’ils fournissent et une assurance pour la vieillesse..

Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de psychologie expérimentale intéressante pour enrichir aussi nos connaissances sur l’homme par les comportements comparés des grands primates par exemple. FREUD parlait du désir sexuel et JUNG lui évoque d’autres désirs comme celui de la croyance et du pouvoir.
Des pigeons affamés sont enfermés dans une cage de SKINNER doté d’un système de distribution alimentaire aléatoire. Le pigeon a beau donner des coups de bec sur la manette faisant tomber les grains, rien ne se passe. Il s’énerve et tourne sur lui-même, puis subitement le système aléatoire s’enclenche. Il « pense » que c’est parce qu’il a bien « prié » (termes antagonistes ou bien on pense ou bien on prie) et tourne trois fois sur lui-même mais en vain. S’il est très « pieux », il va réitérer son geste jusque la nourriture arrive à nouveau par hasard (mais pour lui, ce sera la preuve de Dieu) et à partir de ce moment, il tourne sans cesse jusqu’à ce que son gésier soit rempli. Une autre expérience fut réalisée avec des souris préalablement conditionnées à la cage de SKINNER et donc connaissant la manette sur laquelle pousser pour recevoir de la nourriture. On y ajoute une autre manette plus éloignée reliée à une électrode fichée dans le centre du plaisir du cerveau de l’animal. Lorsqu’elle pousse sur cette manette, la souris reçoit l’équivalent d’un orgasme. L’expérience eut une chute rapide car – comme chez les drogués – la souris ne poussait plus que la manette du plaisir et ne pensait plus à l’autre et à s’alimenter. Tous les cobayes moururent de faim.

En éthologie comparée des primates, le BONOBO est le dernier grand primate découvert par la science en 1929 au zoo d’Anvers puis oublié parce que les travaux scientifiques n’étaient pas rédigés en anglais. Cette nouvelle espèce fut nommée PAN PANISCUS. Beaucoup plus gracieux que le chimpanzé, il a des mains de pianiste (quoi que non vérifié), une tête relativement petite, le visage plus aplati que son cousin, plus ouvert et le front plus haut que le chimpanzé. La face est noire soulignée de lèvres roses, d’oreilles délicates et de larges narines. Contrairement aux autres singes aux mamelles « planche à pain », les femelles ont des seins. Des cheveux longs et noirs sont partagés par une raie au milieu (naturellement, car il n’existe pas de coiffeur bonobo). Thorax mince, carrure étroite, cou délié, jambes plus longues que le chimpanzé, il paraît aussi plus droit que ce dernier qui pour la marche s’appuie sur ses pattes antérieures repliées. Le mâle pèse en moyenne 43 Kg et la femelle 36 (85% du poids du mâle comme dans notre espèce). Les activités sexuelles sont fréquentes sans l’ombre de nos tabous refoulés. Par exemple, l’homosexualité féminine ne pose aucun problème par frottement génito-génital (GG) appelé « HOKA-HOKA » : les deux femelles s’agrippent face à face pour mettre en contact étroit leurs vulves et leurs clitoris et elles exercent un frottement latéral sur un rythme rapide. Sourire épanoui et gémissements sonores attestent du plaisir physique de jouissance. Selon les comparaisons ADN, l’Orang-outan est apparu il y a 114 millions d’années, le gorille (notre lointain ancêtre) il y a 7,5 millions puis l’humain il y a 5,5 millions d’années. Ce sera seulement il y a 2,5 millions d’années que les bonobos et les chimpanzés se sont scindés du tronc commun. Rappelons pour insister que l’homme s’est scindé de l’ancêtre commun PAN il y a 5,5 millions d’années. D’après certains scientifiques, humains, chimpanzés et bonobos pourraient former le genre unique HOMO (et non le gorille notre ancêtre qui nous précède de 2 millions d’années, donc plus éloigné de nous).

La barbarie et l’excision

L’excision est punie de peines d’emprisonnement fermes en France (8 ans) et en Allemagne sous le chef de « mutilations sexuelles féminines ». J’ignore le statut juridique de la Grande-Bretagne et de la Belgique concernant cette souffrance pouvant occasionner la mort des petites filles africaines au mépris des droits de l’homme. Cela n’a rien à voir avec le Coran, dit-on, et ce n’est qu’une coutume. Oui mais pratiquée à 80% au Mali, 90% au Soudan et 100% en Somalie et qui tend à se pratiquer dans les populations migrantes en Europe si le législateur reste silencieux.

On distingue trois grands types de mutilations :

- La « sunnite » qui consiste en l’ablation du clitoris, fort innervé (hémorragie), petite termitière à supprimer pour que les femmes n’éprouvent pas trop de plaisir sexuel risquant de les inciter à des aventures. Ce « coupage » se pratique au Mali sauf dans les 8 villages DOGON des KOUDOU AROU KOMO KAN. Une conférence a eu lieu sur le thème à Ende (falaise sud de Bandiagara) en janvier 2011 par un animateur de Mopti[2] (MALI).
- L’excision proprement dite avec ablation du clitoris (le capuchon et les deux ramifications atteignables ainsi que les petites lèvres, très sanglant et douloureux et toujours pour la même finalité de supprimer le plaisir féminin.
- L’infibulation pharaonique (venues des anciens égyptiens selon les momies inspectées) et qui est une véritable boucherie. Elle consiste à enlever le clitoris et les petites lèvres puis couper le bord des grandes lèvres (chair avivée) et les fixer ensemble par des épines pour qu’elles cicatrisent en obturant la vulve ; on laisse un petit passage pour les urines et les menstrues. Le jour des noces de la jeune fille, on agrandit le passage à la lame de rasoir pour permettre le passage du pénis de l’époux. Devant les douleurs et la frigidité qui en découle, certains époux, conscients de la compassion coranique des bons musulmans, accompagnent leur femme en chirurgie pour que l’on rétablisse, sous anesthésie, la vulve en son état naturel.
Outre le but affiché de supprimer le plaisir féminin, cette barbarie inouïe au XXI° siècle est responsable d’infections, de septicémie, d’incontinence (la vessie étant parfois trouée), de problèmes ultérieurs d’obstétrique ainsi bien entendu que d’angoisse récurrente. Nous ne pouvons accepter au sein des Nations Unies, des peuples qui pratique encore ces mutilations sanglantes, ni tolérer cette atteinte à l’habeas corpus en Europe en général, c’est le devoir d’ingérence au nom des droits de l’homme prôné par Bernard Kouchner. Le monde doit devenir interculturel et non pluriculturel comme nous y invite l’hypocrite Grande-Bretagne pratiquant les ghettos culturels.

« L’excision accroît les certitudes de paternité et réduit la probabilité, pour un homme, d’être cocufié, donc de ce fait, trompé et forcé à entretenir la progéniture d’une autre homme. En réalité, la croyance populaire commune fait de l’excision une opération qui assure la chasteté en réduisant le désir sexuel.(…) L’opération d’infibulation est si importante – le clitoris est excisé et le tissu qui l’entoure sacrifié afin que la fusion des lèvres se produise pendant la cicatrisation – qu’environ 9% des petites filles opérées dans des conditions semi-modernes (avec une quelconque anesthésie) souffrent d’hémorragies et de traumatismes. Les femmes infibulées sont réouvertes en partie au mariage, et doivent l’être totalement à l’accouchement, après quoi on les recoud. Dans une étude récente à Khartoum au Soudan, sur 3013 femmes qui avaient été infibulées, 84 % rapportèrent n’avoir jamais eu d’orgasme. Loin de considérer l’acte sexuel comme un plaisir, beaucoup de femmes excisées et infibulées le trouvaient douloureux. »[3]

Le pouvoir de dominer

Frans de WAAL[4] dans son ouvrage d’études comparatives sur les primates dont nous sommes, explique que lors d’une conférence à Charleston (USA) sur la paix dans le monde et des rapports pacifistes entre humains, où il présentait ses travaux sur la résolution des conflits chez les primates, il évoqua l’usage de la sexualité des BONOBOS comme dépassement des conflits. D’autres conférenciers évoquèrent eux les Inuits (esquimaux), les Hottentots, les Pygmées Mbuti, les indiens Hopi, etc, qui se donnent un mal fou pour éviter toutes hostilités verbales. Il cite également une autre conférence aux Pays-Bas de l’« Agression Club » (groupe universitaire de psychiatres, criminologues, psychologues, éthologues,…) dont l’objet est de débattre de la violence et de l’agressivité : dans notre espèce humaine, 80% des violences ordinaires sont conjugales et nous sommes les seuls primates, lors de guerres ou autres massacres de genre sexuel, à tuer des membres de notre propre espèce. Arrêtons donc de jeter la pierre sur les musulmans qui lapident les femmes infidèles, ils arriveront eux-aussi à évoluer avec leurs sages et le secours d’Allah le miséricordieux. Rappelons que dans notre culture, Jésus fils de Dieu eut cette phrase magnifique pour arrêter la barbarie d’une lapidation : « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » (référence « La vie de Brian », film des Monty Python, Terry Jones, GB, 1979).
Dans la même étude, l’auteur cite un prophète du capitalisme Alan GREESPAN qui nous invite à reconnaître que notre barbarie va trop loin : « Ce n’est pas que les humains soient devenus plus rapaces que dans les générations passées, expliquait-il à une commission du Sénat américain en 2002. Mais les routes pas lesquelles s’exprime la rapacité se sont énormément élargies. »[5]

Il y a peu donc, on a distingué, au niveau de l’évolution des espèces, le singe Bonobo du chimpanzé. Le chimpanzé bien connu est agressif, lutte contre les autres mâles, tue les petits qui empêchent le retour des chaleurs et se chamaille avec tous – comme l’homme – pour des broutilles.
Le Bonobo n’est guère agressif et préfère résoudre les différents par la sexualité. Qui sait ? si nous l’avions distingué plus tôt, peut-être aurions-nous eu un autre contre-exemple de primates nous invitant à faire l’amour plutôt que la guerre ou à courir après le profit ? La question est donc : pourrions-nous être dirigés non plus seulement par des règles strictes dont le jeu consiste à les détourner de leur sens premier mais être autogouvernés aussi par des valeurs humaines et pacifistes et la raison ?

Il semblerait que cette révolution culturelle ne soit pas possible à moyen terme. En effet, en 1957, Léo FESTINGER développe le concept de la « dissonance cognitive » qui consiste pour notre cerveau à nous faire prendre des rationalisations a posteriori pour de la raison. Par exemple, dans les années 1970, on croyait pouvoir dépasser nos tendances archaïques comme la jalousie, les rôles sexuels, la possession de biens et le désir de dominer comme modèles culturels abscons. Avec l’observation de nos cousins les chimpanzés, on constate qu’ils sont eux-aussi jaloux, sexistes et possessifs parce que c’est leur nature, c’est ce que NIETZSCHE appelait la « volonté de pouvoir ». Comme les chimpanzés, beaucoup de nos dirigeants voulant jouir d’une position de pouvoir développent une hormone de stress, le cortisol : ils sont des mâles alpha (avec polygamie obligée), nerveux, paranoïaques et sujets à des somatisations comme les ulcères et les crises cardiaques.

« Le neurologue Oliver Sacks a décrit un groupe de patients, dans un service d’aphasiques, agité d’un rire convulsif pendant un discours du président Reagan. Incapables de comprendre les mots en tant que tels, ces patient suivent une grande partie de ce qui est dit en observant les expressions du visage et les mouvements du corps. Ils sont si attentifs aux indications non verbales qu’on ne peut pas leur mentir. Sacks en concluait que le président dont le discours paraissait normal aux autres personnes présentes, combinait avec tant de roublardise des mots et un ton de voix trompeurs que seul les patients atteints de lésion cérébrales pouvaient percer son jeu. »[6]

REAGAN et Madame TATCHER furent tous les deux des équivalents de singes alpha dominants. Ils ont fait beaucoup de mal surtout Margaret tuant au TOMAWACK et à l’EXOCET des chiliens des Malouines.
Toutefois, pour nuancer sur ce point Frans de Waal[7], notre primatologue de référence ici, et apporter une bougie à ces ténèbres du pouvoir, je pourrais dire que, lorsque je terminais une formation de plusieurs jours en Dynamique des Groupes (DG ) à l’université de Liège, lors de l’évaluation, la majorité du groupe demandait à chaque fois à ceux ayant été leaders qu’ils prennent moins de place la fois suivante. C’est bien la régulation par homéostasie illustrée par la sagesse d’un vieux proverbe russe qui citait BAKOUNINE : « Lorsque tu as fini de carillonner, descends du clocher ! », ce que les politiciens n’arrivent pas à faire car le pouvoir et le sexe procurent des jouissances. Je dis bien le sexe instrument objet et non la sexualité qui devrait être joyeuse et partagée comme chez les BONOBOS.

Avez-vous déjà analysé un discours de politicien qui nous promet de réformer correctement l’éducation (projet à long terme exclu de l’intérêt de son mandat de quatre ans) ou de régler une économie ultralibérale qui le dépasse ? Y a-t-il un seul qui reconnaitrait en toute simplicité ( de Seraing à Antibes) qu’il veut seulement le pouvoir ? Pas en tout cas selon mes dernières observations ces quarante dernières années.« Le conflit est le père de toute chose » disait HERACLITE, ce qui nécessite une fonction constante et jamais stabilisée de la citoyenneté responsable par la démocratie participative au-delà du leurre des élections.
« Oh ! Homme ! Combien seriez-vous plus heureux si vos femmes étaient heureuses. » (Louise MICHEL)[8]



Asia Bibi et les BONOBOS ! Pour la survie d’Asia BIBI, de ses 3 filles et de son époux, au nom de Dieu.

Nous sommes tous frères bien sûr et d’une seule espèce l’Homme Sapiens Sapiens mais cela ne veut pas dire que toutes les ethnies de notre espèce ont le même degré de développement. Rappelons que la violence, et le fanatisme sont liés aux religions et que la religion dominante au XXI° sera celle des musulmans qui n’ont jamais fait preuve d’humilité, de charité, de tolérance et/ou d’ouverture d’esprit dans notre siècle ;auparavant, les sages musulmans étaient un exemple et ce sont eux qui nous ont transmis par les textes en arabes la grande sagesse des hellénistes. Même mes amis de longue date, se baladent à présent en boubou blanc avec un petit callot blanc sur la tête et passent tellement de temps à la mosquée qu’ils en perdent la finesse des relations humaines. Lors d’une dernière action au Mali, j’ai heurté des vendeurs FNAC de Liège parce que je demandais des exemplaires du Coran sous cellophane ; leurs courroux était légitime, d’autant plus que ces Corans sont fabriqués en France par des infidèles français qui souillent ainsi toutes les pages. Mais ma motivation était calculée, celle de planter 1000 plants d’un arbre alimentaire tout autour de l’école mixte de Nando avec la bénédiction de l’Imam. Le projet a été réalisé, j’ai donné mes Corans ainsi que des noix de cola et j’ai mené à bien mon projet sans me faire détruire par la rumeur.

Au-delà de leurs meurtres aveugles d’innocents et des femmes et de la terreur régulière qu’ils organisent envers le genre féminin, les croyants, non pas les croyants du Sahel mais ceux d’Afghanistan ayant migré pour un demi-million d’hommes au Pakistan, organisent à présent la terreur due au blasphème. Ceci signifie – pour l’OTAN qui n’entend pas toujours clair – que n’importe qui disant de son voisin qu’il a blasphémé le nom d’HITLER sera puni de mort. Notons – cerise sur le gâteau – que les Etats-Unis sont les principaux protecteurs de ce peuple de fous. Par solidarité envers les droits de l’homme et contre toute les atteintes à ceux-ci, malgré ma tolérance et mon amitié envers mes frères musulmans pacifistes, je n’ai pas le choix, je dis : « VIVENT les caricatures ! » par solidarité et je lance une fatwa laïque et symbolique (chez nous, on ne tue pas des innocents) contre ces tueurs incapables de construire des écoles pour leurs enfants mais bien d’en faire de futurs martyrs d’un Dieu miséricordieux (dans le Coran mais pas dans les Hadjis), que la malédiction d’Allah, qui me comprend, soit sur leurs têtes. Qu’on leur donne tout de suite 72 vierges et qu’ils puissent vivre naturellement leur sexualité et libérer dans leurs cerveaux de l’Ocytocine qui les rendra pacifistes au lieu de fous dangereux pour l’humanité.

Le 14.05 sur TV5MONDE, dans l’émission « Envoyé spécial », un des thèmes était le Pakistan. Ce pays dirigé par Ali BHUTTO assassiné (pendu ) lors du coup d’Etat de Zia Ul-Haq, l’ami des américains a déjà vécu, il y a vingt ans, une vague de barbarie où la charia était rétablie à la lettre. A cette époque, militant d’Amnesty International, j’écrivais au dictateur pour implorer sa clémence pour des voleurs à qui on allait couper les deux mains, pour un paralytique que l’on allait jeter de son fauteuil pour le fouetter et pour des femmes infidèles (jamais des hommes) que l’on lapidait jusqu’à ce que mort s’en suive. Les américains n’ont jamais été très subtils (des mickeys) et lorsqu’ils ont pris le Pakistan comme base arrière pour lutter (guerre froide) contre l’ennemi soviétique qui envahissait l’Afghanistan, ils n’ont pas compris qu’un demi-million de talibans s’exilaient au Pakistan pour combattre un jour les chrétiens qu’ils sont.

En janvier 1011, le gouverneur du Penjab (le plus grand état du Pakistan) a été assassiné par son garde du corps. Salman TASEEM était l’un des rares hommes politiques à dénoncer publiquement l’islamisation du Pakistan. Il avait pris fait et cause pour Asia BIBI, une paysanne chrétienne condamnée à la pendaison pour blasphème. A la suite d’une dispute pour un verre d’eau, deux voisines musulmanes (les instigatrices du crime à venir) l’avaient en effet accusée d’avoir insulté le prophète Mahomet. On a bien sûr envie de vomir à l’idée que cette secte existe et certains pensent que raser l’Afghanistan et le Pakistan sous une explosion atomique faciliterait l’advenir d’une communauté humaine plus centrée sur la raison. Ce sera là le discours épidermique des gens d’extrême-droite.

Ethologie comparée avec les singes BONOBOS

Des projets de réinsertion du BONOBO ont lieu dans la province de l’Equateur du Congo RDC aux alentours de la ville de Basankusu sur la rivière MARINGA. Lorsque je travaillais dans cette région en 1968-1970, je disais déjà que le premier pas à faire pour la sauvegarde de la diversité biologique était dans la généralisation de l’instruction (comme en Afghanistan et Pakistan). J’ai vu de magnifiques grands singes colobes, dit « Magistrats » pour les longs poils blancs qu’ils développent à partir des tempes, être abattus par de petites fléchettes NGOMBE trempées dans une sorte de curare. Ce phénomène de la chasse et de la surchasse n’est pas spécifique à la RDC ; en effet, dans un petit maquis (restaurant populaire) de Côté d’Ivoire, j’ai vu une casserole où mijotait un jeune chimpanzé avec une petite main (très humaine) crispée sur le bord de la casserole. C’est choquant de s’alimenter d’une espèce aussi proche de nous et de la massacrer dans ce but. Tout comme le cannibalisme qui, consiste aujourd’hui à déterrer un cadavre frais et de à consommer rituellement (et cuit) pour s’approprier sa force ( tout en conservant les mains cachées dans le paillage de la toiture pour en faire des charmes). Mais le plus ignoble, c’est de lancer une accusation de blasphème sur un autre être humain parce qu’il a bu à notre verre. C’est là le sommet de l’horreur, de la méchanceté et de la violence suscitée !
Le « French Kiss » est spécifique. Les chimpanzés tendent les lèvres pour faire un bisou mais un gardien de zoo plutôt habitué aux chimpanzés fut surpris de la langue du primate dans sa bouche quand il accepta un baiser d’un Bonobo. Pour le gardien, ce geste était l’expression d’un contact amical non sexuel. Or, ce signe est un signe d’amour et de confiance (autre que de boire au verre d’eau d’une musulmane haineuse) car la langue peut être mordue par les dents de l’autre. Dans le baiser, il y a échange de salive, de bactéries, de virus et d’aliments, non pas un chewing-gum d’ados qui change de bouche mais par exemple le début d’un sevrage : la maman donne aux petits des morceaux d’aliments prémâchés en avançant sa lèvre inférieure dans la bouche ouverte du bébé.

Les Bonobos ne travaillent pas, ne se maquillent pas, jouent beaucoup, ne voyagent pas (sauf de temps en temps sur la canopée) mais développent une activité érotique fébrile et sans complexe. Le pénis du Bonobo est plus étroit et entièrement rétractile (proportionnellement plus long de taille que celui de l’humain), les testicules font plusieurs fois le volume de ceux de l’humain. Les femelles arborent d’énormes tumescences rose fluo de la taille de ballons de football sur le postérieur (= disponible). La femelle préfère l’accouplement frontal (position du missionnaire) et les mâles par l’arrière, mais les femelles forcent le choix en se couchant sur le dos. Le clitoris pointe à l’horizontale comme un petit doigt, son utilité est d’être source de plaisir et d’orgasme afin que la sexualité soit une expérience agréable et volontiers renouvelée.

Les Bonobos ont-ils vraiment besoin d’une telle débauche d’activités sexuelles ? Et nous, humains, pourquoi ne pas nous cloner (entre pakistanais pieux) pour éviter le péché de chair ? Faire par exemple comme les voisins Indiens, véritables fourmis laborieuses, nous concentrer sur un monde performant au niveau du travail et d’un ennui mortel ?

Une des lois de la jungle des plus cruelles est que le prédateur, un lion par exemple, va tuer tous les petits de ses lionnes pour assurer sa descendance à lui ; cette pratique d’infanticide n’a pas lieu chez les Bonobos qui sont trop rapides pour « tirer leurs coups » et donc chez qui on ne saurait dire qui est le père de qui. Les femelles gagnent ainsi au fond à convaincre les mâles de copuler, nous sommes dans un changement évolutionniste. En acceptant les avancées de nombreux mâles, la femelle se prémunit contre l’infanticide car aucun de ses partenaires ne peut éliminer la possibilité que le petit soit le sien. Notons enfin les bienfaits de l’hormone OCYTOCINE (qui stimule les contractions de l’utérus, la montée du lait et qui réduit l’agressivité). On a trouvé qu’après une activité sexuelle , la synthèse de cette hormone dans le cerveau du mâle connaît un pic et lui donne un sentiment de bien-être, une attitude pacifiste. L’anthropologue américaine Sarah Blaffer HRDY va encore plus loin avec cette lutte contre l’infanticide humain : les enfants sont plus exposés à des violences de la part des beaux-pères que de leurs pères biologiques. La Bible montre Pharaon faisant tuer tous les nouveau-nés d’Egypte, le roi Hérode fait massacrer dans Bethléem tous les enfants de moins de 2 ans, et le vainqueur tue la progéniture des femmes faites prisonnières-esclaves.

L’organisation sociale des primates a été aussi bien étudiée par le sociologie Serge MOSCOVICI (« La société contre nature »). Si la horde doit se déplacer en savane, hors de l’abri des grands arbres, elle se déplace en trois cercles imbriqués. Au centre le mâle alpha, les jeunes femelles et les petits, le deuxième cercle est formé des femelles plus âgées et non en charge d’un petit et enfin le troisième cercle est constitué des mâles surnuméraires qui sont là pour être croqués en priorité par les prédateurs.

Dans presque toutes les espèces, les mâles sont polygames. Mais il existe parfois des familles nucléaires comme chez l’homme occidental, les manchots EMPEREUR et les poissons Kribensis des CICHLIDE. La première hypothèse fut la tendance des mâles à accompagner les femelles avec lesquelles ils s’étaient accouplés pour protéger les jeunes de l’infanticides d’autres mâles. Puis il y eut l’aide aux soins par le père pour attraper des branches trop hautes par exemple. Et enfin la dominance et le paternalisme d’un genre sur l’autre en totale opposition aux droits de l’homme.

Notons que dans notre espèce la femelle (comme le mâle) n’est que modérément fidèle. Si la fidélité avait été utile pour l’évolution, son appétit sexuel se serait limité à la période de l’ovulation signalée aux regards lubriques des mâles. C’est donc une pure légende de croire les hommes polygames et non les femmes ; c’est pourquoi, les hommes ont inventé l’institution du mariage et les mutilations sexuelles. Notons que les femmes Bonobos ont le plus souvent des tumescences rose à l’arrière-train, au-delà des cycles.

Il y a une corrélation manifeste entre l’excision et le monde arabo-islamique. L’âge moyen des mutilations des petites filles est de 2 à 5 ans, ou de 8 à 11 ans selon les tribus. L’excision est pratiquée par une femme non formée, avec des risques sanitaires, à la maison ou lors d’une retraite rituelle en forêt, elle consiste en majorité en la clitéroctomie et en la nymphectomie (ablation des petites lèvres). 20% des mères dans les villes abandonnent cette pratique coutumière pour leurs filles mais les grand-mères les raptent pour les faire « couper » lors d’une absence fortuite de la mère.

Pour mémoire, rappelons avec la chercheuse Madame MOTTIN SYLLA[9] ,que l’excision recommandée par l’islam avec l’ablation du capuchon du clitoris et des petites lèvres dite SUNNA est la plus pratiquée. Notons en passant que, selon la chercheuse, la zone érogène du clitoris compte 8 mille terminaisons nerveuses rien que dans le capuchon.

Le type II consiste à enlever le clitoris et les petites lèvres ainsi qu’une partie des grandes lèvres. Le type III dit INFIBULATION ou excision pharaonique (Afrique de l’Est) consiste en l’ablation profonde du clitoris, à la coupe des petites lèvres et à la coupe des bords des grandes lèvres, les bords de la plaie sont alors rejoints par suture au fil ou à l’aide d’épines et les deux grandes lèvres (plaie ouverte) cicatrisent entre elles (le taf) pour obstruer quasi-complètement l’entrée du vagin, avec des pailles (milieu propre aux amibes), on aménage un petit orifice pour les urines et les menstrues. Outre les complications sanitaires déjà exposées dans la première partie (septicémie, incontinence, hémorragie, douleurs chroniques, douleurs lors du coït et angoisses récurrentes), la chercheuse sénégalaise évoque également le GABE, ce qui veut dire en peul « grain de mil », des sortes de verrues couvrant la paroi vaginale et qui seraient dues – la chercheuses est ici imprécise - à des champignons ou à un virus (herpès génital) et peuvent être arasées par l’exciseuse à la lame de rasoir (service après vente ?). Lorsque la femme a ce genre de boutons, elle passe tout son temps à se gratter dit la chercheuses et le gabé (avoir ses soccantes) peut égratigner le partenaire sexuel lors de ses ébats…dans le vagin.

Des études actuelles sujettes à caution, réalisées dans les années 1990 aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne font état d’une proportion d’homosexuels exclusifs de moins de 1%. Le rapport américain KINSAY, lui annonçait déjà une moyenne de 5% d’homosexuels dans la population humaine. Je ne crois pas à ces chiffres, les humains peuvent être, comme les Bonobos ,« à voile et à vapeur » et être à 100% bisexuels selon l’occasion du moment, lorsque ce qui a été considéré comme un crime par nos églises est à nouveau considéré comme un jeu entre partenaires adultes et consentants. Notons toutefois que l’homosexualité était punie de mort en Ouganda (la loi vient d’être retirée ce jour devant le tollé d’internet) ainsi qu’au Burundi. Serait-ce de la propagande politique pour la famille hétéro aussi bien bonne chrétienne que bonne musulmane ? Ce sont là des chancres induits par les parasitages religieux.

Regardons mieux cette affaire du 14.05.11 au Penjab du Pakistan : Madame BIBI a bu dans son village, un verre d’eau appartenant à une musulmane, c’est un blasphème et elle doit être exécutée dit face caméra la délatrice frustrée de son verre d’eau car en plus elle a manqué de respect à Allah le miséricordieux et doit donc être exécutée. Je recommande l’ouvrage de l’anthropologue BLAFFER HYDR, dont le titre est le programme : « la femme qui n’évoluait jamais ! ». Ce sont certaines hystériques, de grandes malades qui ont remplacé (ou jamais développé) la raison élémentaire au profit de la haine, formées en cela par leurs époux talibans.
« Les mâles n’ont eu de cesse de juguler la sexualité des femmes.. A une période récente, nous avons pu voir l’expression extrême de cette volonté d’assujettissement dans le régime des Talibans en Afghanistan. Leur ministère pour la préservation de la vertu et la prévention du vice ordonna que les femmes qui laissaient voir leurs visage et chevilles soient fouettées sur la place publique. »[10] La sexualité BONOBO n’a rien à voir avec ces déviances psychotiques ou névrotiques, elle est caractérisée par la spontanéité. Nous nous utilisons nos mains pour un shake-hand pour nous saluer et eux un frotti-frotta mais ils ne se massacrent pas entre eux. Lorsque nous avons compris l’horreur du fascisme, nous avons tous dit : « plus jamais cela ». Aujourd’hui, nos flamands veulent l’amnistie pour les collaborateurs et les talibans ont dynamité les grands Bouddha de Bamyan, chef d’œuvre du patrimoine de l’humanité et détruisent la civilisation humaine avec notre complaisance. Organisons un embargo total, un retrait de toutes les troupes et plus une seule aide à ces barbares qui se tueront entre eux, entre fanatiques religieux et corrompus ; il ne s’agit pas de les massacrer à la bombe atomique (ils la possèdent eux aussi), il s’agit de façon radicale de fermer tous les robinets d’argent, tous tant que les droits de l’homme ne sont pas respectés au même titre que le Coran. Cette loi anti-blasphème actuelle correspond à la loi nazie où les enfants des jeunesses nazies pouvaient dénoncer leurs propres parents, c’est le même principe.

Pour revenir à notre espèce en général, les mâles dominants ont toujours eu le droit de cuissage depuis le moyen-âge et/ou de harem de collection. Avec les comparaisons ADN des anthropologues d’aujourd’hui, on a prouvé que les hommes puissants avaient plusieurs femmes et une progéniture nombreuse. En Asie centrale, des études sur le chromosome Y ont montré que 8% des hommes avaient un chromosome Y quasi-identique ; donc, un mâle alpha ancestral eut 16 millions de descendants mâles : GENGIS KHAN, le grand inséminateur d’il y a 1000 ans. Les jeunes captives n’étaient pas distribuées aux soldats mais réservées au grand mongol en personne, qui ne faisait pas l’amour mais toujours la guerre. Rappelons une fois encore que les hommes dominent les femmes soit par une formatage éducationnel plus strict sur la notion de péché chez nous, soit par des mutilations barbares enlevant le plaisir des femmes des mondes musulmans.

Attention toutefois à cette ébauche d’étude comparée avec nos cousins les primates, je fais l’hypothèse que les américains créationnistes qui jouent aux gendarmes du monde et enferment aujourd’hui (ils font tellement d’ingérence qu’ils ne se rendent plus compte ) un présidentiable français prévenu non jugé, Dominique Strauss Khan (soit un mépris des droits à la défense). Ils sont, comme nous, proches des chimpanzés. Les chimpanzés sont comme nous des omnivores et consomment 35 espèces de vertébrés, ils sont carnivores et ivres de pouvoir. En Ouganda et en Tanzanie, certains chimpanzés entrent dans les cases voler les bébés pour les manger et comme les hommes, ils peuvent sans état d’âme se tuer entre eux. En état d’attaque, les chimpanzés peuvent devenir presque aussi cruels que les humains.« A l’ université américaine de STANFORD, dans le cadre de la construction d’une identité de groupe, les étudiants furent répartis entre gardiens et prisonniers dans un jeu de rôles carcéral. Ils étaient censés cohabiter pendant deux semaines dans un sous-sol. Au bout de six jours, il fallut mettre un terme à l’expérience, car les « gardiens » étaient devenus de plus en plus arrogants, brutaux et cruels provoquant un début de mutinerie chez les « prisonniers ». Les étudiants avaient-ils oublié qu’il s’agissait d’une simple expérience et que les rôles avaient été distribués à pile ou face ?(…)L’expérience carcérale de Stanford » gagna en notoriété quand il apparut que des officiers américains avaient torturé à la prison d’Abou Ghraib, à Bagdad. Les gardes américains usèrent d’une vaste panoplie de techniques de torture, parmi lesquelles le port d’une cagoule et la fixation de fils électriques aux organes génitaux des prisonniers. Certains commentateurs des médias américains tentèrent de minimiser ces pratiques en les qualifiant de « dérapages », mais des dizaines de prisonniers y laissèrent leur vie. Outre des similitudes frappantes avec la brutalité et les connotations sexuelles de l’expérience de Stanford, gardiens et prisonniers à Abou Ghraib étaient de races différentes, de religions différentes, et parlaient des langues différentes. Ces facteurs rendirent l’entreprise de déshumanisation encore plus facile pour les gardes. »[11]Dans ce regard croisé, entre les plus civilisés de nos cousins primates et les plus barbares de nos ethnies, ne pourrait-on pas conseiller aux musulmans d’Afghanistan/Pakistan de faire tuer tous les enfants chrétiens ? Qui est le plus primitif du BONOBO ou l’Imam Taliban ?

Pour conclure brièvement et pacifiquement, nous pourrions mettre tous sur la toile notre demande de ne plus soutenir d’aucune façon ces pays barbares, un blocus total aussi bien de la PAM que de la corruption aux dirigeants et nous afficher tous blasphémateurs d’Allah (même si cela compte peu pour des incroyants) comme liberté d’opinion de façon à faire corps au-delà des frontières avec Asia BIBI et si certains d’entre nous sont tués par ces mabouls, tant mieux, cela forcera l’OTAN à réagir avec une réelle efficacité technologique. Rappelons-nous le rêve de Martin Luther KING. Dieu n’est pas grand, il est petit, mesquin et cruel !

Mon Seigneur, mon Dieu, que tu t’appelles Allah, Shiva ou Yahvé, s’il te plaît arrête de ne pas intervenir – comme tes papes lors du massacre des juifs par les nazis – ta nullité est cosmique et ton influence fantasmée mortelle a tellement accumulé les crimes contre l’humanité que, si tu existais, par loyauté pour notre seule espèce Homo Sapiens Sapiens, nous combattrions contre toi pour les forces de Satan qui ne pourraient pas imaginer un enfer pire que celui que tu génères par la haine de tous contre tous, les hommes contre les femmes, les musulmans contre les chrétiens, les américains contre le reste du monde. S’il te plaît, laisse nous respirer et vivre naturellement comme tes autres créatures, les Bonobos.


POLYGAMIE & MUTILATIONS SEXUELLES AU SAHEL

« Comme le disait Aragon, la femme est l’avenir de l’homme »(Jean Ferrat)
« Pour aimer les hommes, il faut détester fortement ce qui les opprime. »(Jean-Paul Sartre)

« La polygamie, si on a les moyens, c’est bien parce qu’on aura beaucoup d’enfants, mais si on n’a pas les moyens, on ne pourra rien faire avec plusieurs femmes. Je n’ai pas eu encore de fille mais quand j’en aurai une je la donnerai en mariage seulement à un homme qui est mon semblable. Si c’est un homme noble, honnête, sérieux, musulman, je la donne, si c’est un esclave je ne la donne pas. Les Blancs ont dit qu’il n’y a plus d’esclaves, mais pour nous ça existe toujours. » (Témoignage n°33 : homme marié à 22 ans)[12]

« Au cœur même du désir de vivre ensemble – dans l’égalité, la liberté et la fraternité – qui est au fondement de toute construction nationale, gît un danger mortel, un véritable poison : la tentation permanente du repli tribal, du fanatisme identitaire, de la singularité, qui deviennent refus de l’autre, racisme en bref : haine pathologique. Si l’Occident persiste dans sa générosité, les prophètes racistes, les fanatiques tribalistes pourraient bien finir par l’emporter, détruisant le mouvement d’émancipation. »[13] Autrement dit, il faut que les sages et la majorité islamique condamnent ouvertement les terroristes qui les salissent. Une porte ne peut être à la fois ouverte et fermée et il faut s’engager de part et d’autre dans l’action coopérative ou dans la haine et la barbarie. Tant que les musulmans se tairont par rapport à des massacres d’êtres humains à cause de caricatures, tant qu’ils ne considéreront pas leurs femmes comme des humains aux droits égaux, il y aura hélas un hiatus de plus en plus infranchissable entre les cultures car je pense que les pays du sud ont besoin de l’Occident mais que le contraire n’est pas vrai et que l’aide humanitaire est acte de pure générosité (le PAM par exemple).

De la pratique de l’Ecole de Chicago, par les récits de vie, peut émerger la réalité quotidienne d’une époque traitée, en tout cas en Occident où l’individualité est bien assise. J’avais commencé en 1987, ma thèse de doctorat sur les histoires de vie avec les référents de Jürgen HABERMAS et de Gaston PINEAU en choisissant comme terrain pratique le Mali. J’ai très vite abandonné parce que c’est en réalité trop souvent un élément d’un clan qui se raconte et tous les récits se recoupent dans une universalité ennuyeuse ; toutefois, les données s’y confirment : les jeunes filles se marient au plus tard vers 16 ans et les garçons avec une différence d’âge de 7 à 10 ans. Il faut signer à la Mairie si on choisit le régime de la monogamie ou si l’on veut rester fidèle aux coutumes maliennes de la polygamie. 80% des petites filles sont « coupées » (au moins la « petite » excision du capuchon du clitoris) et on se marie selon l’ethnie et les castes (pas de griot ou de forgeron par exemple). Si l’épouse est vierge, elle recevra de l’or et des présents, sinon des coups.

« Chercher d’abord à savoir l’origine parce que chez nous jusqu’à preuve du contraire il y a des familles qu’on ne prend pas en mariage. Ici, les gens se marient entre eux. Les Peuls, eux, ils prennent une femme dans le milieu « forgeron », pas nous. Moi je suis Maïga, les Sonrhaïs, on les prend. Mais un Sonrhaï ne prend pas les Tourés à plus forte raison les Belas ou bien les Tamasheqs ou autre chose. Tu es Sonrhaï, là je sais d’où tu viens, mes parents connaissent tes parents, ils se donnent leurs enfants en mariage. »[14]Il y a trois mariages : le mariage coutumier avec le payement de la dot, la cérémonie religieuse musulmane et le mariage civil. Seulement 50% des femmes sont en union polygame car ce n’est pas parce que l’époux dans sa jeunesse a signé par fidélité coutumière le type polygame lors de sa première union à la mairie qu’il a les moyens d’entretenir une seconde femme. L’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) est de 6,6 enfants pour les femmes entre 15 et 49 ans, ces chiffres sont à ventiler de 4,8 enfants pour la capitale Bamako à 7,2 enfants en régions rurales. Le mariage se conclut souvent entre parents et l’épouse est placée devant le fait accompli. Pour le mariage coutumier, le prétendant apporte 10,20 30 kolas puis un grand panier ainsi que la dot constituée d’une valise contenant des vêtements et des ustensiles de cuisine plus une somme variable (de 10, 50.000 à 300.000 FCFA maximum).
Le jour des noces, après les cérémonies religieuse et civile, l’épousée est recluse 7 jours sous la moustiquaire dans une chambre nuptiale où une vieille, le MAGNOMAGAN (assistante) lui prépare du bouillon (pauvre en protéines), et restera constamment au service de la mariée pendant les 7 jours. Si la première nuit, le mari trouve son épouse vierge, il lui donnera de l’or et des bijoux (sinon des coups), l’épouse reste recluse les 7 nuits mais le mari repart parfois après 3 jours pour ses affaires.

L’excision concerne en principe 80% des petites filles au Mali mais selon les témoignages recueillis, ce serait plutôt pratiquement 100% en brousse. C’est une coutume, distincte du Coran, mais indispensable pour trouver un époux diront les grands-parents sans consulter les enfants ni parfois les parents de ces enfants.

« J’ai fait exciser mes filles. J’ai vu ici, quatre femmes qui étaient divorcées parce qu’elles n’avaient pas été excisées. L’excision c’est pour diminuer la sensibilité chez la femme. Actuellement les femmes font beaucoup d’adultères surtout si elles ne sont pas excisées. Chez nous, le jour de l’excision on fait également balafrer les tempes, on perfore aussi les oreilles.(…) Moi je n’ai pas été excisée mais mes filles l’ont été au baptême, sept jours après la naissance. C’est mon mari qui l’a voulu, ça ne m’a pas plu du tout. Sa mère a pris mes filles le matin de très bonne heure pour aller les faire circoncire sans me demander l’autorisation.. Cela a duré une semaine. Ma troisième fille a perdu beaucoup de sang et j’ai dû m’occuper d’elle. Je suis contre parce que c’est dangereux et ça coupe aussi tout plaisir. Si on pouvait éviter ça, je serais très satisfaite. Il y a eu beaucoup d’accidents, là où nous sommes.(…)Mes trois filles sont excisées. Je n’y vois pas de mal, au contraire, ça permet à la femme de se maîtriser. J’avais une amie non excisée qui s’excitait très facilement, même souvent simplement en portant son slip – mon mari m’a laissée pendant neuf mois, si je n’avais pas eu cette intervention, je n’aurais pas pu me dominer. »[15]

Parfois s’il y a infibulation, je jour des noces, le mari entre dans la chambre dans l’obscurité et quatre de ses copains maintiennent les membres de l’épouse pour qu’il arrive à la pénétrer de force. « Je me suis mariée à vingt-cinq ans. Une année avant mon mariage on m’a excisée (…). (Puis) dans mon cas, mon mari n’a pas pu me déflorer, ils sont allés chercher les « forgerons » avec des couteaux pour venir me déflorer, ils m’ont blessée et c’est après que mon mari a pu me toucher. C’est cette même nuit que j’ai eu mon rapport sexuel avec lui. J’ai passé la nuit dans le sang. Le matin on a promené le pagne taché de sang dans tout le village. Chez nous si la femme n’est pas vierge le jour du mariage, elle est foutue. J’ai failli mourir, c’est Dieu qui m’a sauvée.(…)
Mes filles sont excisées mais maintenant on ne le fait plus. Pour les garçons ça continue, mais pour les filles il y a eu trop de décès c’est pourquoi on a arrêté. Mes filles ont été demandées en mariage et mon mari s’est occupé de tout, je ne m’en suis pas mêlée. »[16]

La polygamie

Pour l’âge du mariage, on attend si possible les premières règles ;, en-dessous de dix, onze et douze ans les filles sont trop jeunes. Les mariages entre sous-groupes ethniques ainsi qu’avec des castes de bas de gamme comme les griots ou les forgerons sont mal vus. La polygamie était utile pour l’éducation conjointe des petits ; maintenant, avec le concept de l’individualisation s’infiltrant en brousse par TV5 MONDE, si une « marâtre » coépouse fait une remarque à un enfant qui n’est pas le sien, la mère légitime va se rebiffer. Aujourd’hui, beaucoup d’enfants sont mal éduqués. N’oublions pas que la polygamie dans des sociétés à majorité agricole visait surtout à disposer d’ un maximum de bras pour les champs et non à donner des chances égales à tous les enfants pour qu’ils réalisent pleinement leur vie. En Bambara, le KONIO est la venue de l’épouse dans la concession de la famille du mari avec sa « valise »(son trousseau). La polygamie pour un bon musulman engage des contraintes d’honneur : par exemple, si on a 3 femmes, deux nuits chez chacune puis la 7ème de repos (avec des « maîtresses » deuxième bureau ). Il ne s’agit pas de montrer l’un ou l’autre signe de préférence car ce sera alors la guerre de la jalousie ; un interviewé de l’auteur de référence raconte que lorsque c’était le tour de sa préférée, il était pressé de rentrer, sinon il traînait en ville ou dans sa voiture à fumer. L’idéal est que chaque coépouse ait sa case et son petit cheptel.


Voyager au Mali, c’est en fait rencontrer une multitude de peuples (Bambara, Bozo, Dogon, Senoufo Minyanka, Tamasheq, Peuls,…) et recevoir toujours le même accueil humain (pas seulement au Mali mais un peu partout en Afrique) sauf quelques exceptions, notamment dans le nord du pays (Gao, Tombouctou) avec les Touaregs et les Sonrhaïs. Pourquoi certains peuples sont-ils aussi hostiles, jaloux et méchants « en groupe » ? On se perdrait en conjonctures. Cela est pourtant recoupé par de nombreux voyageurs ; lorsque l’accueil est fait de crachats, d’insultes, de gestes déplacés vis-à-vis des enfants infidèles et de rouerie marchande, on ne cherche plus à comprendre « Mon Dieu, pourquoi tant de haine ! » mais à mettre les bouts. Nous avons dit précédemment que l’éducation au Sahel était désespérée, les enfants sont mal éduqués mais par contre bien dressés à chasser et racketter les blancs. Il suffit qu’un blanc poliment demande qu’on le laisse tranquille pour que les gosses recommencent inlassablement leur harcèlement sous le soleil et dans la rocaille d’une ascension par exemple jusqu’à atteindre le seuil de lassitude du voyageur et le faire craquer. Ceux qui fréquentent ces « régions » particulières où le touriste est devenu une proie savent par expérience que, pour souffler, respirer lors d’un déjeuner frugal par exemple, il faut choisir une gargote avec un premier étage et prévenir l’hôtelier que s’il laisse entrer la foule des quémandeurs zombies, il perdra illico notre clientèle. Cela paraît dur mais tout un chacun a le droit d’être seul, de manger ou de pisser seul s’il le désire, tout particulièrement les dames.

La lecture de ce phénomène du harcèlement est par contre beaucoup plus compréhensible avec l’arrivée de l’hygiène sanitaire des blancs. Pour les anciens, les enfants constituaient une garantie pour leur avenir, d’où la polygamie pour en faire un maximum avec trois épouses pondeuses par exemple. Mais avec les soins médicaux, les femmes ne meurent plus en couches, ni les enfants de maladies infantiles, ce qui fait qu’il y a une surcharge de bouches à nourrir avec une misère de ressources. Une politique raisonnable de planning familial orchestrée par l’Etat montrerait qu’avec 3 enfants par famille par exemple, il serait possible de s’en occuper sans malnutrition puis de les envoyer à l’école pour qu’ils comprennent que si certaines coutumes ont eu un sens, le monde a à présent évolué. Cet idéal par l’éducation n’est malheureusement pas possible dans des théocraties où le Coran est privilégié par rapport à une vie saine et heureuse pour tous. Pour l’instruction des filles, le problème est plus subtil ; il y a les demandes en mariage précoce, avons-nous déjà dit, mais aussi le fait d’être appelées en cuisine pour aider les mamans. C’est une jeune fille que je connais depuis sa naissance qui me l’a raconté : de retour de l’école, elle commence ses devoirs alors que ses frères sont devant la TV puis la mère l’appelle pour préparer le repas de tous car c’est son rôle et elle quitte ses cahiers ; inutile de préciser que les frères sont toujours devant la TV.

« Actuellement la société africaine comprend deux blocs : ceux qui sont restés traditionnels et ceux qui sont devenus admettons modernes, plus ou moins sur le mode occidental. Ceux-ci se disent intellectuels, instruits et cherchent à bien élever les enfants, à bien entretenir LA femme.. Ils trouvent que, plus on multiple les femmes plus les enfants sont nombreux, et comme on n’est pas en mesure de pouvoir les encadrer pour la santé, la nourriture, le logement, l’éducation etc., cela ne peut pas aller. Nous les enseignants nous pensons la même chose, mais les autres qui n’ont pas fait l’école, ils pensent qu’il est normal de prendre autant de femme que la religion le permet : deux, trois, quatre, et si chacune est capable de donner douze gosses tant mieux. ! »[17]

Témoignage N°46 d’un enseignant de Tombouctou père de six enfants

Je me suis marié à 32 ans avec une cousine de 17 ans, mariage décidé par nos parents. On ne peut pas aller contre le vœu des parents. La dot versée (20.000 francs maliens – après la dévaluation ce sera le FCFA) pour le mariage religieux, la mariée n’assiste pas juste père, oncles et tantes ainsi que les invités. Le lien de la fête est souvent chez la grand-mère de la femme vers 16h. Dès la première nuit nuptiale, les mariés sont accompagnés, il y a les nobles et les esclaves (les noirs, dit-il) ainsi que les griots et les griottes chantant les louanges des deux familles. Avant quand un jeune se mariait dans la société tombouctienne on le mettait dans une maison avec sa femme et on lui donnait de quoi vivre pendant un an, maintenant les parents n’ont plus les moyens. Les filles peuvent aller à l’école mais dès qu’elles tombent enceintes vers 14 ans, elles s’en vont. Dans l’ensemble, les filles sont égrainées au fur et à mesure.
Et puis, il y a « les coupeurs de route », ceux qui interceptent des filles dans la brousse pour les violer quand elles vont puiser de l’eau et sont parfois un peu isolées. Désespérées, elles risquent d’avorter ou de se suicider.

Témoignage n°50 de M de DIAWELI (Dogon), polygame

Autrefois, on ne célébrait pas les mariages car si tu tombais d’accord avec la femme, si vous vous aimiez, elle était à toi et elle venait loger chez toi, c’était tout. Aujourd’hui, il faut passer par l’Iman, c’est dû à la religion. Avant, il y avait des histoires car, si après quelques temps, un autre la voit et lui dit qu’il l’aime, elle quitte chez toi et va loger chez l’autre, alors on se battait ! Avec le mariage, la femme reçoit des cadeaux, de l’argent, des pagnes, des calebasses et des canaris (récipients en terre cuite).

Je ne peux m’empêcher ici un excursus de mécréant pour me moquer de ma propre bêtise : il y a 20 ans, je faisais donc en pays DOGON une enquête de recherche-action sur les sorts et autres actes sorciers. Mon informateur me raconta qu’une femme enceinte avait été envoutée et elle avait accouché d’un canari ; sur le fait de la chaleur et de la fatigue, ma réponse fusa trop vite : « avec ou sans la cage ? » (humour belge). Profitant de mon excursus, je tiens ici à signaler mon admiration pour des amis liégeois qui ont adopté une petite TAMASCHEK, proche des Peuls) de moins de deux ans et qui n’était pas encore mutilée. Quelle chance pour cette enfant très vive, très souriante et très belle de devenir liégeoise et d’avoir la possibilité de faire des études, de s’émanciper ainsi que toute sa descendance. La beauté est un critère subjectif, aurait dit Rubens mais pour mes amis noirs, la beauté est ce qui se rapproche le plus du blanc et donc une peau café au lait de métisse sera plus attirante qu’une peau noire veloutée. Il n’en est rien chez nous où la clarté de la peau laisse les blancs indifférents, j’espère donc une beau mariage d’amour sécure pour ma filleule. Ce sont les mères qui donnent les rudiments culturels, les valeurs et le goût d’apprendre et en Europe, il n’y a pas cette ségrégation cachée que les filles sont d’abord au service de la cuisine des hommes avant leur propre émancipation par les études. Quel beau geste ces amis ont posé pour l’humanité ; ils peuvent disparaître, ils sont à l’origine d’une souche, elle aura 3 filles qui auront chacune 3 filles et les 9 petits enfants feront elles aussi trois filles soit 27 personnes (je rêve), c’est pourquoi je parle de souche. Fin de l’excursus

Témoignage n°53 de Madame YO de Douentza (47 ans)

Madame YO a fait le mariage coutumier et religieux mais non le civil, elle a eu 11 enfants. Son mari a pris une coépouse ce qui ne lui a pas plu mais elle n’y pouvait rien et elles ne se parlent pas beaucoup. Chacune paie ses condiments le jour où elle doit préparer le repas de l’époux : les gombos (plante pour sauce gluante), les feuilles de baobab, le piment ainsi que les sacro-saints bouillons de cube MAGGI. Notons que nos sauces sont plus variées en épices mais que nos condiments à nous peuvent être différents : des cornichons, des pignons de pin, des radis, de la moutarde et de la mayonnaise au lieu de sauce gombos, etc. Le mari de Madame Yo vit dans les petits villages aux alentours de la ville DOGON de Douentza pendant 4 à 10 mois/an et envisage une troisième femme parce que ça ne coûte pas cher. Je pense au divorce dit Madame YO mais ce n’est pas facile.(Surtout avec 11 enfants, dirais-je).

Pour conclure

Pour conclure ce bref tour des coutumes dites exotiques, pendant très longtemps j’ai combattu avec force l’anthropocentrisme qui a souvent été la seule bonne forme de l’européocentriste. Dans les couloirs ; après mes cours, on susurrait ave effarement que le prof était pour la polygamie. Je souriais car je ne suis pas fou et je plains mes amis africains qui sont polygames. Mais ce qui a changé, c’est que je plains aussi aujourd’hui leurs épouses. Bien sûr, nous ne devons pas juger les autres de la hauteur falace de notre européocentrisme ; bien sûr, le désir sexuel a ses raisons propres mais nous sommes intolérants avec l’intolérable du mépris des droits de l’homme. Lorsque du seul fait d’être du genre féminin, un être humain enfant peut être torturé et mutilé d’une partie de son sexe, lorsque cet humain peut être battu et doit rendre des comptes pour tout alors que le mâle ne doit rendre des comptes pour rien, c’est l’intolérable et la guerre des valeurs . Des peuples venus de la nuit des temps ont été colonisés sans ménagement et de plus on les a idéologisés avec des bondieuseries au lieu de les enseigner. Et aujourd’hui, on se tait, pas de parrêsia ( de franc parler) : il y a des gens qui vivent le quotidien avec une fracture culturelle, celle de TV5 MONDE et celle de leurs coutumes.

Lorsque le témoin de DIAWELI parle de tomber en amour, ne s’agirait-il pas de désirer l’autre humain, ce qui est normal, même chez les BONOBOS entre-eux ; l’attrait sexuel est incontournable même si on a enfermé la sexualité dans des rites et des mauvaises conscience mais l’amour, ne serait-ce pas plutôt le don, l’affection, la générosité envers quelqu’un avec qui on parle et que, par ce média au fil du temps, on estime ? J’aime l’Afrique noire et ses habitants d’où ma franchise qui peut aller dans les deux sens : la préoccupation du vieux blanc qui vient épouser une jeunette pour frotter sa couenne contre le satiné d’une peau noire n’est pas plus élevée que la réflexion du mari de Madame YO qui trouve les femmes de la campagne pas trop coûteuses. Nous avons tous des efforts à faire pour nous éduquer, nous perfectionner au lieu de faire du commerce, la seule valeur mondiale qui consacre l’injustice sociale.



Extinction des Lumières de 1789 - ISLAM, le côté obscur de la force, les cendres de l’ouverture humaine ?

« L’instauration d’une société multiculturelle où chacun prendrait plaisir à vivre côte à côte a échoué »(Angela MERKEL, Chancelière de l’Allemagne, avril 2011)

Depuis la FATWA de 1989 lancée par l’AYATOLLAH KHOMEYNI à Londres contre la liberté de pensée de l’écrivain pakistanais Salman RUSHDI, l’islam fondamentaliste se radicalise et s’octroie le pouvoir international de châtier les blasphèmes (y compris les caricatures des danois), ce qui nous laisse apparemment le choix entre le retour de la peste brune de l’extrême-droite qui veut rejeter ces hôtes irrespectueux de nos valeurs et de nos normes hors de nos frontières et le choléra de la barbarie des superstitions religieuses méprisant les droits de l’homme. Au centre, dans une pseudo-neutralité complice, les socio-démocrates (PS chez nous) tétanisés, en ne faisant rien de rien, permettent à tous les partis de droite et d’extrême-droite de fleurir en Europe.[18]

Même si une parenthèse particulièrement sanglante a marqué l’Europe au XX°s : - génocide arménien, guerre 14-18, guerre 39-45 et implosion yougoslave, - rappelons que la guerre sainte DJIHAD (drapeaux verts) contraire au message d’Allah le miséricordieux est en fait une guerre de conquête sous couvert de religion (« se convertir de force ou mourir sous les cimeterres »). Une offensive belliqueuse arrêtée à Poitiers en 732 par Charles MARTEL et il a fallu attendre la découverte des Amériques en 1492 pour la reconquête totale de la péninsule ibérique ; en 1683, ce fut le siège de Vienne et en 1918, ce fut la chute de l’Empire Ottoman qui, à peine une centaine d’années plus tard ne comprend pas qu’il ne peut diriger l’Europe en s’insérant dans sa politique, comme les vagues de migrants non intégrés le prouvent à chaque instant. Les immigrés turcs en Allemagne sont un échec sur le plan de l’intégration diagnostique, la chancelière de l’Allemagne. De même, la Grande-Bretagne et sa politique libérale d’à chacun son ghetto regrette sa trop grande tolérance face à ces invités de force qui exigent le retour à l’obscurantisme sans le moindre respect pour nos valeurs des lumières de la raison. Les anglais sont choqués que, dans les écoles coraniques qu’ils ont acceptées sur leur sol, on enseigne que les juifs sont des porcs et qu’il faut tuer les homosexuels.

Depuis les années 1960, en provenance du Maghreb et du Machrek (les marocains en Belgique, les algériens, tunisiens, sahéliens en France), de Turquie et du Sous-continent indien (Pakistan, Bengladesh,…), 20 millions d’immigrants se sont installés en Europe et revendiquent de plus en plus de droits sans devoirs de réciprocité par un prosélytisme offensif (cf. les attentats).

Selon des statistiques récentes, les allemands découvrent que le 25% des musulmans vivant sur leur sol trouvent la constitution allemande incompatible avec le Coran. Le français Nicolas SARKOSY, avec sa politique d’intégration, n’a pas tort lorsqu’il demande à chaque nouveau migrant un pacte d’adhésion formel à nos états laïques (c-à-d, qui ne sont pas théocratiques et tolèrent toutes les religions et la laïcité) et démocratiques sous peine de vol charter de rapatriement vers leurs théocraties respectives. La Grande-Bretagne a également été ébranlée de constater que 6% des musulmans qui vivaient chez elle approuvaient les massacres aveugles de civils, femmes et enfants dans le métro de Londres en juillet 2005. Il en a été de même pour les attentats de Madrid en 2004. KHOMEYNI a été une vipère réchauffée au sein de la France pour écraser son pays l’Iran.

La stratégie du monde arabo-musulman qui semblerait concertée, serait de prendre la nationalité du pays hôte, d’investir un parti mou mais conséquent (comme le PS en Belgique) et modifier petit à petit ses décisions de terrain de terrain unilatéralement comme une piscine fermée un jour car réservée aux musulmanes, des manifestations de rue pour le voile insultant les passants qui portent de drôles de chapeaux, un bourgmestre qui se convertit pour épouser une musulmane et qui se promène en djellaba à Molenbeeck. Ce n’est pas seulement une intrusion des structures, c’est aussi une colonisation culturelle : des femmes belges séduites par des marocains pour la nationalité belge puis divorcées et leurs enfants raptés pour être élevés au Maroc dans une famille aux « bonnes » valeurs, la richesse produite sur notre sol rapatriée dans le pays d’origine alors que souvent les femmes touristes européennes s’y font insulter si – comme à la mer du Nord - elles montrent un peu de leur chair. Leurs coutumes avilissantes en font des esclavagistes pour leurs propres femmes et ils se mêlent de faire de même avec les étrangères occidentales ?


La progression de l’irrespect pour notre tolérance laïque est chaque jour plus forte. Les règles de la charia sont appliquées aussi en Europe ainsi que les coutumes barbares comme les mutilations sexuelles des petites filles, ces excisions sont condamnées seulement par la France (8 ans d’ emprisonnement). Le choc culturel est énorme, on a annoncé aux jeunes des pays pauvres, le plus souvent sans instruction élémentaire, que l’Europe était un El Dorado et qu’il suffisait de mettre une carte dans une machine pour que celle-ci délivre automatiquement de l’argent. Mais chez nous , on ne peut recevoir quelque chose qu’en travaillant. On ne peut pas acheter de diplômes ou les recevoir moyennant finances (et aux USA, c’est encore pire avec la sélection ultralibérale et les coût d’inscription prohibitif).

Alors, les jeunes frustrés peu drillés à faire des efforts intellectuels pour des études significatives se retrouvent parqués dans des HLM de banlieue et lorsqu’ils conscientisent que le rêve est fini, ils développent la haine, brûlent les voitures de leurs parents pas très riches et saccagent le mobilier urbain (bus et abribus notamment). En Belgique, 80% des occupants des prisons sont des marocains, en France 80% des délinquants sont des sahéliens parce que la justice est la même pour tous, y compris pour les migrants irrespectueux de notre système social et/ou dealers de produits stupéfiants aux sorties des écoles. Pourquoi ne pas dire clairement ce non-dit ? Par peur du Vlaams Belang et de la NVA de Bart de Weaver, des 30% de l’électorat d’Anvers qui vote extrême-droite alors qu’au contraire, c’est la langue de bois des politiques qui entraîne ainsi partout en Europe la montée des diverses droites, y compris fascistes ! « Si la gauche devient intégriste, qui se chargera de faire barrage à l’islamisme ? Sûrement pas les décideurs politiques tentés, eux aussi, par un pacte avec les intégristes, par naïveté multi culturaliste ou par calcul politique. Il faut d’urgence recouvrer nos esprits. L’enjeu est important. Pour le débat d’idées. Pour l’avenir. Il faut proclamer que les compagnons de route des intégristes n’ont rien à faire dans le camp progressiste. Sous peine de laisser le camp du progrès servir d’alibi voire de rampe de lancement à l’obscurantisme.(…) Attention à ne pas confondre nuance et lâcheté. Car de mois en mois, les enjeux s’éclaircissent, les faux prophètes sont démasqués, et la guerre larvée devient guerre ouverte. Personne n’a le droit de regarder les idéaux tomber sans broncher. Une autre gauche est encore possible. Mais elle ne pourra survivre sans un affrontement fratricide avec la gauche et sa tentation obscurantiste. »[19]

Les barbares ne sont pas aux portes de l’Empire Romain, ils sont déjà dedans et vont faire imploser la civilisation plutôt que de chercher, par l’effort intellectuel de l’école à s’y intégrer. Avec le cocktail de nos partis politiques qui se ressemblent dans l’immobilisme et les sourires électoraux, nous préparons une bombe de désintégration.

« Jamais dans aucun pays musulman, si ce n’est cette toute dernière année, la prière n’a été autorisée dans la rue. La mosquée est faite pour prier ; la rue, pour marcher. Prier dans la rue, c’est piétiner la prière et piétiner la liberté. » Yadh Ben Achour, Marianne, p.133. 30% des européens sont bien aujourd’hui des laïques (sans religion) et la Turquie qui revendique son entrée dans l’Europe compte elle 1% de laïques ? Le monde a oublié 1789 et la révolution des Lumières (liberté de conscience, liberté d’expression (y compris de blasphème), liberté d’association, libre-examen, démocratie puis peut-être un jour démocratie participative avec le droit pour tous de voter ou non). Dans notre histoire, nous savons qu’aucune religion n’a facilement accepté de perdre ses prérogatives temporelles et de se voir reléguée dans la seule sphère spirituelle ; il a fallu longtemps avant d’avoir une séparation claire et saine entre l’Etat et les religions, ce qui ne veut pas dire interférer sur les croyances de chacun (sauf dans les lieux publics ouverts à tous) mais d’empêcher qu’une religion plus agressive s’impose à tous (ce que l’on appelle alors une théocratie où les minorités religieuses sont inquiétées).

Toutefois, il serait peut-être plus juste d’arrêter l’amalgame entre l’islam et cette minorité d’intégristes qui n’a comme fil rassembleur que la haine et la violence. Il existe encore dans le monde musulman des sages qui estiment que l’espace européen est une chance pour l’évolution de l’islam. Par exemple, nous les enfants de cette révolution des droits de l’homme, nous avions le droit de nous exprimer librement (y compris par des caricatures) sans craindre les représailles d’une quelconque église étrangère. La nouvelle génération de migrants clame sa haine et sa frustration de ne pas avoir le beurre et l’argent du beurre et ne se rend pas compte de l’hostilité qu’elle suscite de plus en plus dans les peuples européens. Par solidarité humaniste, j’allais chercher mes viandes dans une petite boucherie de quartier marocaine mais à présent, depuis qu’elle affiche que ses viandes sont toutes halal, c’est-à-dire des animaux égorgés lentement et qui ont souffert, c’est fini, je retourne chez CORA acheter du porc en promotion (moins cher dans la crise) ; cela me permet de faire des économies pour pouvoir acheter et planter des arbres dans le Sahel musulman, en adéquation avec le 3ème principe du Coran, la fraternité.


La charia a toujours relégué dans une sous-humanité les esclaves, les noirs musulmans, les non-musulmans (juifs et chrétiens) et les femmes. C’est un océan de bêtise et d’ignorance moyenâgeuse. Pourquoi ne pourrions-nous pas protéger la liberté de conscience avec les ex-esclaves noirs, l’égalité des sexes entre eux ainsi qu’entre les femmes musulmanes et occidentales et partager sous le chapeau de la tolérance l’EGALITE - la LIBERTE et la FRATERNITE dans la seule vie terrestre que nous avons tous.

Certains faucons militaristes US prônent des solutions technocratiques : celle d’atomiser le monde arabo-musulman, TEHERAN, BAGDAD, ISLAMABAD, KABOUL, DAMAS en oubliant RIAD le plus infâme mais leur allié wahhabite d’Arabie Saoudite. Là, c’est un discours de l’extrême-droite ; éliminer des millions de nos frères de notre seule race Homo Sapiens Sapiens, en quoi cela différerait-il de la solution laborieuse finale du nazisme ?

Selon les travaux du psycho-sociologue John CALTOUN, si on place quelques rats immigrés dans un groupe plus vaste, malgré les odeurs différentes (avec une possibilité olfactive de 50X supérieure à la nôtre chez les rats), il va y avoir - malgré tout - intégration. Ce psycho-sociologue démontre que lorsque la nouvelle population migrante approche des 30% de la masse totale de la communauté, des différences , pour nous imperceptibles, vont faire évoluer ce groupe mixte vers la guerre et les massacres. Mais le contraire est tout aussi possible et ce sont alors les entrants qui chassent la population de souche. Par exemple, aux alentours de la gare du Midi à Bruxelles, il est difficile pour des belges et/ou des marocaines intégrées de vivre dans ce qui est devenu un ghetto maghrébin. A deux jeunes dames qui avaient ouvert un magasin de mode on a bien fait bien comprendre qu’elles n’avaient rien à faire dans ce quartier conquis de Bruxelles

Le 28 mai 2011, la prison de Lantin (Liège) a été attaquée de l’extérieur par une équipe armée de kalachnikovs pour libérer de force un dangereux malandrin arabo-islamiste. L’évadé n’a pas été repris, rappelons que la prison de Liège est saturée d’environ 80% de marocains

L’observateur Gilles KEPPEL il y a dix ans dénonçait déjà ce phénomène en France : « (sur le sol français, on pouvait constater) l’ordre moral d’un rigorisme islamique que l’on ne constate généralement pas à ce niveau dans les sociétés musulmanes » (Réf. Marianne). Enfin, rappelons l’excision, la polygamie, la soumission forcée des femmes au mariage décidé par les familles, les contraintes de ne pas se déplacer seule ou en jupe avec en cas de non respect de cette règle la sanction sexuée des tournantes dans les caves des banlieues, punitions pour les unes et loisirs sexués au seul profit des garçons alors qu’Allah les voit ? La miséricorde de Dieu elle aussi doit avoir ses limites avec ces lapidations et autres pratiques barbares.

Au pays de Spinoza aussi, les relations se crispent et on constate un clivage dans les écoles car les petits marocains ne parlent qu’arabe chez eux et « les leçons sont un peu plus lentes » (Réf. Marianne). En pédiatrie, un père marocain refuse de serrer la main de l’interne de l’hôpital universitaire d’Amsterdam parce qu’il s’agit d’une femme. Les confrères gynécologues râlent, ainsi que les maris fondamentalistes aux règles desquels les praticiens ne se plient pas et qui ne trouvent plus personne pour donner des soins à l’épouse ; on retombe donc dans le stéréotype les femmes qui sont des sous-êtres (l’épouse comme l’interne).

Avec Marie-Claire, nous avons été planter 1000 arbres au Sahel ; en descendant du taxi à Bamako près de la mosquée, mon épouse « impure » se fait agresser verbalement par un mec parce qu’elle se trouve trop près du lieu saint. Moi-même, je me suis fait insulter par une Mama qui m’a dit qu’elle était chez elle sans savoir que j’apportais de l’aide aux enfants de son pays.

Alors, il est grand temps de se réveiller pour ces malheureuses femmes victimes ainsi que pour les 70% de musulmans pacifistes de chez nous qui se sentent eux aussi préoccupés par l’extrémisme islamique. Dans les années 1950, en Belgique des vagues massives de migration sicilienne pour les charbonnages ont suscité une réaction xénophobe assez vite résorbé par le temps et aujourd’hui, les italiens sont intégrés comme tous les autres belges. le problème est plus grave ; nous parlons de tous les pays d’Europe qui deviennent xénophobes par réaction hostile à l’arrogance islamiste : l’Allemagne, la France, La Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suède, l’Italie, le Danemark, etc. des pays réputés pour leur accueil et dont les citoyens dépités par les comportements indécents des islamistes deviennent islamophobes et votent à présent massivement à droite.

De la part des USA, nous aurions compris la logique raciste inscrite dans leur tradition mais venant de pays exemplaires d’ouverture de l’Europe, il s’agit d’un signal fort au-delà des guimauves politiciennes.
Il serait temps que nos autorités n’écoutent plus les ultras, souvent faux cul, comme l’agitateur Tariq RAMADAN[20] à la langue fourchue qui propose de dépasser la « tradition française » des droits de l’homme pour faire un retour à SON religieux. Notons toutefois qu’en France, lors du vote de la loi contre le foulard, celle-ci a été approuvée par 60 % des personnes musulmanes de France alors que le parti socialiste s’est lui abstenu dans ce vote si symbolique des droits de l’homme. Dans les pays musulmans tolérants comme ceux du Sahel (pour moi), les partisans d’un islam des lumières sont nombreux mais pourchassés insidieusement. HERACLITE évoque le mouvement dialectique permanent, l’alternance entre l’obscurantisme devenu lumière grâce à des sages comme Averroès ou Avicenne qui ont sauvé les textes grecs à l’époque de notre propre moyen-âge religieux mais qui, comme tout feu non alimenté en oxygène de la raison, voit le phénix non renaître de ses cendres et la nuit des croyances retomber sur le monde et verrouiller les pensées de la raison libre-exaministe.

Bien sûr, il y a partout y compris dans mon pays d’adoption, le Mali des fous intégristes qui m’insultent parce que je suis un toubabou à la peau claire mais lorsque je vis au Mali, chez mes amis croyants et probes, que je mange avec eux et dors chez eux et construis en partenariat d’autoformation des projets scolaires, éducatifs contre l’excision et pratiques de reboisement aux alentours des écoles mixtes, alors je me sens proche des valeurs qui habitait le Coran du Sahel il y a ½ siècle et a contrario de plus en plus heurté par les marocains de Bruxelles qui se comportent comme dans un pays conquis où les « impurs » non convertis sont des sous-hommes qui pourtant eux réussissent les études très élitistes de nos universités. Nous avons créé des lois antiracistes et notamment à l’embauche contre ce que l’on nomme le « délit de faciès » ; en vain, car ce sera l’attitude non humble mais méprisante de demandeurs d’emploi ainsi que leurs faibles compétences qui feront qu’ils ne seront pas sélectionnés. Il faut dire le non-dit.

Le pire de la haine vient du Pakistan et de l’Afghanistan avec ce concept d’interdiction du blasphème où, comme du temps du nazisme, les fils peuvent dénoncer le père pour propos critique déviant de la ligne totalitariste des intégristes crachant sur la liberté d’opinion des droits de l’homme. Lorsque j’enseignais encore, dans mon cours de psychologie relationnelle, j’ai toujours dénoncé avec force les mutilations sexuelles qui ne visent au fond qu’une seule chose : priver les femmes du plaisir sexuel. J’ai été une fois agressé par une excellente étudiant musulmane qui se fâchait sur moi car je dénonçais l’excision « sunnite », alors qu’elle était une croyante sunnite. J’ai eu beau lui expliquer que mes sources provenaient de l’association « Médecins sans frontière », en vain car ce qu’elle voulait, ce n’était pas vraiment comprendre mais que je m’amende en abdiquant mon choix non religieux de donner mes cours avec conscience à la lumière des droits des femmes, dommage. Je finirai peut-être un jour assassiné par un de ces fanatiques mais jamais, je ne me tairai au sujet de nos libertés si chèrement acquises.

Le Parti Socialiste belge (social-démocrate) joue la carte de la démagogie et accepte toutes les propositions séparatistes aussi bien des ultralibéraux que des ultra-islamistes, sans consultation de la base, sans référendum, sans sondage pour vérifier que ses élus sont toujours bien les représentants du peuple qui irrémédiablement, depuis le scandale Lionel JOSPIN en France, constitue une masse silencieuse qui passe à l’extrême-droite dans la quasi-totalité de l’Europe. Il y a une fracture abyssale entre les intellectuels de gauche européens et l’Europe de droite avec ses politiciens PS démagogues qui confondent la lâcheté institutionnelle pour avoir des voix à n’importe quel prix et le principe de tolérance qui devrait être réciproque car on ne peut être tolérant avec l’intolérance. J’espère, avant ma mort, lire un article d’un sage musulman qui critiquerait enfin, sans langue de bois, l’attitude de haine de ces intégristes vis-à-vis de leur population d’accueil car « 90% des sondés qui se disent « croyants musulmans » ne vont pas à la mosquée » (Réf. Marianne).

Nous devons donc maintenir notre drapeau rouge et noir de la tolérance de Voltaire vis-à-vis de toutes les religions qui au moins respectent notre laïcité tout en rappelant tout de même la force de l’éducation : « plus le niveau d’étude est élevé, plus le taux de pratique religieuse baisse. »(Sondage IFOP – 5 mars 2011).

Jean-Marie LANGE, O1.O5.2011. Vive la sociale !
[1] MAALOUF Amin, Le Premier Siècle après Béatrice, Paris, Livre de Poche, 1994, p.108-109.
[2] Le « Groupe d’Autoformation Psychosociale »(gap.belgique@skynet.be )asbl soutient l’organisation de ces initiatives locales d’autoformation citoyenne, projet 2012-2013.
[3] HRDY Sara Blaffer, La femme qui n’évoluait jamais, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 2001, p. 282-283.
[4] De WAAL Frans, Le singe en nous, Paris, Pluriel, 2011, p.32-33.
[5] De Waal, ibid. p.47.
[6] De Waal, ibid. p.79.
[7] « La démocratie est un processus actif : réduire les inégalités exige des efforts. Que le plus épris de domination et le plus agressif de nos proches parents illustre le mieux les tendances sur lesquelles repose la démocratie en dernier ressort n’a rien de surprenant, si nous estimons que la démocratie naît de la violence, comme c’est plus que certainement le cas dans l’histoire humaine. Nous nous battons pour elle, pour la LIBERTE, l’EGALITE, la FRATERNITE. Elle ne nous a jamais été offerte gratuitement ; toujours elle a du être arrachée de haute lutte aux puissants. » de Waal, ibid., p.108.
[8] Louise Michel, La Commune, 1871( ancienne affiche du PAC).
[9] MOTTIN SYLLA Marie-Helène, Excision au Sénégal, Dakar, Etudes et recherches n°37, nov.1990.
[10] De Waal Frans, Le signe en nous, Paris, Fayard/Pluriel, 2011, p.142.
[11] De Waal, ibid., p.171-172.
[12] LARDOUX Solène, Le mariage au Mali. Témoignages, Paris, L’Harmattan, 2009, p.110.

[13] ZIEGLER Jean, La haine de l’Occident, Paris, Livre de Poche, 2008, p.223.
[14] Témoignage n°39 de Monsieur K.A. de l’ethnie Sonhraï, ibid., Lardoux, ibid., p.125.

[15] LARDOUX Solène, ibid. p.13-17-76.

[16] LARDOUX S., ibid. p126-127 & 129.
[17] LARDOUX Solène, ibid., p.145
[18] Source : Revue « Marianne, n°734 du 14 au 20.05.11, Dossier d’Eric Conan et Martine Gozlan « Pourquoi l’islam fait peur ? » & FOUREST Caroline, La Tentation obscurantiste, Paris, Livre de Poche, 2009.
[19] FOUREST, ibid., p.156.
[20] FOUREST Caroline, Frère Tariq. Discours, stratégie et méthode de Tariq RAMADAN, Paris, Grasset, 2005.